Après avoir passé 8 buts à la sélection suédoise aux 14 stars NHL, les Tchèques ont déjà remporté « leur » tournoi et sont en pleine confiance pour leur dernier match avant le championnat du monde, face à la Russie.
Le sélectionneur Josef Jandač a mis au repos des titulaires sûrs tels que Gudas, le duo défensif Kempný-Kundrátek, les attaquants Červenka et Jakub Voráček : ce dernier a été confirmé comme capitaine pour le Mondial puisque Plekanec, qui arrivera cette semaine comme Pastrňák, a décliné cet honneur qui lui est souvent revenu. Les autres joueurs doivent gagner leur place aujourd’hui avant l’annonce de la sélection définitive. La situation des défenseurs blessés est clarifiée : Jakub Jeřábek (qui vient de signer chez les prestigieux Canadiens de Montréal en déclinant une plus grosse offre financière russe) est rétabli et revient au jeu, mais en revanche Michal Jordan, en délicatesse avec son genou, a perdu espoir de se rétablir et a quitté l’équipe.
La Russie semble jouer un peu plus un jeu de dupes. Elle n’aura finalement jamais aligné son effectif au complet dans ce dernier tournoi. Dans les cages, Znarok aligne ce soir son gardien numéro 2, Igor Sorokin. Chaque jour, il y a eu des cadres au repos, cette fois Namestnikov et Kucherov. Leur partenaire Nikita Gusev se retrouve donc avec ses partenaires de club Shipachyov ou Dadonov : est-ce définitif et cela signifie-t-il que Panarin sera transféré avec Namestnikov, sans avoir de garantie d’être aussi bien servi ?
Toujours portée par un public fervent, la République Tchèque entre à fond dans le match. Elle patine fort, elle finit ses mises en échec, et elle pousse son adversaire à la force. Elle maintient de longues séquences en zone offensnsove et ne laisse passer que de rares contre-attaques. La Russie n’inquiète Mrázek qu’en supériorité numérique, par un lancer de Sergei Mozyakin aligné à la ligne bleue en supplément du trio de Shipachyov. Sorokin a beaucoup plus de travail, surtout quand les pénalités contre Zub et Provorov s’entremêlent et se suivent. Il repousse un lancer de la bleue de Libor Šulák, mais Tomáš Hyka prend le rebond dans le cercle gauche.
La ligne-du SKA Saint-Pétersbourg prend ses responsabilités dès le retour sur la glace. Elle se crée une première occasion, puis profite du changement de lignes adverse pour lancer un 3 contre 1. Dadonov reprend de volée dans le cercle droit la passe transversale de Shipachyov, action classique et symétrique de ce que le(s) droitier(s) Panarin (ou Gusev) pourrai(en)t faire à l’aile gauche. Les Tchèques ne mettent que deux minutes et demie à reprendre l’avantage. Le capitaine remplaçant Jan Kovář déborde Gavrikov sur l’aile droite et remet le palet en retrait dans le slot, où Petr Vrána est rapide comme l’éclair pour tirer au nez et à la barbe de Belov. L’équipe locale continue de maîtriser le match : elle conserve bien le palet en zone offensive avec une bonne interaction le long dans les bandes, et quand elle n’a pas le palet, elle sait tenir la zone neutre et empêcher les longues passes russes.
La Russie passe tout près de perdre définitivement le match alors qu’elle évolue en supériorité numérique en troisième période. D’abord, Jakub Lev tire sur le poteau. Ensuite, Ivan Provorov perd le palet à la ligne bleue et fait faute sur Lukáš Radil qui se voit accorder un tir de pénalité. Le jeune gardien Sorokin ne se laisse néanmoins pas prendre à sa feinte à une main. Provorov se rattrape vite de son erreur non fatale : il se joint à l’attaque, reçoit une passe de Telegin et entre en haut de l’enclave pour égaliser d’un tir côté mitaine.
Les Tchèques reprennent encore l’avantage très rapidement : le tir puissant de Jan Kovář dans le haut du filet conclut la contre-attaque menée par Radil. Mais Repik se fait pénaliser et Nikita Gusev égalise côté gauche sur une inévitable passe transversale de Shipachyov. Ce but est très controversé car Dadonov tronaît dans la zone du gardien. Quand le ralenti est diffusé sur l’écran géant, le public tchèque manifeste son mécontentement en jetant des objets sur la glace. Il y a de quoi râler, mais pour être tout à fait franc, il y avait peut-être aussi un surnombre avant le troisième but tchèque…
Si la prolongation commence par un lancer de Nichushkin, capté de la mitaine par Mrázek, ce sont encore les Tchèques qui dominent en maintenant les défenseurs russes dans leur zone pendant un long moment sans pouvoir changer. Ils ne concrétisent pas et Radil ne trouve que le poteau.
On passe aux tirs au but et le capitaine Jan Kovář discute un bon moment avec son gardien Petr Mrázek pour lui demander s’il préfère passer en premier ou laisser d’abord ses coéquipiers tirer. Il opte pour le second choix et peut réussir l’arrêt de la victoire… mais Dadonov ramène la série à égalité. On change alors de sens, Nikita Gusev remet la pression en réussissant sa tentative, mais le jeune Robin Hanzl transforme son deuxième pénalty. Il n’en réussira pas trois, et quand Gusev transforme de nouveau, Lukáš Kaspar échoue.
