Bilan 2016-17: Philadelphie

La troupe de Dave Hakstol n’a pas réussi cette année à répéter la qualification en playoffs de l’an passé. Dans une division Métropolitaine aussi relevée, la marge d’erreur était minime et les failles d’une équipe en reconstruction étaient surement trop grandes. 

Par Thibaud Chatel @batonsrompus et Nicolas Leborgne @Belizarius_

 

Les Flyers ont une base de partisans exigeante, et les attentes étaient peut-être à la hausse après la qualification de l’an passé. Le coach Dave Hakstol a repris la même recette, une recette à deux visages, un peu curieusement axée sur la quantité en attaque mais la qualité en défense. Malheureusement pour lui, toute efficacité défensive demeure sujette au bon vouloir des gardiens. Des gardiens dont les performances ont dégringolé après avoir marché sur la tête en 2015-16. De quoi doucher bien des espoirs pour cette 50e saison de l’histoire du club. Les Flyers échouent pour sept points et n’ont disputé les phases finales que deux fois sur les cinq dernières saisons. 

phi team

Les statistiques des Flyers ressemblent ainsi à s’y méprendre à celles de l’an passé. Légèrement positif pour la possession, Philadelphie a perdu la bataille de la qualité des chances pour voir son taux de buts espérés descendre à 49%. Le changement majeur cette année fut donc une chute drastique de la performance des gardiens. Alors qu’ils avaient enregistré le 2e meilleur taux d’arrêts en 2015-16 à 93,4%, ils sont tombés au 26e rang cette saison avec juste 91,6% d’arrêts. Ajoutez à cela des tireurs seulement 25e de la ligue, l’indice PDO des Flyers fut le 28e de la NHL, un handicap quasi insurmontable pour une équipe aspirant aux playoffs.

Les leaders en attaque ont pourtant réussi à produire au même niveau que l’an dernier. Jakub Voracek et Wayne Simmons menant la charge alors que Claude Giroux a vu son total de buts chuter à 14 cette saison. Révélation de la saison dernière, le défenseur Shayne Gostisbehere a encore produit 39 points malgré une relation compliquée avec son coach. Son implication sur le Power play a pourtant fait que la première unité des Flyers était peut-être la meilleure de la ligue en la matière. Et l’équipe est celle qui dirigeait le plus de lancers au filet en supériorité numérique cette saison. 

 Phi goal 2

Steve Mason a ainsi connu une saison difficile, lui qui sortait pourtant de quatre campagnes plutôt solides. Alors qu’il avait sauvé 25 buts en 2014-15 et 20 en 2015-16, il n’a pu en épargner que 2 cette année. Arrivé en fin de contrat, les Flyers ont préféré chercher une autre solution avec Brian Elliott, et Mason a signé à Winnipeg. Son remplaçant Michal Neuvirth a, lui, encore deux années de contrat dans l’uniforme orange. Son niveau de jeu a été également en deçà de ses critères habituels mais les performances de cette saison demeurent très inquiétantes. Il s’est tout simplement classé parmi les pires cerbères de la NHL et aura tout intérêt à redresser la tête l’an prochain. 

Phi def

Sans véritable numéro un, cinq défenseurs se sont partagés le temps de jeu cette saison. Dave Hakstol a toujours laissé sa défense accorder beaucoup de tentatives de tirs (24e de la ligue en 2015-16, 20e cette saison), avec pour mission d’empêcher l’adversaire de se créer de véritables chances de marquer. Il est clairement visible que le résultat a été assez concluant. Gudas et Del Zotto, qui ont beaucoup joué ensemble, ont été efficace en termes de possession, dans leur travail défensif et dans leur production offensive. Pour sa seconde saison à Philadelphie, Gudas confirme donc son niveau de jeu, malheureusement entaché par une série de très vilains gestes. Accusé d’être un joueur à risque, Del Zotto était pourtant ainsi à son aise dans les deux sens de la glace. Libre de tout contrat, il a choisi, lui aussi, d’aller voir ailleurs (Vancouver).

Provorov et MacDonald ont été également efficaces dans leur zone mais plus à la peine en général. Les deux sont notamment ceux avec qui les Flyers se créaient le moins de tentatives de tirs en attaque. Il faut noter que s’ils avaient un taux de possession à 47% ensemble, Provorov sans MacDonald montait à 52%. Le rookie russe gagnerait peut-être à se libérer du vétéran de 30 ans… Autre point positif à mettre au crédit de Provorov : il a mené son équipes en tirs bloqués, ce qui, en dépit de son profil offensif (30 pts) et patineur, illustre un bon sens du sacrifice. Brandon Manning était, lui, un cran en retrait dans son efficacité défensive. Également moins productif en attaque, il apparaît un cran derrière les quatre joueurs cités précédemment, aux côtés des Mark Streit et Nick Schultz.

