Bilan de l'intersaison en NHL: 3 gagnants et 3 perdants

Si l’été des dirigeants de la Ligue Nationale de Hockey n’est pas officiellement terminé, il est d’ores et déjà possible de faire le bilan des signatures et échanges survenus depuis la fin de la saison. Quelles équipes se sont renforcées, lesquelles paraissent amoindries dans l’optique de la prochaine saison ?

Par Thibaud Châtel @batonsrompus

Bien-sûr, il reste encore une poignée d’agents libres sur le marché, et certains peuvent apporter bien des choses à leur future équipe, mais ces messieurs semblent prendre leur temps pour signer un contrat. Ou plutôt les équipes prennent leur temps avant de leur en proposer un. Il faut dire que nombre de jeunes joueurs doivent eux aussi parapher des ententes (Ryan Johansen, Tyler Johnson, Mikael Granlund, Alexander Wennberg ou Leon Draisaitl par exemple) et celles-ci détermineront la marge de manœuvre restant sous le plafond salarial pour leurs équipes.

Niveau échange, l’été nous réserve-t-il encore des surprises ? Les coups d’éclat se font habituellement tôt dans l’intersaison et chaque jour qui passe assoupit un peu plus le marché. Il reste certes Matt Duchene, mais Colorado ne trouve aucune proposition à son goût. Vegas risque de liquider encore un ou deux actifs d’ici septembre, mais pas de quoi affoler la planète hockey.

En attendant, tachons de définir 3 gagnants et 3 perdants de cette intersaison, avant de décerner quelques mentions spéciales…

 

Les 3 équipes gagnantes

Cette année, les équipes qui ont tiré profit de cette intersaison sont majoritairement des clubs en reconstruction, et qui ont fait avancer celles-ci à grands pas ces dernières semaines. Citons au passage Buffalo, qui récupère Jason Pominville et espère relancer Benoît Pouliot et Nathan Beaulieu sous la houlette du nouveau coach Phil Housley. 

Carolina

Difficile de ne pas aimer le travail accompli depuis trois ans par le DG Ron Francis. Son entreprise de reconstruction des Hurricanes est lente mais méthodique. Déjà un joker ces deux dernières saisons, proposant un beau jeu de possession huilé mais plombé par le manque criant de talent devant et dans les cages, les Canes pourraient bien cette fois-ci passer la vitesse supérieure alors qu’ils comblent leurs besoins les uns après les autres.

Le plus urgent d’entre eux était au poste de gardien et Francis a frappé vite en acquérant le remplaçant de Corey Crawford à Chicago, Scott Darling. Darling était l’un des deux ou trois potentiels gardiens numéro un prêts à prendre leur envol cet été. S’il n’a forcément joué qu’un nombre de matchs limité dans sa carrière, Darling se classe quand même 6e de la ligue sur les trois dernières années pour le taux d’arrêts. Cela en jouant derrière une défense des Hawks de plus en plus poreuse. Carolina prend ici bien sûr un pari, mais comme Cam Talbot ou Martin Jones avant lui, Darling a tous les atouts pour endosser cette responsabilité. Et il ne sera pas difficile de faire mieux que ses prédécesseurs, alors que Carolina pointait systématiquement dans les derniers rangs de la ligue ces dernières années pour le taux d’arrêts.

À l’avant, les Canes ont rapatrié le vétéran Justin Williams. Malgré ses 35 ans, il demeure un très bon joueur de possession, le 3e meilleur attaquant dans ce domaine chez les Caps l’an dernier, et un marqueur de 20 buts et 45-50 points par saison. Son expérience sera également précieuse si les Canes se qualifient pour les playoffs. Marcus Krüger rejoint, lui, l’escouade des anciens Blackhawks (Teräväinen, Darling, Van Riemsdyk, Dahlbeck, Nordström …) et pourrait jouer un rôle plus ouvert qu’à Chicago. Habitué auparavant aux missions défensives, sa tâche l’an prochain sera différente selon que les Canes mettent la main sur un centre numéro un ou non. Mais comme le rappelait Ron Francis, Krüger était plutôt tourné vers l’offensive lorsqu’il jouait en Suède et Jordan Staal est déjà le centre défensif de l’équipe. Quoi qu’il en soit, c’est une autre acquisition solide et il a seulement 27 ans. À noter enfin que Josh Jooris apporte de la profondeur et que les départs de Jay McClement devant, Matt Tennyson et Ryan Murphy derrière sont en réalité de bonnes nouvelles car ces joueurs avaient tendance à tirer le collectif vers le bas.

