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Russie - France (Euro Hockey Challenge 2017, match 3)

7500 spectateurs et une patinoire pleine pour l'équipe de France. Rien de mieux pour se mettre dans le bain avant le championnat du monde. Mais une telle audience, ça se mérite !

C'est la toute première fois que Chelyabinsk, grande ville de hockey devant l'éternel, patrie de Makarov et de Bykov, accueille un match international. La fédération russe a l'idée depuis longtemps d'offrir l'équipe nationale à des villes de province, mais les pays étrangers sont rétifs à la complexité du voyage. Un accord ne pouvait être trouvé qu'avec une "petite" fédération.

QUEMENER Ronan 150507 060La France est donc la première équipe nationale à se rendre jusque dans l'Oural (au niveau sénior), aux confins de l'Europe. Et il y a un petit clin d'oeil à cette destination, puisque Chelyabinsk organisera l'an prochain le Mondial U18 élite... pour lequel les jeunes tricolores viennent d'obtenir une qualification historique. La logistique du voyage est forcément plus compliquée pour le staff français. Généralement, un camion avec le matériel est envoyé en avance sur place. Ce n'est pas possible à cette distance, et il a donc fallu transporter tout l'équipement dans l'avion.

Ne dramatisons pas le périple non plus : il n'y a aucun décalage horaire avec un match qui commence à 21h30 en heure locale (horaire très tardif pour les habitudes russes), et l'hôtel est situé juste en face de la patinoire. Les hockeyeurs ont traversé la route à pied, hors du passage clouté... sans être sanctionnés contrairement à un photographe de la fédération russe qui a pris une amende pour ce motif !

Même si l'Euro Challenge a commencé, la Russie considère encore cette équipe comme la sélection "olympique", qui a déjà battu deux fois la Corée du sud (en préparation de ses JO) puis la Lettonie. La raison est simple : le chef n'est pas là. Le sélectionneur Oleg Znarok est en finale de KHL avec le SKA Saint-Pétersbourg et sa pléiade d'internationaux. L'équipe est normale à ce stade précoce de préparation, avec deux joueurs vus au dernier Mondial (le capitaine Sannikov et la révélation 2016 Telegin) mais aussi des éléments importants originaires de Chelyabinsk et qui jouent devant leurs proches (Shumakov, Shalunov, Nichushkin). Le terme de sélection "olympique" de la Russie prend tout son sens après le récent refus de la NHL de libérer ses joueurs : on pourrait voir nombre de ses hockeyeurs russes défiler derrière les cinq anneaux l'an prochain...

L'équipe de France prend forme après s'être renforcée des finalistes de Ligue Magnus, principalement des Rouennais. Le seul champion de France est le jeune centre Maurin Bouvet, car la star gapençaise Anthony Rech est en soins. Yorick Treille est lui aussi resté en France en raison de multiples petits bobos (hanche, épaule et poignet). Par rapport à ceux qui ont joué contre la Suisse, outre les jeunes qui étaient là pour apprendre, trois joueurs notables n'ont pas été conservés pour le déplacement : Kara, Dusseau et Moisand. Ils sont priés de se maintenir en forme en cas de besoin, comme les autres Gapençais de la liste élargie (Fouquerel, Crinon, Faure, Thillet). On se souvient de l'accumulation de pépins l'an dernier en défense...

FLEURY Damien 150509 006La première période est assez calme en termes de rythme. Les Russes mettent peu de rythme dans leurs changements de joueurs, peu d'intensité, ce qui permet aux Français de bien s'ajuster. Peu mis en danger, ils obtiennent même deux supériorités numériques pour prendre confiance.

La Russie accélère évidemment au deuxième tiers-temps. Les entrées en zone se font avec de la vitesse, et le jeu russe devient dangereux. La défense française est plus sollicitée, mais elle résiste, même si Dame-Malka et Janil concèdent deux pénalités. Le "local" Maksim Shalunov prend plusieurs tiers dangereux, et une tentative de tour de cage de Golyshev rate de peu. Le plus gênant pour les Bleus, c'est que Stéphane Da Costa part se faire examiner à l'hôpital après avoir pris un coup au bras dans un choc avec Golyshev.

