À domicile, ils se plaignent... du voyage

Est-il possible d'organiser un match international dans son pays et de justifier une défaite par... la fatigue du voyage ? Apparemment oui. C'est ce qui est arrivé à la Slovaquie.

Comment en est-on arrivé là ? L'équipe nationale est simplement voyagé en train de la capitale Bratislava jusqu'à Košice. C'est certes à l'autre bout du pays, mais les deux villes sont distantes de 400 kilomètres, ce qui ne paraît pas la mer à boire. Mais le transport ferroviaire n'est pas vraiment le point fort de la Slovaquie, même en comparaison de ses voisins (la Pologne aux trains modernes et bien plus rapides). Le trajet prend donc plus de 5 heures, et avec le retard d'une demi-heure, presque 6... Il comprenait en effet de nombreuses escales, durant lesquelles... les supporters venus des différentes villes montaient à bord !

PIHLSTROM Antti 160506 644Il s'agissait en effet d'un train spécial de quatre voitures : deux pour les fans, une réservée à l'équipe, et un wagon-restaurant. Après le déjeûner, une séance d'autographes d'une demi-heure a été organisée entre les supporters et leurs héros. Pour les relations publiques, c'est bien. On ne dira pas que ce passage obligé a fatigué les joueurs. C'était une distraction comme une autre. Le voyage en train, même long, est tranquille pour les organismes. Les joueurs passaient le temps en jouant aux cartes, et Libor Hudáček regardait un documentaire sur histoire du hockey slovaque.

Le problème est que le voyage n'a pas du tout été optimisé pour que l'équipe arrive dans un bon état de fraîcheur. Avec les trente minutes de retard, tout ce beau monde est arrivé à la patinoire... une demi-heure avant le match. Pile à l'heure pour les supporters. Beaucoup moins pour les joueurs qui ont à peine pu s'échauffer. En face, les Finlandais, organisés et prévoyants, étaient déjà à Košice... depuis deux jours !

Qui s'étonnera dans ces conditions que les Finlandais, plus frais et supérieurs en patinage, dominent d'entrée. Dès la première minute, le gardien Július Hudáček devait intervenir deux fois, sur un tir de Junttila puis sur le rebond. Il est bien sympathique, mais il faut peut-être arrêter de se reposer sur lui et de lui demander des miracles ! La première occasion slovaque vient paradoxalement d'une récupération en zone offensive d'Eduard Šedivý, défenseur aligné à l'aile... parce que la Slovaquie, avec deux joueurs malades, n'a même pas su amener une équipe complète. Où est l'avantage d'être chez soi ? Šedivý donne un bon palet à Vandas, qui échoue sur Harri Säteri.

La nette domination finlandaise - 10 tirs à 2 en première période - se concrétise logiquement par deux buts. Ville Lajunen transforme le premier jeu de puissance, du haut du cercle gauche, et Antti Pihlström, l'attaquant défensif qui reste sur la saison la plus productive de sa carrière, témoigne de sa nouvelle efficacité en n'hésitant pas pour doubler la mise.

PALOLA Olli 140518 159Le deuxième tiers-temps est un peu meilleur. Le défenseur Michal Čajkovský se retrouve même étonnamment échappé devant Säteri, sans conclure. Les Slovaques patinent un peu plus, ils ont trouvé leur rythme et pointent leur nez à l'offensive. Mais la Finlande obtient sa deuxième supériorité numérique... qu'elle convertit également ! Julius Honka, jeune défenseur qui a débuté en NHL cette saison et vient d'intégrer l'équipe, laance de la bleue, et le buteur Olli Palola est présent au rebond.

La Finlande n'a plus qu'à contrôler sa large avance, et sa meilleure forme l'aide encore en troisième période. Après le forfait du titulaire de l'an passé Mikko Koskinen, les Finlandais devront réviser leurs plans et n'ont encore aucune idée de qui sera leur premier gardien. Mais pour l'instant, cela ne les perturbe guère. Säteri signe un blanchissage, comme Ortio l'avait déjà fait la semaine dernière.

Les Slovaques, eux, n'ont pas marqué le moindre but depuis 179 minutes ! Attention, au match suivant à Bratislava, il n'y aura pas d'excuses : les deux équipes feront le voyage retour en train ensemble et seront exactement dans les mêmes conditions.

