Dijon ne fera pas appel

Ce soir à 19h avait lieu la conférence de presse du Dijon Hockey Club, suite à sa non-validation en Saxoprint Ligue Magnus pour la saison à venir.
 
 
Premier à s'exprimer, Fabien Geantet a officialisé une rumeur persistante sur les réseaux sociaux depuis quelques jours : Dijon ne fera pas appel de la décision de la CNSCG de ne pas valider le club en Ligue Magnus la saison prochaine, et abandonne donc l'élite du hockey français quinze ans après l'avoir rejointe. La survie en élite du club était depuis longtemps menacée, et la nouvelle formule s'est avérée trop difficile à suivre, autant d'un point de vue budgétaire qu'en termes de structuration.
 
Le club souhaiterait donc avoir l'opportunité de s'engager la saison prochaine en D1, ce qui permettrait d'assainir les comptes, mais surtout de lancer un nouveau projet sportif et financier mieux structuré. Cette problématique de structuration a lourdement pesé dans la balance de la non-validation, puisque le bilan financier, à -9k€ mais avec des capitaux propres augmentés à 12k€, était bien moins mauvais que la rumeur le prétendait depuis des semaines.
 
Le club va désormais rencontrer ses partenaires - en particulier les collectivités - pour travailler sur la structuration du projet et sa pérennisation. L'équipement fera partie des discussions, puisque la forte hausse des dépenses du club due à la nouvelle formule n'a pas pu être comblée par un public suffisant. À ce jour, l'affluence dijonnaise ne couvrait pas les frais d'arbitrage, tandis qu'en parallèle la délocalisation à Besançon aura coûté 30k€ au club.
 
En sus de ces constatations, Fabien Geantet a estimé qu'un retour en D1 faciliterait l'intégration des jeunes, Dijon conservant la formation comme une priorité.
 
Olivier Ritz a ensuite pris la parole en tant que président de l'association du hockey mineur, mais également en tant qu'ex-président du DHC avant son passage en SASP, pour rappeler que la progression du club depuis 45 ans s'était faite par la volonté de ceux qui se sont battus pour lui, mais que déjà, en janvier 2016, il avait déclaré que compte tenu de l'infrastructure et de l'évolution des différents championnats (senior et mineurs), il serait nécessaire que le club fasse un jour le choix entre haut niveau et formation.
 
À ce jour, l'estimation de budget nécessaire à une saison de SPLM sereine se monte à 1,5M€, tandis qu'un hockey mineur performant a besoin de 200 à 300k€. Les partenaires du DHC ont été remerciés, compte tenu de leur soutien par rapport aux conditions d'accueil qu'il est possible de leur offrir à Trimolet ; les apports financiers pèchent essentiellement par la billetterie, qui ne peut se monter à plus de 10% des gains.
 
De manière assez paradoxale, le DHC a regretté son maintien sportif la saison passée ; la décision de ne pas s'engager en SPLM en 2016-17 avait déjà été évoquée, mais abandonnée par respect pour les joueurs et le formidable effort qu'ils avaient accompli en playdowns.
 
Une descente en D1 est vue comme une opportunité pour la formation dijonnaise : les jeunes joueurs prometteurs du club pourront être intégrés plus facilement à l'équipe première, en n'ayant plus à choisir par exemple entre match U20 ou match LM le dimanche. L'engagement a également été pris de proposer aux joueurs d'ores et déjà engagés avec le DHC de s'intégrer pleinement au projet de structuration en D1. Olivier Ritz a finalement rappelé que d'autres clubs avaient précédemment fait le choix de descendre à leur véritable place sans que cela constitue une fin pour ces clubs.
 
À la suite de cette déclaration s'est enclenchée une séance de questions-réponses.
 

Extrait de la séance de questions-réponses :

1) Que dire aux joueurs engagés avec l'équipe première pour la saison prochaine ?

Le club a signé des joueurs pour la saison prochaine car il avait confiance dans le bilan financier présenté à la CNSCG. Ces joueurs se verront proposer le challenge du nouveau projet sportif de D1, mais le club comprendra tous ceux qui préfèrent rebondir en Ligue Magnus, et souhaite qu'ils le puissent.

Par ailleurs, l'entraîneur a d'ores et déjà confirmé qu'il resterait en poste dans l'hypothèse de la descente.

2) Où en est-on du dossier pour la D1 ?

Il a été envoyé dimanche soir.

3) Quel est le niveau de confiance dans ce dossier ?

Le niveau de confiance sur les aspects financiers est excellent. En revanche, le rapport du commissaire aux comptes n'a pas encore été fourni en raison d'un planning très serré.

4) Combien de temps le club souhaite-t-il rester en D1 ?

Il n'y a pas d'objectif clairement établi. Cela dépendra de l'accompagnement des collectivités dans le projet, entre autre par rapport à l'infrastructure. Dans des conditions favorables, passant également par l'établissement d'une bonne dynamique entre Dijon et Besançon, le club pourrait viser un retour en élite sous trois ans.

5) Que change le passage en D1 vis-à-vis de l'organisation ?

Le club restera en SASP. Pour l'essentiel, il s'agit d'économies financières : moins de matchs, avec un gain sur la masse salariale, les déplacements, les frais d'arbitrage, et le matériel, représente 300 à 400k€. Le budget prévisionnel à 850k€ serait ainsi nettement moins serré qu'un budget de SPLM.

6) Quel pourrait être l'impact sur les soutiens publics ou privés d'une descente ?

Aujourd'hui, le fait que la SPLM soit l'élite du hockey français n'est pas le facteur essentiel pour les soutiens privés. Un projet structurant motivera tout autant les partenaires qu'à l'heure actuelle ; le club estime que les pertes potentielles sont faibles.