Pittsburgh Penguins - Nashville Predators (finale de la coupe Stanley, match 1)

La NHL va rendre son verdict : le tenant du titre Pittsburgh va tenter de défendre son acquis face à un challenger novice à ce niveau, Nashville.

Les Penguins sont sortis vainqueurs d'un marathon à l'Est, effaçant Columbus, Washington en sept manches, et Ottawa en double prolongations du match sept également. La défense est décimée par les blessures, mais l'attaque a porté l'équipe - ainsi, et surtout, que le duo de gardiens, Fleury tout d'abord, puis Murray. Les Penguins ont subi tout le long des playoffs mais sont tout de même sortis vainqueurs. Ils étaient les derniers à disputer deux finales de rang (2008 et 2009) et espèrent succéder à Détroit, dernière équipe double championne (1997, 1998).

En face, Nashville n'a pas meilleure forme. Même si les Predators ont connu un parcours moins éprouvant (Chicago balayé en quatre matchs, St. Louis et Anaheim en six), ils ont perdu en route leur centre numéro un, Ryan Johansen, un élément crucial et difficilement remplaçable. À charge du gardien Rinne et du quatuor magique de défenseurs - Ekholm, Subban, Josi, Ellis - de museler l'offensive adverse. C'est la première apparition de la franchise née en 1998 à ce niveau : Nashville n'avait même jamais passé le deuxième tour.

Une révision vidéo et un froid réalisme

Le capitaine de Nashville, Mike Fisher, est de retour de blessure et débute la partie en remportant la mise au jeu. Son équipe tente de faire le jeu dès la première minute. Austin Watson obtient la première bonne chance à la deuxième minute, bien libéré sur l'aile, mais ne cadre pas malgré un bon écran de McLeod. Après trois minutes, Murray compte déjà quatre arrêts. Craig Smith enchaîne tout en vitesse, exploitant un mauvais changement de ligne adverse. Son slalom le mène jusqu'au gardien, qui répond de la botte.

Crosby s'offre le premier tir des Penguins, qui masque mal la domination des visiteurs dans les premières minutes. Rinne se fait le premier relanceur, le quatuor en défense ne laisse rien passer, les mises au jeu sont à sens unique et le repli des attaquants des Predators empêche toute construction de Pittsburgh. La relance ne franchit pas le rideau.

Après sept minutes, la mainmise de Nashville sur le jeu finit par être récompensée. Arvidsson et Forsberg pressent dans le coin et ce dernier récupère, trouve Subban lancé à l'opposée. Le défenseur ne manque pas l'offrande et marque. Mike Sullivan réclame une vérification vidéo pour hors-jeu : Forsberg a-t-il contrôlé le palet avec un pied au-delà de la bleue en début d'action ? Les officiels estiment que oui et le but est refusé. Forsberg avait la crosse sur la ligne, les Penguins avaient même récupéré le palet plus tard avant de le reperdre, mais le but ne compte pas pour un patin à peine levé. Pittsburgh s'en sort bien.

L'action a redonné du moral au champion en titre qui repart enfin vers l'avant. Le rythme monte d'un cran, mais les occasions restent en faveur des hommes de Laviolette - Ekholm du bout de la crosse servi par Fisher, puis Sissons, Watson... La toile défensive de Nashville fonctionne à merveille.

L'accélération des Penguins fonctionne par courtes phases, mais bien peu de présences se montrent réellement dangereuses - une de Malkin, puis une de Crosby font toutefois vibrer la foule.

Une bonne présence de la ligne Guentzel pousse Järnkrok à la faute : le Suédois fait trébucher son compatriote Hornqvist dans le slot. Et Neal sort en même temps pour une faute inutile sur Daley : Nashville, dominateur dans ce premier quart d'heure, offre une chance en or aux Penguins, buteurs sur 25% de leurs tentatives en supériorité dans ces playoffs.

Maladroits, ils mettent plus d'une minute à s'installer, avant d'enchaîner les passes médiocres et de se faire encore sortir de la zone. Finalement, Crosby sert Guentzel dans le slot, qui ne peut reprendre. À dix-huit secondes de la fin des deux pénalités, Malkin enfin perce la muraille d'un tir puissant en tête de cercle (1-0). Laviolette est furieux, estimant qu'un coup de coude de Crosby n'a pas été sanctionné.

