Résumé des finales de conférence NHL

La coupe Stanley se jouera donc entre les Predators de Nashville et les Penguins de Pittsburgh. Le champion sortant et l’équipe phare de ces playoffs s’offrent donc le droit de lutter pour le graal après s’être débarrassées de leurs adversaires respectifs au bout de luttes acharnées. Retour sur ces finales de conférence.

Par Thibaud Chatel @batonsrompus

 

ANA NSH

Nashville comme attendu

Cette finale de conférence devait être un choc entre la vitesse de mouvement de Nashville et la combativité à tout épreuve des Ducks, et elle n’a pas déçu. Car même si la série n’est pas allée jusqu’à un septième match, elle ressembla à un vrai combat de chiens enragés, poussant même souvent au-delà des limites... Les Predators entamèrent les hostilités de la meilleure des façons sur la glace adverse, en prenant le jeu à leur compte, une domination récompensée en prolongation par le but du vétéran James Neal. Et le second match prenait la même direction alors que Nashville menait de deux buts après moins de dix minutes en première période. Seulement, si ces playoffs nous ont appris quelque chose, c’est de ne jamais compter les Ducks pour battus. Ne baissant pas les bras, ceux-ci profitèrent d’un Pekka Rinne dangereusement redevenu humain depuis le début de la série pour revenir et égaliser à une manche partout.

De retour à Nashville, les Preds prirent une nouvelle fois le jeu à leur compte mais c’est Corey Perry qui ouvrit la marque en power play, venant tromper la vigilance de Rinne d’un angle impossible. La domination des Preds finit tout de même par payer et Filip Forsberg, monsieur un but par match depuis le début de la série, parvient à égaliser sur une énième poussée. S’en remettant à leur jeu dur pour pousser les Preds à bout, les Ducks franchirent trop souvent les limites en fin de match et Nashville inscrit finalement le but vainqueur sur une supériorité numérique de trop, de la main de Roman Josi. Mais, comme d’habitude, c’est au pied du mur qu’Anaheim retrouva son meilleur hockey.

Le match numéro quatre fut contrôlé par l’équipe californienne qui se pensait à l’abri avec une avance de 2-0 et moins de dix minutes à jouer. Inversant pour une fois les rôles, c’est Nashville qui dû trouver des ressources opportunistes, par Subban d’abord, puis l’inévitable Forsberg à 30 secondes de la fin, offrant aux Predators une prolongation inespérée et l’opportunité de tuer la série. Mais si les premières minutes du temps additionnel furent bien en faveur des Preds, Anaheim reprit doucement ses esprits et c’est Perry qui inscrit le but vainqueur, d’un tir dévié dans sa cage par Subban.

À égalité dans la série, Nashville crut bien voir ses chances s’envoler avec l’annonce de l’opération en urgence de Ryan Johansen, blessé durant la prolongation du match 4. Les Preds perdaient non seulement leur meilleur marqueur, avec Forsberg, mais également leur seul centre top6, laissant des trios débalancés et à la merci de Getzlaf et Kesler. Le sort allait cependant niveler les chances alors que Rickard Rakell allait lui aussi manquer le reste de la série pour les Ducks et surtout que John Gibson dut sortir en cours de match, laissant les cages californiennes entre les mains un peu douteuses de Jonathan Bernier. Ce match 5 fut une bataille âpre et pas vraiment un exemple de beau jeu. Les deux équipes se répondirent en seconde période avant que le jeune Pontus Aberg ne marque le premier but de sa carrière en playoffs à la suite d’un jeu toute en patience de Mathias Ekholm et Filip Forsberg.

Si proche de la qualification, Nashville entama le match 6 comme dans un rêve, marquant deux fois, plus ou moins aidée par un Bernier peu alerte. Mais la suite de la rencontre fut une longue torture mentale pour les fans des Predators qui virent leur équipe se recroqueviller dans sa zone sous les coups de boutoir des Ducks, que seul Pekka Rinne tint à distance. Reprenant une avance inespérée de 3-1 en début de troisième tiers, Nashville finit pourtant logiquement par céder et les dix dernières minutes s’entamèrent sur un score nul de 3-3. Mais comme plusieurs fois déjà dans cette série, ce sont les Preds qui inscrivirent le but décisif, par l’improbable Colton Sissons, auteur d’un coup du chapeau par l’occasion, sur une superbe passe de Jarnkrok. Deux cages vides plus tard, la messe était dite et Nashville atteignait la finale de la coupe Stanley pour la première fois de son histoire.

