Le second match de l’équipe de France s’annonce comme le plus engagé physiquement, avec des Italiennes au jeu plein de détermination. L’entraîneur Grégory Tarlé n’hésite pas pour autant à pratiquer l’alternance habituelle entre ses gardiennes : Caroline Baldin, après son blanchissage face à la Chine, cède sa place à Caroline Lambert.
L’intensité attendue est au rendez-vous avec des Italiennes qui passent très rapidement à l’attaque. Leur défaut, vu hier, est que ce même engagement les conduit parfois en prison. C’est le cas dès la première occasion française, un palet envoyé vers l’enclave par Léa Parment depuis la ligne bleue. Linda De Rocco charge Chloë Aurard avec la crosse : la France n’arrive pas à poser pas son jeu de puissance, mais ce passage en avantage numérique lui a quand même permis de mettre la main sur le match. Elle installe sa domination. Daniela Klotz signe un premier bel arrêt de la mitaine sur un tir croisé en angle de Marion Allemoz.
La première action chaude de l’Italie aboutit aussi à la première pénalité française, un accrochage de Lore Baudrit. Quatorze secondes plus tard, Hanna Elliscasis reprend une passe de derrière la cage, le palet s’envole (photo ci-dessus) puis est rabattu par un gant dans les filets. À qui appartient-il ? Les arbitres revoient l’action et invalident le but. La France a eu chaud.
Les Bleues reprennent le contrôle du match. À la fin de leur second powerplay, la conduite de palet d’Estelle Duvin accompagnée d’un écran de Baudrit rappelle le troisième but de la veille, mais Klotz fait l’arrêt. La gardienne s’impose aussi en fin de période face à Emmanuelle Passard, qui se présentée deux fois seule devant le but à trente secondes d’intervalle.
Voilà donc les Françaises réduites comme hier à un test de patience après un premier tiers-temps vierge. Il leur manque d’être plus tranchante en jeu de puissance. Anouck Bouché ne parvient pas à reprendre la passe en retrait de Marion Allemoz qui lui offrait une cage ouverte. Mais les Italiennes commencent vraiment à accumuler dangereusement les pénalités. Leur capitaine Samantha Gius en enchaîne deux en quelques minutes, et le travail de ses coéquipières ouvre un angle de tir à la capitaine Allemoz (1-0, 24’45 », photo du but ci-dessous).
Estelle Duvin accroche Furlani, mais les Françaises défendent bien en infériorité avec un bon travail de Locatelli et Cuasnet pour éloigner le danger et faire passer les dernières secondes. Sur une récupération de palet en zone neutre, Athéna Locatelli part en 2 contre 1 avec Chloë Aurard, mais celle-ci est servie sur son mauvais côté, son revers. Alors qu’elle effectue un bon relais contre la bande en zone neutre, Aurard reçoit un mauvais coup de la part de De Rocco. Les Bleues travaillent bien sur cette supériorité numérique, en cherchant des déviations avec un petit peu plus de dynamisme, mais sans trouver l’ouverture.
La troisième période continue de se passer dans le camp italien, jusqu’à ce que Soline Fohrer se fasse sanctionner pour plongeon, en même temps que la joueuse qui l’a retenue (Elliscasis). Une minute plus tard, Sophie Leclerc est pénalisé à son tour, et la France doit donc jouer à 3 contre 4. L’Américaine naturalisée Chelsea Furlani se démène dans l’enclave et Caroline Lambert est sauvée une première fois par un poteau sonore. Mais alors que les équipes sont revenues au complet, l’acharnement de Furlani est récompensé de l’égalisation, tout aussi confuse que le but refusé de la première période (1-1, 50’09 »).
Le public redouble aussitôt d’encouragements. Les Françaises se remettent à l’ouvrage et la capitaine transalpine Saletta retourne alors en prison. Mais les Azzurre ont une rage encore décuplée en infériorité numérique pour écarter inlassablement les palets à leur portée. On entre dans les cinq dernières minutes et Athéna Locatelli a une belle occasion en reprenant au second poteau le bon centre de Chloë Aurard, mais la gardienne Klotz s’est bien replacée. Décidément remarquables de culot, les Italiennes pressent très haut, elles forcent même les Françaises à des erreurs. Mais du coup, les Bleues ont des espaces pour du jeu en mouvement. Marion Allemoz, bien décalée par Emmanuelle Passard, bat Klotz côté mitaine (2-1, 58’18 »).
Marco Liberatore utilise tout de suite son temps mort pour remobiliser son équipe. Il sort ensuite sa gardienne, mais Betty Jouanny envoie immédiatement un palet libérateur vers la cage vide (3-1, 59’13 »). Un but qui peut avoir son importance en cas d’égalité à trois, en permettant à la France de perdre d’un but face à la Lettonie dimanche…
L’Italie a abandonné avec ce but tout espoir de qualification, mais elle aura tout donné. Elle a fait souffrir la France comme on pouvait s’y attendre, mais avec 38 tirs à 14, la victoire ne souffre évidemment pas de contestation.
