Nashville Predators - Pittsburgh Penguins (finale de la coupe Stanley, match 6)

Victorieux 6-0 au match précédent, Pittsburgh peut soulever la coupe dans le Tennessee en cas de succès ce soir, et devenir la première équipe en vingt ans à conserver son titre. L'élan est favorable aux Penguins, mais les Predators s'appuient sur un bilan de neuf victoires pour une seule défaite à domicile dans ces playoffs.

 

L'ambiance est encore une fois électrique aux abords de la Bridgestone arena : concerts, 50 000 supporters dans les rues, et même un Pekka Rinne géant construit avec des ballons de baudruche... Smashville est prêt à jouer sa survie.

Sur la glace, Ryan Ellis est incertain. Il a effectué une séance en solitaire et le mystère tient jusqu'au match. L'arrière, blessé au match précédent, tient finalement sa place.

L'animosité entre les deux formations est à son comble, à l'image du duel entre Crosby et Subban, qui a sérieusement dérapé sur et en dehors de la glace. Pour protéger son défenseur, Nashville a choisi de le cacher aux médias depuis trois jours. Les journalistes ont eu beau faire le siège de son vestiaire, l'ex-Canadien n'a pas répondu. Le club a préféré s'exposer aux sanctions de la ligue mais éviter les distractions.

Après la déroute, Nashville a tenu une réunion de joueurs à huis clos, afin de recadrer l'équipe. Ce meeting sera-t-il suffisant pour priver les Penguins d'un sacre à portée de main ? Rinne, impérial à la maison mais friable à l'extérieur, doit retrouver son meilleur niveau.


Un premier tiers équilibré

Les Penguins entament pied au plancher et Sheary et Guentzel viennent frapper à la porte de Rinne dès la première présence. Murray sauve ensuite un slap de Subban : trente secondes de sprint !

L'intensité croissante se traduit par une série de mises en échec appuyées et beaucoup de mouvement. Kunitz se heurte à la jambière de Rinne à bout portant à la réception d'un centre dans l'enclave, lequel tient son camp dans la partie. Nashville réplique avec une belle sortie de zone, qui termine par un service de Wilson pour Josi, sauvé par Murray.

Après quatre minutes au rythme élevé, les deux équipes s'observent un peu plus. Hormis une action de Sissons, qui travaille bien au fond et décale Forsberg qui tire en angle fermé, et un essai de Guentzel, la partie se cantonne à des duels dans les bandes et des dégagements interdits. Les deux formations pressent le porteur de palet adverse et la construction reste laborieuse.

Une accélération de Craig Smith met le feu dans la défense de Pittsburgh et Ian Cole n'échappe pas à l'obstruction dans l'enclave. La défense repousse bien le jeu de puissance sur les côtés et gagne du temps. Elle bloque aussi les tirs, frustrant Ekholm et Josi à la suite. Watson se crée la meilleure chance au cercle en fin d'avantage et les visiteurs reviennent au complet.

Au retour, Sheary obtient un tir dangereux repoussé par Rinne. La plus belle occasion du tiers vient de Nashville. Une longue relance bien gérée dans la neutre finit par une passe de Fisher pour Neal à travers l'enclave, et Murray sauve le but d'un déplacement latéral rapide du bout du gant. Dans la foulée, Fisher cherche à gratter un rebond d'un tir d'Ekholm.

Pittsburgh n'est pas en reste et échoue également : Hornqvist en débordement récupère et contourne la cage, et Hagelin prend la passe qu'Ellis dévie sur la botte de Rinne. Malkin enchaîne d'un lancer puissant en entrée de zone, Crosby de même sur une mise au jeu.

Match équilibré en terme de tirs (8-9), d'occasions (6-7) mais pas de mises en échec, secteur largement dominé par Nashville (20-8).


Un but refusé en guise de tournant

Dès la première minute, Aberg reçoit une passe du coin et Murray sauve miraculeusement. Dans la continuité, Forbserg lance à la cage, Murray laisse un rebond sur lequel se précipite Scissons qui marque... mais un coup de sifflet avait retenti une seconde avant la reprise devant la cage vide, et le but est refusé. Un coup de sifflet rapide qui met le public sur les nerfs, mais l'arbitre avait perdu de vue le palet, et c'est donc une décision logique.

