La Lettonie et sa marotte des entraîneurs NHL

Deux stratégies très différentes se définissent chez les "petites nations" de l'élite mondiale. Certaines comme la Norvège ou la France ont construit sur le long terme avec des entraîneurs locaux qui connaissent et qui insufflent la culture de l'équipe nationale.

A contrario, d'autres font venir des entraîneurs qui sont les plus éloignés de leur culture traditionnelle : il s'agit majoritairement des pays de l'ex-URSS, Lettonie et Bélarus, qui vouent une certaine fascination - et parfois une fascination/répulsion - pour les coaches nord-américains. Ils sont vus comme des parangons de la modernité, dans le rejet de ce qui constituait l'école traditionnelle soviétique. Leur engagement se superpose donc avec des débats politico-culturels qui cristallisent les passions.

INDRASIS Miks 130208 379Comme les nations baltes se sont (re-)construites sur la défiance envers tout ce qui est russe, la Lettonie est naturellement la plus attirée vers l'ouest. Le changement de président de fédération n'a pas changé ce phénomène, bien au contraire. L'équipe nationale était encore sans entraîneur à l'automne, et Bob Hartley était justement sur le marché : il avait reçu des offres de clubs de KHL et de LNA au printemps, mais était alors encore sous contrat avec les Flames de Calgary, qui ne l'ont congédié que début mai.

Bob Hartley avait remporté le trophée Jack Adams de meilleur coach de NHL en 2015, récompense où figure aussi au palmarès Ted Nolan, entraîneur de la Lettonie de 2011 à 2014. Même s'il connaît le hockey européen en devenant champion suisse avec Zurich, Hartley ne connaît rien au hockey international ni à ses adversaires. Il s'est consacré depuis sa nomination en décembre à apprendre et comprendre la Lettonie et son équipe de hockey. Encore faut-il passer de la théorie à la pratique. Il n'a eu droit à aucun match organisé avant ce mois d'avril et les rencontres face à la Russie B (0-5 et 1-2) et au Bélarus (1-0 et 0-3).

Son premier déplacement a lieu en Suède, chez une équipe qui s'est mise en jambes en Hongrie (4-0) et en Autriche (6-2 et 4-3). Le bizutage est assez rude : deux buts encaissés en six minutes ! Daniel Brodin est envoyé en breakaway (au milieu de la paire mal placée Jaks-Jerofejevs) par la belle passe levée d'Eric Martinsson. Le gardien de Langnau, Ivars Punnenovs, laisse filer dans son dos le lancer de la ligne bleue de Fantenberg, Linus Omark récupère le palet qui a échoué au pied du poteau et Pär Lindholm le pousse au fond. Patricularité intéressante de Lindholm qui a inscrit un but à chacune de ses quatre premières sélections en Tre Kronor.

OMARK Linus 160519 933La Lettonie se remet bien de ces débuts difficiles, mais Indrašis n'arrive pas à conclure seul face à la cage. En deuxième période, Sebastian Aho glisse tout seul près de sa cage et Roberts Bukarts offre à son jeune frère Rihards (21 ans), qui a passé sa première saison pro entre AHL et ECHL, un but en cage grande ouverte dès son premier match en équipe nationale. Mais la prime du plus beau but reviendra à Petter Emanuelsson : parti en 2 contre 1, l'attaquant de Luleå envoie un lancer magnifique dans la lucarne opposée.

La Lettonie livre ensuite un match équilibré, mais un peu trop passif pour parvenir suffisamment à menacer le gardien Niklas Svedberg. Le score final sera donc porté à 4-1 par un but en cage vide d'Oscar Fantenberg.

La Suède a malheureusement perdu un joueur sur blessure dans cette victoire : le premier buteur Daniel Brodin s'est blessé au genou après avoir reçu Bičevskis sur la jambe.

Désignés joueurs du match : Petter Emanuelsson pour la Suède et Miks Indrašis pour la Lettonie.

 

 

Suède - Lettonie 4-1 (2-0, 1-1, 1-0)
Vendredi 14 avril 2017 à 16h30 à la Scania Rinken de Södertälje. 2863 spectateurs.
Arbitrage de Andreas Harnebring et Mikael Andersson (SUE) assistés d'Anders Nyqvist et Daniel Persson (SUE).
Pénalités : Suède 8' (4', 0', 4'), Lettonie 6' (2', 2', 2').
Tirs : Suède 21 (8, 8, 5), Lettonie 13 (7, 2, 4).

Évolution du score :
1-0 à 03'18" : Brodin assisté de Martinsson
2-0 à 05'36" : Lindholm assisté d'Omark et Fantenberg
2-1 à 21'33" : Ri. Bukarts assisté de Ro. Bukarts
3-1 à 28'47" : Emanuelsson assisté de E. Pettersson et Everberg
4-1 à 59'26" : Fantenberg (inf. num., cage vide)
 

Suède

Attaquants :
Richard Gynge (-1) - Patrik Zackrisson (-1) - Alexander Bergström (-1)
André Petersson (+1, 2') - Pär Lindholm (+1) - Linus Omark (+1)
Petter Emanuelssson (+1) - Emil Pettersson (+1) - Dennis Everberg (+2)
Mario Kempe (+2) - Victor Ejdsell (+1) - Daniel Brodin (+1)
Johan Ryno, John Norman

Défenseurs :
Oscar Fantenberg (+2) - Eric Martinsson (+4)
Jonas Ahnelöv - Erik Gustafsson (+1, 2')
Sebastian Aho (-1, 2') - Niclas Burström
Calle Rosén (2') - Philip Holm

Gardien :
Niklas Svedberg

Remplaçant : Viktor Fasth (G).

Lettonie

Attaquants :
Miks Indrašis (-2) - Māris Bičevskis (-2, 2') – Ronalds Ķēniņš (-2)
Roberts Bukarts - Gatis Gricinskis - Rihards Bukarts
Edgars Kulda (-1) - Oskars Batņa (-1) - Frenks Razgals (-1)
Gunārs Skvorcovs - Vitālijs Pavlovs (-1, 2') - Gints Meija
Koba Jass

Défenseurs
Artūrs Kulda (-2, 2') - Oskars Cibuļskis (-2)
Jānis Jaks (-2) - Aleksandrs Jerofejevs (-1)
Ralfs Freibergs (+1)

Gardien
Ivars Punnenovs

Remplaçants : Elvis Merzļikins (G), Kristofers Bindulis, Uvis Jānis Balinskis. En tribunes : Jānis Kalniņš (G), Kristaps Sotnieks, Kristaps Zīle, Roberts Lipsbergs.