Pittsburgh Penguins - Nashville Predators (finale de la coupe Stanley, match 2)

Le deuxième match de cette finale 2017 s'annonce prometteur. Victorieux en ouverture, Pittsburgh l'aborde pourtant comme s'il avait perdu le premier match. Dominés à domicile, privés de tir pendant trente-sept minutes, les Penguins ont miraculeusement trouvé le moyen de gagner. Il semble peu probable que le champion en titre ne joue aussi mal deux fois de suite... Leur coach Mike Sullivan a choisi de changer ses lignes en faisant tourner ses ailiers.

Nashville, en revanche, n'a pas été récompensé de ses efforts. Il faudra faire preuve de plus de réalisme offensif, et espérer que Pekka Rinne produise une meilleure prestation.

Un premier tiers très physique

Les Predators prennent immédiatement les commandes du match et Fisher est bien démarqué après le travail de ses coéquipiers à l'échec-avant. Neal intercepte ainsi le dégagement de Määttä et sert son capitaine, pour la première chance du match.

Cependant, cette agressivité vers l'avant dépasse la limite et Craig Smith commet un coup de crosse totalement inutile en zone offensive à l'encontre de Rowney, ce qui place son équipe en infériorité. Rinne sauve un centre de Kessel dévié, de justesse, et le public pousse son équipe. Josi et Ekholm réalisent une prestation parfaite, Subban se sacrifie au bloc et Nashville revient au complet. Mais Pittsburgh conserve le palet et met la pression : Rinne sauve un revers de Määttä, puis un tour de cage d'Hornqvist n'aboutit pas, contré par la crosse de Josi.

Dos au mur, les Predators répondent physiquement et Irwin charge violemment Cullen dans le dos. Il échappe inexplicablement à la pénalité. Ce qui n'arrange pas l'animosité entre les deux camps, Crosby et Ekholm s'étant déjà échangé quelques mauvais coups de crosse un peu plus tôt...

L'équipe locale a pris le jeu à son compte, explosive en contre, ce qui offre un bon tir à Dumoulin, repoussé de la botte par Rinne, puis un lancer de Guentzel en hauteur. Bien plus en mouvement qu'au premier match, les Penguins se montrent dominateurs dans tous les secteurs, à l'exception des mises au jeu. Les duels, âpres, ne font aucun cadeau. Kunitz assène un coup de crosse plus que limite au niveau de la nuque de Subban en déséquilibre et Malkin accroche Ekholm : deux fautes offensives, et un cinq contre trois. Le scénario du match 1 se reproduirait-il en sens inverse ?

Non, car les tirs ne sont pas cadrés, et Fisher est par ailleurs puni dans le slot pour obstruction. Juste avant, Bonino avait bloqué un lourd tir de Subban, pris en pleine cheville. L'attaquant quitte péniblement la glace avec l'aide de ses coéquipiers, mais il reviendra plus tard.

Quatre-contre-trois pendant une minute et Nashville tourne, cantonné à la périphérie. Les quelques tirs ne franchissent pas le rideau et les deux Penguins punis reviennent, offrant une supériorité numérique à leur camp. Aucune occasion n'en ressort.

De retour à cinq, Nashville fait plier le champion sur un exploit individuel exceptionnel. Aberg reçoit dans la neutre une passe d'Arvidsson qu'il dévie de la crosse, accélère et mystifie Määttä d'une feinte incroyable. Il repique au but, fixe Murray en passant dans le slot et marque en hauteur (1-0). Un but spectaculaire du rookie suédois !

En feu, Nashville frôle le deuxième but. Ekholm contourne la cage et Gaudreau tire du revers. Jarnkrök prend le rebond mais rate une cage ouverte avec un retour improbable de Murray, avant que le gardien ne bloque le palet venu de l'aile. Le temps fort ne dure pas puisque Josi se rend coupable d'une série de coups de crosse dans le dos de Sheary. La défense ne laisse rien passer et saute sur la moindre passe mal ajustée. Et dans les toutes dernières secondes, la chance tourne encore en faveur des Penguins. Sheary lance à la cage en angle fermé et le palet rebondit doucement sur la botte de Rinne, collé au poteau. Qui d'autre que Guentzel pour dénicher un infime trou de souris au rebond sous le bras du gardien ? (1-1). Onzième but du rookie, pas loin du record de la NHL (14 par Dino Cicarelli).

