Bilan 2016-17: New York Islanders

Après deux présences consécutives en séries et la meilleure saison de la franchise depuis 1993, les Islanders ont donc regardé les playoffs depuis leurs canapés. Pourtant, cette absence n’est pas si surprenante et est la conséquence de failles sérieuses dans le jeu de l’équipe dirigée par Jack Capuano jusqu’à son congédiement en janvier.

Par Thibaud Chatel @batonsrompus et Nicolas Leborgne @Belizarius_

 

En 6 saisons et demi sous Capuano, les Islanders n’ont dépassé les 50% de possession qu’à deux reprises, de justesse en 2012-13 et de manière significative en 2014-15. Mais les belles choses entrevues alors ont pris l’eau en même temps que les Boychuk, Leddy, Strome and co ont vu leur niveau redescendre d’un cran, laissant John Tavares bien seul pour mener la barque. Les Islanders terminent malgré tout à 94 points, à un petit point de la qualification, plombés par un début de saison poussif. En janvier, l’équipe comptait un bilan de 19-19-8, le gardien Halak ne performait pas. La nomination de Doug Weight au poste d’entraîneur servait d’électro-choc salutaire. La fiche de 24-12-4 s’imposait comme la deuxième meilleure de la ligue sur cette période, mais n’a pas suffi.

NYI team

Si les décisions de coaching portent une responsabilité dans les résultats des dernières années, les actions du DG Garth Snow n’ont pas aidé Capuano à s’en sortir. Les départs de Kyle Okposo et Frans Nielsen l’été dernier n’ont pas vraiment été comblées par le contrat monstre octroyé à Andrew Ladd... Quoi qu’il en soit, fin décembre, les Islanders étaient derniers de la division Métropolitaine, 28e de la ligue pour le taux de possession et 21e pour les chances de marquer. La saga Jaroslav Halak n’en finissait plus que causer une distraction dans les buts et Snow donnait un contrat de 5 ans et 3,5 millions par an au plombier Cal Clutterbuck, dont le plus grand atout est d’être un proche de John Tavares... Le potentiel départ de celui-ci, en fin de contrat à l’été 2018, a représenté et demeure un nuage noir qui plane au-dessus de l’organisation.

L’arrivée de Doug Weight derrière le banc mi-janvier, en lieu et place de Capuano, représenta une bouffée d’air frais. Comme souvent lors de l’arrivée d’un nouvel entraîneur, l’équipe enchaîna les bons résultats, 8 victoires en 9 rencontres, ce qui les a replacé dans la course aux séries. Sans révolutionner un effectif au potentiel limité, Weight fit remonter la possession et les chances de marquer autour de 50%. L’équipe carburait en réalité sur la réussite de ses tireurs. Finissant 4e de la ligue dans ce domaine, New York a ainsi acheté un nombre de buts additionnels non négligeable. Pouvant espérer 47,6% des buts (25e rang de la ligue), ils en marquèrent en réalité 50,9% (14e de la ligue). Ce fut trop juste pour les playoffs malgré tout, à un point près.

NYI goal 2

Dans les cages, l’émergence de Thomas Greiss comme numéro un s’est accompagnée de performances acceptables mais en baisse par rapport à l’année précédente. Taux d’arrêts et buts sauvés ont ainsi diminué. Greiss demeure tout de même largement positif sur ce dernier point. Ayant encaissé 12 buts de moins que prévu, il a contribué à donner un certain sursis à ses camarades. Annoncé sur le départ, relégué en AHL, Jaroslav Halak n’a pas été moins bon que les années passées, ni meilleur. Éternelle déception pour celui qui vit sur le souvenir glorieux de ses exploits des playoffs 2010 avec Montréal. Mais les Islanders sont bien incapables de trouver preneurs pour lui et son contrat à 4,5 millions de dollars. Encore un an et il sera libre...

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À leur corps défendant, les gardiens des Isles ont joué derrière une des défenses les plus poreuses de la ligue, 29e pour les tentatives de tirs concédées. En plus de la quantité de tirs accordés à l’adversaire, la brigade défensive a également présenté une efficacité en deçà de la moyenne de la ligue pour la prévention des chances de marquer. Pas de quoi rassurer un gardien... Travis Hamonic a connu beaucoup de difficultés cette saison. Et s’il affrontait les meilleurs trios adverses, il le faisait cependant en compagnie des meilleurs joueurs de son équipe. Snow n’a pu refuser une offre plus que généreuse de Calgary (un choix de premier tour, deux de second tour...) pour en faire l’acquisition. Il est vrai que Hamonic avait réclamé un échange vers l’ouest canadien la saison dernière, et a finalement été exaucé.

