Bilan 2016-17: Buffalo

L’année des Sabres de Buffalo n’aurait pu être qu’une petite déception, mais elle s’est transformée en maelstrom en coulisse. En espérant que le prochain départ soit le bon. 

Par Thibaud Chatel @batonsrompus et Nicolas Leborgne @Belizarius_ 

 

Buffalo souhaitait se placer au même niveau que Toronto ou Edmonton, parmi les jeunes équipes en voie de devenir des puissances de la ligue. Les Sabres espéraient surtout être prêts à franchir une étape après des années de vaches maigres, propulsés par leur grande vedette Jack Eichel.

Signe que les choses n’allaient pas fonctionner comme prévu, Eichel se blessa à la cheville durant le camp d'entraînement et dut rater les vingt premiers matchs de la saison - ce qui s’ajouta aux blessures de Kulikov en pré-saison et à celle de Evander Kane dès le premier match. Si Eichel a bien prouvé à son retour qu’il figure parmi l’élite de la ligue avec 57 points en 61 matchs, l’effectif autour de lui se révéla encore bien trop clairsemé pour pouvoir vraiment prétendre à une place en playoffs.

Buff team

 

L’équipe a certes décroché en fin de saison pour finir dernière de la division Atlantique, mais le niveau de jeu n’a jamais été vraiment au rendez-vous. Avec la 25e attaque et 27e défense pour les tentatives de tirs, les Sabres ont subi soir après soir le joug de leurs adversaires des deux côtés de la patinoire. Et si le coach Dan Bylsma avait réussi à mettre en place un système limitant les chances de marquer adverses (7e de la ligue), le nombre d’occasions accordées était tout simplement trop important. Et même le meilleur powerplay de la ligue ne put compenser pour les faiblesses observées dans le jeu à 5 contre 5. Au final, un début de saison délicat à cause de blessures, un bon regain en janvier-février et une équipe qui coule à la fin, notamment en perdant des matchs contre les derniers du classement. Buffalo n’avait pas le niveau, tout simplement.

Buff def

La défense y est certainement pour quelque chose, et le nouveau coach Phil Housley tentera certainement d’y remédier. Ristolainen et Kulikov, qui jouaient le plus à 5 contre 5 cette année, ont énormément souffert, accordant un nombre très (trop) élevé de tentatives de tirs, sans pour autant compenser dans la relance. McCabe et Bogosian ne firent guère mieux et seul Cody Franson tira son épingle du jeu dans un rôle, il est vrai, limité. Vu comme le futur numéro un de cette franchise, Ristolainen a, certes, inscrit 45 points, mais 25 d’entre eux vinrent du powerplay. Le géant de 22 ans a encore du temps pour mûrir mais son impact dans le jeu devra grandement s’améliorer s’il ne veut pas devenir une déception pour les fans. Les onze autres arrières n’ont cumulé que 11 buts, bien peu.  

Buff att

L’attaque a pâti des failles collectives et il n’est pas étonnant de voir la quasi-totalité des joueurs en dessous de 50% de possession sur la saison dernière. Rares sont également ceux qui ont démontré une réelle efficacité offensive pour transformer les assauts en chances de marquer. À ce titre, Reinhart semble une satisfaction (47 pts), à l’échelle des Sabres, même s’il n’a pas forcément converti ses occasions et a subi parfois les foudres de son entraîneur au point de figurer en tribunes une fois. O’Reilly a tenu son rang (20 buts, 55 pts), comme prévu. Eichel (24 buts, 57 pts) et Kane (28 buts, 43 pts) ont fait parler leur talent pour produire des points dans ce contexte difficile mais viennent un cran en retrait pour la possession. À noter les performances honnêtes de Moulson, du moins en possession (32 pts). Ennis, loin de son record de carrière, traîne pour sa part une faible réussite au tir de 5% depuis 2 ans, lui qui a une moyenne en carrière de 10%. Simple passage à vide ? Il pourrait rebondir rapidement du côté de Minnesota. Le souci vient donc d’un bottom-6 peu productif, à l’image d’un Girgensons de plus en plus décevant (7 buts, 16 pts), ce qui n’a pas pu compenser les soucis physiques des vedettes en début de saison.

Buf goal 2

Enfin, il semble que la situation dans les buts ne soit pas réglée. Les espoirs placés en Robin Lehner se sont heurtés à un mur cette saison. Le Suédois fournit un taux d’arrêts tout à fait acceptable, compte tenu de son équipe, mais a accordé au final plus de buts qu’anticipé, signe qu’il ne put faire plus que ce qu’on attendait de lui. Même s’il demeure encore jeune à 25 ans, ses dirigeants ont plutôt décidé de signer le vétéran Chad Johnson cet été et Lehner est toujours sans contrat à l’heure actuelle. Son remplaçant Nilsson montra de belles promesses en 26 matchs mais il est déjà parti vers d’autres horizons. Dommage peut-être.

 

En résumé : faux départ pour les Sabres  

C’est tout de même la saison de la déception pour les Sabres, compte tenu des ambitions - les acquisitions de Okposo et Kulikov paraissaient porter l’équipe vers l’avant. La reconstruction entamée ces dernières années n’a pas encore produit ses effets et la machine s’est même mise à capoter. Traînant le pas sur le plan sportif, l’équipe s’est également trouvée impliquée dans des rumeurs de tensions internes. La star Jack Eichel aurait demandé la tête de l'entraîneur Dan Bylsma. Rumeur ou vérité, le climat s’était indéniablement détérioré et les propriétaires ont finalement choisi de faire table rase en limogeant le DG Tim Murray et Bylsma. Le nouveau venu Jason Botterill arrive auréolé du succès de Pittsburgh où il exerçait comme DG adjoint, et Phil Housley conduisait cette saison la meilleure défense de la ligue à Nashville. De quoi retrouver espoir mais, à l’heure actuelle, les Sabres semblent surtout avoir pris du retard sur leurs concurrents directs. 

 

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