Chaque semaine, nous revenons sur les nouvelles de la National Hockey League. Pas forcément les grands titres qui n’auront échappé à personne, mais plutôt des informations plus subtiles mais tout aussi importantes.
Les infirmeries se remplissent
Les matchs s’enchaînent et les premiers joueurs tombent au combat. Déjà bien amochés par l’été (Vatanen, Lindholm, Kesler, Miller), les Ducks d’Anaheim ont perdu récemment Ondrej Kase et surtout Ryan Getzlaf pour une blessure au bas du corps. L’indisponibilité du capitaine serait de courte durée mais cela fait beaucoup pour des Ducks qui peinent, on le comprend, à développer leur jeu pour l’instant.
Vegas a perdu coup sur coup Marc-André Fleury sur commotion (même s’il a fini le match en question…), Jonathan Marchessault et Erik Haula. Cela a au moins permis de faire la place pour rappeler Alex Tuch et surtout Vadim Shipachyov. Les deux ont marqué à leur premier match et le gardien Malcolm Subban a frustré son ancien club Boston. La roulette continue de bien tourner pour les Knights.
À Boston, Tuukka Rask a rejoint Patrice Bergeron à l’infirmerie avec sûrement une commotion (David Backes doit revenir jeudi soir au jeu). Les Bruins n’avaient pas besoin de cela. Même si les performances de Rask déclinent au fil du temps, ses remplaçants Anton Khudobin et Zane McIntyre font assez peur aux partisans des Bruins. D’autant plus que Malcolm Subban a donc été chipé par Vegas au ballotage…
Enfin, Minnesota commence à trouver douteux ce début de saison. Zach Parise n’a toujours pas joué, ennuyé par son dos, et a même subi une rechute lundi. Granlund et Foligno pourraient revenir rapidement mais Charlie Coyle et Nino Niederreiter vont manquer pas mal de temps. Trois semaines pour le Suisse qui s’est foulé la cheville… Son absence va faire très mal au jeu du Wild dont il est depuis deux saisons le principal moteur pour la possession du palet. Coyle ratera, lui, 6 à 8 semaines et on croise les doigts chez le Wild pour que les jeunes Christoph Bertschy et Luke Kunin puissent combler les trous.
Washington a du mal
La défense de Washington a souffert de l’intersaison. Si le départ de Karl Alzner est facilement compensable, la perte de Nate Schmidt (pour lequel les Caps n’ont pas réussi à soudoyer Vegas avec le gardien Philipp Grubauer) mettait tout le monde sur la corde raide. La blessure de Matt Niskanen, qui manquera au moins dix matchs, laisse bien seuls John Carlson, Dmitry Orlov et Brooks Orpik. Madison Bowey et Christian Djoos sont des rookies, Aaron Ness et Taylor Chorney des joueurs naviguant entre NHL et AHL. Pas étonnant que les Caps aient beaucoup de mal au démarrage même si les performances du trio d’Ovechkin cachent certaines choses. Puissance de la ligue ces deux dernières années, Washington pointe pour le moment à une piètre 24e place pour la possession et 30e (!!!) pour les buts anticipés.
Vigneault en difficulté…
Les Rangers de New York ratent complètement leur début de saison avec une seule victoire en sept matchs. Dans une division métropolitaine extrêmement relevée, ce retard à l’allumage pourrait coûter très cher. L’entraîneur Alain Vigneault est déjà mis en danger selon la presse, critiqué pour ses choix de lignes. Depuis la lune de miel de sa première saison (finale 2014), certains de ses décisions posent questions. Cette saison, les observateurs s’étonnent de son choix d’aligner sept défenseurs pour onze attaquants, de faire jouer Pavel Buchnevich cinq minutes en quatrième ligne, de mettre en tribunes Brendan Smith et Anthony DeAngelo au profit de Steven Kampfer et Nick Holden. Plus étonnant, l’acquisition phare, Kevin Shattenkirk, se retrouve avec un temps de jeu famélique, y compris quand l’équipe est menée au score. Vigneault semble parfois bien spectateur sur son banc. La faiblesse criante des Rangers au poste de centre mettra du temps à se combler, et dans une telle division, c’est un handicap certain. Mais en attendant, New York ne doit pas traîner en chemin…
… les Devils en feu
De l’autre côté de l’Hudson, New Jersey va bien, merci. Les hommes de John Hynes ont signé cinq victoires en six matchs et étonnent par la qualité de leur jeu : vitesse de transition, combativité, jeu collectif. Hynes, mis en cause l’an passé, a pris cette saison des décisions fortes, notamment de placer le vétéran Ben Lovejoy en tribunes quasiment à chaque fois. Il n’hésite pas à aligner ses plus jeunes joueurs en infériorité numérique, y compris les rookies. Il protège ces derniers avec un temps de jeu raisonnable, face à ses oppositions à leur portée et des départs en zone offensive, cantonnant ses joueurs plus expérimentés au travail défensif pur. Bilan, Steven Santini, pour sa deuxième saison, s’affirme à l’arrière, les rookies Jesper Bratt, Nico Hischier et Will Butcher s’épanouissent et contribuent. Butcher, le joueur universitaire de l’année dernière, signe déjà neuf assistances en cinq matchs, principalement en supériorité. La saison est encore bien longue, mais on ne s’attendait pas vraiment à un tel départ.
Edmonton – Montréal, ça débloque quand au juste ?
