Le Bélarus offre la neuvième place à l'équipe de France

Quelle motivation pour ce match ? Les deux équipes n'ont plus rien à jouer. La Biélorussie est assurée de finir septième de poule, après n'avoir réellement joué qu'un demi-match contre la France et un match contre la Slovénie. Sa victoire profiterait surtout... à l'équipe de France, qui grimperait au classement.

L'apathie globale de l'équipe biélorusse se traduit encore sur la composition d'équipe : malgré les deux jours de repos, les frères Kostitsyn ne sont pas sur la glace, mais en tribunes. Ils ne se sont pas entraînés dans l'intervalle pour cause de blessures. Le Bélarus n'aligne même pas trois lignes complètes.

La Norvège joue un peu plus : une victoire leur permettrait de grimper de deux rangs au classement de ce championnat du monde, toujours utile au ranking IIHF.

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Un tiers fermé

Devant une centaine d'enfants et des tribunes clairsemées, les deux équipes entament une rencontre relativement brouillonne et pauvre en occasions. Les batailles dans les bandes priment. Les deux gardiens commencent à recevoir plus de tirs vers la mi-période. Mikhaïl Karnaukhov bloque quelques banderilles, Lars Haugen reste vigilant sur les efforts adverses, notamment de Kulakov.

Quoi qu'il en soit, le match est moins fermé qu'attendu et le rythme plutôt élevé. Malgré le déchet technique et les nombreux revirements, la rencontre est plutôt plaisante.

Volkov commet un faire trébucher en fin de tiers et la Norvège s'installe. Les tirs manquent de conviction et la défense dégage les palets qui traînent. Pas de but après vingt minutes.

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La Biélorussie prend confiance

Le deuxième tiers débute de la même manière : une bonne volonté mais énormément de déchet. La Biélorussie échoue à convertir un jeu de puissance. Mais, après huit minutes de jeu, elle est récompensée de ses efforts. Haugen sort mal derrière son but, dépassé par des Biélorusses. Stefanovich le devance d'un côté, Lisovets, de l'autre, sort du fond et marque du revers dans le but déserté (1-0).

Juste après, la Biélorussie, en feu, obtient deux occasions coup sur coup. Demkov est trop court sur un deux-contre-un, Stas sorti de la ligne de fond... La partie s'ouvre et les deux équipes vont d'un but à l'autre. Les occasions pleuvent.

Un jeu de puissance norvégien pour une faute de Pavlovich relance la partie. Daniel Sørvik reçoit une passe en retrait de Mathis Olimb, et reprend à travers la foule. Karnaukhov, masqué, est battu au dessus de la plaque (1-1).

La Biélorussie reprend le contrôle du match. Korobov frappe le poteau, puis, un bon jeu de passes se termine par une remise de Stas trouve Kulakov en tête de cercle, qui fusille Haugen (2-1).

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Un final spectaculaire

La Norvège ne traîne pas pour égaliser. Après 1'19", Reichenberg slalome et son tir perce le Karnaukhov le mong du poteau (2-2). Moins de deux minutes plus tard, Holøs s'infiltre dans le dos de la défense et bonifie une passe transversale de Martinsen (2-3). Toute la défense s'était faite aspirer du mauvais côté.

Du coup, la Norvège reproduit son schéma traditionnel fait de bon positionnement défensif. Une manière d'endormir l'adversaire qui fonctionne très bien : la Biélorussie ne trouve pas la clé... jusqu'à six minutes du terme.

Les deux camps bataillent dans le coin et, lorsque le palet sort, Shinkevich a été oublié au marquage. Le défenseur est seul face au but et trompe Haugen d'un tir croisé (3-3).

La Norvège a beaucoup trop reculé et se fait punir. Le travail derrière la cage revient sur Pavlovich qui tire. Un rebond traîne, et, pendant la défense statique regarde l'action, Lisovets surgit au milieu de quatre joueurs pour pousser le rebond au fond (4-3).

Il reste trois minutes. La Norvège, fébrile, tente de revenir et sort son gardien. Karnaukhov sauve du bout de la botte un tir de dernière seconde. Le rebond est pris à huit secondes de la sirène : pas de but après révision vidéo, le palet a tapé le poteau et un Norvégien était tombé dans la zone bleue et couché sur la ligne...

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La Biélorussie a peut être fait son meilleur match du tournoi ce soir. Est-ce un hasard si ce constat apparaît sans les frères Kostitsyn sur la glace ? Les mauvaises langues sauteront vite aux conclusions.

