Bilan 2016-17: Vancouver

Où s’en vont les Canucks de Vancouver ? Après quelques années de gloire, marquées par une finale de coupe Stanley touchée du doigt (défaite au match 7 de la finale 2011), la génération des frères Sedin laisse la place à une relève faible, peu aidée par une direction dont les agissements et les déclarations posent question. Il semble surtout que celle-ci refuse certainement de voir la vérité en face : les Canucks méritaient de terminer tout en bas de la ligue.

Par Thibaud Chatel @batonsrompus et Nicolas Leborgne @Belizarius_

 

Depuis son arrivée en poste en 2014, le DG Jim Benning n’a eu de cesse de mélanger les genres. Semblant un temps vouloir engager des vétérans pour tirer au maximum sur la corde des frères Sedin, peu de place fut laissée aux jeunes. Il faut dire que les bons espoirs de l’organisation ne sont pas non plus légion en raison d’un repêchage plutôt moyen. Cela n’a pas empêché l’équipe de décliner mais il n’est toujours pas certain aujourd’hui que Benning souhaite s’engager dans une véritable reconstruction. La signature du vétéran Loui Eriksson l’été dernier, à 6 millions de dollars pour six ans, est un parfait exemple de stratégie douteuse et certainement contre-productive. À l’issue de cette saison, Benning déclarait également que l’équipe pourrait rebondir dès l’an prochain. Intox ou méthode Coué, le DG semble bel et bien croire au potentiel de son effectif, ce qui laisse le monde du hockey plutôt perplexe et fait croire que les Canucks sont loin de voir le bout du tunnel. 

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L’équipe est passée de la 25e à la 28e place pour la possession de la rondelle cette année, un indicateur, s’il en fallait, de la direction que prennent les choses pour les Nucks. 20e en 2015, le déclin est ainsi continu et porte la marque du règne de Willie Desjardins derrière le banc. Et si la réussite a légèrement fui les tireurs, cela ne vient pas expliquer les carences du système mis en place. Ainsi, seul New Jersey a obtenu la saison dernière moins de tentatives de tirs en attaque que Vancouver... Les unités spéciales n’ont également rien produit, souvent signe que le staff d'entraîneurs n’a su ou pu trouver la solution. La production des jumeaux Sedin est définitivement sur la pente descendante et si celle des jeunes Horvat, Granlund, Bärtschi augmente, elle est loin de venir se comparer avec celle des meilleurs jeunes de la ligue. 

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Bärtschi (18 buts, 35 pts) et surtout Horvat (20 buts, 52 pts) ont certainement des profils offensifs intéressants. Les deux sont nettement davantage capables de se créer des chances de marquer que la moyenne de la ligue. Cependant, leur jeu défensif devra s’étoffer s’ils veulent prétendre affronter les meilleurs trios adverses soir après soir dans un avenir proche. Les deux étaient en effet encore relativement protégés cette année mais cela est amené à changer rapidement au fur et à mesure que les Sedin cèderont la place. Horvat a donc mené l’équipe en points, et il faut remonter à 2006 et Markus Näslund pour voir trôner là un autre joueur que les jumeaux suédois…

Granlund (19 buts, 32 pts) a offert, lui, un profil assez complet, étant le seul avec Eriksson à donner un taux de possession positif à son équipe et se montrant efficace dans les deux sens de la patinoire. La participation offensive n’a cependant pas suivi, mais il est sûrement le centre défensif d’avenir des Nucks. Les Sedin sont toujours capable de diriger le jeu, ils ont en tous cas fait mieux que la majorité de leurs coéquipiers dans ce domaine. Par contre, leur capacité à s’ouvrir la voie en attaque régresse, chose malheureusement attendue avec l’âge (Henrik 50 pts, Daniel 44). Et, sans leur capacité à se trouver les yeux fermés, la paire qui a tant émerveillé la NHL aurait encore rétrogradé d’un cran. Il leur reste un an de contrat, la dernière saison avant la retraite ? Quoi qu’il en soit, la signature de leur compère Eriksson n’a pas fait des étincelles : l’ailier aux six millions n’a marqué que 11 buts et 24 pts en 65 matchs... Au final, le trio aura marqué 41 buts au total, soit presque autant que le rookie des Leafs Auston Matthews à lui tout seul. Ouch. La persistance du staff à utiliser Brandon Sutter aux côtés des jumeaux, notamment en supériorité, fut loin d’être une réussite, tant le centre défensif fut dominé en possession. 