Ce ne sera pas la seule déception pour Kašpar, qui sortira ensuite de la liste, tout comme Sekáč (sur blessure) et les défenseurs Doudera, Sklenička et Jakub Kindl, auteur de grosses erreurs contre la Suède. Cette dernière éviction, logique au vu des prestations mais assez rare s’agissant d’un joueur (marginal) de NHL, mérite quelques explications complémentaires. En 2012 déjà, alors qu’il était le seul arrière « NHL » de l’effectif, Kindl avait refusé d’être réserviste. Confronté à la même situation (l’emmener en risquant de ne jamais l’aligner car il n’a pas gagné sa place de titulaire), le staff a tiré les mêmes conséquences qu’à l’époque. La décision concernant le champion du monde 2010 Kašpar a été plus difficile à prendre, car c’est un joueur expérimenté et plein d’entrain, donc très apprécié dans le vestiaire. Les Tchèques débarqueront à Paris avec 27 joueurs (sans compter David Krejčí qui essaie de guérir à temps) pour 25 places. Ils se sont séparés de joueurs confirmés afin de garder plutôt des jeunes comme « réservistes de sécurité ».
Malgré ce succès (sans la manière), la Russie s’interroge encore. Le trio Mozyakin-Tkachyov-Plotnikov, très bon face aux Suédois avant d’être mis au repos, n’a pas donné la même impression. Quand il est sevré de palets, Sergei Mozyakin n’a évidemment pas le même impact.
Commentaires d’après-match
Josef Jandač (entraîneur de la République Tchèque) : « Jakub Kindl n’a pas été retenu parmi les six meilleurs défenseurs, ni Lukáš Kašpar parmi les douze attaquants. Nous ne voulions pas prendre Lukáš pour le faire attendre, ce qui n’aurait pas été approprié pour lui. Certains joueurs nous ont surpris, nous avons ainsi inclus Libor Šulák en défense et nous avons aussi réfléchi à David Sklenička pendant un long moment. Petr Holík, qui n’a pas fini le match, est touché aux côtes, il doit passer des examens [PS : il sera forfait et remplacé par Dominik Kubalík]. L’option David Krejčí existe, nous sommes en contact, il a dit qu’il voulait jouer mais qu’il a besoin de temps.
Jan Kovář (capitaine de la République Tchèque) : « Nous avons gagné le tournoi, dommage de ne pas avoir terminé par une victoire sur la Russie. Je pense que l’évaluation est positive. Nous avons fait une bonne performance à chaque match, nous nous sommes données à 100%, le sentiment est bon. Ce n’est donc pas facile pour les entraîneur de choisir la composition finale pour le championnat du monde. »
République Tchèque – Russie 3-3 (1-0, 1-1, 1-2, 0-0) / 2-3 aux tirs au but
Dimanche 30 avril 2017 à 18h30 à la Budvar Arena de České Budějovice. 6401 spectateurs.
Arbitrage de Tobias Björk et Mikael Andersson (SUE) assistés de Jiří Gebauer et Vít Lederer (TCH).
Pénalités : République Tchèque 6′ (2′, 0′, 4′, 0′) ; Russie 6′ (4′, 2′, 0′, 0′).
Tirs : République Tchèque 24 (9, 7, 5, 3) ; Russie 15 (3, 3, 8, 1).
Évolution du score :
1-0 à 18’07 » : Hyka assisté de Šulák (sup. num.)
1-1 à 21’29 » : Dadonov assisté de Shipachyov
2-1 à 24’00 » : Vrána assisté de Kovář et Radil
2-2 à 50’58 » : Provorov assisté de Telegin
3-2 à 53’12 » : Kovář assisté de Radil
3-3 à 57’40 » : Gusev assisté de Shipachyov et Dadonov (sup. num.)
Tirs au but :
Tchéquie : Zohorna (manqué), Hanzl (réussi), Kovar (manqué).
Russie : Gusev (manqué), Mozyakin (manqué), Dadonov (réussi).
Tirs supplémentaires :
Russie : Gusev (réussi), Mozyakin (manqué), Dadonov (manqué), Gusev (réussi).
Tchéquie : Hanzl (réussi), Hanzl (manqué), Zohorna (manqué), Kašpar (manqué).
République Tchèque
Attaquants :
Petr Vrána (+1) – Jan Kovář (C, +1, 2′) – Lukáš Radil (+1)
Michal Birner – Petr Holík – Michal Řepík (2′)
Tomáš Zohorna (-1) – Roman Horák (A, -1, 2′) – Tomáš Hyka (-1)
Jakub Lev – Robin Hanzl – Lukáš Kašpar
Défenseurs :
Jakub Krejčík (-1) – Jakub Jeřábek
Libor Šulák (+1) – Jakub Kindl (+1)
Jan Kolář – Jan Rutta (-1)
Milan Doudera – David Sklenička
Gardien :
Petr Mrázek
Remplaçant : Dominik Furch (G). En réserve : Pavel Francouz (G), Radko Gudas, Michal Kempný, Tomáš Kundrátek, Radim Šimek (D), Roman Červenka, Jakub Voráček (A), Jiří Sekáč (blessé).
Russie
Attaquants :
Sergei Mozyakin – Vladimir Tkachyov (A) – Sergei Plotnikov
Ivan Telegin (+1) – Roman Lyubimov (+1) – Valeri Nichushkin (+1)
Nikita Gusev (A) – Vadim Shipachyov (C, -1) – Evgeni Dadonov (-1)
Anatoli Golyshev – Andrei Svetlakov (-1) – Anton Burdasov
Défenseurs :
Ivan Provorov (2′) – Andrei Mironov
Anton Belov (-2, 2′) – Vladislav Gavrikov
Aleksei Bereglazov (+1) – Artyom Zub (2′)
Mikhaïl Naumenkov (+1)
Gardien :
Ilya Sorokin
Remplaçant : Andrei Kareev (G). En réserve : Andrei Vassilevski (G), Viktor Antipin, Bogdan Kiselevich (D), Vladislav Namestnikov, Nikita Kucherov, Sergei Andronov (A).