Au-delà du résultat final, les équipes ont joué sur des registres qu'on leur connaissait bien. Sans surprise, Nashville s'est une nouvelle fois appuyée sur ton top4 défensif toujours aussi impressionnant et aux rôles de plus en plus clairement définis. Josi-Ellis ont été un peu plus effacés cette fois-ci, subissant le jeu lorsqu'ils devaient affronter le trio de Getzlaf. À l'inverse, il semble que Subban et surtout Mathias Ekholm (5 points) aient encore élevé leur niveau d'un cran, contenant comme lors des rondes précédentes le top6 adverse tout en apportant un support décisif à l'attaque. Devant, Filip Forsberg continue d'épater par son talent, endossant le gros des responsabilités d'un top6 désormais amputé de moitié sans Fiala, Fisher et Johansen.

En face, les Ducks ont procédé comme d'habitude par à-coups, étant capable d'imposer une énorme pression durant plusieurs minutes pour recoller au score. Mais si les jeunes Silfverberg, Kase, Rackell ont pu trouver la faille, les leaders Getzlaf et Kesler ont été limités à 4 et 1 passes durant la série. Enfin, si la jeune brigade défensive a un bel avenir, certains flottements ont coûté très cher aux Ducks, notamment lors du match 6, et plusieurs buts décisifs ont été inscrits sur des rebonds laissés à la merci des Preds. Anaheim pourra nourrir des regrets alors que la coupe était une vraie possibilité.

 

 

PIT OTT

la logique, au bout du compte

Les Senators auront décidément fait vivre des montagnes russes d'émotions à leurs partisans, jusqu'au dénouement cruel. Plus que jamais outsider face au champion en titre, les Sens s'offrirent pourtant le premier match de façon tout à fait méritée, prenant complètement de vitesse des Penguins peut-être encore sur un nuage d'avoir sorti Washington. Marc-André Fleury fit des miracles mais c’est Bobby Ryan qui inscrit le but vainqueur en prolongation, portant le nombre de victoires des Sens en overtime à 6 ce printemps (sur 9 victoires alors…). Pittsburgh reprit rapidement ses esprits lors du second duel et ce fut à Craig Anderson de tenir son équipe à bout de bras avant de finalement céder face à un double effort de Phil Kessel.

La troisième rencontre prit un tournant inattendu alors que Fleury prit l’eau, s’inclinant cinq fois sur les neuf premiers tirs d’Ottawa, laissant sa place à un Matt Murray enfin revenu de blessure. Dos au mur, l’entraineur des Penguins, Mike Sullivan, prit alors la décision d’aligner Murray pour le match 4, faisant confiance à celui qui avait remporté la coupe Stanley l’an passé au détriment d’un Fleury jusqu’ici impérial ce printemps. Mais la décision fut ultimement la bonne car Pittsburgh parvint à égaliser la série, se montrant opportuniste alors que les Sens s’offraient les meilleures occasions en début de match et résistant jusqu’au bout à leur remontée. Tout restait à faire.

De retour à la maison, Pittsburgh sembla enfin prendre la mesure de son adversaire lors de la manche suivante, écrasant complétement les Sens dans le jeu et étant récompensé de leurs efforts au tableau d’affichage par un score fleuve de 7-0.

La série semblait alors pliée mais Craig Anderson se dressa sur leur route, stoppant 45 des 46 tirs adverses pour permettre aux Sens de rester en vie et de s’offrir un match 7. Celui-ci fut chaotique, un brin absurde tant la réussite semblait fuir Pittsburgh et coller aux chandails des Sens qui parvinrent deux fois à revenir au score. Plus la prolongation avançait et plus il semblait certain qu’Ottawa allait parvenir à s’enfuir avec la victoire, comme souvent depuis le début des playoffs. Jusqu'à ce tir flottant et bien peu orthodoxe de Kunitz en deuxième prolongation, le genre de buts inscrits par Ottawa depuis deux mois. Un retour de karma en quelque sorte.

L’aventure s’arrête donc là pour la bande dirigée d’une main de maitre par Guy Boucher, qui aura su profiter de chacune des opportunités sur son chemin. Mais malgré leur parcours inattendu, Ottawa pourra toujours regretter de n'avoir pu profiter davantage d'un tableau avantageux (Boston, New-York, des Penguins sans défense), d'un Craig Anderson encore performant et d'un Erik Karlsson au sommet de son art. D'autant qu'il faudra bientôt offrir à celui-ci un nouveau contrat qui risque bien de changer le visage de l'équipe. Les Penguins s'offrent, eux, une quatrième finale en 10 ans, peut-être en route vers un troisième sacre qui qualifierait assurément Crosby et sa génération de dynastie.

 

Suivez-nous sur twitter pour la finale @batonsrompus