Nashville Predators - Pittsburgh Penguins (finale de la coupe Stanley, match 3)

La finale de la coupe Stanley débarque pour la première fois dans le Tennessee, et le moins que l'on puisse dire, c'est que le public est survolté.

Les billets pour le match, 30% plus chers qu'à Pittsburgh au minimum, se sont arrachés en moins d'une heure, et la foule peuple les abords de la patinoire. "Smashville" multiplie les animations avant match, entre concerts d'Alan Jackson, légende de la country, traditionnelle démolition de voiture aux couleurs des Penguins (5 dollars le coup de masse) et... poissons-chats.

Si Detroit a le droit au lancer de pieuvres, Nashville a choisi de sacrifier le "catfish", qui va payer un lourd tribut ce soir, dès l'hymne national, en dépit de l'interdiction d'en lancer sur la glace. On voit même un pont décoré avec des drapeaux au nom des joueurs : toute la ville est aux couleurs des Predators et 50 000 fans se pressent aux abords de la Bridgestone arena.

Sur la glace, Peter Laviolette a laissé planer le mystère, mais c'est bien bien Pekka Rinne qui débutera et cherchera à rebondir après deux matchs plus que moyens. L'entraîneur a choisi par ailleurs un peu plus d'offensive. Cody McLeod et Vernon Fiddler, précieux contre le physique d'Anaheim, ont manqué de discipline ou de vitesse face à Pittsburgh. Pierre-Alexandre Parenteau et Harry Zolniercyk entrent en jeu. Colin Wilson a pris part à l'entraînement du matin et progresse, mais ne sera pas disponible pour ce match 3. Nashville a remporté ses trois matchs 3 à la maison depuis le début des playoffs et affiche un bilan de 7-1 à domicile.

Du côté des Penguins, seul Nick Bonino manque à l'appel. Blessé par un tir puissant de PK Subban, l'attaquant est en costume et en béquilles. Carl Hagelin, frustré de ne pas jouer dans ces playoffs, va devoir saisir sa chance.

Guentzel, encore

La partie débute avec agressivité et Neal met Dumoulin au sol d'une charge limite. Le défenseur rentre péniblement au banc dès la première présence. Mais c'est bien Pittsburgh qui place la première banderille offensive. Après un gros travail de la ligne Rowney, les Penguins tiennent la paire Irwin-Weber dans son camp, changent de ligne et Nashville ne parvient pas à changer entièrement. Crosby remet vers Cole en tête de cercle, qui lance à travers le trafic. Guentzel devance Ellis sur le rebond et le rookie inscrit son treizième but des playoffs, son quatrième de la finale (0-1). Il compte désormais vingt points, à une longueur du record NHL pour un première année.

Trois minutes et les locaux sont donc menés : ils répondent avec plusieurs mises en échec et beaucoup d'énergie, à l'image d'un tir de Forsberg hors cadre. Un peu trop, puisque Subban accroche Hagelin derrière sa cage et concède deux minutes.

Privés de tirs sur les sept supériorités du match 2, les Penguins s'installent. Rinne tient le choc devant Kessel sur le pas de sa porte après une longue passe diagonale de Malkin, puis la défense ferme la zone, menée par Ekholm et Josi. Le gardien sauve enfin un tir de Cullen à la sortie de Subban.

Les Predators ne parviennent pas à construire, gênés dans la neutre à la relance. Leur domination aux mises au jeu leur permet cependant de se créer quelques chances. Ainsi, Neal pivote ligne de fond et sert Järnkrok dans le slot pour un bel arrêt de Murray. Nashville tente d'emballer la partie, mais le jeu reste très brouillon et un surnombre finit par couper leur élan.

Deuxième chance pour le jeu de puissance des Penguins, qui frôle la correctionnelle en laissant Arvidsson lancer un deux-contre-un. Murray sauve son camp et Pittsburgh ne parvient même pas à entrer en zone offensive durant ces deux minutes.

Après cette séquence, le match tourne à l'avantage de Nashville. Les locaux confisquent le palet et jouent vers l'avant, manquant cependant de précision pour décrocher des occasions franches. Le compteur de tirs monte, sans pour autant que Murray n'ait d'arrêt majeur à effectuer, bien aidé par une défense attentive et habile pour contrer les lancers. Une percée de Craig Smith sortie de la botte sera la dernière occasion du tiers. Pittsburgh, sérieux, réaliste, bien en place défensivement, mène logiquement au score face à une formation volontaire mais limitée.