Les petits incidents se multiplient, des deux côtés et les officiels laissent tout passer, y compris deux fautes nettes sur Guentzel en fin de tiers. Nashville, qui écrase les mises au jeu (18-7), parvient ainsi à obtenir une nouvelle chance d'Arvidsson, puis un joli coup de patte d'Aberg, que Murray repousse sur Forsberg... qui échoue à contourner la botte sur le rebond. Josi clôture le tiers avec un nouveau lancer sur une mise au jeu gagnée. Pittsburgh s'est montré bien plus dangereux avec autant de tirs que dans tout le match 1 (11), mais a tout de même concédé la bagatelle de dix-huit tirs, y compris de nettes occasions dans les derniers instants. Toutefois, le score est de 1-1 après vingt minutes.


La partie s'équilibre

Les Predators attaquent d'entrée, portés par leur quatuor magique de défenseurs. Ils enferment leur adversaire dans son camp pendant plus d'une minute et Murray sort deux arrêts sur Ellis et Fisher. Rinne n'est pas en reste, avec un tir de Kessel puis un autre signé Bonino de l'aile. Un peu plus tard, Rinne encaisse un palet de Kessel en plein masque pour un nouvel arrêt.

Petit à petit, Nashville prend l'ascendant et Murray s'interpose sur un centre dévié par Maata, puis un deux-contre-un mené par Forsberg, puis un slap rageur de Josi sur une passe en retrait du Suédois. Avant même la mi-match, Murray compte déjà vingt-cinq arrêts.

Une rare présence offensive de Pittsburgh bouscule la quatrième ligne des visiteurs et Austin Watson craque avec un mauvais geste sur Hornqvist, qui n'échappe pas aux arbitres. Là encore, la défense de Nashville étouffe le porteur de palet, dévie les passes et s'en sort sans dommage. Nashville n'a encaissé que six petits buts en infériorité dans ces playoffs, dont deux au premier match...

La fin de tiers tourne légèrement à l'avantage de l'équipe locale, qui obtient deux chances de Crosby. À 2'35" de la pause, Watson part en contre et tente de déborder, mais dans l'axe, McLeod commet une crosse haute sur Rowney et concède deux minutes de pénalité. Encore une fois, le placement défensif remarquable des hommes de Laviolette prive Pittsburgh d'occasion. Pas de but dans un deuxième tiers accroché, physique et très disputé.


La leçon du champion

Le troisième tiers débute parfaitement pour Pittsburgh. La mise au jeu est gagnée par Crosby, relayée par Hainsey le long de la bande et portée sur le côté par Rust. Ce dernier lance de l'aile en cherchant la botte opposée de Rinne. Le rebond, voulu, tombe sur Guentzel qui double la mise après seulement dix secondes (2-1). La meilleure ligne du soir côté Penguins fait la différence.

Nashville part à l'abordage et se fait punir en contre. Cullen effectue un bon jeu le long de la bande, Kessel déborde en deux-contre-un, gêné par Weber, mais parvient en bout de course à remiser vers la cage. Wilson ne peut correctement reprendre et le palet finit sur le patin de Fiddler, qui trompe involontairement son propre gardien (3-1).

Sur l'engagement, la défense se délite encore et offre un boulevard à Malkin, qui échappe à la défense et nettoie la lucarne du portier finlandais (4-1). Fin de soirée pour Rinne après ces trois buts encaissés en 3'28", dont deux en quinze secondes. Juuse Saros entre en piste.

Sonnés, les Predators multiplient des erreurs qu'ils ne commettaient pas jusqu'alors, et concèdent même une nouvelle pénalité, Aberg accrochant Sheary qui filait au but. Le jeu de puissance des Penguins finit par percer le mur à trois secondes du retour d'Aberg, sur le premier tir. Kunitz et Cullen travaillent au fond et Hornqvist marque du bout de la crosse contre son ancienne équipe, complètement oublié devant le but. L'arbitrage vidéo annule finalement le but pour un hors-jeu net de Cullen au départ de l'action.