Derrière, justement, la brigade défensive déjà très prometteuse (Faulk, Hanifin, Pesce, Slavin) voit donc s’ajouter Trevor van Riemsdyk, qui, à 25 ans, est le plus vieux du lot… C’est dire si cette ligne bleue a de l’avenir. TvR occupait le poste de 5e défenseur à Chicago et gérait parfaitement son rôle face aux fonds d’alignement adverses. Avec son compère Kempny, cette paire possédait les meilleurs stats de possession des Hawks et TvR était également le plus efficace dans la prévention des chances de marquer adverses. Autant dire que les Canes ajoutent de la solidité défensive ici.

Sans compter que Haydn Fleury, 21 ans, le 7e choix au total du repêchage 2014, pointe le bout de son nez. Et Jake Bean, 13e choix au total du repêchage 2016, est également très prometteur. Cette abondance de talents à la bleue fait d’ailleurs de Carolina le partenaire d’échange idéal pour Colorado et Matt Duchene. Les Avs demanderaient jusqu’à présent qu’Hanifin prenne la route du Colorado mais Ron Francis ne souhaite pas y toucher. Affaire à suivre car, avec Duchene, il faudrait vraiment compter sur Carolina dès l’an prochain.      

 

Arizona

Autre équipe en reconstruction complète, les Coyotes de l’Arizona semblent également avoir décider de repasser la marche avant. Le jeune DG John Chayka, 28 ans, continue son entreprise, sans craindre, lui, de faire du bruit dans le milieu. Une page s’est ainsi tournée lorsqu’il a annoncé que le capitaine emblématique Shane Doan ne recevrait pas de proposition de contrat. Si Doan n’apportait objectivement plus grand-chose sur la glace, le geste est tout de même fort et a pu choquer quelques fans. Mais la décision sportive est logique. Dans la foulée, le coach Dave Tippett quittait, lui aussi, l’organisation en raison de divergences philosophiques. Rick Tocchet serait le favori pour le remplacer.

Dernier départ de marque, celui du gardien Mike Smith à Calgary. Si les performances sont encore là, à 35 ans il ne cadrait pas avec la nouvelle génération du club. Chayka a utilisé l’un des deux choix de première ronde des Coyotes et l’espoir Anthony DeAngelo pour aller chercher Antti Raanta chez les Rangers. À l’image de Scott Darling, Raanta semble prêt à endosser un rôle de numéro un et, à 28 ans, il pourra le rester à long terme avec l’équipe.

Les Coyotes recevaient également dans cet échange le centre Derek Stepan, 55 points en moyenne par saison tout en jouant contre les meilleurs trios adverses. C’est un formidable ajout pour Arizona qui met la main sur un gardien titulaire et un centre top6 d’un seul coup de téléphone. Stepan vient compenser le départ de Martin Hanzal tout en possédant plus de potentiel que ce dernier, et est plus jeune de trois ans. Avec l’arrivée en NHL l’an prochain des prodiges Klayton Keller et Dylan Strome, l’attaque des Coyotes aura une toute autre allure.

Sans compter que la défense a également pris du mieux via l’autre bon coup de Chayka. Celui-ci a aussi profité de la difficile situation financière des Blackhawks pour leur soutirer Niklas Hjalmarsson en échange de l’espoir Connor Murphy. Hjalmarsson est l’un des très bons défenseurs défensifs de la ligue, malgré une saison creuse l’an passé, et connait parfaitement Oliver Ekman-Larsson, avec qui il formera une première paire digne de ce nom. Passée plus inaperçue, la signature de l’agent libre Adam Clendening pourrait également être un très bon pari. Sous-utilisé chez les Rangers, Clendening est en effet un chouchou des fans de statistiques, ce qui n’a pas échappé à Chayka. New York affichait un taux de possession à 56% avec Clendening sur la glace, alors que tous ses coéquipiers, sauf Skjei à 50,5%, terminaient la saison dans le négatif en dessous de 50%. Pourrait-il être associé au jeune prodige Jakob Chychrun sur une 3e paire défensive ? À l’image d’une équipe jeune et désormais ambitieuse.