Le septième homme

Pittsburgh reste bien dans son match au retour des vestiaires, à l'image d'un retour de Malkin qui prive Sissons d'une volée dangereuse, ou d'Hornqvist qui bloque un tir de Neal sur une mise au jeu.

Si la domination locale reste stérile, elle finit par pousser Schultz à la faute, après avoir accroché Zolniercyk le long de la bande. Quelques tirs sont bloqués, puis les Predators trouvent enfin la faille dans la deuxième partie d'avantage. Jarnkrök décale Josi à l'opposée. Le Suisse contrôle avec difficulté mais parvient à reprendre en force et le palet est dévié par Rowney (1-1).

L'ambiance électrique monte d'un cran et la confiance est revenue. Une minute plus tard, le niveau sonore crève le plafond. Josi relance et Frederik Gaudreau se retrouve en un contre un avec Ian Cole. Il repique au centre. Son tir nettoie la lucarne de Murray, à la mitaine un peu courte (2-1).

Le public reste debout et voit Rinne sauver devant Kessel et sortir le rebond de Kunitz. Les Penguins poussent mais, portés par leur septième homme, les Predators s'accrochent.

Le jeu s'ouvre et Neal, en contre-attaque, manque de peu le troisième but sur un service d'Arvidsson. Pittsburgh se fait de plus en plus menaçant et Rinne reste solide sur sa ligne. La tendance reste plutôt à la défense et au défi physique. Ellis dépasse la limite et écrase Guentzel contre la bande, ce qui lui vaut deux minutes de pénalité.

Encore une fois, la première chance vient en infériorité sur un contre de Jarnkrök qui exploite la montée d'Ekholm, mais Murray ne tremble pas. Le jeu à quatre de Nashville brille, limitant l'espace, et privant Pittsburgh de toute situation favorable. La paire Subban-Ekholm musèle complètement Malkin dans ce match et Pittsburgh reste sur un 0/10 en supériorité avec seulement 3 tirs sur les deux derniers matchs.

Le champion en titre n'a pas capitalisé sur sa chance, et va le payer cher. À 23 secondes de la pause, une montée en masse des Predators perturbe la défense. Arvidsson travaille derrière la cage et renvoie le palet dans le slot, où traînent Fisher et Neal. Neal, l'ancien de Pittsburgh, surprend Murray, et loge la passe déviée le long du poteau. Le gardien a été pris à contre-pied (3-1).

Nashville s'est enfin montré efficace et a renversé le cours du match dans ce tiers, porté par un public électrique. Pittsburgh se retrouve mené de deux buts et n'a jamais renversé un tel handicap depuis le début des playoffs, après avoir pourtant réalisé son meilleur match de la finale...


Les Predators creusent dans un climat délétère

Pittsburgh prend la main en début de période mais frôle la déroute. Un contre favorable emmène le rookie Gaudreau en échappée et Murray ne mord pas à sa feinte, tenant le score à 3-1.

Partir à l'abordage n'est pas la solution. Deux minutes plus tard, Kunitz tricote trop dans la neutre et se heurte à son coéquipier Kessel. Craig Smith en profite et la fusée s'envole : il fusille Murray en échappée (4-1). Et encore un poisson sur la glace...

Rinne, en état de grâce, tient le score avec un superbe jeu à la crosse sur Sheary, servi par une belle passe de Dumoulin. À mi-période, Nashville contrôle et les esprits s'échauffent entre les Suédois des deux camps. Ekholm et Hagelin sont sanctionnés et le jeu continue à quatre-contre-quatre, toujours avec des duels accrochés et de l'intimidation. Crosby, auteur d'une charge dans le dos d'Ellis, sort, tout comme Malkin coupable d'un mauvais geste sur Forsberg, lequel sort aussi pour la même raison.

Le jeu de puissance ne met que vingt-sept secondes à trouver la faille. Jarnkrök entre en zone sur le côté droit, bien aidé par un écran d'un coéquipier. Neal s'avance et repousse la défense, ce qui libère la passe en retrait vers Ekholm. Le défenseur envoie une mine en lucarne pour son premier but en quarante-deux matchs (5-1). C'est le dix-neuvième joueur différent à marquer pour Nashville dans ces phases finales. Deux buts et trois passes pour les défenseurs des Predators, plus que jamais numéros 1 de la ligue en points marqués, saison régulière comme playoffs.

