Le point dans la conférence Est à un mois des playoffs

Le mois de février a été comme prévu le grand écrémeur des ambitions dans la NHL. Le profil des playoffs se dessine fortement à un mois de la fin de la saison régulière et les candidats ont fait leurs dernières emplettes à la date limite des échanges. Bilan en date du 13 mars dans la conférence est.

Par Thibaud Châtel @batonsrompus

Décryptons chaque mois le classement de la NHL, ses logiques et ses incohérences annonciatrices de changement. Les statistiques utilisées dans cet article sont expliquées en fin de texte.

 

Division Atlantique

février atlantique

Les Canadiens de Montréal ont lâché temporairement leur première place cette semaine pour la première depuis le mois d’octobre et Ottawa pourrait toujours mathématiquement être devant avec deux matchs joués en moins. L’avance de Montréal, acquise au début de la saison, a fondu comme neige au soleil durant la première quinzaine de février durant laquelle l’équipe s’est écroulée sportivement mais surtout mentalement. Attaque anémique, Carey Price en demi-teinte, le Directeur Général Marc Bergevin a finalement profité de la semaine de congé de l’équipe pour limoger Michel Therrien et mettre la main sur Claude Julien, fraichement débarqué par Boston. Comme nous l’analysions dans un article précedent, la démarche devrait donner un nouveau souffle aux Canadiens et à leurs ambitions de titre. Certes, Therrien avait corrigé beaucoup de ses erreurs passées, comme le prouvait un taux de possession et de chances de marquer parmi les meilleurs de la ligue cette année, après des saisons à être sauvé par le talent de Price. L’ex-coach continuait cependant de semer la controverse par ses décisions douteuses quant à l’alignement, le traitement des joueurs en public et des unités spéciales moribondes. Il semble bien qu’au final ce soit le fossé creusé avec les joueurs qui lui ai coûté son poste. Carey Price, revenu comme par enchantement à son meilleur niveau du jour au lendemain, a tout de même déclaré à la presse quelques jours après l’arrivée de Julien que cela faisait du bien d’avoir un coach qui s’intéressait à la défense (sic). Il faut comprendre par-là une vraie structure défensive, alors que nous avons maintes fois souligné ici que celle de Therrien reposait essentiellement sur les épaules de Price.

Après quelques matchs de rodage, nécessaires pour s’adapter d’un système les forçant à courir après la puck à une stratégie de conservation de celle-ci, les Canadiens semblent déjà profiter des bienfaits d’un système « à la Julien ». Celui-ci limite fortement les chances de marquer adverses et donc le fardeau sur les épaules de Price. L’infériorité numérique a également un tout autre visage, passant de 79% d’efficacité sous Therrien, au 22e rang de la ligue, à 90% sous Julien. Le taux de possession et les chances de marquer sont toujours parmi les meilleures de la ligue et seule la disette des attaquants retient l’équipe. Les joueurs surtout ont retrouvé une fougue disparue et plusieurs matchs récents ont vu les habs revenir au score et arracher la victoire avec les dents. Avec 8 victoires sur les 10 derniers matchs, Montréal se prépare sereinement pour les playoffs alors que Bergevin a ajouté des muscles et des spécialistes de l’infériorité numérique à la date des échanges. Une page se tourne pour Montréal, certainement pour le mieux. 

La semaine prochaine aura un avant-gout de playoffs pour la division Atlantique alors que Montréal et Ottawa s’affronteront trois fois en 8 jours ! Les Sens, dont nous prédisons à tort ici la chute depuis plusieurs mois, font mentir bien des détracteurs et profitent pleinement d’une portion de calendrier favorable pour engranger les points face à des équipes éliminées comme Colorado, Arizona ou Dallas. Car statistiquement parlant, Ottawa continue de défier toute logique avec des taux de possession et de chances de marquer dans le négatif et même une réussite aux tirs en dessous de la moyenne. C’est-à-dire que les Sens ne sont ni bons dans la structure, ni chanceux, les deux explications logiques expliquant à court terme les performances d’une équipe en NHL à notre époque.