 

Dallas

Derniers vainqueurs de cette intersaison, les Stars de Dallas s’inscrivent, eux, dans un tout autre modèle, celui d’une équipe qui tente son va-tout. Après les belles promesses de 2015-16, la saison passée a été une amère déception et le DG Jim Nill a peut-être senti la patience de ses patrons diminuer à vue d’œil. Son pari d’un duo de gardiens Lehtonen-Niemi fut un échec. Attendu sur ce sujet, Nill espère avoir trouvé la solution dans la cage en signant Ben Bishop, alors que le contrat de Niemi a été racheté. L’ancien de Tampa Bay arrive avec un CV solide et une expérience des playoffs.

Les Stars ont également mis la main sur deux des agents libres les plus recherchés à l’attaque. Martin Hanzal possède encore de la réserve et fera office de 3e centre de luxe derrière Tyler Seguin et Jason Spezza. Alex Radulov a montré cette année avec Montréal toute l’étendue de son talent et apportera son énergie débordante aux stars. Une première ligne Seguin-Benn-Radulov fait déjà saliver de nombreux fans au Texas. Et qui sait si Valeri Nichushkin reviendra de Russie ?  

Derrière, Dallas est allé chercher Marc Methot à Vegas, certainement dans l’espoir de le jumeler avec John Klingberg comme il l’était avec Erik Karlsson à Ottawa. Si ses capacités défensives ne sont pas inintéressantes, la réputation de Methot pourrait cependant en décevoir plus d’un car les chiffres montrent en réalité que, sans lui, Karlsson et les Sens étaient plus prolifiques en attaque mais aussi plus hermétiques en défense… Un bon exemple de joueur jugé pour son utilisation et non ses performances réelles. Ken Hitchcock, de retour au Texas, pourra néanmoins d’en servir au sein d’un système défensif resserré.  

Les Stars ont donc essentiellement ajouté des vétérans prêts pour une dernière bataille. Si les départs de Patrick Sharp et Alex Hemsky sont largement compensés et que Dallas devrait être indubitablement meilleur l’an prochain, il faut tout de même se demander si ces signatures ne feront pas du tort sur le long terme. Il est justifié d’accompagner les meilleures années de Seguin et Benn mais la prometteuse génération en défense (Lindell, Nemeth, Johns, Heiskanen) n’est pas prête et risque de l’être trop tard, sans que tous les astres s’alignent à un moment pour les Stars... L’avenir nous le dira. 

 

Les 3 équipes perdantes

Pittsburgh

Il est souvent difficile pour un club champion de conserver tous ses joueurs, surtout que le succès appelle des augmentations de salaires souvent peu compatibles avec l’ère du plafond salarial. Nick Bonino est ainsi allé toucher plus de 4 millions à Nashville, Trevor Daley est parti à Détroit et Chris Kunitz fera un dernier tour de piste à Tampa Bay. Matt Cullen n’a pas encore statué sur son avenir et bien-sûr Marc-André Fleury a pris la route de Las Vegas, comme la planète entière l’avait deviné depuis des mois.

Le problème des Pens est qu’ils n’ont pas comblé ces pertes, pour le moment. Antti Niemi a été signé pour seconder Matt Murray mais le Finlandais est loin d’inspirer confiance comme le faisait (la plupart du temps) « Flower ». Matt Hunwick rejoint, lui, le 4e trio mais semble là-aussi un cran en-dessous en termes de qualité de jeu. Enfin, la décision la plus « inattendue » demeure le choix du DG Jim Rutherford de céder son choix de 1er tour en échange de Ryan Reaves (et du choix de 2e tour de St Louis). Rutherford s’est justifié en déclarant que les Penguins s’étaient trop souvent fait bousculer sur la glace ces dernières saisons… C’est certain que le résultat final, 2 coupes Stanley, exigeait que l’on remédie illico à cette situation (sic). Reaves est un joueur physique à l’apport très limité en termes de jeu. Il figurait année après année parmi les pires joueurs de St Louis pour la possession et sa contribution offensive est très minime (27 buts en 419 matchs de NHL).

