On arrive dans la dernière ligne droite de la saison, avant le tournoi final de clôture. Des Scorpions de Mulhouse et des Lions de Compiègne, une seule des deux équipes l’organisera. Les Alsaciens, avant cette rencontre, tiennent fermement la corde après une victoire concentrée en terre picarde (5-3) la semaine dernière. Il leur reste toutefois à capitaliser et si possible accroître cette différence de deux buts afin de parvenir à leur objectif initial, celui de participer au Final Four. Tout en relativisant ce faible écart, le speaker de la rencontre laisse cependant échapper un lapsus en indiquant aux supporters mulhousiens que leurs commandes de maillots seront disponibles pour le tournoi final ! Les Haut-Rhinois n’ont donc plus le choix, il leur faut gagner.
Est-ce l’enjeu de cette partie qui nous a conduit à une entame de match bien crispée de part et d’autre ? Sans doute un peu, puisque chacun des protagonistes tente d’abord de bloquer son adversaire. Les Lions neutralisent avant tout l’accès à leur slot, quand les Scorpions marquent principalement les hommes forts picards à la culotte. Le match est donc attentiste, même si Mulhouse, plus remuant, presse volontiers en direction de Thibault Varin, pour le moment loin de se douter du déluge qu’il va subir.
L’ouverture du score par Thomas Ackermann, près du poteau adverse (1-0 à 6’36”), n’aura libéré que partiellement les siens tant il leur est difficile d’inquiéter de près le portier adverse. Lequel va s’illustrer en fermant son angle lors d’une fusillade causée, mais non concrétisée, par Michaël Marchand (12’41”), puis dans la foulée sur un breakaway d’Ackermann. S’ensuit une première vague de giboulées printanières nommées Téo Haffner de la bleue (2-0 à 15’35”), puis à mi-distance (3-0 à 17’33”) et Quentin Mathez allumeur à bout portant (4-0 à 18’36”) qui se charge de doucher assez conséquemment les espérances isariennes.
Six buts minimum à remonter, ça fait beaucoup même si l’Illberg a connu plusieurs fois ce type de remontada… par les siens s’entend ! Pourtant, les Compiégnois sont revenus du vestiaire plus percutants, Nicolas Jona s’employant très rapidement d’un grand écart pour garder sa cage inviolée (20’39”). Mulhouse joue de façon plus prudente, se déploie moins vers l’avant et laisse son adversaire tenter de percer le rideau défensif. Même si la tension du match est alors sensiblement retombée, ce sont bien les Lions qui se déplient le plus offensivement, notamment par le biais de leur pointeur canadien Vincent Huot-Orellana, qui échoue une nouvelle fois sur Jona, pourtant pas loin du contre-pied sur ce coup-là (28’22”). Et que dire de ce lancer de Tom Pagnod Rossiaud heurtant le montant de Jona, lequel, sur le rebond, est sauvé in extremis par le retour d’Aurélien Klessmann qui renvoie on ne sait comment la rondelle (29’10”) ?
Dans la foulée, le duo Marchand – Oswald se charge d’écœurer Varin jusque là peu à l’ouvrage (5-0 à 29’17”). Leçon de réalisme au mauvais moment pour les visiteurs , lesquels subissent une deuxième vague de giboulées, notamment par Mathez parti en contre (33’10”) avant la rince de fin de tiers de Julien Burgert, lequel esquive joliment le portier isarien (6-0 à 39’31”).
Il reste encore vingt minutes à jouer, comment vont les aborder les deux équipes ? En prolongeant les assauts de part et d’autre, ce qui va offrir un dernier déluge de buts. Antoine Richer rééquilibre pourtant ses lignes offensives mais sa tactique se heurte au marquage toujours à la culotte de ses meilleurs éléments, quelquefois à deux Mulhousiens sur la même, ce qui complique les percées collectives des Lions. De toute façon, la question ne va plus se poser bien longtemps. Une nouvelle grosse percée du duo Marchand-Oswald se charge d’amener définitivement de gros nuages noirs sur la cage de Varin, qui s’en tire bien pour le moment (48’22”). Un premier but gag sous les traits d’un boulet d’Ackermann qui rate le cadre mais ricoche sur le plexi derrière le portier, retombe derrière le patin de Varin, lequel le pousse malencontreusement derrière sa propre ligne (7-0 à 50’04”). Puis un deuxième déluge noie sa cage de tirs de près dont celui d’Oswald (8-0 à 52’07”).