Et la relève, alors ? Elle fut bien maigre. La plupart des jeunes ont figuré au tableau d’affichage dans la dernière ligne droite, à l’image de Brock Boeser (4 buts en 9 matchs), sans aucun doute le plus prometteur. L’ancien premier choix Jake Virtanen n’a pas encore passé le cap. L’acquisition de Nikolay Goldobin parait un bon pari, sans offrir de certitudes. Reid Boucher a rendu une copie intéressante également, pris au ballotage. Enfin, Brendan Gaunce n’a pas réussi à trouver la mire en 57 matchs : il y a encore du travail.

 

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Les largesses de la défense sont encore plus inquiétantes car il n’y a pas là de joueurs d’avenir comme à l’attaque. Si l’on peut attribuer au système de Desjardins l’échec systématique dans la prévention des chances de marquer adverses, les deux « jeunes », Gudbranson (25 ans) et Hutton (24 ans), ont rendu les pires copies du groupe. Tous deux ont été surtout à la peine dans la relance et leur prévention des chances de marquer est digne des pires standards de la ligue, se classant 231e et 234e sur les 240 défenseurs retenus pour nos bilans de la saison… De plus, si Gudbranson a tant soit peu participé à l’attaque (6 pts en 30 matchs), Hutton figure de nouveau en mauvaise posture à ce sujet (232e de la ligue). La lueur d’espoir est venue de Troy Stretcher, joueur jamais repêché et qui fit directement le saut de l’Université du North-Dakota à la NHL. Défenseur le plus utilisé en avantage numérique la saison dernière, il parvint à amasser 24 points en 71 matchs, tout en offrant des performances à 5 contre 5 de calibre raisonnable. Ce type de défenseur offensif était surtout une carte qui manquait au jeu de l’équipe pour les années futures. Autre motif d’espoir, Nikita Tryamkin, qui a semblé progresser sensiblement au fil des mois. Néanmoins, avec un Alex Edler en déclin, on se demande bien qui va rester à long terme dans cette défense très expérimentale. 

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Du côté des gardiens, difficile de trouver un autre qualificatif que « moyen » pour définir les saisons de Ryan Miller et Jacob Markström, tant leurs stats collent à la moyenne de la ligue. Le vétéran américain faisait ici son dernier tour de piste à Vancouver et Markström partagera le filet l’an prochain avec Anders Nilsson, auteur de belles performances avec Buffalo.   

 

En résumé : Croire en un changement de staff ?

Willie Desjardins n’a tout de même pas été reconduit à son poste et Benning a promu à sa place Travis Green, précédemment entraîneur de l’équipe AHL de l’organisation. Green jouit certainement d’une bonne réputation à travers la ligue et a connu du succès chez les juniors et en AHL. C’est certainement un motif d’espérance pour Vancouver mais nous savons que la marche est parfois haute pour ces entraîneurs rookies. Il sera certainement intéressant de voir Brock Boeser à l’œuvre par contre. L’attaquant de 20 ans a inscrit 4 buts et 5 points en 9 matchs en fin de calendrier, tout en produisant un nombre remarquable de tirs. Les passages de Jake Virtanen ces deux dernières saisons ont laissé plutôt circonspect (14 points en 65 matchs), mais l’organisation doit lui laisser du temps. Malgré tout le projet reste maigre et, quoi qu’en pense Jim Benning, il faut s’attendre à revoir Vancouver en bas du classement l’an prochain. 

 

<<Arizona

Buffalo>>