Dans son film Super size me, Morgan Spurlock rend compte des effets ravageurs sur sa santé d’un régime alimentaire constitué exclusivement de fast-foods. Quinze ans auparavant, un des meilleurs sportifs de la planète avait vécu à ses dépens la même démonstration : pendant que tous ses collègues, vedettes de la grande équipe d’URSS des années 80, connaissaient une seconde carrière en NHL, Vladimir Krutov a ruiné la sienne en moins d’une année en ingurgitant de la malbouffe, incapable de s’auto-discipliner en dehors du strict encadrement soviétique.
Il serait pourtant injuste de ne retenir de Krutov que ses problèmes de surpoids. Avant ce gâchis qui a brisé sa carrière et ruiné sa santé, il fut un junior prodige, puis un des meilleurs joueurs au monde. L’ailier gauche de la KLM (Krutov-Larionov-Makarov) en était un maillon aussi essentiel que les deux autres. Il n’avait rien à envier à la vision du jeu de Larionov, ni à la technique de Makarov. Il y ajoutait la puissance, car c’est un joueur qui n’avait pas froid aux yeux et s’imposait physiquement dans les zones denses, y gagnant son surnom de « tank ».
Lire la biographie de Vladimir Krutov, encore un portrait de grand hockeyeur comme on ne peut en lire nulle part ailleurs.