Chaque semaine, nous faisons un point sur la situation dans la NHL et revenons sur les nouvelles de la ligue. Pas forcément les grands titres qui n’auront échappé à personne, mais plutôt des informations plus subtiles mais tout aussi importantes.
Le point sur la ligue
Les grosses attaques du début de saison ont pris du plomb dans l’aile cette semaine, ce qui nous permet de resserrer le graphique et d’y voir encore un peu plus clair sur la vraie valeur des équipes. Colombus, San José, Edmonton et Montréal semblent se distinguer comme les 4 systèmes de jeu les plus solides, à défaut de pouvoir concrétiser au tableau d’affichage.
On distingue presque clairement 4 groupes d’attaque, Toronto, Columbus, Edmonton, San José, Montréal et les Rangers menant la danse. À l’opposé, Colorado, Buffalo, Nashville, Arizona, Winnipeg, Washington et Vancouver peinent à se créer des chances.
C’est plus éparpillé défensivement, St Louis étant toujours dans une catégorie à part. New Jersey, les Rangers, Chicago, Los Angeles et Toronto sont clairement ancrées dans le FUN : jeu ouvert, attaque punchy et défense gruyère. À noter que Pittsburgh a resserré les boulons cette semaine.
Niveau réussite, seules 3 équipes sortent des limites 97-103 pour le PDO. Pittsburgh remonte à petits pas, traînant toujours un lamentable taux de réussite aux tirs de 5,98%. Ça va finir par rentrer pour les Pens. À l’image de Crosby, blanchi depuis 10 matchs et enfin buteur mardi soir. Tampa, New Jersey et Winnipeg vivent au-dessus de leurs moyens, grâce à des tireurs ET des gardiens en grande forme. St Louis et Columbus dopent des bons systèmes de jeu grâce à leurs cerbères.
Ça sent déjà la cave pour Colorado, Buffalo et Arizona.
Minnesota prend du mieux. Le Wild, miné par les blessures depuis le début d’année, commence à retrouver son visage de la saison passée. Le style de Bruce Boudreau est très similaire, l’équipe laisse la possession à l’adversaire mais cadenasse complétement sa zone défensive, ne laissant aucune brèche aux attaquants d’en face. Aux fines gâchettes du Wild d’exploiter les contres qui s’offrent à eux. De 26e pour la possession, le Wild est ainsi 6e aux buts anticipés, grâce surtout à la 2e défense de la ligue à ce chapitre. Et si un début de saison poussif de Devan Dubnyk pouvait laisser un goût d’inachevé, le gardien s’est largement replacé depuis, signant la bagatelle de 3 blanchissages de suite ! La première paire Suter-Spurgeon est très solide et les trios de Niederreiter et Granlund font le travail. Le problème restant un manque de profondeur aussi bien en attaque qu’en défense.
Carolina met des buts ! Tare incorrigible des Hurricanes depuis quelques saisons, surtout faute de talent, la réussite aux tirs venait, avec des gardiens à la rue, plomber les ambitions d’une équipe pourtant très joueuse. Avec l’émergence des jeunes Aho, Lindholm, Rask and co, l’état-major espérait bien que le temps des dominations stériles était révolu. Or ce début de saison avait tout l’air d’un bis repetita. Carolina a le meilleur taux de possession de la ligue et nul ne dirige autant de lancers qu’eux vers les cages adverses. De trop loin ? Si la quantité est là, la qualité fait parfois défaut, une recette qui rappelle celle des Kings des dernières années. Toujours est-il que la dernière semaine a été productive, avec 5 points récoltés sur 8 possibles, et 15 buts inscrits ! On espère en Caroline qu’un déclic a eu lieu. Faudrait maintenant que Darling arrête les palets.
Le coup de mou pour Los Angeles ? Toujours premiers de leur division, les Kings ont subi quatre défaites de rang. La raison principale semble être que Jonathan Quick redescend petit à petit de son nuage. Auteur d’un mois d’octobre de feu, le gardien montre un taux d’arrêts de 91,2% sur les 6 matchs de novembre (sa moyenne en carrière est de 91,6%). Une telle régression était prévisible et cela va aider d’autant les Kings à faire le point sur leur vrai potentiel.
Houston dans la course ?
Les déclarations du propriétaire des Houston Rockets (NBA), Tilman Fertitta, ont secoué le monde du hockey et relancé la problématique de l’expansion de la NHL. Rappel des faits.