Désignés joueurs du match : Michal Čajkovský pour la Slovaquie et Harri Säteri pour la Finlande.

Commentaires d'après-match

Zdeno Cíger (entraîneur de la Slovaquie) : "Nous avons eu un vrai problème au début. Notre adversaire était reposé. Chapeau aux joueurs. Je l'ai personnellement expérimenté et je sais que c'est très difficile de démarrer presque sans entraînement et après une journée de voyage. Ils se sont battus jusqu'à la fin et j'apprécie. Nous avons commencé à jouer comme nous le voulions à partir de la mi-match, mais les tirs étaient bloqués ou arrêtés. Il faudrait que l'on marque un but de raccroc pour reprendre confiance. Si on avait marqué, cela aurait été différent. Mais ils en ont mis deux, ils ont fermé les portes et dégagé les palets. C'est du hockey finlandais typique. [...] J'apprécie beaucoup la polyvalence de Šedivý. Il était partout, il est rapide et il peut jouer à tous les postes. C'est un gros avantage."

Eduard Šedivý (joueur de la Slovaquie) : "Cela évolué dans le même esprit que lors des matchs précédents. Nous ne nous sommes pas réveillés au début, et je ne sais pas si c'est dû à l'activité des Finlandais ou au long voyage. Mais nous sommes des professionnels et nous ne devons pas chercher d'excuses. Chacun sait qu'il faut être prêt dès la première minute en équipe nationale. Bien sûr, je suis surtout défenseur, mais je m'adapte. J'ai essayé de jouer attaquant en club et ce n'est pas nouveau. En défense, on a plus de responsabilité, et en attaque il faut patiner plus."

 

Slovaquie - Finlande 0-3 (0-0, 0-1, 0-2)
Mercredi 19 avril 2017 à 17h00 à la Steel Arena de Košice. 5157 spectateurs.
Arbitrage de Peter Stano et Jozef Kubuš (SVK) assistés de Jozef Šefčík et Martin Korba (SVK).
Pénalités : Slovaquie 4' (2', 2', 0') ; Finlande 2' (2', 0', 0').
Tirs : Slovaquie 17 (2, 9, 6) ; Finlande 29 (10, 11, 8).

Évolution du score :
0-1 à 11'36" : V. Lajunen assisté de Pihlström (sup. num.)
0-2 à 14'55" : Pihlström assisté de Manninen et Anttila
0-3 à 27'03" : Palola assisté de Honka et M. Aaltonen (sup. num.)


Slovaquie

Attaquants :
Libor Hudáček - Marek Hovorka - Vladimir Dravecký
Martin Bakoš - Lukáš Cingeľ - Andrej Kudrna
Tomáš Hrnka - Jakub Suja - Patrik Lušňák
Eduard Šedivý (-1) - Miroslav Preisinger (-1) - Michael Vandas (-1, 2')

Défenseurs :
Dominik Graňák (2') - Michal Čajkovský
Juraj Mikuš - Martin Gernát
Ivan Švarný - Peter Čerešňák
Ján Brejčák (-1) - Lukáš Kozák (-1)

Gardien :
Július Hudáček

Remplaçant : Patrik Rybár (G). En réserve : Jaroslav Janus (G), Andrej Šťastný (malade), Dávid Skokan (malade).

Finlande

Attaquants :
Antti Erkinjuntti - Miro Aaltonen - Olli Palola
Julius Junttila - Joonas Kemppainen - Pekka Jormakka
Sakari Manninen (+1) - Marko Anttila (+1) - Antti Pihlström (+1)
Tommi Huhtala (2') - Tomi Sallinen (C) - Niko Ojamäki

Défenseurs :
Atte Ohtamaa (A, +1) - Julius Honka (+1)
Veli-Matti Vittasmäki - Ville Lajunen (A)
Tommi Kivistö - Jesse Virtanen
Joonas Järvinen

Gardien :
Harri Säteri

Remplaçant : Joni Ortio (G). En réserve : Juha Metsola (G), Lasse Kukkonen, Topi Jaakola, Juuso Hietanen (D), Mika Pyörälä (A), Anssi Salmela (départ du camp sur blessure).