Comme les hymnes sont joués avant et non après le match dans ce tournoi, les Françaises, qui tiennent à ponctuer leur victoire, se mettent en ligne, épaule contre épaule, face aux spectateurs, pour leur chanter a cappella une Marseillaise pleine de joie et de conviction.
Désignées joueuses du match : Daniela Klotz pour l’Italie et Marion Allemoz pour la France.
Commentaires d’après-match
Grégory Tarlé (entraîneur de la France) : « On est vraiment soulagés. C’était un match compliqué face à une Italie regroupée et accrocheuse à la limite du raisonnable. Pour moi, leur but égalisateur n’est pas valable. Notre équipe a de la chance d’avoir une grande capitaine qui a fait la différence. Elle marque souvent des buts décisifs, on peut être fière d’elle. La Lettonie ne devrait pas faire le jeu, la première ligne mise à part. Il faudra être efficaces contre leurs autres blocs. J’attends toujours le match-référence, ce sera peut-être celui-là. La Marseillaise a cappella, c’est vraiment de bons moments, elles ont besoin de ça. Aux championnats du monde, il y a toujours l’hymne du vainqueur. C’est le choix du chairman IIHF du tournoi de jouer les hymnes avant le match, on n’a pas l’habitude. »
Lore Baudrit (attaquante de la France, photo ci-dessus) : « C’est nous qui gagnons, c’est ça qui compte. L’Italie a du coeur, elle a joué avec ses armes, elle a joué ses chances à fond. Elles ont fait un super match, mais nous aussi. On a vécu trois dernières minutes de folie : on poussait pour mettre un but et c’est notre capitaine qui nous libère. Le public nous a soutenus, ça nous a fait plaisir, on leur a rendu la pareille. »
Marion Allemoz (capitaine de la France) : « C’est un bilan positif pour l’équipe, un soulagement aussi. On a travaillé fort en équipe. C’est un vrai soulagement de mettre le deuxième but. On a notre destin entre nos mains, on compte sur les supporters pour venir nombreux nous encourager. Il faut se reconcentrer sur le match de dimanche et se remettre les jambes à neuf. »
photos Jérôme Glatre
France – Italie 3-1 (0-0, 1-0, 2-1)
Vendredi 16 décembre 2016 à 19h30 à l’Aren’Ice de Cergy-Pontoise. 800 spectateurs.
Arbitrage de Nikoleta Celarova (SVK) et Melissa Szkola (USA) assistées de Magdalena Cerhitova et Michaela Kudelova (SVK).
Pénalités : France 8′ (4′, 0′, 4′), Italie 16′ (6′, 6′, 4′).
Tirs : France 38 (12, 10, 16), Italie 14 (4, 3, 7).
Évolution du score :
1-0 à 24’45 » : Allemoz assistée de Locatelli et Passard
1-1 à 50’09 » : Furlani assistée de Gius
2-1 à 58’18 » : Allemoz assistée de Passard et Aurard
3-1 à 59’13 » : Jouanny assistée de Baudrit et Fohrer (cage vide)
France
Attaquantes :
Chloë Aurard (+1) – Marion Allemoz (C, +1) – Emmanuelle Passard (+1)
Lara Escudero – Betty Jouanny (+1) – Jade Vix
Estelle Duvin (-1, 2′) – Lore Baudrit (A, 2′) – Soline Fohrer (+1, 2′)
Amandine Cuasnet – [Jouanny] – Morgane Rihet
Arrières :
Anouck Bouché (A, -1) – Léa Parment (-1)
Gwendoline Gendarme (+1) – Léa Villiot (+1)
Sophie Leclerc (2′) – Athéna Locatelli (+1)
Gardienne :
Caroline Lambert
Remplaçantes : Caroline Baldin (G), Audrey Lager Lacombe. En réserve : Jeanne Morin (G).
Italie
Attaquantes :
Samantha Gius (A, 4′) – Eleonora Dalpra (2′) – Chelsea Furlani (+1)
Anita Muraro – Carola Saletta (C, -1, 4′) – Federica Zandegiacomo (-2)
Federica Galtieri – Hanna Elliscasis (-1, 2′) – Eleonora Bonafini (-1)
Arrières :
Linda De Rocco (A, 4′) – Anneke Katharini Orlandini (-1)
Franziska Stocker (-1) – Nadia Mattivi
Valentina Ricca – Michelle Masperi
Gardienne :
Daniela Klotz [sortie de 59’08 » à 59’13 »]
Remplaçantes : Eugenia Pompanin (G), Martina Toniatti, Alice Gasperini. Absente : Giorgia Battisti.