À y regarder de près comme l’a fait cet article de nhl.com, les Senators ont surtout l’habitude de prendre l’avantage tôt dans un match, et ensuite de résister tant bien que mal, ce qui contribue à la domination de leurs adversaires en termes de possession. Guy Boucher a réussi à mettre en place la meilleure muraille qu’il pouvait construire compte-tenu de l’effectif sous la main et les Sens parviennent à limiter les véritables chances de marquer. S’ils sont ainsi 25e de la ligue pour les tirs concédés, ils se classement seulement 11e pour les chances de marquer accordées, signe que nombre de tirs adverses se perdent en chemin… ou dans les jambières d’Erik Karlsson. Moins productif et influant offensivement que par le passé, tout est relatif avec Karlsson, Guy Boucher a transformé le Suédois en un joueur plus complet et ce n’est pas pour rien que celui-ci mène tout simplement la ligue pour le nombre de tirs bloqués (oui oui) ! Son importance sur tous les facettes du jeu font d’ailleurs de lui dernièrement un possible candidat pour le trophée Hart du meilleur joueur/joueur le plus utile à son équipe. Mais, une fois de plus, il semble difficile de croire que cela pourra continuer éternellement, tant rien ici ne rime avec succès à long terme.

Les dirigeants des Sens ne sont évidemment pas de cet avis et ont ajouté les vétérans Alex Burrows et Viktor Stålberg à la date limite des échanges, sacrifiant au passage l’un des meilleurs espoirs du club, le Suédois Jonathan Dahlen, 19 ans et 1 point par match en division 2 suédoise et que certains comparent avec Filip Forsberg. Considérant cependant qu’il faudra donner le beurre et l’argent du beurre à Erik Karlsson dans deux ans à l’occasion de son nouveau contrat, il n’est pas illogique d’essayer de gagner maintenant, mais bon… Les trois matchs contre Montréal, avec la première place de la division en jeu, en diront long sur le potentiel des Sens en playoffs.

Boston a donc finalement cédé aux sirènes médiatiques et choisi de montrer la porte à l’entraîneur Claude Julien après 10 années de loyaux services, une coupe Stanley et une autre finale perdue. En délicatesse avec ses dirigeants depuis longtemps, surtout depuis l’arrivée de Don Sweeney au poste de Directeur Général en mai 2015, annoncé sur le départ chaque saison, Claude Julien en a ainsi fini avec l’incertitude d’une équipe aspirant encore aux grands honneurs malgré un effectif sur le déclin. Il lègue à son ex-assistant Bruce Cassidy qui le remplace un système de jeu parmi les plus efficaces de la ligue, maximisant le potentiel de chaque joueur et comblant par le jeu collectif le manque de talent.

Cassidy semble ne pas avoir changé grand-chose et Boston conserve son rang parmi les meilleurs taux de possession et de chances de marquer de la ligue. Comme prévu, ce n’était qu’une question de temps avant que le manque de réussite effarant des tireurs, qui a coûté son poste à Julien comme à tant d’autres coaches avant lui, ne revienne à la normale. Les Bruins qui marquaient sur 4,9% de leurs tirs en janvier ont marqué sur 9,5% de leurs tirs en février, presque le double ! Brad Marchand est d’ailleurs au 14 mars le meilleur buteur de la ligue… Tukka Rask continue par contre de vivre une saison de misère mais qui sait s’il ne pourrait pas se réveiller d’un coup en playoffs où, sans les voir soulever la coupe, Boston pourrait pousser un favori dans ses retranchements.

Les Maple Leafs de Toronto sont actuellement installés dans la deuxième et dernière Wild-Card de la conférence, et restent à portée de Boston. Le système est stable et le gardien danois Andersen connait une bonne séquence, lui qui avait commencé la saison difficilement. Toronto est allé chercher Brian Boyle pour renforcer son 4e trio et améliorer la défensive du club qui tente de limiter les brèches causées par la fougue des jeunes vedettes à l’attaque. Les Leafs n’ont autrement pas cédé à la tentation de dépenser pour des joueurs de location cette année, sachant pertinemment que cette saison est d’ores et déjà un succès très encourageant pour le club. L’entreprise de reconstruction avance à grands pas et une fin de saison intense couronnée pourquoi pas d’une expérience en playoffs ne serait que du bonus pour la troupe d’Auston Matthews.

