Slovaquie – Suisse (Championnats du monde, groupe A)

Deux équipes en reconquête. La Slovaquie et la Suisse ont connu des désillusions pour leur match d’ouverture. La Slovaquie menait au score jusqu’à dix secondes de la fin, et a donc perdu des points précieux face aux Tchèques. La Suisse s’est cassée des dents sur l’Autriche après avoir mené 2-0, et n’a gagné que deux points. La réaction est attendue dans une rencontre sans doute décisive dans la course aux quarts de finale, objectif avoué des deux camps.

La Suisse évolue sans Sven Andrighetto, suspendu un match pour sa charge à la tête contre l’Autriche. Patrick Fischer a décidé de ne pas inscrire de nouveau joueur pour l’instant et jouera donc avec sept défenseurs et onze attaquants – l’arrière Genazzi jouant à l’avant ce soir. En effet, les playoffs NHL battent leur plein et Roman Josi, Kevin Fiala (Nashville) et Timo Meier (San José) pourraient être disponibles rapidement. Ils ont donné leur accord pour rejoindre la Nati en cas d’élimination… Reto Berra est aligné dans les buts.

La Suisse prend les commandes

La Suisse débute bien, obtenant les premiers lancers et cherchant les écrans et déviations devant Čiliak. Tristan Scherwey, notamment, trouve la mitaine du portier slovaque. En face, Haščák tente sa chance en pivot, mais c’est une bien maigre pêche offensive. La Nati joue avec énergie et domine, Frick manquant même une cage ouverte suite à un tir dévié. Moser enchaîne du cercle droit : Čiliak sort encore la mitaine.

La Slovaquie doit se contenter des miettes, comme un étrange rebond au fond, qui revient sur Jurco. Berra reste vigilant et s’empare du palet du gant. Peu après, un revirement offre un 2-contre-1, et Bakoš ne surprend pas Berra, qui dégage le rebond.

La domination suisse et sa stratégie finissent par aboutir. Raphael Diaz est servi au point d’appui et son lancer est dévié entre les jambes de Čiliak par Scherwey (0-1). Un but largement mérité, l’essentiel du jeu se déroulant dans le camp slovaque.

La réaction arrive, toutefois, portée par la ligne Nagy, qui décale Čajkovský pour un lancer de la bleue que repousse Berra. Marek Ďaloga, monté sur la droite, n’a pas plus de réussite. Ce temps fort est annulé par un surnombre – non pas le traditionnel surnombre suisse, mais slovaque cette fois. L’équipe spéciale suisse ne produit strictement rien. On se dirige vers la pause lorsque Diaz accroche un adversaire. Il ne reste que dix secondes à jouer et la Slovaquie joue à un de plus. Juste assez pour un tir de Nagy, bloqué en route. L’essentiel de la supériorité se jouera en deuxième tiers.

La Suisse verrouille

Et… la Nati ne tarde pas. Scherwey lance Mirco Müller, qui fusille le gardien après seulement vingt-deux secondes, en infériorité numérique (0-2). Même le DJ a été surpris, lançant le « Slovensko » avant de corriger sur la chanson suisse…

En confiance, la Suisse accélère et provoque une faute de Fehervary. Sur la pénalité différée, il y a le feu dans l’enclave et un défenseur touche le palet avant qu’il ne soit poussé au fond. Les officiels avaient sifflé pour interrompre le jeu, et l’équipe spéciale entre en scène. La pression monte, et Čajkovský offre cinquante-sept secondes de cinq-contre-trois.

Hofmann est trouvé à deux reprises et Čiliak repousse les assauts. La Slovaquie s’en sort bien, et a maîtrisé cette infériorité avec solidité. Une rare incursion dans la neutre de Nagy coûte deux minutes à Schäppi. Le jeu en infériorité se montre bien plus efficace que la supériorité, et la Suisse ne concède aucun tir.

Elle reprend la main sur le jeu dans la foulée et enchaîne quelques tirs excentrés sur Čiliak. Plantée dans la zone slovaque, la Nati étouffe son adversaire, qui ne réagit que par quelques contres sporadiques, puis un peu plus de mordant. Patrick Fischer sent son équipe baisser de pied et commencer à subir un peu. Il décide d’utiliser son temps mort.

