Sept mois après leur médaille d’or au championnat du monde d’Angers, leur permettant d’accéder pour la deuxième fois à l’élite mondiale, les Bleues avaient rendez-vous, la semaine dernière dans leur fief de Vaujany, pour trois nouveaux matchs de préparation. Une nouvelle échéance pour une nouvelle ère.
Dans la petite station iséroise, l’équipe de France féminine poursuivait l’entame d’un nouveau cycle, peut-être le plus délicat avec huit joueuses (et non des moindres) qui ont mis les patins au placard après le sacre en Anjou. Déjà à l’occasion des stages estivaux, dont celui de Strasbourg fin août qui avait vu une double confrontation victorieuse contre l’Université de Manitoba, l’heure était à la revue d’effectif.
Même avec un alignement plus réduit pour ce nouveau stage de Vaujany, plusieurs joueuses médaillées d’argent au dernier Mondial U18 D1A ont été convoquées : les défenseures Perrine Lavorel et Elina Zilliox, les attaquantes Shana Casanova et Emma Nonnenmacher. De jeunes renforts en plus d’Isabelle di Liberti et Emma Morel en défense, Lisa Cedelle, Flavie Gaydon et Anaé Simon en attaque, qui ont moins de 20 ans. Seule Lisa Cedelle, parmi les joueuses citées précédemment, était présente à Angers. Il est d’ailleurs important de préciser que deux U20 sélectionnées au dernier championnat du monde ont été ménagées pour le tournoi de Vaujany, Jade Barbirati et Manon le Scodan, qui jouent ensemble à John Abbott College dans la ligue collégiale du Québec. Enfin, il est à préciser que près de la moitié de la sélection choisie par Grégory Tarlé pour cette série de trois matchs n’a disputé aucune compétition officielle avec les seniors.
Le renouvellement de l’alignement est donc enclenché, y compris devant le but après la fin de règne de Caroline Baldin. Les trois gardiennes convoquées à Vaujany ont d’ailleurs une particularité : elles évoluent toutes trois pour des équipes masculines en France. La plus jeune, Justine Crousy Théode (21 ans), est la suppléante de Misa Pietilä à Reims (D2) ; Charlotte Cagigos (22 ans) avait fait l’objet de plusieurs reportages en rejoignant l’organisation de Caen (D1 et D3) ; après une tentative infructueuse en Finlande, Margaux Mameri (25 ans) est revenue dans le club d’Évry-Viry (D2).
Souvent dans l’ombre de l’iséroise Baldin, la Francilienne Mameri a eu l’honneur d’être lancée dans le feu de l’action la première. Elle a finalement été élue meilleure joueuse côté bleu, ne cédant qu’à huit minutes de la fin sur un but d’Emma Kreisz (et non Imola Horváth comme indiqué sur la feuille de match), malheureusement pour les Tricolores le seul but du match. Les Hongroises, que les Bleues retrouveront au Mondial élite à la fin de cette saison, se sont donc imposées 1-0. L’ironie de l’histoire, c’est que le résultat était identique lors de la dernière confrontation entre les deux équipes en juin 2021… et déjà, c’était Anikó Németh qui s’était chargée de blanchir la France.
Les Françaises ont ensuite rectifié le tir en s’imposant contre la Norvège, qu’elles avaient déjà battue à l’occasion d’un mémorable final en apothéose au championnat du monde en Anjou. Clara Rozier a rapidement mis la France dans le bain après trois minutes de jeu en ouvrant le score, Shana Casanova doublant la mise avec son premier but en équipe de France, avant que la nouvelle capitaine Lore Baudrit n’inscrive le but gagnant pour une victoire 3-2 contre les Norvégiennes.
Durant ce tournoi, les trois gardiennes auront été sollicitées. Après Margaux Mameri contre la Hongrie, puis Charlotte Cagigos contre la Norvège, ce fut au tour de Justine Crousy-Theode de garder la cage tricolore face au dernier adversaire, la Slovaquie. Les Bleues sont parvenues à mener 3-1 grâce à Estelle Duvin – qui mène les compteurs en Suisse – et deux buts (dont un en infériorité numérique) de Clara Rozier. Si l’indiscipline chronique des Françaises n’a pas eu de conséquences, les Slovaques ont toutefois réussi à inverser la tendance avec deux buts dans les dix dernières minutes, dont le but égalisateur à 3-3 à 44 secondes de la fin. Et en prolongation, Lívia Kúbeková a marqué le but gagnant. Cruelle défaite pour les Bleues, l’équipe féminine slovaque n’avait plus gagné contre la France depuis trois ans.
Une victoire pour deux défaites, le bilan est peut-être négatif du point de vue comptable, mais ce tournoi de Vaujany aura permis une nouvelle revue d’effectif, et l’obligation d’aguerrir au niveau international de jeunes joueuses qui constituent la relève. Avec une équipe peu expérimentée à l’international, la France s’en est finalement sortie avec les honneurs. Une relève qui doit s’acclimater au plus vite alors que la France aura pour objectif de se maintenir lors du Mondial élite au Canada 2023 (date et lieu à définir), un objectif élevé même si une seule équipe devrait être reléguée de l’élite (la France et la Suède étaient deux à quitter l’élite en 2019).
La préparation montera crescendo car dans un mois, du 12 au 18 décembre à Amiens, la phase montera d’un ton avec non pas un mais deux adversaires pensionnaires de l’élite : de nouveau la Hongrie mais aussi le Japon. Pour rappel, les Nippones ont terminé cinquièmes du dernier championnat du monde élite, une place acquise après avoir battu les multimédaillées Finlandaises à l’issue de la séance des tirs au but. L’autre adversaire sera le Danemark, relégué en 2022 lors d’un final incroyable, le but de l’Allemande Tanja Eisenschmid à 59’59 de jeu (cf vidéo ci-dessous dont on peut difficilement se lasser) envoyant les Danoises en Division 1. Du beau monde donc en perspective, et de très bonnes clientes à affronter à Amiens dans un mois.
DU DELIRE, INCROYABLE !
Il fallait un but gagnant dans les 60mn pour l'Allemagne 🇩🇪 afin qu'elle se maintienne, Tanja Eisenschmid l'a marqué à 59'59" !
Les Allemandes restent en élite mondiale et envoient le Danemark en D1A. Incroyable scénario.La vidéo en VO 🇩🇪#WomensWorlds pic.twitter.com/pMxBuEUq9Q
— Nicolas Jacquet (@Nico_Jt_) August 30, 2022