Kaliyev délivre les Américains en demi-finale

Les États-Unis ont dominé leur quart de finale avec maîtrise, mais se voient offrir un défi plus compliqué en demi-finale : la Finlande.

Car c’est leur adversaire le plus frustrant : battus en finale U18 2018, en finale 2019 et en quarts 2020 par les Nordiques, les Américains ont faim de revanche. Sept joueurs ont connu ces désillusions, dont le gardien Spencer Knight, dont le rôle sera crucial aujourd’hui.

En face, la Finlande, accrocheuse, a renversé le favori suédois en quarts. Face à une génération qu’elle a déjà battue lors des deux dernières années à tous les niveaux, le moral est à son meilleur…

Cela part fort avec un échec-avant de Beniers qui provoque un revirement. Caufield récupère et se heurte d’entrée au gardien finlandais Kari Piiroinen. Un peu plus tard, une longue relance libère Zegras, mais le meilleur pointeur du tournoi manque le cadre sur un tir puissant. Il faut attendre trois minutes pour voir Puutio tester Knight d’un tir mi-hauteur, capté de la mitaine. Globalement, les États-Unis contrôlent le match, limitant les espaces et coupant le jeu à l’aide de leurs crosses.

Les tirs finlandais manquent de tranchant, et cela va leur coûter cher. Une entrée en zone de Zegras lance le premier but du match. À l’issue du centre de ce dernier, Faber stabilise le puck en attaque, et sert Kaliyev au cercle droit. Son tir est dévié et tombe sur la jambe de Turcotte, qui parvient à prendre le rebond et à le glisser le long du poteau (1-0).

Une minute plus tard, Colangelo concède deux minutes, pour avoir retenu la crosse. Sanction immédiate avec un jeu à une touche d’école, où Puutio trouve la crosse de Simontaival devant le but (1-1). Une présence longue durée qui a fait courir les Américains après le palet.

Knight doit intervenir sur deux actions de près, puis Turcotte est sanctionné en zone offensive. La Finlande installe son jeu collectif bien huilé sans vraiment réussir à déstabiliser la défense avant la dernière seconde. Le tiers se termine avec 11 tirs à 7 pour les Nordiques, et 1-1 au score. Knight, solide, a multiplié les parades dont une séquence botte/plaque sur Räty assez spectaculaire.

À la reprise, la Finlande s’installe et obtient une première chance de Pärssinen après un superbe petit pont. La pression des Nordiques gêne la relance adverse, en panne d’idées. Les deux défenses restent vigilantes et annulent par de bonnes interventions défensives les rares décalages créés, à l’image d’un retour de Viro lors d’une quasi-échappée de Zegras sur une passe longue. Il faut attendre huit minutes pour la première vraie chance américaine. Helleson menace le portier finlandais suite à un revirement en zone offensive. Puis, Farinacci lance une contre-attaque à toute vitesse mais son lancer en hauteur est repoussé.

La discipline américaine, en vue depuis le début du tournoi, se fissure un peu et Thrun sort deux minutes. Knight tient le fort avec un tir de Heinola de la bleue, une volée de Puutio du cercle gauche… Les États-Unis s’en sortent et repartent. Caufield décale Faber, et le tir du défenseur atteint la cage, avec Boldy en écran. Farinacci entre les cercles, Helleson de la bleue poursuivent le momentum. Et les Américains passent devant en profitant d’un mauvais changement de ligne finlandais. Farinacci reçoit le palet dans le dos de la défense, s’échappe, et marque côté crosse (2-1).

Cela ne s’arrange pas avec une crosse haute de Räty en zone offensive : 2’+2′, Boldy étant coupé près de l’œil. L’attaquant se fait justice lui-même quelques secondes plus tard. Kaliyev accepte une charge dans le coin, qui met la défense hors de position. Caufield surgit en effet pour récupérer le palet et trouve Zegras entre les cercles. Esseulé, le meilleur pointeur du Mondial lance au but et Boldy place sa crosse pour dévier sous le nez du gardien (3-1).

Zegras, Caufield, Kaliyev : le trio se trouve parfaitement dans la continuité du jeu de puissance. Kaliyev trouve le poteau, Zegras lance à trois reprises, Caufield frôle la cage… La présence de longue durée use la défense, qui a plié fortement lors de cette fin de tiers. Dominés les trois quarts du tiers, les États-Unis ont fait preuve d’une efficacité chirurgicale dans les dernières minutes au point d’avoir rééquilibré le compteur de tirs… et surtout, pris deux buts d’avance.

La Finlande commence bien le troisième tiers, avec plusieurs situations chaudes dans l’enclave. L’équipe a l’habitude de finir fort ses matchs et le démontre rapidement, sous l’impulsion de Lundell. Caufield dégageant au-dessus du plexiglas, les Nordiques reçoivent même un jeu de puissance après cinq minutes de jeu. Mais l’attaque ne trouve pas d’espaces, et les Américains s’en sortent sans dommage. Ils repartent immédiatement dans l’autre sens, avec un tir de LaCombe, puis de Brink sur l’aile gauche. Moynihan intercepte et lance Laggert en deux-contre-un, le tir est repoussé. Les occasions favorisent les États-Unis, patients dans leur zone afin de bien verrouiller la neutre pour mieux contrer.