Il reste quelques secondes d'avantage et Pittsburgh charge encore la cage de Rinne, qui ne tremble pas. Les Predators reviennent au complet mais sont menés, contre le cours du jeu. Dès lors, Pittsburgh, en confiance, prend l'ascendant. Kunitz manque une chance à bout portant, rejeté par la botte de Rinne, mais le palet reste en zone offensive. Dumoulin tient le palet à la bleue et s'avance vers la ligne de fond. Crosby bataille avec Irwin et le palet remonte vers Kunitz qui voit Sheary seul au deuxième poteau devant une cage ouverte (2-0). Deux buts à une minute d'intervalle...

Et les Penguins verrouillent leur avantage à seize secondes de la sirène. Bonino déborde et, excentré et d'une main, lance à la cage. Rinne détourne de la crosse... sur Ekholm, qui voit le palet rebondir au fond (3-0). Trois buts en sept tirs (plus tard corrigé à huit) après vingt minutes ! Pittsburgh n'a dominé que cinq minutes mais a su capitaliser.


Pittsburgh étouffé

Les Predators n'ont plus rien à perdre et commencent le deuxième tiers avec intensité. Mais Pittsburgh évolue plus haut et gêne la relance. Les contres se font menaçants : Hornqvist franchit le rideau et Cullen, libre dans l'axe, manque une bonne chance, hors cadre.

Alors qu'un fan de Nashville lance un poisson-chat sur la glace (!), son équipe peine à se montrer dangereuse. Forsberg obtient toutefois une obstruction de Maata, en en rajoutant un peu... Le jeu de puissance ne tourne qu'à 15% de réussite dans ces phases finales : cela se vérifie, et Murray ne reçoit aucun tir cadré.

Une nouvelle chance se présente à cause d'un mauvais geste de Ian Cole sur Jarnkrök. Nashville cherche le slap de Josi, qui tente deux tirs qui n'arrivent pas jusqu'à Murray. Finalement, à dix-huit secondes de la fin de la pénalité, Arvidsson masque Murray lorsque Ellis expédie une volée en tête de cercle et réduit le score (3-1).

Nashville garde le contrôle du match et continue à appuyer, avec le soutien de ses arrières. Après douze minutes, Pittsburgh ne compte toujours aucun tir cadré et continue de subir. Murray tient le fort et repousse un beau geste de Jarnkrök qui avait éliminé Daley, puis un tir en hauteur de Sissons en débordement à droite... et un deuxième de ce dernier, après une mauvaise relance du gardien. Neal enchaîne à la réception d'une passe d'Arvidsson, puis Ellis de la bleue avec écran de Fisher : les Predators poussent.

À deux minutes de la pause, Josi et Ellis mettent le feu dans le slot et le palet est soit bloqué, soit file juste à côté. Sous pression et au bord de la rupture, Pittsburgh résiste à cette très longue présence : les Penguins n'auront lancé aucun tir dans ce tiers - une première dans toute l'histoire de la finale de coupe Stanley depuis que les tirs sont mesurés (1958) - mais comptent encore deux buts d'avance.


Une victoire miraculeuse

Les Penguins ferment bien leur zone et s'appliquent à la relance dans les premières minutes, ne concédant qu'un tir voilé de Subban.

Les minutes défilent sans occasion, les deux équipes coupant bien le jeu dans la neutre et bataillant dans les bandes sur les palets envoyés au fond. Pittsburgh ne compte toujours aucun tir cadré depuis la fin du premier tiers...

Après dix minutes, Malkin n'échappe pas à la sanction pour un accrochage envers Subban dans la neutre. Le jeu de puissance s'installe. Janrkrök tente une volée, puis le palet reste en jeu, tourne bien et Josi, du cercle droit, lance vers la cage. Colton Sissons traîne dans le slot et le disque heurte son genou pour tromper Murray (3-2).

L'élan des Predators ne s'interrompt pas et Fisher attaque la cage, sans réussite. Malheureusement pour eux, Subban relance au dessus du plexiglas et concède un retard de jeu, qui place Pittsburgh en avantage numérique à moins de neuf minutes de la fin. Toujours aucun tir et Fisher dégage le palet dans les derniers instants. Nashville revient au complet et Watson arrive le premier dans le coin de Pittsburgh. Il résiste au duel, contourne la cage et piège Daley et Määttä : le jeune Gaudreau reçoit la passe à travers l'enclave et égalise, pour le premier but de sa carrière, saison régulière comprise (3-3).