Pittsburgh échappe à la correctionnelle avec une bonne dose de chance sur l'action. Les Predators continuent de pousser et Gaudreau lance au but à son tour. Le rythme augmente, et Sheary prend deux minutes pour avoir fait trébucher Jarnkrök dans la neutre. La défense ne laisse rien passer et s'en sort sans concéder le moindre tir cadré.

Les Penguins sortent de leur coquille avec une percée d'Hagelin, une passe-abandon pour Crosby que Rinne repousse de la botte. Le Finlandais prend ensuite du gant un lancer de Malkin. Ekholm l'aide peu après en dégageant un palet chaud d'Hainsey dans la zone bleue...

Smith profite d'un bon jeu dans la neutre pour s'échapper mais ne cadre pas : les deux équipes se rendent coup pour coup. À la mi-match, le score reste de 0-0. Un palet perdu en entrée de zone profite à Nashville et Sissons exploite un mauvais changement de ligne et déboule en échappée. Il feinte Murray, qui résiste en grand écart !

En dépit de ces occasions franches, ce sont bien les Penguins qui mènent au chapitre des tirs dans le tiers comme dans le match. Arvidsson tente de rééquilibrer, servi entre les cercles et Murray chauffe sa mitaine, qui bloque aussi un tir de Subban de la bleue. Le défenseur lance aussi ras glace, sans réussite. Les tirs commencent à pleuvoir du côté de Murray avec des occasions plus franches, même si Guentzel, servi par Crosby, obtient une chance en or sur laquelle Ellis se sacrifie.

Le niveau sonore grimpe encore - si c'était possible - devant ce match de toute beauté, extrêmement disputé. Hagelin file en un-contre-un mais ne parvient pas à tirer, gêné par Rinne. Ekholm riposte de l'autre côté avec une présence intense et des tirs dangereux avec Sissons dans le slot. Enfoncés dans leur camp depuis bien trop longtemps, les Penguins commettent un dégagement interdit, ce qui force Mike Sullivan à poser son temps mort à 1'33" de la pause.

Pittsburgh finit fort après cette pause. Rinne repousse Rust, puis l'extérieur du poteau empêche Hagelin d'ouvrir le score. Le tiers se termine à 0-0 : une pluie d'occasions, deux gardiens en feu...


Un ancien Predator renverse le match

Un tiers pour une coupe Stanley : les Penguins feront-ils basculer la partie ? La tension se fait visible dans les premières minutes et les deux formations limitent la prise de risque.

La rareté des tirs les rend d'autant plus décisifs, à l'image d'un lancer dangereux de Dumoulin capté par Rinne. Forsberg réplique avec un tir sur le poteau, puis un second dégagé par la défense. Le jeu s'ouvre et Rinne bloque un essai de Cole sur une montée de palet de Crosby...

Écrasés aux mises au jeu (30-13), les Penguins peinent à poser leur style. À l'issue d'un nouvel engagement perdu, Määttä se fait piéger derrière son but et met Arvidsson au sol, ce qui lui vaut deux minutes.

La défense s'arc-boute sur sa cage et résiste. Mais dans un duel, Daley envoie un coup de poing à Ellis et n'échappe pas à la sanction, offrant un cinq-contre-trois pendant 32 secondes.

Dumoulin, Cole et Cullen sont choisis pour défendre, puisque deux défenseurs sont en prison. Murray tient bon malgré une séquence chaude dans son slot, lorsque Forsberg et Fisher tentent de prendre un rebond de Josi. La première pénalité est tuée.

La pression monte mais Arvidsson manque de puissance au rebond d'un tir d'Ekholm. Les Penguins survivent et le score reste de 0-0 à neuf minutes du terme.

Sissons, malchanceux, trouve à son tour le métal sur une grosse action du duo Aberg-Forsberg. Pittsburgh recule de plus en plus... Harcelés par l'échec-avant, les visiteurs ont du mal à construire.