En 2013-2014, les Jets de Winnipeg migrent dans la conférence Ouest et la NHL passe alors dans un format déséquilibré : 16 équipes à l’Est, 14 à l’Ouest. Pour la plupart des observateurs, ce n’est qu’une question de temps avant que la ligue ne décide de s’étendre…
Une analyse qui se révèle juste puisque Las Vegas débute cette saison en tant que 31e équipe de la ligue. Québec, recalée une fois encore, peut rager.
Même si Gary Bettman a toujours nié l’importance d’équilibrer les deux conférences et l’urgence de l’expansion, l’idée fait bel et bien son chemin et la ligue reste à l’affût des situations.
D’une part, la vie sous perfusion des Arizona Coyotes, en perpétuelle décrépitude et aux tourments bien connus concernant leur aréna. Les soucis des Islanders, en quête, eux, d’une nouvelle aréna, l’affluence médiocre des Panthers de Floride et, désormais, les difficultés des Senators d’Ottawa, dont l’affluence en chute libre peut s’expliquer par le manque d’accessibilité de leur patinoire située à Kanata. Calgary affiche également des soucis pour obtenir une nouvelle enceinte, le vieux Saddledome affichant son âge.
En parallèle, les rumeurs de candidats apparaissent régulièrement dans la presse. Québec joue encore sa carte, Hartford aimerait retrouver ses Whalers, Kansas City dispose d’une patinoire… Mais la vraie cible, c’était Seattle, engluée dans des problèmes administratifs pour la construction d’une vraie salle adaptée. Marché gigantesque, rivalité avec Vancouver, grosses entreprises locales et une histoire, aussi, les Seattle Metropolitans ayant été sacrés champions en 1917… Tim Leweike, candidat propriétaire, discute actuellement avec les autorités de la ville afin de ne plus conditionner la nouvelle aréna à l’arrivée d’une franchise NBA et à relancer le projet de construction d’une patinoire en plein centre-ville, que la municipalité ne souhaite pas payer. Bref, dans le nord-ouest américain, le dossier semble avancer, doucement.
Mais un nouveau candidat a surgi dans la presse cette semaine : Houston.
Le nouveau propriétaire des Houston Rockets (NBA), Tilman Fertitta, a récemment rencontré Gary Bettman. À la tête de la franchise de basket depuis septembre, Fertitta, milliardaire grâce à ses chaînes de restaurants, hôtels et casinos, a annoncé à la presse locale son désir d’amener la NHL à Houston, 4e ville la plus peuplée des Etats-Unis avec 2,3 millions d’habitants.
— Tilman Fertitta (@TilmanJFertitta) November 16, 2017
Le Toyota Center, bâti en 2003, compte 17.800 places en configuration hockey. La ville texane vit une longue histoire d’amour avec ce sport, puisqu’elle a accueilli les Aeros entre 1972 et 1978 dans la WHA, la ligue concurrente de la NHL absorbée en 1978. L’équipe comptait dans ses rangs un certain Gordie Howe, en compagnie de ses fils. Les Aeros ont ensuite repris du service en ligue américaine, entre 1994 et 2013.
Calgary, les Islanders, les Senators, les Coyotes sur le départ ? Houston et Seattle dans la course ? Quel sort pour Québec ? Gary Bettman récuse évidemment toutes ces spéculations, mais si les 31 propriétaires poussent en ce sens, difficile de reculer. Las Vegas a payé son ticket 500 millions de dollars, répartis uniquement entre les 30 autres propriétaires. Pas négligeable ! Et pourquoi pas… 33, 34 équipes ?
Réponse dans les prochains mois…
Colorado et New Jersey contents de leurs choix…
En 2013, l’Avalanche sélectionne au 5e tour, 123e au total, le défenseur Will Butcher. L’arrière de l’équipe américaine des moins de 18 ans débute la saison suivante à l’université de Denver : on peut dire que les scouts de Colorado peuvent le surveiller facilement… Après deux saisons modestes, l’Avalanche lui fait comprendre qu’il ne sera sans doute pas mis sous contrat au terme de ses quatre années universitaires. Le problème, c’est que Butcher explose sur les deux dernières saisons, domine la NCAA en 2016-2017 au point de décrocher le trophée Hobey Baker de joueur de l’année. Rétro-pédalage bien tardif de l’Avalanche, mise hors course dans les négociations par un Butcher vexé. Une clause de la convention collective NHL permet aux joueurs universitaires de signer où ils veulent au 15 août de leur dernière saison NCAA. Butcher attend la date fatidique, écoute les nombreuses offres, dont un contrat de Buffalo, pour finalement être séduit par le discours de John Hynes et de rejoindre les Devils. Après un bon camp, il intègre la rotation, joue en supériorité et compte 13 assistances en 17 matchs, contribuant au succès remarquable des Devils cette saison.