Si Michael Del Zotto est critiqué pour son jeu à risque, ce n’est rien à côté de ce que Shayne Gostisbehere a pu entendre cette saison. Surtout terriblement efficace en supériorité numérique, son jeu à 5 contre 5 lui a attiré les foudres de son coach, au point de passer plusieurs matchs sur la passerelle. Loin d’être aussi efficace défensivement que ses collègues, il a également eu du mal à produire offensivement à égalité numérique. Il était pourtant particulièrement protégé, étant envoyé pour des mises en jeu en zone offensive deux fois plus souvent qu’en zone défensive et jouait avec la ligne de Giroux. L’année prochaine nous dira si le vrai Gostisbehere est celui de 2015-16 ou de l’an passé - certainement un peu des deux. En espérant tout de même que son coach lui accorde davantage sa confiance.

 

Phi att

Nous l’avons dit, le volume d’attaque créé par les Flyers n’est pas leur problème. 4e de la ligue pour les tentatives de tirs en 2015-16, ils étaient encore 10e cette saison. Par contre, l’efficacité offensive a réellement fait défaut. Nombre de ces tentatives ne se sont pas transformées en chances de marquer. Ainsi, seuls Sean Couturier et Jordan Weal durant son passage ont enregistré une efficacité au-dessus de la moyenne de la ligue. Le reste de l’effectif, les Giroux, Simmons et Voracek en tête, se sont révélés incapables d’être systématiquement dangereux, voyant même leur production à 5 contre 5 faiblir dangereusement. Des 173 points inscrits par eux trois cette année, 79 l’ont été en power play, une proportion très, trop, importante. Claude Giroux est certainement celui qui inquiète le plus car cette tendance n’est pas nouvelle pour lui. À 29 ans et avec 5 ans de contrat à écouler, le joueur de centre n’a plus son effet d’autrefois sur le jeu collectif. Avec seulement 14 buts au compteur et de longues séquences sans marquer, le Canadien n’a pas brillé. À l’inverse, Simmonds a encore franchi le plateau des 30 buts et il a logiquement représenté les Flyers au All-Star game.

Brayden Schenn a eu un impact dans le jeu assez négatif, bénéficiant lui aussi des power play pour engranger les points (28 sur ses 55 points). Il termine en tête de la NHL avec 17 buts en supériorité. Cet aspect unidimensionnel a certainement poussé les Flyers à l’échanger durant l’intersaison contre Jori Lehterä des Blues de St Louis. Bonne nouvelle par contre, dans ce bilan assez morose, Travis Konecny fut le seul à produire à 5 contre 5 malgré un contexte difficile, de bon augure pour l’avenir pour le rookie de 20 ans. Après avoir marqué 28 pts, il a par ailleurs montré aux championnats du monde qu’il disposait d’un joli potentiel grâce à sa vitesse.

Le Français Pierre-Édouard Bellemare a été à la peine cette saison. Au centre d’un triste trio de 4e ligne avec Vandevelde et Lyubimov, il a connu des moments très difficiles. Seul Vandevelde a créé moins d’offensives que Bellemare cette saison et le natif du Blanc-Mesnil s’en sortait d’ailleurs mieux en général loin de lui. L’efficacité offensive des trois était quasi inexistante et la production à 5 contre 5 de Bellemare lui vaut le 453e rang sur les 472 attaquants présents dans nos bilans. Principal attaquant utilisé en infériorité numérique, c’est cependant avec lui que le penalty kill des Flyers accordait le plus de tentatives de tirs. Si son leadership dans le vestiaire a reçu les louanges de l’organisation, il ne fut cependant pas étonnant de voir Bellemare exposé au repêchage de Vegas, qui lui confiera assurément le même rôle qu’à Philadelphie. 

 

En résumé : Et maintenant ?

Les Flyers sont assis entre deux chaises. Leurs vedettes sont sur la pente descendante, à moins que ce ne soit l’impact du coaching, et il n’y a pas de gardien numéro un stable. Mais les jeunes espoirs sont nombreux, auxquels d’ajoute évidement le second choix de la draft 2017, Nolan Patrick. D’autres très bons espoirs, Travis Sanheim et Philippe Myers en défense, Oskar Lindblom à l’aile, Carter Hart dans les buts, sont en chemin vers la NHL. Mais ils risquent d’arriver à maturité après la génération actuelle, et il faut se demander si les contrats de Giroux et Voracek ne vont pas handicaper l’équipe à l’avenir. Un casse-tête intéressant pour l’organisation qui doit concilier court et long termes. 

 

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