Lundi noir pour les entraîneurs

Au lendemain du dernier match de la saison NHL, pas moins de quatre équipes ont limogé leur entraîneur ce lundi.

Il ne faisait pas bon faire partie des éliminés, hier. Alors que seize équipes se préparent aux playoffs, les quatorze autres ont commencé leur réflexion sur les motifs de leurs échecs. L'entraîneur, ce fusible facile, a donc été la première cible.

Lindy Ruff non reconduit

Arrivé à Dallas en 2013, l'ancien coach de Buffalo, Lindy Ruff, avait signé pour quatre ans. Son contrat se termine cette année et les Stars ont annoncé qu'il ne serait pas reconduit.

Celui qui fut entraîneur de l'année en 2006 et finaliste en 2007 pour ce même trophée n'aura jamais réussi à transformer la machine texane en champion. Pourtant, la saison 2015-16 avait laissé des motifs d'espoirs, avec 50 victoires et une qualification au deuxième tour des playoffs. Ce qui rend encore plus spctaculaire la chute au classement cette année.

Car 2016-2017 aura été un calvaire. Décimés par les blessures en début de saison, les Stars n'ont jamais réussi à gagner trois matchs de suite et terminent avant-derniers de la division Centrale (34-37-11, 79 pts). Le manager Jim Nill a salué l'homme, son professionnalisme et son dévouement, mais il était temps de passer à autre chose. Le style de jeu très offensif de Lindy Ruff mettait bien trop à mal une défense rajeunie et des gardiens fébriles.

Florida poursuit son spectacle

La gestion des Panthers de Floride ne laisse décidément aucun répit. Le propriétaire Vinnie Viola modifie encore l'organigramme de l'équipe.

Durant l'été dernier, Tom Rowe avait écarté Dale Tallon et pris le poste de manager général. En novembre, Rowe limogeait l'entraîneur Gerard Gallant dans des circonstances ubuesques - des images du coach attendant un taxi après un match à Raleigh avaient fait le tour du web. Rowe avait alors pris le poste d'entraîneur, gardé le titre de manager général mais confié les responsabilités à Steve Werier, Eric Joyce et... Tallon.

Après une saison catastrophique, plombée en grande partie par les blessures à long terme de Jonathan Huberdeau, Nick Bjugstad et Alex Barkov, Florida recherche une nouvelle fois un entraîneur. Vinnie Viola débarque donc Tom Rowe de ses deux casquettes et replace Dale Tallon en manager général.

Vous n'y comprenez rien ? Nous non plus.

Vancouver, pas mieux

S'il y a bien une équipe dont la gestion laisse encore plus perplexe, c'est Vancouver. Les Canucks, finalistes contre Boston en 2011, pousuivent depuis avec une obstination fascinante une décompostion avancée. Cette fois, le manager général Trevor Linden a désigné le coupable d'une nouvelle saison sans playoffs : l'entraîneur Willie Desjardins.

La direction estime que l'équipe est compétitive et peut prétendre au titre "dans les deux ou trois ans".

Les experts s'interrogent, pour leur part. Le poste de gardien est bien incertain, même si Jakob Markström a affiché des progrès sensibles. La défense ? une passoire, et pas vraiment jeune, en plus. L'attaque ? Dépendante des jumeaux Sedin vieillissants, renforcés par un Loui Eriksson transparent, et par une pléiade de laissés pour compte ailleurs. Le système est vide de grands espoirs à l'exception de Brock Boeser, et le seul Bo Horvat paraît bien seul. Bref, un chantier pas possible, mais le staff continue à nier l'état catastrophique de l'équipe. Après tout, si c'est la faute de l'entraîneur...

Los Angeles, l'ingratitude ?

Deux coupes Stanley en 2012 et 2014. Los Angeles faisait alors partie du gratin de la NHL et semblait partie pour une dynastie. Le temps a filé bien vite... Le manager général Dean Lombardi et l'entraîneur Darryl Sutter ont été démis de leurs fonctions, lundi. Une décision qui parait bien ingrate au regard des services rendus aux Kings de Los Angeles, mais pas si illogique au regard des trois dernières saisons.

Les Kings ont manqué les playoffs en 2015 et 2017, et n'ont fait qu'une piteuse apparition en playoffs 2016, quasi balayés dès le premier tour par San José.

La gestion de Lombardi a été remise en cause sur un certain nombre de dossiers. Entre l'affaire Mike Richards, dont le contrat aura été trop tardivement racheté, ce qui va lourdement peser sur la masse salariale pendant encore six ans, et les contrats de longue durée donnés à Dustin Brown ou Marian Gaborik - sans parler d'Anze Kopitar -, Lombardi a récompensé par loyauté les artisans du titre. Las, le déclin du jeu de Brown, la fragilité de Gaborik et une saison noire de Kopitar ont coulé les prétentions de l'équipe cette année.

Et que dire d'échanges inefficaces ? On se souvient en 2015 de l'acquisition d'Andrej Sekera à prix d'or (premier choix), ce qui n'a pas suffi à atteindre les phases finales. Les Kings n'ont quasiment jamais drafté au premier tour depuis 2012, et leur premier choix en moyenne n'arrive qu'à la 40e position. C'est bien simple, sur les quatre dernières drafts, seuls 3 joueurs sont apparus en NHL sous les couleurs des Kings, pour 33 matchs et 9 points...

Cette année encore, alors que l'attaque anémique ne pouvait compter que sur Jeff Carter, Lombardi est allé chercher... un gardien, Ben Bishop, alors que Peter Budaj réalisait un intérim parfait pendant la blessure de Jonathan Quick. Un Bishop qui aura eu besoin d'un bon mois avant de gagner un match sous ses nouvelles couleurs. L'arrivée de Jarome Iginla, irréprochable professionnel, n'aura pas servi à grand chose alors que la qualification semblait déjà irréaliste.

Lombardi, impliqué dans le processus de sélection des Etats-Unis à la Coupe du monde (indice, ce fut un fiasco), laisse donc sa place à son adjoint, l'ancien défenseur vedette Rob Blake. L'autre légende du club, Luc Robitaille, sera aussi impliqué dans les décisions.

Darryl Sutter suit le chemin de la porte lui aussi. Le système du coach, dominant en terme de possession de palet, n'aboutissait plus à grand chose. Les tirs extérieurs ne suffisaient plus, sans assez de force pour gratter les rebonds.

Quatre équipes cherchent donc un nouvel entraîneur, et même cinq avec Las Vegas. Les chaises musicales ne font que commencer.