Faut-il se méfier du Lightning de Tampa Bay ? Faisant partie sur le papier des favoris avant la saison, 2016-2017 ressemblait jusqu’à présent à une longue déception pour la franchise dirigée par Steve Yzerman. Celui-ci n’a cependant pas cédé à la pression et gardé sa confiance en l’entraineur Jon Cooper. Il a certainement eu raison car la machine semble s’être enfin mise en marche. Peinant à afficher un taux de possession de 50% depuis le début de la saison, le Lightning présente depuis le 1er février un taux de 53,6%, le 3e de la ligue sur cette période, bien plus en accord avec ce que l’équipe démontrait ces dernières années. Tampa a également 56% des chances de marquer ce mois-ci, là-aussi le 3e taux de la ligue.

Les gardiens avaient de plus repris du poil de la bête et Andrei Vasilevskiy affiche un taux d’arrêts de 95% toutes situations confondues depuis le départ de Ben Bishop et son officialisation comme numéro un. Yzerman a en effet décidé de trancher une bonne fois pour toute le débat et de donner les clés de la maison à son jeune gardien russe. Le DG s’est également libéré d’un poids en convainquant Valtteri Filppula de lever sa clause de non-échange afin de se libérer de son contrat de 5M$ l’an prochain alors qu’il faudra mettre sous contrat Johnson et Drouin. Cela libère également une place de protection de plus pour le repêchage de Las Vegas alors que sa clause de non-échange y plaçait d’office Filppula. Tout va donc bien sur la glace et en dehors pour les Bolts et l’équipe serait un sacré épouvantail à croiser en playoffs à présent qu’ils ont retrouvé leur niveau naturel.

La Floride n’avait guère le droit à l’erreur ces deux dernières semaines s’ils voulaient conserver une chance de voir les playoffs. Avec un seul point pris en 5 matchs depuis le 1er mars, il paraît clair que les séries sont désormais un mirage pour les Panthers. Une défaite dimanche dernier face au rival et concurrent direct Tampa Bay a certainement mis le fin mot à une saison décevante. Florida n’a jamais réellement su élevé son niveau de jeu, demeurant 28e de la ligue pour les chances de marquer, juste devant les effroyables Arizona et Colorado… La réussite aux tirs est également désespérément basse, la 29e de la ligue. Il faut ajouter à cela un power play défaillant auquel on a tenté d’ajouter le spécialiste Thomas Vanek à la date limite des échanges, et le cocktail pour une année ratée est réuni. Le défenseur numéro un Aaron Ekblad vient en plus de subir une commotion, pas sa première malheureusement. Sauf miracle, il ne reste plus aux dirigeants floridiens qu’à organiser une bonne réunion afin de remettre de l’ordre dans le chaos ambiant qui règne là-bas depuis octobre.

Buffalo a comme prévu dérivé lentement mais sûrement vers le fond du classement. L’effectif comporte de trop larges trous pour pouvoir prétendre à quoique ce soit présentement et la reconstruction suit son cours. Il faudra tout de même surveiller les rumeurs de tensions en coulisse entre les joueurs, notamment Jack Eichel, et l’entraineur Dan Bylsma. Les dirigeants des Sabres auraient pourtant peut-être tort de placer sur leur joueur vedette une étiquette de « coach-killer » si tôt dans sa carrière, histoire de ne pas effrayer les successeurs éventuels de Bylsma. On respire et on travaille pour l’an prochain.

Premier printemps sans playoffs en 25 ans pour Détroit. C’était annoncé depuis le début de la saison, le miracle n’a pas eu lieu. Les agents libres Vanek, Ben Smith, Steve Ott et le jeune Turco ont trouvé preneur à la date limite des échanges contre des choix de repêchage. Aussi incroyable que cela paraisse, Détroit va pouvoir repêcher dans les 15 premiers pour la première fois depuis 1991 ! Une page se tourne et les Wings peuvent regarder vers l’avenir.

