Cette fin de semaine a été particulièrement chargée pour l’équipe de France féminine avec trois matchs de haut niveau en trois jours, alors que les Bleues en savent un peu plus sur leur prochain Mondial élite, le deuxième de leur histoire.
Cap sur Brampton 2023
L’attente était bien longue. De fait, on savait que le prochain Mondial élite féminin aurait lieu au Canada, mais à mi-saison, ni date ni de lieu précis n’avaient été divulgués. Enfin, on en sait un peu plus depuis jeudi soir et un communiqué de l’IIHF initié par Hockey Canada.
Les Bleues et les neuf autres meilleures nations de la planète ont donc rendez-vous du 5 au 16 avril 2023 à Brampton en Ontario, une ville de la banlieue ouest de Toronto. Toronto et ses environs, la fameuse « Greater Toronto Area », n’avaient d’ailleurs plus accueilli un Mondial féminin depuis 2000. Les matchs se dérouleront dans le CAA Centre, une enceinte avec une capacité de 5000 spectateurs… soit finalement pas bien plus que l’IceParc d’Angers qui avait accueilli avec succès le dernier sacre mondial en D1A de l’équipe de France.
La date retenue est également intéressante puisque le tournoi aura lieu au printemps. Cela faisait deux années que le Mondial féminin avait lieu pendant l’été. En 2021, la déprogrammation initiale du Mondial d’Halifax avait finalement forcé une reprogrammation en août en Alberta. Fin août, ce fut également le créneau adopté en 2022 afin de conserver une certaine distance avec les Jeux olympiques, étant donné que le Mondial au Danemark fut le premier championnat du monde féminin organisé lors d’une année olympique.
La programmation au printemps est peut-être plus judicieuse. Les affluences en août dernier à Herning et Frederikshavn ont été catastrophiques (640 spectateurs en moyenne), atomisées par la division inférieure et Angers (1499 de moyenne avec un pic à 3586 lors du France – Norvège). Autant dire qu’il sera important de rectifier le tir au Canada, dans la logique de la valorisation du sport féminin.
À Brampton, des deux groupes de niveau, la France sera évidemment dans le groupe B, les Bleues y affronteront la Finlande (qui a fait une glissade historique du groupe A au groupe B à l’issue du dernier Mondial), la Suède, la Hongrie et l’Allemagne. Une seule équipe devrait être reléguée, comme en août dernier.
Avant-goût de l’élite à Amiens
En attendant davantage d’informations en janvier 2023, les Bleues poursuivaient leur phase préparatoire par un Tournoi 4 nations d’Amiens au niveau relevé.
Les Tricolores ont commencé ce tournoi jeudi soir face au Japon, cinquième nation mondiale. Ce sont d’ailleurs les Nippones qui ont délogé les Finlandaises du groupe A au dernier Mondial, ces dernières ont fini sixièmes après avoir été systématiquement demi-finalistes depuis le premier championnat du monde féminin en 1990.
Pour aborder ce tournoi et ce premier match de haut niveau, le sélectionneur Grégory Tarlé a convoqué un effectif plus aguerri et assez proche de celui du dernier championnat du monde, si l’on fait abstraction des huit retraitées. On y retrouve en effet quelques « Nord-Américaines » en plus : les défenseures Léa Berger, Mia Väänänen et Louanne Mermier, les attaquantes Chloé Aurard, Jade Barbirati, Manon Le Scodan, Julia Mesplède et Lucie Turcotte, absentes en novembre à Vaujany, elles sont présentes à Amiens.
Néanmoins, le retour le plus spectaculaire concerne Sophie Leclerc. Âgée de 25 ans, c’est sa première convocation depuis plusieurs années. La défenseure est en effet sortie de sa retraite, évoluant à Grenoble cette saison, elle avait joué quasiment toutes les compétitions internationales entre 2013 et 2017.
Une touche d’expérience était bienvenue pour un premier test d’envergure, d’autant plus que, face aux Bleues, le sélectionneur japonais Yuji Iizuka alignait également une équipe très proche de celle du dernier Mondial.
Avant Amiens, France et Japon ont d’ailleurs improvisé, avant leur confrontation, un premier test en début de semaine à Louviers. Rui Ukita a rapidement ouvert le score, les Françaises poussant ensuite tout au long de la rencontre. Jusqu’à un but de Lucie Quarto qui a égalisé à 30 secondes de la fin du match. « Smile Japan » comme on la surnomme a toutefois remporté ce test improvisé en prolongation.
A Amiens, Mei Miura a cueilli à froid cette fois-ci les Bleues en ouvrant le score après seulement trois minutes de jeu. Trois pénalités consécutives du Japon n’ont pas permis à la France d’égaliser, Akane Hosoyamada se permettant de doubler la mise à la 27e minute.
Et ce seront trois pénalités rapprochées de la France qui seront fatales. Le Japon a en effet capitalisé dessus pour marquer deux fois en double supériorité numérique, par Yumeka Wajima, puis 49 secondes plus tard, par Haruka Toko. Estelle Duvin a néanmoins réduit le score avant le troisième tiers, 1-4. De bonnes actions en troisième période n’ont pas permis de combler le retard d’une équipe de France qui a trébuché dans le tiers médian, ne permettant pas de livrer un momentum en fin de match et d’inquiéter de sereines Japonaises. La jeune gardienne Miyuu Masuhara, révélation de l’équipe japonaise au dernier Mondial grâce à de brillantes performances qui ont éclipsé neuf ans de monopole à ce poste du monument Nana Fujimoto, n’a donc cédé qu’une fois : 4-1 score final.