Une histoire comme il y en a beaucoup (que l’on pense à Kevin Hayes ou Jimmy Vesey), mais qui prend encore plus un côté comique en suivant l’histoire d’Alexander Kerfoot.
En 2012, New Jersey drafte au 5e tour, 150e au total, ce joueur de centre qui évolue alors en BCHL, une ligue junior régionale de l’Ouest du Canada. Il se blesse sérieusement la première saison après la draft et rejoint la suivante le circuit NCAA, à Harvard. Une première saison modeste, deux suivantes honnêtes, aux côtés de Vesey, mais il ne compte alors que quatre buts et sert surtout à alimenter le futur Hobey Baker 2016. Seul aux commandes de Harvard, il réussit une excellente saison 2016-2017 avec la bagatelle de 45 pts en 36 matchs. New Jersey le convie lors de ses matchs à Boston, vantant les mérites des Devils, mais le joueur est tenté par le même article de la convention collective que son ami Vesey et patiente jusqu’au 15 août, écarte une offre de Vancouver, sa région natale, et signe finalement… au Colorado. Il gagne sa place au camp, compte 13 pts en 16 matchs et, avec 7 buts, suit Clayton Keller au classement des rookies – même si son pourcentage de 33% de réussite au tir sera intenable.
New Jersey n’a pas réussi à signer Kerfoot mais a gagné Butcher.
Colorado n’a pas réussi à signer Butcher mais a gagné Kerfoot.
Finalement, tout le monde est content…
La retraite au goût amer de Paul Kariya
Cette semaine avait lieu la cérémonie annuelle d’introduction des nouveaux membres du Temple de la Renommée à Toronto. Teemu Selanne et Paul Kariya y sont entrés conjointement, une très belle manière de boucler la boucle pour ce qui a été le duo magique des Ducks d’Anaheim durant tant d’années. C’était l’occasion pour Kariya de réapparaître sous le feu des projecteurs, presque huit ans après avoir joué son dernier match en carrière. Alors pourquoi un joueur de son envergure, auteur de 989 points en exactement 989 matchs, a-t-il plus ou moins disparu des radars aussi longtemps ? Kariya ne s’en est ouvert que très récemment. Le 29 décembre 2009 donc, il subissait une 6e commotion cérébrale, celle de trop, forçant les docteurs à lui déconseiller de jamais rejouer.
Kariya a mal vécu ce divorce obligé avec son sport et s’est tourné vers autre chose, s’adonnant notamment à sa grande passion, le surf. Depuis, il n’est retourné qu’une fois voir un match, le dernier de Selänne avec les Ducks, et n’avait jamais rechaussé les patins avant un match de gala suivant la cérémonie. Rassurez-vous, il n’avait pas oublié comment faire… Il suit bien la NHL à la télé et n’a pas complètement tourné le dos à un éventuel emploi dans le milieu, mais il faudra de sacrés arguments pour l’éloigner de sa plage californienne.
Pourquoi les joueurs russes soutiennent-ils Vladimir Poutine ?
Après Alex Ovechkin, c’est au tour d’Evgeni Malkin de s’afficher en soutien au Président russe Vladimir Poutine. D’autres joueurs avaient, par le passé, déjà été vus arborant des t-shirts à la gloire du patron du Kremlin. Cet engagement peut surprendre pour nous autres occidentaux mais il faut rappeler que Poutine est extrêmement populaire en Russie. Dans un pays passé de la grandeur soviétique au chaos des années 1990, Poutine est l’homme qui a replacé la Russie sur l’échiquier international et redonné de la fierté à tout un peuple, quelles que soient ses méthodes… L’histoire ne dit pas, en plus, s’il n’est pas « poliment » demandé aux joueurs d’afficher de temps en temps ce genre de soutien…
Looks like Evgeni Malkin has joined Ovechkin's "Putin Team." From his Instagram: pic.twitter.com/0UFaiUWWkd
— Isabelle Khurshudyan (@ikhurshudyan) November 12, 2017
Un peu d’amour
Allez, parce que le hockey c’est aussi beaucoup d’amour, voici le bisou offert par Brad Marchand à Leo Komarov. À moins que ce ne soit un trollage grandiose du joueur des Bruins…
Marchand gave Komarov a kiss on the cheek pic.twitter.com/AIE3k5YPQw
— Flintor (@TheFlintor) November 13, 2017