En face, pas grand chose jusqu’à un premier tir de Simontaivail, qui parvient à garder la possession en zone offensive. Il remise à la bleue. Puutio donne à Helenius au cercle gauche, qui renverse à une touche pour Simontaival, cage ouverte (3-2).

La Finlande est galvanisée et pousse, portée par Heinola. Thrun lance à son tour au-dessus du plexiglas et, à 4’40 de la fin c’est une nouvelle infériorité. Servi en retrait, Hirvonen, le buteur décisif à quelques secondes de la fin du quart contre la Suède, bonifie le rebond de Lundell (3-3). Les Américains subissent et Knight doit encore intervenir devant Heinola depuis la bleue.

Mais contre toute attente, les États-Unis vont assommer le match à 1’16 de la sirène. Sur une rare incursion en attaque, Zegras, Turcotte et Kaliyev parviennent à s’installer. Turcotte, dans le coin, déniche Kaliyev encerclé… mais il lui reste un espace pour tirer. Il expédie son lancer en pleine lucarne, juste au-dessus de la mitaine (4-3).

La défense américaine se sacrifie au bloc dans les dernières secondes, à l’image de Boldy devant le slap d’Heinola. Les Américains passent donc en finale et effacent le signe indien. La Finlande a souvent mieux joué ce soir, mais une majorité de ses tirs n’a pas vraiment été dangereuse. Knight a repoussé le plus gros sans grande difficulté, et la défense a effectué un bon travail pour nettoyer les rebonds, contrer le jeu de passe. Malgré tout, la ténacité finlandaise a encore fait parler d’elle et il aura vraiment fallu un exploit individuel pour faire basculer la partie…

Désignés joueurs du match : Kasper Puutio (Finlande) et Arthur Kaliyev (États-Unis)

Commentaires d’après-match :

Antti Pennanen (entraîneur de la Finlande) : « Cela sera dur demain, c’est sûr. Mais ce sera notre dernier match, j’espère qu’on y donnera un effort collectif complet. »

Nate Leaman (entraîneur des États-Unis): « Il y a eu des moments du match où nous avons joué du bon hockey même en étant sur le reculoir, mais il y a aussi eu des passages ont nous avons beaucoup trop reculé et laissé la Finlande dicter le jeu. C’était une grande marche à franchir ce soir, et je suis fier des joueurs. »

États-Unis – Finlande 4-3 (1-1, 2-0, 1-2)
Lundi 4 janvier 2021 à 19h30 au Rogers Place d’Edmonton. Huis-clos.
Arbitrage de Michael Campbell et Carter Sandlak (CAN) assistés de Nathan Vanoosten et Tarrington Wyonzek (CAN)
Pénalités : États-Unis 10′ (4′, 2′, 4′), Finlande 4′ (0′, 4′, 0′)
Tirs : États-Unis 26 (7, 10, 9), Finlande 36 (12, 7, 17)

Évolution du score :
1-0 à 12’39 : Turcotte assisté de Kaliyev et Faber
1-1 à 14’06 : Simontaival assisté de Puutio et Heinola
2-1 à 35’53 : Farinacci assisté de LaCombe
3-1 à 37’00 : Boldy assisté de Zegras et Caufield (sup. num.)
3-2 à 51’38 : Simontaival assisté de Puutio et Helenius
3-3 à 56’17 : Hirvonen assisté de Lundell et Heinola (sup. num.)
4-3 à 58’44 : Kaliyev assisté de Turcotte et Sanderson

Finlande

Attaquants :
Roni Hirvonen (-1) – Anton Lundell (C) – Kasper Simontaival
Mikael Pyyhtiä (-1) – Juuso Pärssinen (-1) – Aku Räty (4′, -2)
Petteri Puhakka – Henri Nikkanen (-1) – Brad Lambert (-1)
Benjamin Korhonen – Samuel Helenius (10’+4′) – Mikko Petman
Matias Mantykivi

Défenseurs :
Santeri Hatakka (A) – Ville Heinola (-1)
Topi Niemelä (-1) – Mikko Kokkonen (A, -2)
Eemil Viro – Kasper Puutio

Gardien :
Kari Piiroinen

Remplaçants : Roope Taponen (G), Matias Rajaniemi (D). En réserve : Joel Blomqvist (G), Ruben Rafkin (D), Roby Järventie (A).

États-Unis

Attaquants :
Trevor Zegras (+1) – Alex Turcotte (A, 2′, +1) – Arthur Kaliyev (+1)
Matthew Boldy – Matthew Beniers – Cole Caufield (A, 2′)
Brett Berard (+1) – John Farinacci (+1) – Bobby Brink
Patrick Moynihan – Landon Slaggert – Sam Colangelo
Brendan Brisson

Défenseurs :
Jake Sanderson (+1) – Drew Helleson (+2)
Cam York (C) – Brock Faber
Ryan Johnson – Henry Thrun (4′)
Tyler Kleven – Jackson LaCombe (+1)

Gardien :
Spencer Knight

Remplaçant : Dustin Wolf (G)