Nashville Predators - Pittsburgh Penguins (finale de la coupe Stanley, match 4)

Nashville a repris le momentum en s'imposant lors du match 3. Mais l'ambiance délétère à la fin de la rencontre laisse présager un match 4 encore plus accroché.

Il faut dire que l'affaire Subban-Crosby a fait les choux gras de la presse. Coéquipiers à la coupe du monde en septembre, les deux hommes se sont échangés quelques mots. Toujours à l'aise pour le spectacle, Subban a lancé que le capitaine adverse s'était plaint de son haleine, entraînant un remue-ménage fou sur les réseaux sociaux, et un démenti de Crosby. Des fans se sont vite emparés de l'affaire et des panneaux humoristiques aux couleurs d'une marque de bain de bouche "repoussant les paroles de Crosby" fleurissent déjà aux environs de la patinoire...

L'ambiance, clé du succès dans le match 3, jouera encore un rôle clé à "Smashville". Le carré magique en défense a mené l'assaut, protégeant un Rinne retrouvé. Il faudra faire aussi bien car, même si les Predators ont un élan favorable, ils restent menés dans la série. Une défaite ce soir les placerait au bord du gouffre pour le retour en Pennsylvanie.

Pittsburgh espère bien poursuivre ses hold-ups et cherchera à placer ses stars dans de bonnes conditions. Crosby et Malkin n'ont compté aucun tir dans le match 3. C'est la première fois que le duo est complètement muet dans ce registre depuis le début de leur carrière en playoffs. Bonino toujours forfait, Mike Sullivan lance dans le grand bain le jeune Josh Archibald à la place de Scott Wilson. Les lignes changent également, Hagelin et Hornqvist rejoignant Malkin, pendant que Kunitz et Kessel descendent avec Cullen au centre.

Alors que l'hymne national, chanté par une star de country différente à chaque match, retentit, deux poissons chats débarquent sur la glace, et donnent le ton : l'un d'entre eux tient dans sa gueule un pingouin en peluche...

Un quart d'heure de défi physique

La première mise au jeu confirme l'animosité avec un cinglage de Neal et la réponse de Guentzel, qui échappent aux officiels. Pas mieux lorsque la crosse de Fisher se brise sur un coup de Malkin : après ces amabilités, le jeu prend enfin le dessus.

Les deux équipes ne laissent aucun espace dans ces premières minutes et cantonnent le jeu à des duels très disputés dans les bandes et à des séries de dégagements interdits, chaque équipe tentant de longues ouvertures infructueuses. Du coup, après sept minutes, on ne compte qu'un tir cadré mais onze mises en échec.

Murray ne reçoit son premier tir qu'à ce moment là, mais il doit sortir un énorme arrêt devant Forsberg, après un palet perdu par Dumoulin. Dans la foulée, Hornqvist fait trébucher Ellis et les Predators reçoivent leur premier jeu de puissance. Pittsburgh défend brillamment et empêche son adversaire d'entrer correctement en zone et de s'installer.

Les Penguins sont bien dans leur match. Crosby entre en zone et lance Rust, qui double Ekholm mais ne cadre pas après son débordement. Malkin crée à son tour du danger et Schultz tente sa chance de loin.

Quatre tirs cadrés en douze minutes, ce match fermé et âprement disputé reste indécis. Les Predators accélèrent alors et Neal frôle l'ouverture du score, sur un centre-tir de Josi puis une passe d'Arvidsson de derrière le but.

En face, Crosby sert Guentzel à travers l'enclave et le palet traverse la zone bleue, menaçant. Mais l'accélération de Nashville reste la plus tranchante. Maatta ne parvient pas à sortir le palet de la zone. Weber le tient, relayé par Janrkrök qui écarte sur l'aile. Irwin lance au but et Murray laisse un rebond sous la pression de Smith. Janrkrök saute sur le rebond (1-0). Mike Sullivan demande une révision vidéo pour une obstruction sur le gardien. Le but est accordé et les Penguins perdent leur temps mort. Et le public entre en fusion.

Mais le champion en titre a encore de la ressource. Une minute plus tard, Neal envoie le palet à l'opposée dans la neutre, Dumoulin intercepte. Ellis s'avance un peu trop et Crosby reçoit la passe de Dumoulin dans son dos. Il s'avance seul devant Rinne, feinte et égalise avec l'aide du poteau et du patin du gardien (1-1).