Les deux principales mauvaises surprises de ce début de saison viennent du classement des Oilers et des Canadiens, 29 et 30e de la ligue mercredi soir. Faut-il paniquer ? Plutôt attendre encore un peu. La saison est très jeune et surtout les deux équipes jouent bien mieux que leur fiche peut le laisser croire. Les Oilers étaient mercredi 2e de la NHL pour la possession du palet et 1er pour les buts anticipés. Le top6 en attaque est toujours aussi performant même si le fond d’alignement a des difficultés. Les Canadiens sont un cran plus faibles mais loin d’être mauvais (11e pour la possession, 15e pour les buts anticipés). Les deux formations payent surtout des départs calamiteux de leurs gardiens titulaires et une incroyable malchance en attaque. Montréal est bon dernier de la ligue à l’indice PDO (taux d’arrêts des gardiens + réussite aux tirs) et Edmonton est 29e. Les choses vont assurément s’améliorer mais mieux vaut ne pas trop attendre car les écarts se creusent. Une situation qui n’est pas sans rappeler les Ducks en 2015 (fiche de 1-7-2 en octobre et le 27e PDO) ou Nashville l’an passé (fiche de 2-5-1 et le 29e PDO). Les Ducks avaient quand même remporté la division Pacifique et tout le monde se rappelle de Nashville l’an passé.
Karlsson de retour à Ottawa
Le capitaine des Senators était enfin de retour mardi soir après s’être remis d’une opération à la cheville. Si Ottawa a connu de beaux succès durant son voyage dans l’ouest Canadien, dont 6-0 contre Calgary et 6-1 contre Edmonton, on ne peut pas dire que le score final reflétait la physionomie des matchs tant les Sens ont subi la pression de leurs adversaires. Même après avoir affronté Détroit, Vancouver et Calgary, trois équipes qui en arrachent dans le jeu, Ottawa pointait avant le retour de Karlsson au 30e rang de la ligue pour la possession, et seul Pittsburgh accorde plus de tentatives de tirs à ses adversaires dans la ligue… Espérons pour Ottawa que le retour du maître à jouer améliorera un système qui ne peut pas compter sur la réussite à long terme. La preuve, malgré un match dominé mardi soir face aux Canucks, les Senators se sont faits blanchir 0-3.
Matt Duchene pas prêt de quitter le Colorado
Alors que l’Avalanche connaît un début de saison comptable honorable avec 4 victoires et 3 défaites, la saga Matt Duchene n’est toujours pas réglée. Le joueur qui s’était présenté au camp d’entraînement la mine déconfite assume son rôle au jour le jour avec 6 points en 7 rencontres. Peut-être réalise-t-il qu’il risque de demeurer avec les Avs encore un bout de temps si son GM Joe Sakic ne baisse pas ses demandes. Aux dernières nouvelles, il exigeait toujours un défenseur de première paire, un bon espoir et un très bon choix de draft (1er tour). Objectivement loin de la valeur réelle de Duchene qui approche, à bientôt 27 ans, de la deuxième moitié de sa carrière.
https://twitter.com/NicholsOnHockey/status/920789720388452352
La résurrection de Yakupov ?
1er choix de la draft 2012, le Russe Nail Yakupov n’a jamais confirmé ses 17 buts et 31 pts de sa saison de rookie. Jeté par Edmonton, pas vraiment bien en vue à St Louis, il a signé un contrat d’un an au Colorado, ultime chance de remonter la pente et d’éviter la place de plus gros “bust” des années 2010. Chez l’Avalanche, il a rejoint une équipe de revanchards, avec pléthore de hauts choix de draft qui n’ont pas vraiment convaincu non plus. Avec trois buts et cinq points en sept matchs, dans un rôle modeste (13 minutes de jeu), il a déjà fait presque aussi bien que l’an dernier en quarante (3 buts, 9 pts). Mieux, son jeu défensif est respectable. Cela durera-t-il ?
La roue tourne enfin pour Shayne Gostisbehere
Nous sommes revenus à plusieurs reprises dans ces pages sur les déboires du défenseur des Flyers l’an passé, qui avait vu ses camarades incapables d’inscrire un but en sa présence. Avec lui sur la glace, les Flyers n’avaient marqué que sur 4.84% de leurs tirs. Cela le plaçait au 226e rang de la ligue parmi les défenseurs, sur 229… Comme d’habitude, la réussite tourne en NHL et les petits copains de Gostisbehere tournent à 11.8% de réussite depuis le début de la saison en sa compagnie, de quoi lui valoir déjà 9 assists et 10 points en 6 matchs.
Quand le compte twitter de Vegas dérape
Le débat fait souvent rage à savoir si les médias sociaux des équipes NHL devraient être moins policés, plus fun et pas uniquement des outils de propagande. Ceux des Knights de Vegas avaient bien réussi leur entrée en matière depuis la création de l’équipe, entre second degré et trollage en règle de ses adversaires. Mais l’expérience a mal tourné lors de la réception des Bruins la semaine passée, alors que le compte twitter s’est mis en tête de parler avec l’accent Bostonien et a surtout livré à la place de la composition de l’équipe une liste de prénoms féminins « beauf » tirée du film Ted.
Dans le climat actuel de lutte contre le sexisme, la blague n’est pas du tout passée auprès du public américain. Vegas a fini par retirer les tweets en question et s’est excusée poliment.