Les Penguins espèrent peut-être continuer à puiser dans leur vivier de jeunes pour combler les trous (Daniel Sprong, Derrick Pouliot), mais celui-ci semble s’épuiser. À moins que Rutherford n’ajoute une pièce ou deux d’ici septembre.   

 

Washington

Les Capitals souffrent du syndrome des équipes championnes… sans avoir remporté de coupe. L’effectif des Caps est en effet arrivé à un stade où le plafond salarial exige de faire des sacrifices et certaines pièces maîtresses ne seront pas de retour l’an prochain.

T.J. Oshie, Evgeny Kuznetsov, Andre Burakowsky et Philip Grubauer ont signé de nouveaux contrats mais Justin Williams, Kevin Shattenkirk et Karl Azner sont partis. Le jeune Nate Schmidt, qui venait d’intégrer le top4 en défense, a pris la direction de Vegas et Marcus Johansson a été sacrifié sur l’autel du plafond salarial et échangé au New Jersey contre des choix de draft.

La seule signature à date est celle de Devante Smith-Pelly, un joueur qui n’aide ni à la construction, ni au tableau d’affichage… Attention, Washington fera toujours partie des prétendants la saison prochaine, mais risque de ne jamais retrouver un effectif aussi complet que celui de 2016-17.

 

Chicago

Chicago doit-il commencer à gérer doucement son déclin ? Pris à la gorge par le plafond salarial depuis quelques années, le DG Stan Bowman a, une nouvelle fois, dû prendre des décisions radicales et fut le plus actif sur le marché des échanges. Exit donc Niklas Hjalmarsson, 30 ans, remplacé par Connor Murphy, 24 ans mais tout à prouver. Exit Artemi Panarin, qu’il aurait été impossible de resigner dans deux ans, à l’issue de son contrat. Les Hawks rapatrient en échange Brandon Saad, signé, lui, pour 4 ans et dont l’historique aux côtés de Jonathan Toews porte à croire qu’il pourrait relancer le capitaine en termes de production offensive.

Mais si Patrick Sharp revient au bercail pour dépanner une dernière fois, Chicago souffrira fortement du départ de deux autres vétérans. Marian Hossa prend une pause, voire sa retraite, en raison de problèmes de santé, et Brian Campbell est toujours agent libre à l’heure où ces lignes paraissent. À 38 ans, le défenseur était encore l’an passé un rouage important dans la construction du jeu des Hawks. Le perdre laisserait l’équipe en mal de transition sur sa 2e paire défensive.

 

Mentions spéciales « mais que font-ils au juste ? »

Montréal

Difficile de suivre la logique de Marc Bergevin ces dernières années. Le DG des Canadiens semble changer de modèle d’inspiration à chaque intersaison sans pour autant régler les vrais problèmes du club. En manque déclaré d’un centre numéro un (Galchenyuk en a pourtant le potentiel dès qu’on lui fait suffisamment confiance) et d’un défenseur mobile de premier plan, Bergevin a frappé fort pour aller chercher… un ailier et un défenseur défensif. Certes, Jonathan Drouin est une excellente acquisition et a toute sa carrière ou presque devant lui, mais le prix payé, Mikhail Sergatchev, l’espoir numéro un du club en défense, pourrait revenir hanter les Habs. Son potentiel de défenseur numéro un dans la ligue laisse rêveur pour un club justement en manque à ce poste… Enfin l’ajout de Drouin ne vient que compenser au final la perte d’Alex Radulov, qui, à offre égale, a préféré rejoindre Dallas. Reste à voir si une identité plus offensive dans le bottom6 avec Alex Hemsky ou le jeune Charles Hudon pourrait donner un autre visage au CH.

