Bilan 2016-17: Dallas

Vainqueurs inattendus de la division Centrale en 2015-16, les Stars de Dallas pouvaient, sur le papier, faire office d’outsiders pour le titre. La déception n’en fut que plus grande…

Par Thibaud Chatel @batonsrompus et Nicolas Leborgne @Belizarius

 

Ces ambitions s’appuyaient sur un duo de choc en attaque, en Tyler Seguin et Jamie Benn. Avec Jason Spezza et une poignée de vétérans (Sharp, Hemsky, Hudler) en soutien, le jeu rapide et offensif des Stars avait agréablement surpris la ligue la saison précédente. Le très prometteur John Klingberg en défense faisait figure de révélation et le duo de gardiens Lehtonen-Niemi, bien que branlant, n’avaient pour mission que de limiter la casse.

Pourtant, le plan initial prit du plomb dans l’aile dès l’intersaison, quand le DG Jim Nill laissa partir les défenseurs Alex Goligoski et Jason Demers sur le marché des agents libres, sans réellement les remplacer. Il est vrai que Dallas possède quelques bons espoirs à la ligne bleue mais ceux-ci n’étaient pas prêts à assumer des rôles de top4 et le trou laissé dans l’organigramme défensif se révéla plus que problématique pour l’ensemble du jeu des Stars.

L’autre élément important de la saison fut les blessures à répétitions de plusieurs acteurs clés. Encore auteur de 55 points l’année précédente, Patrick Sharp ne put jouer que 48 matchs cette saison. Spezza en rata une dizaine, Hudler n’en joua que 32 et Hemsky seulement 15 ! Autant de manques en profondeur qui contribuèrent à ralentir les poussées offensives si efficaces l’an passé. 

 Dal team

En 2015-16, Dallas avait signé le 5e meilleur taux de possession de la ligue, à 52,7%. Une attaque affaiblie et surtout une défense amputée ont donc ralenti le jeu collectif dans les deux sens de la patinoire. La troupe de Lindy Ruff est ainsi tombée au 20e rang pour la possession, dans le négatif à 49,6%. De 2e attaque pour les tentatives obtenues en 2015-16, ils sont passés à la 9e cette saison. Mais surtout, de 17e défense, symbole d’un jeu ouvert mais limitant les risques, l’équipe est tombée au 28e rang pour les tentatives accordées ! Le jeu ouvert prôné par les Stars a ainsi perdu une pièce essentielle de l’équation, la défense s’était trop affaiblie pour tenir le fort pendant que l’attaque partait à l’abordage. Dernier point mettant en exergue l’affaiblissement du système, Dallas est passé du 10e penalty kill et la ligue au dernier rang, loin même de l'avant-dernière place. Il ne faut pas chercher très loin l’explication pour cela. En 2015-16, les quatre défenseurs jouant le plus en PK étaient Oduya, Demers, Goligoski et Russell. Des quatre, seul Oduya portait encore l’uniforme des Stars cette saison mais seulement pour 37 matchs... 

Dal goal 2

L’infériorité numérique est également un point crucial pour comprendre la situation des gardiens cette année. Le duo Niemi-Lehtonen a fait l’objet de critiques acerbes tout au long de la saison mais il faut y apporter une nuance importante. À 5 contre 5, Lehtonen a fait bien plus que sa part du travail. Auteur d’une moyenne d’arrêts respectable compte tenu de la défense qui jouait devant lui, il a sauvé près de 25 buts sur l’ensemble de la saison, la 5e meilleure performance de la ligue ! Par contre, ses performances en infériorité numérique furent catastrophiques. Même si la faillite collective dans le domaine peut expliquer en partie cette situation, Lehtonen accorda 11 buts de plus que prévu à 4 contre 5, le pire total de la ligue. Un grand gardien demeure le meilleur joueur de son équipe en infériorité numérique et Lehtonen n’a pas du tout aidé la cause de ses équipiers cette saison. Ce grand écart des performances n’a fait que renforcer la certitude de ses dirigeants que la solution était ailleurs. Le contrat de Niemi, décevant dans toutes les situations de jeu, a été racheté et Ben Bishop gardera la cage des Stars l’an prochain.

