Répartition par lieu de naissance des joueurs de la Ligue Magnus 2016-17 (1ere partie)

À l’instar de ce que nous vous avions présenté il y a deux saisons, et pour vous faire patienter en cette longue intersaison estivale, nous vous proposons une analyse géographique de la provenance des joueurs ayant pris part à cette dernière saison de Ligue Magnus.

L’intérêt de ce travail, dans un premier temps de compilation de données, est également de fournir des éléments de lecture sur la répartition et parfois la disparité géographique du panel que constituent les acteurs de l’Elite du hockey français. 

En avant-propos, précisons sur quelles données reposent cette analyse : sont comptabilisés ici tous les joueurs ayant statistiquement pris part à une rencontre de la saison 2016-2017 de Ligue Magnus, tant en saison régulière qu’en play-offs ou poule de relégation. Cela s’appuie sur les conventions établies dans les statistiques générales. Ainsi pour les gardiens, le décompte porte sur ceux étant entrés sur la glace au moins lors d’une seule rencontre, tandis que sont comptabilisés les joueurs de champ comptant au moins une présence sur les feuilles de match de la FFHG.

La notion de nationalité est ici mise en perspective, puisque la donnée prise en compte est uniquement le lieu de naissance des joueurs concernés.



Répartition mondiale : un effet JFL bien trompeur

341 joueurs ont pris part à la saison 2016-2017 de Ligue Magnus. Parmi ceux-ci, le contingent des joueurs nés en France s’élève à 198, soit 58,1% des acteurs de la saison. La modification des règlements de la FFHG en matière de Joueurs Formés Localement, à l’aube de la saison passée (passage à 11 JFL dont un gardien sur chaque feuille de match) devait permettre une augmentation significative de ce pourcentage, mais dans les faits il n’en est rien. Au contraire, ce chiffre en légère baisse par rapport à la saison passée (60,7% en 2015-2016), subit en réalité sa quatrième baisse consécutive (61,3% en 2014-2015, 63,1% en 2013-2014). Il convient toutefois d’attendre une période plus longue en termes d’années d’application de cette règle pour en juger les effets sur ce point précis.


Sans la moindre surprise, la deuxième origine des joueurs de la Ligue est très largement le Canada. Cette saison, ils furent 70 joueurs à être nés sous le drapeau à la feuille d’érable (20,5% du total des joueurs), dont de fait des élements bi-nationaux tels que Julien Desrosiers (Bordeaux) ou Olivier Dame-Malka (Rouen). Le Canada occupe cette deuxième place de provenance depuis la saison 2008-2009, car l’exercice précédent avait vu la Magnus accueillir trois Slovaques de plus que de Canadiens. Notons d’ailleurs que sur ces 70 joueurs canadiens, l’exacte moitié (35) est composée de joueurs nés au Québec.

Enfin cette saison c’est la Slovaquie qui vient compléter le podium, avec 17 joueurs (5%). La part des joueurs européens « non-français » s’élève à 18,5% du total, et 44,1% des joueurs non-français ayant fréquenté la Ligue. Parmi ceux-ci, le phénomène « Europe Centrale » s’accroit de plus en plus, au détriment des joueurs d’origines nordiques qui se raréfient encore. Un phénomène qui tend à se pérenniser.

Voici dans le détail la répartition internationale (à la naissance) des joueurs ayant fréquenté la Magnus cette saison :

France : 198 joueurs français
Canada : 70 joueurs canadiens
Slovaquie : 17 joueurs slovaques
République Tchèque : 15 joueurs tchèques
Lettonie et Etats-Unis : 10 joueurs lettons et 10 joueurs américains
Slovénie : 8 joueurs slovènes
Finlande : 6 joueurs finlandais
Suède : 3 joueurs suédois
Russie : 2 joueurs russes
Norvège et Autriche : 1 joueur norvégien et 1 joueur autrichien



Répartition des régions françaises : l’Auvergne-Rhône Alpes logiquement en force

Comme chaque saison, une très large part des joueurs français de la Ligue sont originaires des Alpes. La cuvée 2016-2017 dénombrait 55 natifs de la région Auvergne-Rhône Alpes (27.8% des joueurs français). La réforme de la régionalisation en France n’a d’ailleurs eu aucune incidence sur ce fait statistique, puisque sur ce total aucun acteur n’est né dans l’ancienne région Auvergne. Cette réalité empirique n’est pas prête de s’inverser tant l’histoire et la culture du hockey dans les Alpes dominent encore les « passions locales » ici ou là, qui bien malheureusement peinent encore à créer de véritables bassins d’intérêt pour le hockey sur glace.