La fin de match n'est plus vraiment sportive. L'animosité dépasse les limites. Daley, Cole, Arvidsson et Neal sont sanctionnés pour une échauffourée. Puis, Ekholm et Hornqvist sortent du match avec une méconduite de dix minutes, punis d'avoir trop provoqué. Kessel assène un coup de crosse à Irwin, coupable d'une charge dans le dos de Cullen et l'ancien Maple Leafs n'échappe pas à la sanction. Kunitz, Cullen et Watson prennent des méconduites à leur tour. Le banc des Penguins se dégarnit à vue d'oeil et Nashville finit en supériorité. Cela ne donne rien et Kessel, sorti du banc part en échappée, échouant sur Rinne.

Les Predators ont rempli la première moitié de leur contrat et gagné leur premier match à domicile, afin de revenir à 2-1 dans la série. Pittsburgh a sans doute fait son meilleur match de la finale, mais a manqué de réalisme, notamment en supériorité, face à un Rinne retrouvé. À l'inverse, Nashville, encore dominateur au chapitre des mises au jeu et des tirs, a cette fois su conclure devant un Murray un peu moins solide. L'apport des défenseurs à l'offensive aura été décisif. Subban avait promis la victoire et il s'est montré exemplaire, menant son équipe en temps de jeu et étouffant les meilleurs attaquants adverses. Toutefois, au vu des échanges d'amabilités en fin de match, la partie ne fait que commencer...


Nashville Predators - Pittsburgh Penguins 5-1 (0-1, 3-0, 2-0)
Samedi 3 juin 2017, Bridgestone Arena de Nashville. 17.283 spectateurs.
Arbitrage de Wes McCauley et Brad Meier assistés de Scott Cherrey et Brian Murphy.
Pénalités : Nashville 34' (4', 2', 28'), Pittsburgh 44' (0', 2', 42')
Tirs : Nashville 33 (12, 16, 5), Pittsburgh 28 (6, 13, 9)

Récapitulatif du score
0-1 à 02'46" : Guentzel assisté de Cole et Crosby
1-1 à 25'51" : Josi assisté de Jarnkrök et Ekholm (sup. num.)
2-1 à 26'33" : Gaudreau assisté de Watson et Josi
3-1 à 29"37" : Neal assisté de Arvidsson et Josi
4-1 à 44'54" : Smith
5-1 à 53'10" : Ekholm assisté de Janrkrök et Sissons (sup. num.)
 

Pittsburgh Penguins

Attaquants
Jake Guentzel - Sidney Crosby (C, 2') - Bryan Rust
Chris Kunitz (A, 10', -2) - Evgeni Malkin (A, 2', -1) - Phil Kessel (2', -2)
Scott Wilson - Carter Rowney - Conor Sheary
Carl Hagelin (2') - Matt Cullen (10', -1) - Patric Hornqvist (10')

Défenseurs
Olli Maata - Trevor Daley (2')
Brian Dumoulin (-2) - Ron Hainsey (-2)
Justin Schultz (2') - Ian Cole (2')

Gardien :
Matt Murray

Remplaçant : Marc-André Fleury (G). Réservistes : Chad Ruhwedel (D, commotion), Mark Streit, Derrick Pouliot (D), Kris Letang (D, nuque), Tom Kuhnhackel (A, bas du corps), Oskar Sundqvist, Josh Arshibald, Nick Bonino (A, bas du corps)

Nashville Predators (2' pour surnombre)

Attaquants
Filip Forsberg (2', +1) - Colton Sissons (+1) - Pontus Aberg
Viktor Arvidsson (2') - Mike Fisher (C, +1) - James Neal (A, 2')
Calle Jarnkrök - Austin Watson (+1, 10') - Craig Smith (+2)
Harry Zolnierczyk - Frederick Gaudreau - Pierre-Alexandre Parenteau

Défenseurs
Ryan Ellis (2', +1) - Roman Josi (A, +2)
Mattias Ekholm (12') - PK Subban (2', +1)
Yannick Weber - Matt Irwin

Gardien :
Pekka Rinne

Remplaçant : Juuse Saros (G). Réservistes : Vernon Fiddler, Cody McLeod, Miikka Salomaki, Colin Wilson (A, blessé), Kevin Fiala (A, fracture du fémur), Ryan Johansen (A, cuisse).