 Dal def

L’embauche de Dan Hamhuis devait pallier en partie les départs de Demers et Goligoski. Même si le vétéran de 34 ans a été le meilleur défenseur pour la possession, il lui a manqué la production offensive (seulement 16 pts). Klingberg a connu un début de saison difficile avant de se replacer et confirme ses prédispositions vers l’attaque (13 buts, 49 pts, 10e de la ligue). Celui-ci avait peut-être trop de poids sur ses épaules alors qu’à ses côtés le jeune Esa Lindell remplaçait cette année Goligoski. Si Lindell est promis à un bel avenir, il était encore très perméable défensivement cette saison. Le changement était donc de taille pour Klingberg, qui a dû s’ajuster. Membre de cette bande de jeunes espoirs, Stephen Johns a connu une très bonne saison dans un rôle limité. Efficace dans les deux sens de la patinoire, il pourrait obtenir de plus grandes responsabilités l’an prochain. Enfin, Oduya a certainement senti le poids des ans et c’est avec lui sur la glace que Dallas obtenait le moins de tentatives de tirs. Il a finalement été échangé en fin de saison à Chicago, Jordie Benn quittant pour sa part le Texas pour Montréal. Jamie Oleksiak, Patrik Nemeth et le prometteur Julius Honka ont complété l’alignement et se battront pour des places la saison prochaine.

 Dal att

Le jeu ouvert et offensif est resté en place cette saison et l’efficacité des Stars pour se créer des chances de marquer était belle à voir. Les vedettes ont produit des points, même si Benn fut un cran en retrait dans le jeu, embêté par des problèmes de santé à répétition. Le premier trio eu également du mal à défendre contre les meilleurs lignes adverses, faute d’un soutien suffisant de l’arrière garde. Seguin signe une saison à 72 pts, Benn à 69 pts. On serait presque déçu de ne les voir marquer “que” 26 buts chacun. Moins exposés, les seconde et troisième lignes en ont profité pour se faire valoir. À ce petit jeu-là, Antoine Roussel a livré sa meilleure saison en carrière. Avec ses comparses Radek Faksa et Brett Ritchie, le Français fut celui avec qui Dallas obtenait le plus de tentatives de tirs mais également celui avec qui l’équipe en accordait le moins. Une complémentarité récompensée par des présences avec Tyler Seguin et un peu de temps en power play. Ses 27 points en 60 matchs sont évidemment un sommet en carrière et il est plus que jamais devenu une pièce essentielle du collectif texan. Sa blessure en fin de saison a certainement fini d’enterrer les espoirs de l’équipe. Autre bonne surprise, Patrick Eaves a enfilé les buts comme jamais auparavant, 21 en 59 matchs, avant d’être échangé à Anaheim en mars contre un bon choix de 1ere ronde. Autre satisfaction, les grognards Adam Cracknell et Curtis McKenzie ont contribué au-delà des attentes, à l’inverse d’un Jiri Hudler transparent sur le peu de matchs disputés (3 buts, 11 pts en 32 matchs).   

 

En résumé : et maintenant ?

La déception des résultats a poussé le DG Jim Nill à montrer la porte à l'entraîneur Lindy Ruff, en poste depuis 4 saisons. Ken Hitchcock prendra sa place derrière le banc, lui qui prévoyait pourtant de prendre sa retraite. Nill a également voulu frapper fort avec les acquisitions de Ben Bishop dans les buts, Marc Methot en défense et Alex Radulov en attaque. Il espère certainement donner un coup de boost pour quelques années, tant que Benn et Seguin sont au sommet de leur art. La tentative est noble mais il convient tout de même de se demander si une attaque vieillissante et une défense en devenir ne sont pas trop incompatibles sur le long terme ? Il ne faudrait pas que ces deux générations se croisent sans se rencontrer. Il se devait sans doute de prendre un tel pari, sentant peut-être son poste en danger. 

 

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