Bilan 2016-17: New Jersey

Ray Shero continue son plan de reconstruction des Devils du New Jersey. Toutefois, la saison 2016-17 a donné l’impression d’un pas en arrière.

Par Thibaud Chatel @batonsrompus et Nicolas Leborgne @Belizarius_

 

Les dernières années de l’ère Lamoriello semblent avoir enfoncé le club bien plus bas que prévu. Pénalisé par des échecs récurrents à la draft et des contrats de vétérans démesurés, New Jersey est reparti de zéro avec Ray Shero. Pour sa deuxième année, le manager général peut dresser un bilan en demi-teinte. Si l’équipe avait paru compétitive la première année, portée par des saisons mémorables de Kyle Palmieri et Adam Henrique, force est de constater que l’an II du plan fut décevant. Après un départ tout à fait correct, l’équipe a coulé dès qu’il a fallu partir sur la route. Le recrutement de Taylor Hall n’a pas apporté autant qu’attendu, d’autant que l’ancien joueur d’Edmonton a connu quelques pépins physiques. L’attaque est donc restée anémique, et, cette fois, Cory Schneider n’a pas du tout compensé. La saison médiocre du gardien, mal secondé par une défense prise de vitesse, a plombé encore plus les Devils. Le coaching de John Hynes a été régulièrement pointé du doigt par les supporters. Au final, l’équipe termine très loin des phases finales, et n’a finalement eu de la chance qu’une seule fois. En gagnant la loterie, New Jersey a pu s’offrir Nico Hischier en numéro 1 de draft et consolider son avenir.

 NJ team

Rien de surprenant dans les statistiques de la saison de Devils. L’équipe figure parmi les 5 dernières de la ligue sur tous les indicateurs de possession, alors que la finition fut, de plus, entachée par le 28e taux de réussite. Fidèle à un certain style historique, les Devils furent assez tenaces en défense, 11e de la ligue pour les tentatives accordées, mais l’attaque fut, elle, bonne dernière pour les tentatives obtenues. Les unités spéciales affichent également un bilan négatif et, malgré l’effectif à sa disposition, la responsabilité du staff de John Hynes devra sans doute se poser assez rapidement.

 NJ goal 2

Un autre élément important de la saison noire des Devils concerne les performances de Cory Schneider dans les cages. Le gardien avait pour habitude de sauver les meubles soir après soir, donnant à ses coéquipiers une chance de gagner des matchs. S’il a sauvé 4 buts de plus qu’espéré cette saison, il en avait ainsi sauvé 12 l’an passé, et 21 l’année d’avant ! Espérons pour les Devils que cela n’était qu’un passage à vide, où il faudra se demander s’il est en mesure d’accompagner la reconstruction du club jusqu’au bout. L’ex-portier des Canucks a ainsi été parfois écarté au profit de Keith Kinkaid, auteur de prestations intéressantes, bien que manquant de constance. 

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Faire avec les moyens du bord chez les Devils, cela signifiait cette année resserrer au maximum le système défensif, d’autant plus en ayant sacrifié Larsson pour obtenir Hall. Malheureusement, les opportunités offertes à l’attaque via la relance se comptaient pratiquement sur les doigts de la main. Et surtout, certains cadres ont pris l’eau. Ben Lovejoy présente à ce sujet un bilan très médiocre, se classant 235e sur les 240 défenseurs présents de nos bilans pour les tentatives accordées à l’adversaire. Inexplicablement, il a conservé la confiance de John Hynes toute la saison. Le vétéran a sans aucun doute été sur-utilisé en première paire... Les plus efficaces dans les deux sens furent sans conteste Damon Severson et Yohann Auvitu. Le Français n’a joué que 25 matchs, dans un rôle limité. Après un camp brillant et un début de saison prometteur, Auvitu a connu des pépins physiques, puis l’AHL, où il fut finalement repoussé en tribunes. Une descente aux enfers qui se traduit évidemment par un contrat non renouvelé, au grand dam des supporters, qui n’ont pas compris le coaching de Hynes et des Devils, encore une fois, même si Auvitu affichait quelques limites dans les duels et la rigueur défensive. Son apport offensif constituait une denrée suffisamment rare dans l’équipe pour plaire aux fans.