Quant à la Norvège, elle paie un tournoi poussif. Hormis la première ligne des frères Olimb et Thoresen, elle fut inexistante offensivement sur le reste des attaquants. Son style de jeu fade et ultra-défensif a montré ses limites dès qu'il a fallu revenir au score. L'espoir suscité par la victoire contre la France en première journée n'a pas duré.

La victoire biélorusse permet à la France de décrocher une neuvième place dans ce Mondial, une prestation exceptionnelle.

Désignés joueurs du match : Andreas Martinsen (Norvège) et Yevgeni Lisovets (Biélorussie)

Meilleurs joueurs biélorusses du tournoi selon leur entraîneur : Aleksandr Pavlovich, Evgeni Lisovets et Evgeni Kovyrshin.

Meilleurs joueurs norvégiens du tournoi selon leur entraîneur : Patrick Thoresen, Lars Haugen et Jonas Holøs.

Commentaires d'après-match

Dave Lewis (entraîneur du Bélarus) : "Les Norvégiens jouaient avec énergie. La veille ils avaient eu un match difficile contre les Canadiens, et nous voulions les épuiser. Néanmoins, au début de la troisième période, ils ne semblaient pas fatigués. Ils ont marqué deux buts rapprochés et pris l'avantage. Ils étaient organisés et techniques, et ont fait transpirer notre défense."

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Biélorussie - Norvège 4-3 (0-0, 2-1, 2-2)
Samedi 13 mai 2017, 16h15. AccorHotels Arena de Paris. 3867 spectateurs.
Arbitrage de Daniel Piechaczek (ALL) et Tobias Wehrli (SUI) assistés de Joep Leermakers (PB) et Nathan Vanoosten (CAN).
Pénalités : Biélorussie 6' (2', 4', 0'), Norvège 4' (0', 2', 2').
Tirs : Biélorussie 19 (7, 5, 7), Norvège 26 (10, 8, 8).

Récapitulatif du score
1-0 à 26'08" : Lisovets assisté de Stefanovich
1-1 à 35'05" : Sorvik assisté de M. Olimb
2-1 à 37'52" : Kulakov assisté de Stas et Demkov
2-2 à 41'19" : Reichenberg assisté de Thoresen et Odegaard
2-3 à 43'41" : Holos assisté de Martinsen et M. Olimb
3-3 à 54'06" : Shinkevich assisté de Kovyrshin et Stefanovich
4-3 à 56'56" : Lisovets assisté de Pavlovich et Linglet


Biélorussie

Attaquants
Charles Linglet (+1) - Yegor Sharangovich (-1) - Aleksandr Pavlovich (A, 2')
Aleksandr Kulakov - Andrei Stas (C, 2') - Artyom Demkov
Aleksandr Kogalev - Yevgeni Kovyrshin - Mikhail Stefanovich (+1)
Sergei Drozd - Artyom Volkov (2')

Défenseurs
Dmitri Korobov (A, +1) - Yevgeni Lisovets (+1)
Kristian Khenkel - Ilya Shinkevich
Pavel Vorobey (-2) - Oleg Yevenko (-2)

Gardien
Mikhail Karnaukhov

Remplaçant : Vitali Trus (G). Réservistes : Kevin Lalande (G), Danila Karaban, Vladimir Denisov, Roman Graborenko, Sergei Kostitsyn, Andrei Kostitsyn.

Norvège

Attaquants
Ken Andre Olimb (+1) - Mathis Olimb (A, 2') - Andreas Martinsen
Patrick Thoresen (A) - Kristian Forsberg (2') - Alexander Reichenberg
Jorgen Karterud (-1) - Anders Bastiansen (+1) - Thomas Valkvæ Olsen (-1)
Martin Røymark (-1) - Niklas Roest (-1) - Mathias Trettenes (-1)
Sondre Olden

Défenseurs
Erlend Lesund (-1) - Jonas Holøs (C, -1)
Mattias Nørstebø (-1) - Henrik Ødegaard (-1)
Alexander Bonsaksen (+1) - Daniel Sørvik (+1)
Johannes Johannesen

Gardien
Lars Haugen [sorti de sa cage à 59'34"]

Remplaçant : Steffen Søberg (G). Réservistes : Henrik Haukeland (G), Dennis Sveum, Mats Rosseli Olsen.

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