 

Division Métropolitaine

février métropolitaine

Les Capitals de Washington ont clairement affiché leurs ambitions à la date limite des échanges en raflant le meilleur joueur disponible, Kevin Shattenkirk. Si cela a déjà été annoncé à tort par le passé, il semble vraiment que cette année soit la bonne pour la bande à Ovechkin. Tout leur réussi et ils ont plus que jamais les armes pour enfin ramener la coupe à la maison. Shattenkirk est un luxe car la défense est déjà très efficace et compte John Carlson et Matt Niskanen à droite. Le power play, où Shattenkirk excelle, utilise avec succès Ovechkin et Carlson à la bleue sur la première paire… Toujours troisième taux de possession de la ligue à 52,7%, ils sont la 11e attaque pour les tirs tentés et surtout la 4e défense pour les tirs concédés. L’action se passe ainsi majoritairement loin de la cage de Braden Holtby et le talent offensif maximise toutes les opportunités. Les Caps sont toujours les meilleurs de la ligue pour la réussite aux tirs à 9,9% et les gardiens ont aussi le meilleur taux d’arrêts à 93,8% !

Nous mettons toutefois suffisamment en garde ici contre ces deux statistiques qui ne s’éloignent jamais vraiment de la moyenne de la ligue. Le PDO qui additionne les deux (9,9+93,8=103,7) est ainsi irrémédiablement tiré vers 100 sur l’ensemble d’une saison, représentant l’homogénéité impressionnante de la NHL en termes de talent dans les buts et en attaque à l’échelle d’une équipe. Une seule équipe sur les dix dernières années a ainsi dépassé 103 de PDO sur une saison complète. Un gardien d’élite comme Holtby ou Carey Price peut permettre à lui-seul à son club de prétendre à un PDO de 102 et l’attaque des Caps est certainement au-dessus de la moyenne, mais il faut certainement encore s’attendre à une petite baisse de ce côté-là. Caracolant à 104,1 fin janvier, il a déjà baissé à 103.7 ce mois-ci, se rapprochant de niveaux plus cohérents. C'est d’ailleurs une bonne nouvelle pour l’équipe car jouer ainsi au-dessus de ses habilités naturelles, aussi bonnes soient-elles, n’a rien de rassurant pour l’avenir car c'est circonstanciel et le vent peut tourner du jour au lendemain. L’équipe subit d’ailleurs une rare période creuse alors qu’un voyage dans l’ouest face à des grosses écuries San José, Los Angeles et Anaheim s’est soldé par 3 défaites, encaissant 4 buts ou plus à chaque fois. Mais mieux vaut un trou d’air maintenant que dans un mois et cela n’empêche pas la planète hockey toute entière de parier sur Washington cette année.

Juste derrière, Pittsburgh est aussi dans une bonne phase à l’approche des playoffs, présentant un taux de possession de 53% depuis le 1er février, le 5e de la ligue. Ils sont même deuxièmes sur la même période pour les chances de marquer, à plus de 57% ! Autant dire que la bande à Crosby tourne à plein régime malgré les blessures en défense de Letang (encore) et Määttä. Les Pens sont d’ailleurs allés combler ce besoin à la date limite des transactions avec les vétérans Ron Hainsey et Mark Streit. Gardiens et tireurs sont au-dessus de la moyenne de la ligue mais dans des proportions durables. Tout est prêt pour une nouvelle quête de la coupe qui s’annonce tout de même compliqué vu le niveau de la division Métropolitaine même si les Pens auront l’expérience de leur côté.

Car les Blue Jackets de Columbus ont également belle allure après un mois de janvier qui constituait un retour sur terre suivant un mois de décembre parfait. Sergei Bobrovsky a ainsi retrouvé son brio ces derniers temps et les tireurs sont à leur niveau naturel. Les performances des Jackets reflètent donc bien le véritable potentiel de l’équipe, sans s’appuyer sur une chance circonstancielle. Le coach John Tortorella, dont les vieux travers avaient rejailli à l’occasion d’une série de défaites, a été gentiment rappelé à l’ordre en privé par ses joueurs et tout ce petit monde se prépare à vivre pour nombre d’entre eux une première expérience printanière.

