Bilan 2016-17: Détroit

Cette fois ça y est. L’incroyable série de présence des Red Wings en playoffs s’est terminée après 25 ans. Cette chute n’était cependant pas une surprise au regard d’une équipe déclinante et qui ne s’était accrochée les années précédentes que du bout des ongles. Comment les Wings ont-ils géré cette première année « sans » ?

Par Thibaud Chatel @batonsrompus et Nicolas Leborgne @Belizarius_

 

Détroit n’avait que peu d’ambitions sur le papier, du moins peu d’ambitions réalistes. L’équipe souffre du départ de Pavel Datsyuk et du vieillissement général des cadres, que la nouvelle génération ne parvient pas à remplacer. De plus, si Jeff Blashill avait semblé un temps garder vivant l’héritage tactique de Mike Babcock derrière le banc, le nouvel entraîneur semblait mal équipé pour faire des miracles avec l’effectif actuel.

Det team

 

Il n’est donc pas étonnant de constater que les Wings ont subi dans le jeu et terminent la saison au 25e rang pour la possession. L’attaque, surtout, a eu toutes les peines du monde à créer des choses, terminant au 28e rang pour les tentatives de tirs obtenues. L’un allant souvent de pair avec l’autre, le power play ne fut pas plus efficace, parmi les pires de la ligue. Henrik Zetterberg mène pourtant toujours la barque, 68 points (dont 51 passes, son deuxième meilleur total en carrière) encore à 36 ans, mais les jeunes derrière lui peinent à dépasser un certain cap. Tatar fut le seul joueur au-delà des 20 buts cette saison, même s’il faut parier qu'Anthony Mantha y serait parvenu s’il n’avait pas raté une vingtaine de matchs.

L’année noire de Détroit, cette fin d’époque, le fut aussi hors glace, avec le décès en février du propriétaire mythique, Mike Ilitch, puis l’adieu plein d’émotions à la Joe Louis Arena. Au moins, cet adieu s’est fait par une victoire face aux Devils, sous les yeux de toutes les vieilles gloires du club, pour le 1000e match du MVP de la saison Henrik Zetterberg.

 Det att

Le jeune Québécois Mantha est donc sans aucun doute le meilleur espoir de l’organisation. Au-delà de sa production (17 buts, 36 pts en 60 matchs), il se démarque largement de ses coéquipiers pour son impact sur la possession, à près de 54% lorsqu’il est sur la glace, alors que Zetterberg, Tatar (25 buts en dépit de soucis récurrents à l’épaule) et Nyquist forment un groupe homogène derrière. À noter la belle résilience du vétéran Thomas Vanek, 38 points en 48 matchs et toujours capable de se mettre en position de marquer, notamment en jeu de puissance. Une certaine valeur qui l’a rendu attractif à la date limite des échanges.

Le problème des Wings vient en grande partie d’une seconde partie d’alignement beaucoup plus faible. Les Ott, Glendening, Miller et Abdelkader ont rendu des copies très négatives et seul le jeune Andreas Athanasiou y a tiré son épingle du jeu grâce à sa vitesse et quelques buts spectaculaires (18 buts). À voir s’il pourra continuer de le faire sur l’un des deux premiers trios, à condition que l’équipe lui donne cette chance malgré un jeu qui reste à polir. Le “cas” Sheahan illustre à lui seul les soucis des Wings : l’ailier a lancé plus de cent fois à la cage sans marquer, avant de terminer sur deux buts lors du dernier match de la saison - dont un cage vide ! -, son 80e match, dans le soulagement général… Enfin, après une prometteuse saison de rookie, on attendait mieux de Dylan Larkin. La fusée américaine n’a finalement compté que 32 pts, dont 17 buts, mais a rendu une copie catastrophique défensivement (ratio de -28), ce qui était pourtant son point fort à sa première saison.  

Det def

La défense des Wings n’est plus non plus ce qu’elle était… Si DeKeyser avait réalisé de belles saisons sur la seconde paire, à l’abri des tâches défensives principales, il a souffert dans un rôle élargi. Son efficacité dans la prévention des chances de marquer reste la meilleure de la brigade (à part Marchenko) mais il fut incapable de servir de rampe de lancement pour sa propre équipe (seulement 12 pts). La possession des Wings avec lui sur la glace s’en est grandement ressentie et sa production personnelle tout autant. Dans un rôle similaire, le bon Mike Green a pu, lui, participer activement à l’aspect offensif du jeu et signe 14 buts et 36 pts, plutôt une bonne prestation sur ce plan. Nick Jensen n’a joué que 49 matchs, mais ressort ici comme le seul joueur dans le positif pour la possession, sans vraiment casser la baraque offensivement (13 pts). Certes, il ne fut utilisé que dans un rôle limité, mais il sautait également sur la glace en compagnie des pires lignes des Wings... Dans ce contexte, le rookie de 26 ans est certainement une satisfaction pour l’organisation. Le faible apport offensif des défenseurs de Detroit explique en grande partie les soucis de l’attaque. Le fidèle Nicklas Kronwall, par exemple, n’est plus que l’ombre de lui-même en attaque (2 buts, 13 pts) et connaît toujours autant de pépins physiques. 

Det goal 2

Enfin, les cages de Détroit ont connu tout un renversement de situation. Parti pour prendre définitivement les rênes à ce poste, Petr Mrazek a connu une saison plus que difficile. Sa moyenne d’arrêts est largement en deçà de celle de la ligue et il a particulièrement souffert en infériorité numérique. De l’autre côté, le vétéran Jimmy Howard, 33 ans, a vécu une saison du renouveau, poussant même ses dirigeants à le protéger lui plutôt que Mrazek sur la liste de Las Vegas. Il reste une année de contrat à Mrazek et deux à Howard, un casse-tête à venir pour le management. Jared Coreau pourrait même se mêler à la lutte, même s’il n’a pas vraiment explosé non plus.

 

En résumé : le début de la chute ou du rebond ?

Détroit a fini par payer 25 années au plus haut niveau et de repêchage tardif. La chute va-t-elle continuer sur les prochaines saisons ou bien l’équipe pourrait-elle rebondir rapidement ? La première option semble malheureusement plus plausible car le système ne regorge pas de prospects majeurs, surtout en défense. S’il sera intéressant de voir se développer les Mantha, Larkin, Athanasiou, Svechnikov et Rasmussen devant, la ligne bleue semble bien dégarnie, à part Vili Saarijärvi. Un problème majeur pour une organisation qui doit maintenant s’armer de patience. 

 

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