À l’inverse, Calvin de Haan est celui qui s’en est le mieux sorti, dans un rôle plutôt défensif qui plus est. Avec Seidenberg, il formait la paire qui accompagnait majoritairement la ligne de Tavare. Le joueur de 26 ans reste sans contrat à ce jour et attire les rumeurs d’échange... Enfin, Scott Mayfield, 24 ans, a terminé la saison à New York et ses 25 matchs pourraient lui valoir une place définitive l’an prochain.

Les défenseurs des Isles ont, par contre, produit de concert à 5 contre 5. Ces points viennent en partie de la réussite un brin chanceuse des attaquants, mais traduit aussi un jeu de contre sans artifices, accordant de nombreuses assistances aux défenseurs. À voir maintenant ce qu’un été de réflexion et une année complète permettront à Doug Weight de faire, mais il lui faudra certainement resserrer tout ça.

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Un coup d’œil suffit pour comprendre la dépendance des Islanders à leur capitaine. John Tavares a tiré vers le haut ses compagnons de trio Josh Bailey et Anders Lee, faisant de ce dernier le meilleur buteur de l’équipe (34 buts) et du premier un marqueur de 56 pts, record de carrière. Mais d’un taux de possession de 53,8% avec Tavares, Bailey chutait à 37,2% sans lui ! Lee tombait également de 55,5% à 48,2%. Il est certain que les trois se complémentent bien - bien mieux qu’Andrew Ladd qui avait été recruté dans ce but - mais envisager une blessure à long terme de Tavares, ou un départ, serait catastrophique. Le jeune espoir Joshua Ho-Sang a inscrit 10 points en 21 matchs et s’est clairement démarqué par son apport dans le jeu. Il a nettement tiré Brock Nelson et l’autre rookie Anthony Beauvillier (24 pts) vers le haut. Les deux joueurs parvenaient le moins à se créer des tentatives de tirs de l’équipe jusque là. Une vraie lueur d’espoir pour l’organisation.

Andrew Ladd a inscrit 23 buts mais aurait besoin d’un trio capable de le porter dans le jeu. Sans cela, il a sombré comme les autres. Signé pour 7 ans et 38,5 millions, on attendait mieux que 31 pts. Ryan Strome a connu une seconde saison décevante (30 pts), à moins que ce ne soit sa norme. En l’échangeant à Edmonton contre Jordan Eberle, Snow a donné un vrai coup de boost à ses lignes d’attaque. À voir si un trio porté par Tavares, un autre avec Ladd et Eberle et Ho-Sang à temps plein pourront redynamiser l’équipe et motiver Tavares à rester.

 

En résumé : L’incertitude demeure

Les Islanders vivaient et vivent encore au-dessus de leurs moyens. Sur le papier, l’effectif laisse penser que l’équipe peut se battre pour une place en playoffs, mais la division Métropolitaine s’annonce être une bataille titanesque dans les années à venir. Le futur à court terme de l’organisation repose essentiellement sur la décision à venir de John Tavares. Voudra-t-il rester dans ce climat incertain ? Voudra-t-il se joindre à un vrai prétendant ? Ou bien l’organisation sera-t-elle tentée de l’échanger pour rebâtir autour des Ho-Sang, Beauvillier, Mathew Barzal, Michael Dal Colle en attaque, Ryan Pulock, Mitchell Vande Sompel en défense. Dans les buts, Ilya Sorokin a été élu gardien de l’année en KHL en 2016 mais y restera jusqu’en 2020. Et surtout, Linus Soderström sort d’une saison éblouissante en Suède avec HV71, avec laquelle il fut sacré champion. S’il reste la saison prochaine en Europe, il devrait rejoindre New York en 2018-19. De bons espoirs donc, mais pas prêts à peser dans la NHL.

Les douze mois à venir en diront long sur la stratégie à court ou long terme de l’organisation.

 

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