Plus le match avance et plus la Sbornaïa domine. En troisième période, le jeu est à sens unique et les Russes font le siège de la zone française. Mais ils butent sur un homme : Ronan Quemener. Après ses deux mauvais buts lors du premier match face aux Suisses, il signe un blanchissage magistral contre un grand pays du hockey et prouve qu'il n'a l'intention d'abandonner à personne sa place aux championnats du monde. Il arrête en particulier un face-à-face avec Pavel Krasovsky.

L'obstruction de Gutierrez à cinq secondes de la fin signifie que la Russie commence la prolongation dans une situation idéale pour elle, à 4 contre 3. Non seulement la France résiste, mais quand elle revient dans le jeu "normal" à 3 contre 3, elle concrétise rapidement par l'inévitable buteur Damien Fleury. Elle s'offre ainsi une victoire historique sur le sol russe, trois ans après sa victoire historique à Helsinki. Attention à la revanche samedi soir car les Russes n'ont pas du tout aimé ce camouflet...

Désignés joueurs du match : Sergei Andronov pour la Russie et Ronan Quemener pour la France.

Commentaires d'après-match

Oleg Bratash (entraîneur de la Russie) : "Le match était censé faire plaisir au public, d'où les sifflets. Notre équipe a accru son avantage au cours du match. Nous devions marquer, nous ne l'avons pas fait. Il y a un tas de raison : manque de talent, manque de fraîcheur, malchance. Nous avons mal joué en supériorité malgré beaucoup d'opportunités."

Anatoli Golyshev (attaquant de la Russie) : "Nous n'avons pas concrétisé. Match équilibré. Merci aux fans pour le soutien. Nous devons analyser nos erreurs. Nous gagnerons le deuxième match. Nous avons joué toute la semaine dans d'autres compositions, et j'ai été un peu surpris d'être sur cette ligne, on en a parlé aves mes coéquipiers de trio avant le match. Nous devons aller plus à la cage en jeu de puissance. Il faut marquer."

Damien Fleury (attaquant de la France) : "La blessure de Stéphane Da Costa est le seul point négatif du match. C'est une très mauvaise nouvelle pour l'équipe, mais nous espérons qu'il sera rétabli dans quelques jours."

 

Russie - France 0-1 après prolongation (0-0, 0-0, 0-0, 0-1)
Jeudi 13 avril 2017 à 21h30 à la Traktor Arena de Chelyabinsk. 7442 spectateurs.
Arbitrage de Denis Naumov et Sergei Gusev (RUS) assistés de Gleb Lazarev et Aleksandr Otmakhov (RUS).
Pénalités : Russie 4' (4', 0', 0', 0') ; France 10' (0', 4', 6', 0').
Tirs : Russie 45 (5, 14, 22, 4) ; France 17 (6, 6, 3, 2).

Évolution du score :
0-1 à 02'38" : Fleury assisté de Manavian


Russie

Attaquants :
Sergei Shumakov (2') - Vladimir Tkachyov (-1) - Maksim Shalunov
Ivan Telegin - Sergei Andronov (A) - Stepan Sannikov (C, -1)
Maksim Mamin - Andrei Svetlakov - Valeri Nichushkin
Anatoly Golyshev - Pavel Kraskovsky - Egor Korshkov

Défenseurs :
Bogdan Kiselevich - Vladislav Gavrikov (-1)
Andrei Mironov (A) - Mikhaïl Naumenkov
Zakhar Arzamatsev - Igor Ozhiganov
Yaroslav Dybenko - Artyom Blazhievsky (2')

Gardien :
Ilya Sorokin

Remplaçant : Emil Garipov (G). En réserve : Ilya Lyubushkin (D, blessé), Anton Burdasov (A, malade).

France (2' pour surnombre)

Attaquants :
Damien Fleury (A, +1) - Stéphane Da Costa - Sacha Treille (+1)
Peter Valier - Teddy Da Costa - Maxime Lacroix
Jordann Perret - Laurent Meunier (C) - Floran Douay
Valentin Claireaux - Maurin Bouvet - Loïc Lampérier
Romain Gutierrez (2')

Défenseurs :
Kévin Hecquefeuille (A) - Olivier Dame-Malka (2')
Antonin Manavian (+1) - Nicolas Besch (2')
Jonathan Janil (2') - Teddy Trabichet
Damien Raux

Gardien :
Ronan Quemener

Remplaçant : Sebastian Ylönen (G). En réserve : Florian Hardy (G), Florian Chakiachvili (D), Nicolas Ritz (A, dos).