La partie tourne à sens unique, avec encore un gros travail de la ligne Rust-Crosby-Guentzel, ce dernier alternant avec Sheary. Cependant, le capitaine des Penguins est puni pour une obstruction sur Sissons, qui quitte le jeu après avoir bloqué un tir. Le jeu de puissance des Predators cherche le slap d'Ellis, bloqué par Cole puis Rowney, ou celui de Subban. Les Noirs s'en sortent et conservent leur avance.

L'animosité monte d'un cran, au point que Subban et Malkin en personne tombent les gants devant un public debout. Les deux joueurs sortent et le Russe concède deux minutes de plus pour dureté. Désorganisés, les Predators n'y sont plus vraiment et ne parviennent pas vraiment à menacer Murray, à l'exception d'un tir en angle fermé de Forsberg.

Les dernières minutes voient plutôt les deux équipes se provoquer et s'échanger quelques mauvais gestes plutôt qu'autre chose. La partie finit ainsi à quatre-contre-quatre et les Penguins mettent leur patte sur la finale : deux victoires à zéro.


Sans-faute à domicile pour Pittsburgh, qui a su se montrer efficace sur ses temps forts. Un réalisme de champion et un grand Murray dans les cages ont permis de tenir à distance une formation de Nashville moins dominante qu'au match 1, et qui s'est désorganisée en début de troisième tiers. Les Predators vont devoir eux aussi rester intraitables dans leur antre, où il faudra concrétiser les occasions et espérer que Rinne, irréprochable lors des trois premiers tours, retrouve un meilleur niveau.

 

Pittsburgh Penguins - Nashville Predators 4-1 (1-1, 0-0, 3-0)
Mercredi 31 mai 2017, PPG Paints Arena de Pittsburgh. 18 643 spectateurs.
Arbitrage de Kevin Pollock et Dan O'Halloran assistés de Shane Heyer et Brad Kovachik
Pénalités : Pittsburgh 15' (4', 0', 11'), Nashville 19' (6', 4', 9')
Tirs : Pittsburgh 27 (12, 7, 8), Nashville 38 (18, 14, 6)

Récapitulatif du score
0-1 à 12'57" : Aberg assisté de Arvidsson et Fisher
1-1 à 26'36" : Guentzel assisté de Sheary et Kunitz
2-1 à 40'10" : Guentzel assisté de Rust et Hainsey
3-1 à 43'13" : Wilson assisté de Kessel et Cullen
4-1 à 43'28" : Malkin assisté de Kunitz et Cole
 

Pittsburgh Penguins

Attaquants
Conor Sheary - Sidney Crosby (C, 2', +1) - Bryan Rust
Chris Kunitz (A, +2, 4') - Evgeni Malkin (A, 9', +2) - Phil Kessel (+2)
Carter Rowney - Nick Bonino - Jake Guentzel (+2)
Patric Hornqvist - Matt Cullen (-1) - Scott Wilson (+1)

Défenseurs
Olli Maata - Trevor Daley (+1)
Brian Dumoulin (+2) - Ron Hainsey (+2)
Justin Schultz - Ian Cole (+1)

Gardien
Matt Murray

Remplaçant : Marc-André Fleury (G). Réservistes : Chad Ruhwedel (D, commotion), Mark Streit, Derrick Pouliot (D), Kris Letang (D, nuque), Tom Kuhnhackel (A, bas du corps), Oskar Sundqvist, Josh Arshibald, Carl Hagelin (A, bas du corps)

Nashville Predators

Attaquants
Pontus Aberg (2', +1) - Colton Sissons (-1) - Filip Forsberg (-1)
Viktor Arvidsson (-2) - Mike Fisher (C, 2', -1) - James Neal (A, -1)
Frederick Gaudreau - Craig Smith (2') - Calle Jarnkrök
Vernon Fiddler (-1) - Austin Watson (2', -1) - Cody McLeod (-1, 4')

Défenseurs
Ryan Ellis (-2) - Roman Josi (A, 2', -2)
Mattias Ekholm (-1) - PK Subban (5')
Yannick Weber (-1) - Matt Irwin (-1)

Gardien
Pekka Rinne puis Juuse Saros à 43'28"

Réservistes : Miikka Salomaki, Harry Zolnierczyk, Colin Wilson (A, blessé), Kevin Fiala (A, fracture du fémur), Ryan Johansen (A, cuisse).