Si les Jackets ne comptent pas dans leurs rangs une star mondiale, malgré la belle de saison de Cam Atkinson, l’équipe possède surtout une profondeur d’alignement très bien balancée aussi bien en attaque qu’en défense. Quand votre 4e trio possède Scott Hartnell et Sam Gagner, c’est signe que la philosophie est résolument offensive et que le danger peut venir de partout. S’ils comptent bien jouer les trouble-fête dès cette année, passer successivement Pittsburgh et Washington serait tout de même un exploit pour l’équipe de Ohio qui prend date pour l’avenir.

Plusieurs observateurs considèrent que les Rangers de New-York connaîtront peut-être le meilleur sort de la division. Finir au 4e rang sera en effet vraisemblablement synonyme d’affrontement avec les équipes de la division Atlantique lors des deux premiers tours, évitant Capitals, Penguins et Blue Jackets. Ce serait tout de même sous-estimer les Canadiens, l’adversaire très probable au premier tour, dont le système de jeu semble plus complet que celui des Rangers. Les Blue Shirts ont d’ailleurs été passablement dominés par les Habs lors de leurs deux derniers affrontements, en ne récoltant que 45% et 36% de possession. Le taux de possession est donc toujours bloqué à 48% pour les Rangers, au 23e rang de la ligue.

Les chances de marquer qui constituaient la force de l’équipe en début de saison chutent à 51,1%, seulement 13e de la NHL. Il faut toutefois noter que la bonne réussite des tireurs s’est stabilisée, après un début d’année en fanfare, parmi les meilleurs de la ligue mais à un niveau durable. Les attaquants continuent ainsi de profiter un maximum de leurs opportunités. L’autre bonne nouvelle est le regain de forme du King Henrik Lundqvist ces derniers temps, avant qu’il ne se blesse pour plusieurs semaines… Le gardien, qui a tant de fois tiré les Rangers d’affaire ces dernières années, connaît pourtant sa pire saison depuis 2007-08 et la question se pose de savoir quel Lundqvist se présentera en playoffs ? Car il détiendra assurément les clés du parcours printanier pour les Rangers.

Les Islanders de New-York continuent sur leur belle lancée depuis le changement d’entraineur en janvier. Alors que la saison semblait perdue, la troupe du nouveau coach Doug Weight a accumulé 35 points sur 54 possibles depuis sa nomination le 17 janvier, le 4e meilleur total de la ligue ! Pas étonnant ainsi de les voir revenir dans le portrait des playoffs, bataillant pour la dernière Wild-card disponible avec Tampa Bay et Toronto. Mais si le jeu de possession est légèrement mieux que sous Jack Capuano, il flirte tout juste avec les 50% et les Islanders profitent surtout de la réussite de leurs tireurs, le 4e plus haut niveau de la ligue depuis le début de la saison. Cela vient certes compenser la piètre performance des gardiens, parmi les pires de la ligue, mais la bonne dynamique actuelle ne porte guère à l’optimisme à long terme. Surtout que Tampa Bay semble bien plus armée pour tenir le choc du dernier mois de saison régulière et que les Isles affronteront la semaine prochaine Jackets, Rangers, Penguins, Bruins et Predators… Un véritable test qui en dira long.

C’est plié pour les Flyers de Philadelphie dont on sentait venir le déclin depuis quelques temps déjà tant l’effectif comporte des trous béants. Les Flyers ont de plus le 29e PDO de la ligue alors que pas grand-chose ne rentre en attaque derrière Giroux-Voracek-Simmons et que les gardiens présentent le 26e taux d’arrêts de la ligue… Les Flyers ont laissé partir Mark Streit à la date limite des échanges et récupéré Valtteri Filppula dans l’espoir de densifier un peu le top-6 devant. Il reste tout de même beaucoup de travail en vue de la saison prochaine alors que le capitaine Claude Giroux semble déjà sur le déclin à 29 ans et que son contrat pharaonique de 8,2 millions l’emmène jusqu’en 2022. Les Flyers devraient-ils tenter de reconstruire dès à présent en misant sur leurs espoirs en défense ? Qui sait.