Derrière Auvergne-Rhône-Alpes, on retrouve l’Ile de France pour deuxième région de provenance des joueurs de Magnus, avec 28 Franciliens en 2016-2017 (14.1% des joueurs français). Si cette région n’est plus représentée au sein de l’Elite française depuis la saison 2011-2012 et la présence de Neuilly sur Marne, elle n’en demeure pas moins la seconde région française en termes de clubs affiliés à la FFHG (21 clubs référencés). Dans ce fort bassin de population, la concurrence est rude pour la pratique sportive, mais sans bruit le hockey sur glace a toujours su conserver sa place, grâce notamment à un maillage géographique qui facilite les compétitions dans les catégories jeunes.

Au bénéfice des nouvelles régions françaises, c’est le Grand-Est qui récupère la troisième place des régions les plus représentées. L’union des anciennes régions Alsace, Lorraine et Champagne-Ardenne permet de rassembler des villes où le hockey compte dans le paysage (Strasbourg, Epinal, Mulhouse, Reims, Colmar), et c’est ainsi que l’on dénombre 27 joueurs qui en sont originaires (13.6%), soit sensiblement autant que l’Ile de France. Les grandes initiatives de développement du hockey mineur dans certaines de ses villes (ADHM pour Mulhouse, Gamyo Academy pour Epinal, CSGSA pour Strasbourg) devraient d’ici quelques années permettre de voir ce chiffre augmenter.

Enfin il est impossible d’évoquer cette répartition régionale sans citer les « zones blanches » de hockey sur glace, et mettre en avant un paradoxe. Deux régions administratives n’ont compté aucun représentant lors de cette dernière saison de Ligue Magnus. C’est le cas sans surprise de la région Corse. Durant l’été 2014, la FFHG évoquait dans une publication un projet de première patinoire sur l’île de beauté (autour de l’association « Corsica sports et loisirs sur glace »), et une ouverture pour 2017 était envisagée. Bien malheureusement le projet n’a pas vu le jour, et aujourd’hui les Corses n’ont pour seule possibilité de patinage que la patinoire temporaire de Bastia durant l’hiver. Trop peu pour créer des vocations.

La deuxième région est plus étonnante, puisqu’il s’agit de la Bretagne. Sans être une terre inconditionnelle de hockey sur glace, cette région compte tout de même un certain nombre d’équipements et de clubs (Rennes, Lanester...), parmi lesquels Brest qui fut un pensionnaire tout récent de la Ligue Magnus. Si en Division 1 les Albatros comptent encore des Bretons de naissance dans leurs rangs (Gaëtan Cannizzo, Jérémy Cormier...), il s’avère que curieusement aucun natif de cette région, pourtant loin d’être la plus dépourvue de hockey sur glace, n’a évolué cette saison au plus haut échelon du hockey français. Le fait que la ligue de Bretagne de hockey sur glace compte moins de 500 licenciés en 2016 (selon les chiffres de la FFHG), tend à prouver que la culture hockey peine à se pérenniser en Armorique.

Ci-dessous retrouvez la répartition par région de naissance des joueurs nationaux :

Auvergne-Rhône-Alpes : 55 joueurs
Ile de France : 28 joueurs
Grand-Est : 27 joueurs
Provence-Alpes-Côte d’Azur : 21 joueurs
Hauts de France : 20 joueurs
Normandie : 18 joueurs
Bourgogne-Franche-Comté : 10 joueurs
Pays de la Loire : 7 joueurs
Nouvelle Aquitaine : 6 joueurs
DOM-TOM : 5 joueurs
Occitanie : 3 joueurs
Centre-Val de Loire : 1 joueur
Bretagne et Corse : 0 joueur

(Détail disponible sur demande)

Retrouvez dès demain la deuxième partie de cet article avec la répartition à échelle des départements et des villes.