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L'affaire Stepanov pollue la préparation biélorusse pour Paris

A priori la préparation du Mondial avait tout pour se faire dans la quiétude, mais le Bélarus a le don de ne pas pouvoir se passer de polémiques.

STEPANOV Andrei 160506 593Dernière controverse en date pour diviser fans et observateurs : "l'affaire Stepanov". Une affaire, vraiment ? Un joueur écarté de l'équipe nationale parce que l'entraîneur déclare n'être pas satisfait de son travail défensif, cela serait extrêmement banal dans beaucoup de pays. Mais là, des journalistes se font immédiatement défenseurs de la victime en pointant une fiche +/- en club qui ne caractérise en rien un joueur paresseux défensivement. Pas grand rapport en soi entre une statistique surinterprétée et prise isolément, et le comportement en sélection vu par un entraîneur, me direz-vous. Ce n'est pas faux...

Monte-t-on en épingle un non-évènement ? Pourquoi dénoncer un problème relationnel sans lien avec la performance du joueur ? C'est que ce Moscovite de naissance a défendu avec régularité le maillot de sa patrie d'adoption. Stepanov était le meilleur marqueur de l'équipe aux derniers Mondiaux (qui ont failli être un fiasco avant le match du sauvetage contre la France), le deuxième marqueur à la qualification olympique (manquée), et il déploie toujours beacoup d'énergie là où des partenaires bien plus cotés montraient une motivation et une intensité de jeu aléatoires. On comprend donc mieux la levée de boucliers : en quelque sorte, critiquez qui vous voulez, mais pas Stepanov ! Les remous ont été si importants que le sélectionneur Dave Lewis a laissé une porte ouverte et a modéré dans ses propos une décision plus si irrévocable...

Stepanov s'est fait écarter samedi à l'issue de ce match à Bobruisk, le moins cher certainement de tout l'Euro Challenge. L'entrée y coûtait de 2 à 4 roubles biélorusses, soit de 1 à 2 euros. Reflet du coût de la vile dans le pays, mais pas seulement : c'est deux fois moins que la veille à Zhlobin. Les organisateurs ont sans doute voulu s'assurer du remplissage d'une plus grande patinoire. Le résultat est en tout cas réussi : elle affiche complet avec 7000 spectateurs.

PIELMEIER Timo 160508 692La surprise du match est le début en équipe nationale du gardien Vitali Trus, une révélation tardive de 28 ans, meilleur joueur de la saison dans le championnat biélorusse. On ne l'attendait pas car le staff avait annoncé que Kevin Lalande serait testé deux jours de suite afin de le tester dans cette configuration fréquente en championnat du monde. La décision a changé en urgence le matin même du match. Au pied levé, Trus a très bien réussi son test international, très solide alors qu'il est très sollicités pendant deux périodes.

En l'absence de Denis Reul retourné dans le vestiaire par précaution dès le début du match (après une rude mise en échec), les Allemandes dominent en effet le match, de plus en plus nettement. Le bilan des tirs au deuxième tiers-temps (20 à 4 !) est on ne peut plus clair. Marcus Kink, laissé absolument seul devant la cage, a tout le temps de convertir le rebond d'un tir de Moritz Müller. Le gardien ne peut rien non plus sur le deuxième but, car Patrick Hager a tenu sa crosse pour dévier parfaitement le tir de son camarade de club Philip Gogulla. Leur ligne (avec Schütz) est la seule qu'Uwe Krupp n'a pas modifié avant ce match, et est sans doute la plus fiable.

Après quarante minutes de sieste, le Bélarus se réveille soudain en dernière période. 7000 personnes ont quand même payé leur place - même bon marché - pour l'encourager. Le vétéran Andrei Kostistsyn a un soudain éclair de génie et passe en revue toute la défense allemande. L'équipe locale a encore quatre avantages numériques pour égaliser, dont deux pour des fautes de Marcel Noebels (obstruction et retard de jeu) dans les six dernières minutes. Mais même en finissant à 6 contre 4 sans gardien, le jeu de puissance biélorusse peine toujours à convaincre. La solidité de l'Allemagne en infériorité numérique a été la clé de sa première victoire dans ce camp après trois échecs.

Désignés joueurs du match : Vitali Trus pour le Bélarus et Timo Pielmeier pour l'Allemagne.