Caroline, dont on aurait pu un temps croire qu’ils pouvaient créer la surprise, n’a finalement pas tenu le rythme quand les grosses écuries ont accéléré. Répétons-nous une fois de plus mais l’entraîneur Bill Peters fait tout de même un travail formidable avec les moyens du bord et les Hurricanes sont toujours parmi le top 10 de la ligue pour la possession et les chances de marquer. Les jeunes comme Sebastien Aho grandissent vite et la défense est garnie d’espoirs. Le gros point faible reste les gardiens Cam Ward et Eddie Läck qui forment le pire duo de la ligue avec seulement 90,7% d’arrêts. La direction a pourtant pris le pari de les garder encore un an avant de trouver un cerbère capable de grandir avec l’équipe. En même temps, tant qu’à perdre pour reconstruire, autant avoir des gardiens médiocres... Le chantier continue sereinement et Carolina pourra profiter de 7 choix de repêchages (!) lors des trois premiers tours cette année pour continuer à bâtir.

New Jersey présente la plus mauvaise fiche de la ligue depuis le 1er février avec seulement 11 petits points amassés en 17 matchs. 27e taux de possession de la ligue, 21e pour les chances de marquer, 26e aux tirs, il n’y avait là pas grand-chose d’encourageant pour les diables. Il ne leur reste plus qu’à se laisser couler afin d’aller chercher le meilleur espoir possible au repêchage et continuer de reconstruire autour de la génération qui arrive, quitte à peut-être payer Las Vegas pour qu’ils les débarrassent du contrat de Cammalleri par exemple. 

 

Toutes les statistiques ne concernent que le jeu à égalité numérique (5v5). Constituant la grande majorité des matchs, seul le jeu à égalité numérique est révélateur des tendances de fond. À l’inverse, le jeu durant les supériorités et infériorités numériques est trop dicté par l'inégalité du moment et impose des tactiques temporaires non révélatrices des forces et faiblesses d'une équipe. Ces phases doivent plutôt être considérées en parallèle.

Taux de possession : Plus communément appelé « Corsi », cette statistique recense tous les tirs effectués par une équipe, qu'ils soient contrés, non-cadrés, arrêtés par le gardien ou deviennent des buts. Cette métrique est utilisée pour décrire quelle équipe a été la plus offensive durant un match, chaque tir étant une conséquence de la possession de la rondelle. Signe de l’importance retrouvée de la vitesse et du jeu offensif, les 5 derniers champions de la coupe Stanley figuraient parmi le top 3 de la ligue en termes de possession.

Chances de marquer : Le pourcentage de chances de marquer fonctionne comme le taux de possession mais ne prend en compte que les tirs pris dans un trapèze allant du but au haut des cercles de mise en jeu en passant par les points de mise en jeu. C’est de cette zone que sont marqués 70% des buts en NHL.

% tirs : Le pourcentage de réussite aux tirs est tout simplement le nombre de tirs cadrés qui finissent au fond des filets. Si au niveau individuel cette statistique peut varier, à l'échelle des équipes le niveau de la ligue est extrêmement homogène et stable aux alentours de 8%. Une différence importante indique par conséquent une période de réussite ou de déveine constituant une anomalie temporaire qui finit toujours par revenir à la normale.

% arrêts : Le pourcentage de tirs cadrés arrêtés par les gardiens d'une équipe. Si quelques gardiens se démarquent du lot, en bien ou en mal, le niveau des portiers de la ligue est extrêmement homogène et stable aux alentours de 92%. Une différence importante indique par conséquent une anomalie temporaire qui finit toujours par revenir à la normale.

PDO : Il est simplement l’addition du % tirs et du % arrêts, donnant un score tournant logiquement autour de 100, et permettant de voir d’un coup d’œil si une équipe respecte les moyennes de la ligue ou non. Chaque année, environ 25 équipes sur 30 obtiennent ainsi un score entre 99 et 101. Les minimums et maximums peuvent aller de 97 à 103.