En défense, Vegas avait fait un vrai cadeau en repêchant Alexei Emelin et son salaire à 4 millions de dollars. Mais Bergevin a choisi d’utiliser cet argent, et un peu plus, pour signer Karl Azner. L’ancien des Caps est certes un brin meilleur que Emelin, mais il fait partie de cette catégorie de défenseurs défensifs surévalués en raison de leur réputation médiatique. Si les chiffres montrent bien que Alzner affronte les meilleurs trios adverses, il ne faut pas oublier qu’il le fait en compagnie des meilleures lignes de son équipe ! Et que, contrairement à ses coéquipiers dans la même situation, Alzner en ressort avec une efficacité défensive moyenne et aucune contribution offensive. Il ne faut donc pas espérer trouver en lui le partenaire idéal pour Shea Weber, alors que Alzner avoue de lui-même avoir déjà ralenti à 28 ans (sic).

Les signatures de David Schlemko et Joe Morrow sont plus intéressantes, pour peu qu’on leur donne du temps de jeu, mais, sans le retour d’Andrei Markov, la défense des Canadiens aura fait un sérieux pas en arrière. Markov demeure, malgré son âge, un élément indispensable dans la construction du jeu. Sa vision et sa qualité de passe font encore partie de l’élite de la ligue et il se classait ainsi 2e parmi les défenseurs de la NHL l’an dernier pour le nombre de passes décisives derrière Victor Hedman ! Sans lui, seul Jeff Petry possède les qualités d’un puck moving defensemen dans le top4 des Habs. C’est bien peu à une époque où la relance du jeu et la vitesse forge les champions et Marc Bergevin aura brassé beaucoup d’air pour pas grand-chose.  

 

Florida

Les rebondissements secouant le management des Panthers depuis un an est un feuilleton digne d’une telenovela. L’an passé, Dale Tallon s’effaçait et laissait à Tim Rowe le soin de diriger l’équipe. Celui-ci souhaitait prendre appui sur les statistiques avancées et signait dans la foulée de nombreuses très bonnes ententes avec les jeunes cadres de l’organisation, échangeant par contre les éléments moins en accord avec un jeu rapide et offensif. Il laissait par contre en place l’entraîneur Gerard Gallant, pourtant un membre de la vieille école et recruté par Tallon. La saison des Cats vira vite au cauchemar alors que de nombreux cadres furent touchés par des blessures. Barkov manqua un quart de la saison, Huberdeau 50 matchs, Ekblad 14, Bjugstad 28. Gallant fut congédié à mi-parcours et Rowe prit lui-même place derrière le banc. Mais surtout, les propriétaires jugèrent que l’expérience avait assez duré et Dale Tallon reprit au final la direction de l’équipe et Rowe fut évacué vers le placard le plus proche…

Le niveau de jeu était pourtant là et n’importe quelle équipe aurait eu du mal à atteindre les playoffs face à autant d’adversité. Demandez aux voisins du Lightning. Que l’on soit d’accord ou non avec la pensée de Tom Rowe, il est simplement assez troublant de voir celui-ci n’obtenir la confiance de ses patrons que pendant un an à peine, quand n’importe quel DG/coach avec une vision plus traditionnelle aurait bénéficié de plusieurs saisons de clémence.

Par la suite, Tallon fut sûrement le seul DG à perdre gros dans le repêchage d’expansion de Vegas, cédant volontairement Reilly Smith, un marqueur de 40 points minimum, et Jonathan Marchessault, 30 buts l’an passé au cours d’une année cendrillon, en retour d’un simple choix de 4e tour. Deux pièces du top6 offensif perdues, alors qu'Alex Petrovic, par exemple, figurait sur la liste de protection… Les vétérans Jaromir Jagr et Jussi Jokinen, 1er et 5e meilleur joueur de possession de l’équipe l’an passé ne seront pas non plus de retour. Enfin, le nouveau coach Bob Boughner a déclaré publiquement qu’il entendait jouer du hockey à l’ancienne, se fiant avant tout à son instinct, loin des nouvelles tendances. Il a par exemple déclaré que le powerplay des Panthers n’avait, selon lui, pas tiré suffisamment l’an passé. Vérification faite, seule Philadelphie a décoché plus de tirs cadrés par heure de jeu en supériorité numérique l’an dernier… Florida était 2e de la ligue donc. Un pas en avant et deux en arrière pour les Cats.