Commentaires d'après-match

Dave Lewis (entraîneur du Bélarus) : "Je suis satisfait de quatre périodes sur six : tout le match à Zhlobin et le derniers tiers à Bobruisk. Les deux premiers tiers-temps, bien sûr, posent question. Le seul point absolument positif, comme la semaine précédente en Lettonie, c'est la performance des deux gardiens. [Sur le jeu de puissance]. Le problème n'est pas seulement que nous marquons peu, mais même que nous tirons peu. Trop de temps est perdu à chercher une position convenable. Nous allons faire une séance spéciale d'entraînement dédiée aux unités spéciales. Leur composition ne va pas changer, peut-être juste le positionnement. Ce serait un péché de ne pas utiliser des joueurs intelligents avec un bon lancer [NB : allusion aux Kostistsyn]. Je ne manque pas de noter un point positif : nous poussons souvent les adversaires à la faute. Il reste à apprendre à en tirer profit. [Sur Stepanov] Je veux voir les joueurs de l'équipe nationale travailler dans les trois zones, et pas juste en zone offensive. Certains jeunes ont fait très bonne impression dans ce sens. Les plus expérimentés, pas toujours. Et Stepanov est l'un d'eux. Je pense que j'aurai une autre conférence avec le staff à ce sujet, je parlerai moi-même à Stepanov. On décidera alors si sa mise à l'écart de l'équipe est définitive."

Marco Strum (entraîneur de l'Allemagne) : "Jusqu'ici nous avions encaissé trop de buts, nous voulions changer ça. la semaine a été très positive, avec un bon camp d'entraînement à Mannheim pour une progression dans ces deux parties."

 

Bélarus - Allemagne 1-2 (0-0, 0-2, 1-0)
Samedi 15 avril 2017 à 17h30 à la Bobruisk Arena. 7060 spectateurs.
Arbitrage de Petr Amosov et Miroslav Yarets (BLR) assistés d'Ivan Dedyulya et Aleksandr Yaloshevsky (BLR).
Pénalités : Bélarus 12' (4', 2', 6') ; Allemagne 22' (6', 4', 12').
Tirs : Bélarus 28 (9, 4, 15) ; Allemagne 33 (10, 20, 3).

Évolution du score :
0-1 à 27'25" : Kink assisté de Mo. Müller et Zerressen
0-2 à 33'19" : Hager assisté de Gogulla
1-2 à 42'15" : A. Kostitsyn assisté de S. Kostitsyn


Bélarus

Attaquants :
Sergei Stas (2') - Andrei Stas - Aleksandr Pavlovich
Sergei Kostitsyn - Yevgeni Kovyrshin (2') - Andrei Kostitsyn
Mikhaïl Stefanovich - Yegor Shrangovich - Aleksandr Kogalev
Danila Karaban (-1) - Artyom Volkov (-1, 2') - Artyom Demkov (-1)
Maksim Parfeevets

Défenseurs :
Vladimir Denisov (+1) - Roman Graborenko (+1)
Yevgeni Lisovets (-2, 4') - Dmitri Korobov (-2, 2')
Nikolaï Stasenko - Kristian Khenkel
Pavel Vorobey

Gardien :
Vitali Trus

Remplaçant : Mikhaïl Karnaukhov (G). En réserve : Kevin Lalande (G), Ilya Shinkevich (D), Andrei Stepanov, Aleksandr Kulakov, Sergei Drozd (A).

Allemagne (2' pour surnombre)

Attaquants :
Yasin Ehliz (2') - Frederik Tiffels (2') - Matthias Plachta
David Wolf (-1) - Brent Raedeke (-1) - Marcel Noebels (-1, 4')
Marcus Kink (+1) - Kai Hospelt (+1) - Thomas Oppenheimer (+1)
Philip Gogulla (+1) - Patrick Hager (+1, 2') - Felix Schütz (+1)

Défenseurs :
Frank Hördler (+1, 2') - Sinan Akdag (+1, 2')
Pascal Zerressen - Christian Ehrhoff (C, -1, 2')
Moritz Müller (+1) - Denis Reul
Stephan Daschner (4')

Gardien :
Timo Pielmeier

Remplaçant : Mathias Niederberger (G). En réserve : Dennis Endras (G), Bernhard Ebner (D), Nicolas Krämmer, Sebastian Uvira (A).