Dans la dernière minute, Neal met Cullen au sol et n'échappe pas à une obstruction manifeste. Muet lors des deux derniers matchs, le jeu de puissance des Penguins ne cadre pas dans la quarantaine de secondes restantes avant la pause.

Rinne propulse Nashville

Pittsburgh reprend en supériorité et s'installe. Après une chance de Crosby, le jeu en triangle Crosby-Malkin-Guentzel passe de peu à côté, et l'ancien sniper des Leafs obtient un autre tir en fin d'avantage, avec écran de Guentzel. Neal revient et Nashville a encore survécu.

Un peu plus tard, Crosby résiste à Josi le long de la bande et sert Guentzel dans le slot. Rinne, assis sur la glace, sauve son camp. Le jeu s'accélère et Murray doit bloquer un palet envoyé vers la cage par Ekholm.

Pittsburgh obtient les meilleures chances. Kunitz lancé dans le dos de la défense se présente seul devant Rinne, qui gagne son duel. Murray hausse lui aussi son jeu et réalise un miracle de la crosse sur un tour de cage, qu'il sauve sur la ligne. Le jeu continue et soudain, la sirène de but retentit : il y avait but ! Le tour de cage de Gaudreau était payant et le palet avait franchi la ligne (2-1). Le rookie n'a toujours pas d'armoire à son nom et s'équipe sur une chaise avec un petit chariot, mais il signe son troisième but en finale - et aucun en saison régulière !

La partie a basculé sur cet arrêt de Rinne, et, lorsque Dumoulin touche Parenteau au visage, les Predators reçoivent l'occasion de creuser l'écart. La défense coupe bien les passes, à l'instar d'un Dumoulin vigilant, et prive son adversaire de tirs.

Les Penguins repartent à l'assaut. Crosby s'engouffre et Rinne sauve deux fois, avant de se jeter sur sa ligne pour sauver un rebond de Guentzel. Le Finlandais tient le score pour son équipe sur cette séquence spectaculaire. Pittsburgh pousse, domine...

... et encaisse un but. Neal gagne un duel dans la bande en défense et décale Fisher qui, en déséquilibre dans la neutre, envoie Arvidsson en échappée. Le Suédois ajuste Murray côté mitaine (3-1). Et les chants "Murray... All your fault !" résonnent dans l'aréna...

Nashville déroule et Aberg échoue sur le gardien au bout d'une attaque en ligne. Le palet circule entre les crosses des jaunes, qui font tourner la défense en bourrique. A l'issue d'une longue séquence, Jarnkrök reprend de volée et Murray dévie hors de danger en dépit des écrans. Nashville a pris les commandes du match dans ce tiers et compte deux buts d'avance porté par les exploits de Pekka Rinne.

Les Predators contrôlent

Dans ces playoffs, Pittsburgh n'est jamais revenu lorsqu'il était mené après deux périodes (6 défaites). C'est dire l'ampleur du défi. Cela commence par une bonne entrée en zone et quelques passes en retrait qui libèrent un tir de Hainsey de la bleue.

Les Predators sont en pleine confiance, repoussent les assauts adverse en lisant bien le jeu et tentent même des coups en contre : slalom technique d'Arvidsson, tir de Forsberg à bout portant sur un service de Fisher. Le niveau sonore reste très élevé dans ce match parfaitement contrôlé par les hommes de Laviolette.

Rinne ne tremble pas plus sur un tour de cage de Malkin, et l'équipe locale récite sa partition avec brio. Attentifs, plus rapides sur le palet, les locaux ne laissent aucune marge aux visiteurs, qui voient leurs relances régulièrement contrées.

Sur l'une d'entre elles, Forsberg pivote et Murray repousse sur Aberg, qui échoue à profiter de la cage ouverte à cause du retour du gardien. Murray continue à tenir son camp à bout de bras avec un arrêt sur Fisher, auteur d'une interception dans la crosse de Maatta, puis un tir de Smith et encore une chance de Fisher.

Rinne n'est pas en reste et repousse un slalom de Sheary. A sept minutes de la fin, le public retient son souffle lorsque Subban boitille pour rentrer au banc après avoir bloqué un tir de Malkin de la cheville. Le défenseur vedette rentre brièvement au vestiaire. Sur la même action, Watson percute la bande au duel avec Hornqvist, et, même sonné, reste en jeu.