Et sur la seule action dangereuse en dix minutes, un tir de loin de Schultz passe à côté, tape l'arrière du but et Hornqvist, l'ancien Predator, reprend de derrière la cage. Il trouve le coude de Rinne pour l'ouverture du score à 1'35" de la fin du match (0-1). Nashville utilise la révision vidéo et réclame une obstruction sur Rinne. Les arbitres valident le but, une décision qui n'est évidemment pas du goût du public, qui estime que le Suédois a gêné le gant du gardien. Le portier expliquera toutefois après le match qu'il n'y avait pas faute.

Rinne sort pour un attaquant. Mais à quelques secondes de la fin, Hagelin récupère un dégagement de Dumoulin et finit le travail cage vide (0-2).

Pittsburgh conserve donc son titre : comme Détroit en 1997 et 1998, les Penguins ont résisté à la pression. Ils s'imposent en six matchs accrochés, durant lesquels ils auront déjoué les statistiques en faisant preuve d'un opportunisme impressionnant. Malmenés et un peu chanceux sur les deux premiers matchs, les joueurs de Mike Sullivan ont semblé progresser de matchs en mmatchs et terminent par deux blanchissages. Murray, décisif ce soir comme au match 5, aura largement contribué au succès.

Sidney Crosby reçoit son deuxième trophée Conn Smythe de meilleur joueur des playoffs et solidifie sa place parmi les meilleurs joueurs de l'histoire.

Des regrets pour Nashville, qui a joué au niveau de Pittsburgh mais a manqué de réalisme, notamment en début de série. L'équipe est encore jeune et a pris acte pour jouer les premiers rôles à l'Ouest... pour une revanche l'an prochain ?


Nashville Predators - Pittsburgh Penguins 0-2 (0-0, 0-0, 0-2)
Dimanche 11 juin 2017, Bridgestone Arena de Nashville. 17 271 spectateurs.
Arbitrage de Dan O'Halloran et Kevin Pollock assistés de Brad Kovachik et Shane Heyer
Pénalités : Nashville 0' (0', 0', 0'), Pittsburgh 8' (2', 2', 4')
Tirs : Nashville 27 (8, 11, 8), Pittsburgh 29 (9, 13, 7)

Récapitulatif du score
0-1 à 58'25" : Hornqvist assisté de Schultz et Kunitz
0-2 à 59'46" : Hagelin assisté de Dumoulin (cage vide)


Pittsburgh Penguins

Attaquants
Jake Guentzel - Sidney Crosby (C, +1) - Conor Sheary (2')
Scott Wilson - Evgeni Malkin (A) - Phil Kessel
Chris Kunitz (A) - Matt Cullen (+1) - Bryan Rust (+1)
Carl Hagelin (+2) - Carter Rowney - Patric Hornqvist (+1)

Défenseurs
Olli Määttä (2') - Trevor Daley (2', +1)
Brian Dumoulin (+1) - Ron Hainsey
Justin Schultz (+1) - Ian Cole (2', +1)

Gardien : Matt Murray

Remplaçant : Marc-André Fleury (G). Réservistes : Chad Ruhwedel (D, commotion), Mark Streit, Derrick Pouliot (D), Kris Letang (D, nuque), Tom Kuhnhackel (A, bas du corps), Oskar Sundqvist, Josh Arshibald, Nick Bonino (A, fracture du tibia)

Nashville Predators

Attaquants
Filip Forsberg (-1) - Colton Sissons - Pontus Aberg
Colin Wilson - Mike Fisher (C, -1) - James Neal (A, -1)
Viktor Arvidsson (-2) - Calle Jarnkrök (-1) - Craig Smith (-1)
Cody McLeod - Frederick Gaudreau - Austin Watson

Défenseurs
Ryan Ellis (-1) - Roman Josi (A, -2)
Mattias Ekholm - PK Subban (-1)
Yannick Weber - Matt Irwin

Gardien : Pekka Rinne (sorti de sa cage à 58'41")

Remplaçant : Juuse Saros (G). Réservistes : Vernon Fiddler, Pierre-Alexandre Parenteau, Miikka Salomaki, Harry Zolnierczyk, Kevin Fiala (A, fracture du fémur), Ryan Johansen (A, cuisse).