Suisse – Biélorussie (Championnats du monde, groupe A)

Battue la veille par la République Tchèque après avoir mené 3-1 puis 4-2, la Nati doit à tout prix réagir, sous peine de voir ses rêves de quarts de finale s’étioler. Le match a fini très tard, ce qui évidemment complique la récupération.

Le point positif, c’est que Timo Meier est prêt. L’ailier des Sharks de San José, arrivé hier midi, est déjà inscrit sur la feuille de match, aux côtés de Joel Vermin et Sven Andrighetto. Ce sera son premier match pour l’équipe nationale senior. Reto Berra débute dans les buts.

La Biélorussie est pour sa part en crise. Les dirigeants de la fédération ont limogé lundi soir l’entraîneur Dave Lewis. Son adjoint Sergei Pushkov a reçu l’ordre de reprendre une sélection en plein doute. Andrei Mezin, l’ancien gardien légendaire et entraîneur des portiers, a lui aussi parti fait ses valises. Déjà, le match contre l’Autriche samedi a tout du quitte ou double…

Un premier tiers riche en buts

La partie débute mal pour le nouveau sélectionneur. Nino Niederreiter contourne la défense en remontant à la bleue et lance du cercle droit. Le gardien laisse un rebond dont s’empare Joel Vermin planté dans l’enclave (1-0).

Une crosse haute de Denisov ne profite pas à la Suisse, qui se fait punir de ce manque d’efficacité. Charles Linglet travaille derrière la cage et Geoff Platt convertit dans l’enclave (1-1).

Cinq minutes plus tard, un énorme cafouillage dans le slot voit le palet bondir dans tous les sens et finir par passer la ligne en cloche. Un but étrange mais valable, attribué à Pavlovich (1-2).

La Suisse, en difficulté, résiste à une faute de Niederreiter et finit par égaliser. Timo Meier et Sven Andrighetto combinent (2-2). La fin de tiers est un peu houleuse. La Biélorussie tient le choc, avec une efficacité maximale.

Un but tardif

La Suisse reprend avec beaucoup d’envie. Simon Moser se démarque à deux reprises, et voit ses deux tirs du cercle gauche repoussés. Puis, Fora reprend de la bleue sur une mise au jeu et Karnaukhov, masqué, est tout heureux de voir le palet frôler sa botte et être dévié juste au ras du poteau.

L’emprise sur la partie se relâche cependant et la Biélorussie parvient à rester en zone offensive pour de longues séquences. Les tirs sont généralement bloqués par la défense, mais Berra doit sortir un arrêt de la jambière, puis dégager un tir dans l’axe à travers le trafic venu de Sharangovich. Il vole le rebond à Materukhin, puis la Suisse concède deux minutes pour une crosse haute de Niederreiter. La Biélorussie ne parvient pas à décocher le moindre tir.

Sur le reculoir, la Suisse pique en contre. Meier récupère et trouve Andrighetto dans le dos de la défense. La passe est parfaite, le tir croise percute la botte de Karnaukhov.

Le rythme est lent, indécis et le public, peu nombreux, s’endort peu à peu… jusqu’à ce que Denisov ne vienne renverser Timo Meier en entrée de zone. La charge, qui touche l’ailier au genou, rend furieux l’équipe suisse et une mêlée se forme. Pour autant, seul Denisov prend deux minutes pour charge contre le genou.

Diaz cherche la déviation de Meier et Andrighetto les tirs de l’aile gauche. Cela ne suffit pas et la pénalité se termine. Ce qui ouvre une phase équilibrée, durant laquelle les deux équipes peinent à se maintenir durablement en zone offensive.

Serrée, la partie offre donc des duels délicats. Niederreiter est puni pour cinglage, et Platt pour obstruction dans le même temps. À quatre-contre-quatre, Andrighetto démarre sur la droite et son lancer en hauteur échappe à la mitaine de Karnaukhov, sans dommage.

La séquence fait toutefois basculer la partie. À quinze secondes de la pause, Meier y va en force en tour de cage. Le gardien contrôle mal le rebond et Vermin, en deux temps, s’impose dans l’enclave et pousse le disque au fond (3-2). De quoi respirer un peu plus avant la dernière période…

La Suisse contrôle enfin

Le patinage suisse permet petit à petit de déborder la défense dès la reprise. Enzo Corvi entre en zone et défie son défenseur en un-contre-un. Il décoche son tir entre les jambes de son vis-à-vis, et prend de vitesse Karnaukhov, qui ferme ses jambes trop lentement (4-2).

Deux buts d’avance… comme contre l’Autriche et la République Tchèque, où cela n’avait pas suffi. Le capitaine Diaz concède deux minutes sur la présence suivante, pas vraiment idéal… mais l’autre capitaine, Pavlovich, fait la même chose et prend même 2’+2′ pour cette faute sur Scherwey.

La Suisse va-t-elle enfin prendre un peu d’air ? Oui ! À une minute de la fin de la pénalité, Andrighetto esquive le défenseur qui s’est jeté devant lui. Son tir au cercle percute le poteau, mais revient sur Meier qui lève bien son palet au-dessus de la botte de Karnaukhov (5-2). La Biélorussie conteste le but et demande une révision vidéo à la recherche d’un hors-jeu. Et cela dure, dure… Cinq minutes, pour valider le but et sanctionner la Biélorussie pour ce retard de jeu.