En contre, Nashville franchit la défense facilement. En trois-contre-deux, Aberg échoue sur Murray, et Scissons ne peut reprendre. Pittsburgh repart et Dumoulin trouve le poteau gauche, puis Cullen se heurte à la jambière de Rinne.

A un peu plus de trois minutes de la fin, Murray laisse sa place à un attaquant et Forsberg boucle la marque d'une cage vide longue distance (4-1). Encore une fois, Nashville a gagné une mise au jeu et le duo Subban-Ekholm a récupéré le palet pour libérer l'attaquant au cercle gauche. La fin de match permet juste au public de savourer un deuxième succès à domicile.

Même si quelques échanges de coups aboutissent à une supériorité numérique pour Pittsburgh - et même un cinq contre trois lorsque Ellis commet un double-échec sur Guentzel - le score ne change plus.

Nashville égalise dans la série et offre à son bouillant public un match 6 à la maison. Il faudra gagner à l'extérieur pour qu'il s'agisse d'une chance de soulever la coupe devant ses supporters.

Après un premier tiers très accroché, Nashville a bénéficié d'un Rinne en état de grâce avant de marquer sur deux buts opportunistes. A 3-1, Pittsburgh n'a jamais vraiment paru en mesure de refaire son retard. Dominés dans le jeu au cours des quatre matchs, Pittsburgh trouvera-t-il des ressources devant son public ?

Nashville Predators - Pittsburgh Penguins 4-1 (1-1, 2-0, 1-0)
Lundi 5 juin 2017, Bridgestone Arena de Nashville. 17.260 spectateurs.
Arbitrage de Dan O'Halloran et Kevin Pollock assistés de Brad Kovachik et Shane Heyer
Pénalités : Nashville 8' (2', 0', 6'), Pittsburgh 6' (2', 2', 2')
Tirs : Nashville 26 (7, 8, 11), Pittsburgh 24 (6, 8, 10)

Récapitulatif du score
1-0 à 14'51" : Jarnkrök assisté de Smith et Watson
1-1 à 15'57" : Crosby assisté de Dumoulin
2-1 à 23'45" : Gaudreau assisté de Ellis
3-1 à 33'08" : Arvidsson assisté de Fisher et Neal
4-1 à 56'37" : Forsberg assisté de Ekholm et Subban (cage vide)

Pittsburgh Penguins

Attaquants
Jake Guentzel - Sidney Crosby (C) - Bryan Rust
Carl Hagelin (-1) - Evgeni Malkin (A, -2) - Patric Hornqvist (2', -1)
Chris Kunitz (A, -1) - Matt Cullen (-1) - Phil Kessel (-2)
Conor Sheary (-1) - Carter Rowney (-1) - Josh Arshibald (2', -1)

Défenseurs
Olli Maatta (-1) - Trevor Daley (-1)
Brian Dumoulin (+1) - Ron Hainsey (2', +1)
Justin Schultz (-3) - Ian Cole (-2)

Gardien : Matt Murray

Remplaçant : Marc-André Fleury (G). Réservistes : Chad Ruhwedel (D, commotion), Mark Streit, Derrick Pouliot (D), Kris Letang (D, nuque), Tom Kuhnhackel (A, bas du corps), Oskar Sundqvist, Scott Wilson, Nick Bonino (A, bas du corps)

Nashville Predators

Attaquants
Filip Forsberg (+1) - Colton Sissons (+1) - Pontus Aberg (+1)
Viktor Arvidsson - Mike Fisher (C) - James Neal (A, 2')
Calle Jarnkrök (+1) - Austin Watson (+1) - Craig Smith (+1)
Harry Zolnierczyk (+1) - Frederick Gaudreau (+1) - Pierre-Alexandre Parenteau (+1)

Défenseurs
Ryan Ellis (2', +1) - Roman Josi (A, +1)
Mattias Ekholm (4', +1) - PK Subban (+1)
Yannick Weber (+1) - Matt Irwin (+1)

Gardien : Pekka Rinne

Remplaçant : Juuse Saros (G). Réservistes : Vernon Fiddler, Cody McLeod, Miikka Salomaki, Colin Wilson (A, blessé), Kevin Fiala (A, fracture du fémur), Ryan Johansen (A, cuisse).