La défense du tenant du titre est à la limite de la rupture sur la présence suivante du duo Forsberg-Aberg. Murray est même sauvé par son poteau sur un tir rapide de Neal du cercle.

Et, au plus fort de la tempête, Pittsburgh se sauve. À trois minutes de la fin, Guentzel reçoit une passe de Cullen dans la neutre et échappe à la défense. Son tir, le premier depuis plus de trente-sept minutes, surprend Rinne en hauteur (4-3).

Vingt-cinq tirs à neuf, mais Nashville est à nouveau mené. Rust lance le dixième et Rinne le bloque du bout de la botte. Le portier finlandais sort pour un attaquant. Bonino, d'un palet levé haut dans la PPG Paints Arena, trouve alors la cage déserte (5-3).

Malgré d'ultimes lancers bloqués, Nashville ne revient pas et s'incline contre le cours du jeu dans ce match 1. Pittsburgh s'en sort par miracle dans une rencontre où ils ont été copieusement dominés. Ils remportent un match de finale avec le plus petit total de tirs de toute l'histoire de la coupe Stanley, ère moderne (depuis 1967-1968). Un trou de souris, mais une victoire à zéro.


Pittsburgh Penguins - Nashville Predators 5-3 (3-0, 0-1, 2-2)
Lundi 29 mai 2017, PPG Paints Arena de Pittsburgh. 18.618 spectateurs.
Arbitrage de Wes McCauley et Brad Meier assistés de Svott Cherrey et Brian Murphy.
Pénalités : Pittsburgh 6' (0', 4', 2'), Nashville 6' (4', 0', 2')
Tirs : Pittsburgh 12 (8, 0, 4), Nashville 26 (11, 9, 6)

Récapitulatif du score
1-0 à 15'32" : Malkin assisté de Daley et Crosby (sup. num.)
2-0 à 16'37" : Sheary assisté de Kunitz et Crosby
3-0 à 19'43" : Bonino
3-1 à 28'21" : Ellis assisté de Subban et Fisher (sup. num.)
3-2 à 50'06" : Sissons assisté de Josi et Jarnkrök (sup. num.)
3-3 à 53'29" : Gaudreau assisté de Watson et Fisher
4-3 à 56'43" : Guentzel assisté de Cullen et Schultz
5-3 à 58'58" : Bonino assisté de Kunitz (cage vide)

Pittsburgh Penguins

Attaquants
Conor Sheary (+1) - Sidney Crosby (C, +1) - Chris Kunitz (A, +1)
Phil Kessel - Evgeni Malkin (A, 2') - Scott Wilson
Carter Rowney (+1) - Nick Bonino (+2) - Bryan Rust (+1)
Patric Hornqvist (+1) - Matt Cullen - Jake Guentzel (+1)

Défenseurs
Olli Määttä (2') - Trevor Daley
Brian Dumoulin (+2) - Ron Hainsey (+2)
Justin Schultz (+1) - Ian Cole (2', +1)

Gardien
Matt Murray

Remplaçant : Marc-André Fleury (G). Réservistes : Chad Ruhwedel (D, commotion), Mark Streit, Derrick Pouliot (D), Kris letang (D, nuque), Tom Kuhnhackel (A, bas du corps), Oskar Sundqvist, Josh Arshibald, Carl Hagelin (A, bas du corps)

Nashville Predators

Attaquants
Pontus Aberg (-2) - Colton Sissons (-1) - Filip Forsberg (-1)
Viktor Arvidsson (-2) - Mike Fisher (C, -2) - James Neal (A, 2', -1)
Frederick Gaudreau - Craig Smith (-1) - Calle Järnkrok (2', -1)
Vernon Fiddler - Austin Watson - Cody McLeod

Défenseurs
Ryan Ellis (-2) - Roman Josi (A, -1)
Mattias Ekholm (-1) - P.K. Subban (2')
Yannick Weber (-1) - Matt Irwin

Gardien
Pekka Rinne

Remplaçant : Juuse Saros (G). Réservistes : Miikka Salomaki, Harry Zolnierczyk, Colin Wilson (A, blessé), Kevin Fiala (A, fracture du fémur), Ryan Johansen (A, cuisse).