Son équipe doit être en train de digérer ses propos et fait preuve d’inattention à la reprise. Nagy reçoit le palet entre les cercles et Berra parvient à repousser le tir, pour la plus belle occasion slovaque du match. Le gardien helvète sauve les meubles de plus en plus souvent au fil des minutes…

Ce sursaut bleu ne dure cependant pas longtemps. La Suisse reprend son patinage et maîtrise mieux la fin du tiers. 2-0 après quarante minutes.

Impuissance slovaque

La Slovaquie n’a plus le choix. Elle pousse en début de période, se heurtant à des défenseurs attentifs, décidés à se sacrifier au bloc. Quand le rideau est franchi, l’attaque manque de réalisme, à l’image d’une déviation de Buc hors cadre.

Cette fois, l’élan est brisé par un souci de glace sur le but de Čiliak. Pour la deuxième fois du match, l’interruption dure, le temps qu’un technicien intervienne. La glace, très molle dans une salle plutôt chaude – et chauffée par les vestiaires tout proches – a posé beaucoup de difficultés depuis le début, et de nombreux joueurs s’en plaignent…

Le public slovaque pousse son camp, rendant muets les fans suisses. Sur la glace, l’attaque bleue se casse toujours les dents sur le rideau défensif helvète.

La stratégie suisse, de plus en plus passive, semble très risquée, mais les minutes défilent et la défense tient toujours, sans concéder grand chose. En revanche, son jeu collectif a disparu en attaque et les rares apparitions en zone offensive viennent d’exploits individuels.

L’impuissance de l’attaque slovaque est assez spectaculaire. Bondra, servi au deuxième poteau, obtient la meilleure chance depuis de longues minutes. Dans le dos de la défense, il reprend et Berra le suit. Le reste du temps, il y a une muraille de défenseurs à chaque entrée en zone et la Slovaquie ne trouve pas la clé…

La Suisse décroche donc son deuxième succès du mondial et compte déjà cinq points. L’objectif des quarts de finale reste en bonne voie. Pour la Slovaquie, la mission se complique. Des points perdus face à des rivaux directs, une attaque aux abonnés absents… Seule la défense et Čiliak ont finalement donné satisfaction.

Désignés joueurs du match : Andrej Sekera (Slovaquie) et Reto Berra (Suisse).

Slovaquie – Suisse 0-2 (0-1, 0-1, 0-0)
Dimanche 6 mai 2018, 20h15. Royal Arena de Copenhague. 10915 spectateurs.
Arbitrage de Olivier Gouin (CAN) et Jan Hribik (TCH) assistés de Gleb Lazarev (RUS) et Andreas Malmqvist (SUE).
Pénalités : Slovaquie 6′ (2′, 4′, 0′) Suisse 4′ (2′, 2′, 0′)
Tirs : Slovaquie 25 (12, 6, 7) Suisse 26 (9, 11, 6)

Récapitulatif du score
0-1 à 11’06 : Scherwey assisté de Diaz et Müller
0-2 à 20’22 : Müller assisté de Scherwey (inf. num.)

Slovaquie

Attaquants
Ladislav Nagy (A, -1) – Michal Krištof (-1) – Tomáš Jurčo (-1)
Marcel Haščák – Juraj Mikúš – Martin Bakoš (-1)
Dávid Bondra – Dávid Buc – Patrik Svitana
Lukáš Cingel (-1) – Tomáš Marcinko (-1) – Pavol Skalický (-1)

Défenseurs
Michal Čajkovský (2′) – Andrej Sekera (C, -1)
Dominik Graňák – Marek Ďaloga
Christián Jaroš (-1) – Adam Jánošík (-1)
Martin Fehérváry (2′)

Gardien :
Marek Čiliak [sorti de 57’40 à 58’20 puis de 59’12 à 60’00]

Remplaçant : Patrik Rybár (G)

Suisse

Attaquants
Gregory Hofmann – Enzo Corvi – Nino Niederreiter
Tristan Scherwey (+2) – Gaëtan Haas (+1) – Noah Rod (+1)
Simon Moser – Joël Vermin (+1) – Damien Riat
Joël Genazzi – Reto Schäppi (2′) – Chris Baltisberger

Défenseurs
Raphael Diaz (C, 2′, +1) – Mirco Müller (+2)
Ramon Untersander (+1) – Dean Kukan
Lukas Frick – Michael Fora

Gardien :
Reto Berra

Remplaçant : Leonardo Genoni (G). Absent : Sven Andrighetto (suspendu).

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