Le lendemain, vendredi, les Bleues avaient rendez-vous avec le Danemark, relégué en D1A par l’Allemagne à la toute dernière seconde. La gardienne titulaire Cassandra Repstock-Romme a mis fin à sa carrière internationale à seulement 21 ans. Préférant privilégier ses études en chirurgie dentaire, elle ne se voyait plus occuper le poste entre les poteaux danois à 110%.
Emma-Sofie Nordström, dont le rôle a été mis en parenthèses justement par la titularisation de Repstock-Romme, a gardé la cage face à la France. Margaux Mameri, qui n’avait disputé qu’un seul des trois matchs de novembre, effectuait quant à elle son deuxième départ d’affilée devant le but tricolore. La gardienne d’Évry-Viry a toutefois dû s’incliner la première, face à Josephine Asperud, alors que les Françaises n’ont pu profiter, encore une fois, de trois pénalités consécutives de leurs adversaires. Pour une pénalité danoise pour surnombre en fin de premier tiers, Clara Rozier a tout de même débloqué le jeu de puissance bleu.
Un jeu de puissance bleu qui a également fait mouche en début de seconde période, grâce à Estelle Duvin qui a inscrit sa deuxième réalisation en l’espace de 24 heures. Si Silk Lave Glud a égalisé à la mi-match, Jade Barbirati a redonné l’avantage aux Bleues à la 37e minute. Un avantage finalement définitif, les joueuses de Grégory Tarlé conservant ce score de 3-2 jusqu’à la fin du match. Une belle victoire logique de la France, qui a dominé les débats.
Le tournoi des 4 nations d’Amiens s’est finalement terminé par une dernière opposition contre la Hongrie. Le Japon qui s’est frayé un chemin dans le groupe A des meilleures au prochain Mondial élite, le Danemark relégué à l’échelon inférieur, la Hongrie sera en revanche un adversaire que les Bleues croiseront dans le groupe B à Brampton. À Amiens, les Hongroises ont connu du bon (une courte défaite 3-2 contre le Japon) et du moins bon (une claque 4-0 en ouverture contre les Danoises). La France a déjà rencontré la Hongrie le mois dernier durant une rencontre longtemps indécise puisque les Magyares s’étaient imposées 1-0 avec un but victorieux à huit minutes de la fin, alors que la défense tricolore et Margaux Mameri avaient longtemps résisté.
[EDF FEM.]
La motivation est présente avant le coup d’envoi 🔥
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— Équipes de France Hockey (@Hockey_FRA) December 17, 2022
Titularisée cette fois-ci, Charlotte Cagigos a malheureusement plié rapidement, au bout de 69 secondes face à Míra Seregély, déjà buteuse contre le Japon. Anikó Németh, élue en début de semaine meilleure hockeyeuse de Hongrie pour la saison 2021-22 et qui a blanchi la France lors des deux dernières confrontations, n’a pas été titularisée alors qu’elle avait disputé les deux autres matchs en Picardie. La jeune Zsuzsa Revesz (17 ans) a pris place devant le but hongrois, mais Estelle Duvin s’est chargée de percer le mur à la 9e minute, en égalisant à 1-1 en supériorité numérique. Toujours en supériorité numérique, Regina Metzler a néanmoins redonné l’avantage aux Hongroises en première période.
Dans le deuxième tiers, les Hongroises vont enfoncer le clou par deux joueuses naturalisées. « L’Américaine » Hayley Williams puis la « Canadienne » Sarah Knee portent le score à 4-1. Le quatrième but hongrois décide Grégory Tarlé à changer de gardienne, Charlotte Cagigos cédant sa place à Caroline Lambert, la gardienne du HC Thurgau en Suisse.
Trois pénalités de la Hongrie ne pourront remettre dans le match la France. Pire, à 2’25 de la fin, Lore Baudrit écope d’une pénalité pour obstruction, et en l’espace de 18 secondes, Kinga Jókai-Szilágyi ajoute un cinquième but : 5-1 pour la Hongrie.
L’équipe de France féminine termine sur une mauvaise note l’année 2022 avec la plus lourde défaite en l’espace d’un an, face à un potentiel concurrent pour le maintien en élite. Trois des cinq buts ont d’ailleurs été inscrits alors que les Bleues évoluaient en désavantage numérique, un point fort pourtant des Françaises dans cette configuration contre le Danemark. Autre point à soulever, on peut déplorer le peu de spectateurs picards réunis durant cette fin de semaine, 500 à 600 spectateurs pour 2882 places assises, malgré les affiches proposées avec trois adversaires qui ont disputé le dernier Mondial élite. Sans aller jusqu’à comparer avec Angers, on est bien loin de la ferveur que les Bleues ont pu connaître à Rouen ou Épinal, ou même dans le fief de Vaujany qui fait aussi bien que Amiens dans une enceinte trois fois plus réduite en capacité… Vacances de Noël ou météo glaciale sont-elles les raisons ?
En tout cas, les Hongroises alignent une troisième victoire consécutive contre les Tricolores, elles se retrouveront d’ailleurs en février pour la prochaine étape préparatoire, cette fois-ci en Hongrie. La Norvège et la Slovaquie, que les Bleues avaient déjà jouées en novembre, seront également conviées à ce dernier tournoi, avant l’échéance de Brampton et le Mondial élite.
Alignement de la France
Gardiennes : Margaux Mameri, Charlotte Cagigos, Caroline Lambert.
Défenseures : Léa Berger, Perrine Lavorel, Sophie Leclerc, Louanne Mermier, Marie-Pierre Pelissou, Lucie Quarto, Mia Väänänen.
Attaquantes : Chloé Aurard, Jade Barbirati, Lore Baudrit, Shana Casanova, Margot Desvignes, Estelle Duvin, Betty Jouanny, Manon Le Scodan, Julia Mesplède, Emma Nonnenmacher, Clara Rozier, Anaé Simon, Lucie Turcotte.