Le jeu de puissance ne donne rien, mais, à peine terminé, une nouvelle situation se présente avec un accrochage de Pavlovich. Il n’est pas plus efficace, avec la recherche de passes trop compliquées.

Berra, lui s’ennuie ferme dans ce tiers, mais doit sortir un essai de Pavlovich à bout portant pour seulement son deuxième arrêt depuis la reprise. La Suisse maîtrise bien et manque de peu le sixième but, sur une situation de trois contre deux. Kukan, servi en retrait, échoue sur Karnaukhov.

La suite du match ne propose pas grand spectacle, mais Scherwey sert tout de même Riat pour une bonne position de tir, après avoir gagné son duel dans le coin. La Suisse a, cette fois, contrôlé son dernier tiers…

Désignés joueurs du match : Timo Meier (Suisse) et Vladimir Denisov (Biélorussie)

Commentaires d’après-match

Gaétan Haas (attaquant de la Suisse) : « Nous avons fait un gros match hier contre les Tchèques, avec beaucoup d’énergie. Mais nous avons bien récupéré. Nous savions que ce serait difficile aujourd’hui. une équipe avec un nouveau coach, tout le monde veut se montrer. Cela a été compliqué tout le match. Nous sommes restés dans notre plan de match, on ne s’est pas excité et c’est une victoire méritée. L’équipe a montré du caractère. C’est du bon travail. Ce n’était pas facile pour eux quand on a pris deux buts d’avance, avec leurs trois défaites. Et on ne s’est pas compliqué la tâche et, on a même eu beaucoup d’occasions qu’on aurait pu mettre. Au deuxième tiers, on a voulu un peu trop tricoter, on n’a pas assez joué en ligne droite vers l’avant pour sortir le palet plus vite. Timo Meier ? C’est bien pour nous et pour lui. Ce n’est jamais facile après un voyage comme ça, de jouer le lendemain, mais il était prêt physiquement. Il a bossé fort et sa ligne était jolie à voir. C’est cool pour nous et pour eux. Un 5-2, ce n’est pas habituel contre eux aux Championnats du monde, et c’est vrai que le troisième but en fin de tiers a fait du bien à tout le monde. »

 

Suisse – Biélorussie 5-2 (2-2, 1-0, 2-0)
Mercredi 9 mai 2018, 16h15. Royal Arena de Copenhague, 5445 spectateurs.
Arbitrage de Linus Ohlund (SUE) et Aleksi Rantala (FIN) assistés de Jake Davis (USA) et Aleksandr Otmakhov (RUS).
Pénalités : Suisse 8′ (2′, 4′, 2′), Biélorussie 16′ (2′, 4′, 10′)
Tirs : Suisse 45 (16, 14, 15), Biélorussie 24 (7, 9, 8)

Récapitulatif du score
1-0 à 01’37 : Vermin assisté de Niederreiter et Untersander
1-1 à 05’54 : Platt assisté de Linglet et Dyukov
1-2 à 10’46 : Pavlovich assisté de Kovyrshin et Materukhin
2-2 à 18’40 : Andrighetto assisté de Meier
3-2 à 39’45 : Vermin assisté de Meier et Diaz
4-2 à 42’29 : Corvi assisté de Diaz
5-2 à 46’44 : Meier assisté de Andrighetto et Hofmann (sup. num.)

Suisse

Attaquants
Simon Moser (A, +3) – Enzo Corvi (+1) – Nino Niederreiter (A, 6′, +3)
Sven Andrighetto – Joel Vermin (+1) – Timo Meier (+1)
Gregory Hofmann (-1) – Gaëtan Haas (-1) – Tristan Scherwey (-1)
Chris Baltisberger – Reto Schäppi – Noah Rod
Damien Riat

Defensemen:
Raphael Diaz (C, 2′, +3) – Mirco Müller (+3)
Ramon Untersander – Dean Kukan (+1)
Lukas Frick (-1) – Michael Fora
Joël Genazzi (-2)

Gardien :
Reto Berra

Remplaçant : Leonardo Genoni (G). En réserve : Gilles Senn (G).

Biélorussie

Attaquants
Geoff Platt (2′, -1) – Yegor Sharangovich – Charles Linglet
Aleksandr Pavlovich (C, 6′) – Yevgeni Kovyrshin – Aleksandr Materukhin
Artur Gavrus (-1) – Pavel Razvadovski (-1) – Artyom Kisly (-1)
Sergei Drozd – Aleksandr Kitarov (A, -1) – Artyom Levsha
Artyom Demkov

Défenseurs
Vladimir Denisov (4′) – Pavel Vorobei (-1)
Dmitri Korobov (A, -3) – Roman Dyukov
Yevgeni Lisovets – Kristian Khenkel
Stepan Falkovski (-1)

Gardien :
Mikhail Karnaukhov

Remplaçant : Vitali Trus (G). Réservistes : Ivan Kulbakov (G), Nikita Ustinenko (D), Maxim Sushko (A)

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