Huot-Orellana aura beau se démener en solo pour apporter l’éclaircie et sauver l’honneur (8-1 à 52’24”), de gros nuages noirs restent sur la cage de son coéquipier, allumé par Haffner (9-1 à 54’22”) puis Laurent Gerber tout juste rentré sur la glace et devant son poteau (10-1 à 54’50”). Une ultime rince de Burgert, de nouveau en break, transite une dernière fois le gardien dépité (11-1 à 59’27”). Alors que ce samedi, les Alsaciens ont pu goûter à une belle journée ensoleillée et même chaude, on aura pu constater qu’un sale temps s’est abattu sur une partie très infime et très localisée de son territoire ! Ici, c’est Mulhouse qu’y disaient !
Grosse démonstration que ce match livré par les Scorpions. Plus que le festival offensif, le plus notable est surtout la concentration, la discipline et le sérieux dont ils ont fait preuve durant tout le match. Face à trois lignes globalement homogènes et tourbillonnantes, les Lions picards, aux meneurs constamment muselés, ont été fréquemment brinquebalés de part et d’autres de la patinoire, et souvent amenés à courir après la palet. C’était difficile pour eux de faire la différence quand en plus la chance et le réalisme ont choisi l’autre camp, notamment en seconde période.
Deux ans après leur triste naufrage administratif (mais pas sportif) de Magnus, les Mulhousiens emmènent donc leurs mômes pour le troisième Final Four de leur histoire. Le premier, datant du siècle dernier (!), avait été organisé à… Mulhouse, lesquels, à l’histoire encore balbutiante, avaient subi la loi d’un adversaire « Dodu », avant d’intégrer pourtant directement la D1 à la saison suivante ! Le second les voyaient finir derniers à Clermont-Ferrand, mais le forfait financier du champion de D2 belfortain leur avait ouvert la porte de la division supérieure. Gageons que les hommes de Michael Muller ont le talent sportif pour remporter ce tournoi devant les leurs.
Récompensés à la fin du match : Teo Haffner pour Mulhouse et Thibaut Varin pour Compiègne.
Mulhouse – Compiègne 11-1 (4-0, 2-0, 5-1)
Samedi 19 avril 2025 à 18h15 à la patinoire de l’Illberg. 1404 spectateurs.
Arbitres : Cédric Turbert assisté de Sueva Torribio et Yohann Kirschenbaum.
Pénalités : Mulhouse 4’ (2’, 2’, 0’) ; Compiègne 6’ (4’, 0’, 2’)
Tirs : Mulhouse 43 (14, 9, 20) ; Compiègne 25 (5, 11, 9)
Évolution du score :
1-0 à 06’36” : Ackermann assisté de Klesmann (sup. num.)
2-0 à 15’35” : Haffner assisté de Sonnet et Marchand
3-0 à 17’33” : Haffner assisté d’Oswald
4-0 à 18’36” : Mathez assisté de Deslauriers et Burgert
5-0 à 29’17” : Oswald assisté de Marchand et Deslauriers
6-0 à 39’31” : Burgert assisté d’Ackermann
7-0 à 50’04” : Ackermann assisté de Burgert
8-0 à 52’07” : Oswald assisté de Kaistila
8-1 à 52’24” : Huot-Orellana
9-1 à 54’22” : Haffner assisté de Marchand et Oswald (sup. num.)
10-1 à 54’50” : Gerber assisté de Deslauriers
11-1 à 59’27” : Burgert
Mulhouse
Attaquants :
Teo Haffner – Noah Oswald – Michaël Marchand (C)
Julien Burgert – Quentin Mathez – Thomas Ackermann
Vincent Da Silva (A) – Thomas Le Blond – Tom Muller
et Laurent Gerber, Julien Wurth et Sabri Nakhli à partir de 54’22”
Défenseurs :
Joachim Sonnet (A) – Linus Kaistila
Michael Deslauriers – Aurélien Klesmann
Mathis Guth – Diego Zorita
et Corentin Huck – Valentin Poulain à partir de 54’50”
Gardien :
Nicolas Jona
Remplaçant : Lukas Paicheler (G). Absents : Kylian Dufour, Arnaud Fuss, Quentin Chauvel.
Compiègne
Attaquants :
Victor Mignon [puis à 40’00” Pointel] – Arnaud Grossemy (A) – Vincent Huot-Orellana
Thomas Tellier puis à 40’00” Clément Guillaume – Tom Pagnod Rossiaux (A) – Mathis Fournier
Robin Thomas – Abdullah Yayilkan – Charles Pointel [puis à 40’00” Mignon]
Défenseurs :
Titouan Monet – Clément Loger (C)
Simon Beller – Tom Collet
Maugan Fournier puis à 40’00” Nathan Ducloux – Romain Languedoc
Gardien :
Thibault Varin
Remplaçant : Thomas Cantarell (G), Cyril Grare.