Severson, pour sa part, a bel et bien endossé le dossard de numéro un cette saison (31 pts). Capable de diriger le jeu et de participer en attaque, le joueur de 22 ans est une vraie satisfaction et une source d’espoir pour l’avenir. Il devra tout de même gagner en physique et en constance, car il a souffert face aux meilleurs trios adverses, mais il reste indéniablement le futur pilier. Autre point positif, les 38 matchs de Steven Santini, très efficace défensivement, aussi bien pour empêcher les tentatives adverses que pour limiter les chances de marquer. À 22 ans lui aussi, il devrait se voir offrir un plus grand rôle l’an prochain. Les deux hommes devront vite assumer, car le capitaine Andy Greene fut loin de sa solidité habituelle et paraît décliner. John Moore, inconstant, a alterné le bon (12 buts) et le moins bon entre ses blessures. Les départs de Quincey, Auvitu et Merrill ouvrent en tout cas des trous béants dans une arrière-garde déjà très en dessous des standards de la ligue.    

 NJ att

L’effectif des Devils était cette année, comme toutes les équipes du bas de classement, trop hétéroclite et le fond d’alignement s’est trouvé débordé de toutes parts. À l’opposé, Taylor Hall domina ses coéquipiers de la tête et des épaules et termine avec 53 pts. Si Palmieri (26 buts, 53 pts) et lui étaient les plus productifs à 5 contre 5, Hall fut la véritable bougie d’allumage de l’attaque. C’est avec Hall sur la glace que les Devils obtenaient le plus de tentatives de tirs. C’est également avec lui que les Devils en accordaient le moins ! Une efficacité dans les deux sens de la patinoire, donc, qui a été néanmoins freinée par un manque de réussite personnelle. Palmieri, de son côté, fut assurément le plus régulier de l’équipe, restant dangereux et physique à chaque match. Zajac a également connu une saison très respectable, compte-tenu de la situation collective. Toujours aussi précieux notamment aux mises en jeu, Zajac reste un centre peu productif sur le plan comptable. Adam Henrique ayant connu une saison peu tranchante, subissant trop le jeu, le top-6 manquait sérieusement d’armes. Mike Cammalleri a connu trop de blessures avant de rester muet devant la cage durant de très longues périodes. Parenteau a fait preuve d’une certaine efficacité, ce qui a permis de l’échanger à la date limite, tout comme les trous noirs offensifs Fiddler et Kalinin.

Dans ce fatras, le staff a passé son temps à tester des jeunes, tels Lappin, Pietila, Coleman ou Speers. Le premier choix 2015 Pavel Zacha a lui joué 70 matchs, et signe 24 pts pour sa première saison d’apprentissage et a paru s’améliorer au fil des mois. Miles Wood a vite conquis le public grâce à son jeu passionné, sa vitesse et son explosivité (8 buts, 17 pts) mais son côté brouillon et chien fou doit vite être canalisé pour gagner en efficacité - sans parler de sa faiblesse défensive. Le bottom-6, hormis Wood, n’a guère réussi à se montrer au tableau d’affichage, à l’image de Jacob Josefson (1 but), et du poissard Beau Bennett, plutôt dangereux tout au long de l’année mais peu efficace (8 buts).

 

En résumé : Hischier et la suite ?

La saison difficile a été récompensée par la loterie du repêchage et l’acquisition de Nico Hischier au tout premier rang. Les Devils ont également mis la main sur Marcus Johansson des Capitals et devraient ainsi montrer un visage plus intéressant l’an prochain… si la défense est un peu renforcée. Il est néanmoins fort possible que la reconstruction continue et un nouveau très bon choix de repêchage l’an prochain serait certainement nécessaire, notamment en défense. Tant que l’objectif non-avoué est de plonger au classement, les carences observées dans le jeu, notamment en attaque, ne seront pas une préoccupation majeure. Mais la question se posera davantage au fur et à mesure que le club s’approchera du moment de repasser la marche avant.  

 

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