Ce mercredi permet de retrouver les deux équipes féminines évincées en demi-finale, toutes deux déjà évincées des demi-finales des Mondiaux de Calgary en août dernier : Finlande et Suisse. D’ailleurs, c’est l’originalité de cette journée de mercredi à Pékin, ce Finlande – Suisse féminin pour le bronze succède au Finlande – Suisse masculin en quart de finale. Les Lionnes espèrent bien s’inspirer de la large victoires des Lions 5-1 sur les Helvètes.
Les Naisleijonat sont des spécialistes du match pour la troisième place, déjà treize fois médaillées de bronze aux championnats du monde et trois fois aux Jeux olympiques. Rares sont donc les autres équipes à revendiquer une médaille, en plus de la suprématie nord-américaine. La Suisse, qui a conforté sa place parmi le top 5 mondial ces dernières années, en fait partie, troisième des JO de Sotchi en 2014.
La Fraeun Nati entend bien contrarier le plan des Lionnes finlandaises, elle avait d’ailleurs acquis une belle victoire 3-2 face à elles lors du tour préliminaire, grâce notamment aux 38 arrêts d’Andrea Braendli et à un but gagnant de Lara Stalder. Ce match est d’ailleurs intervenu lorsque les Finlandaises connaissaient une certaine fragilité en début de tournoi. Depuis, le groupe finlandais s’est solidifié, et cela s’est ressenti par de meilleures performances, y compris en demi-finale face aux Américaines (1-4). Reste néanmoins cette dernière rencontre qui revêt une importance, celle d’un podium olympique. D’ailleurs les deux titulaires depuis le début du tournoi, Anni Keisala et Andrea Braendli, sont alignées pour ce match.
Malgré un temps fort du premier trio suisse Staenz – Müller – Stalder d’emblée, les Finlandaises vont bien débuter la rencontre. Elles se sortent sans souci d’une première infériorité et, une trentaine de secondes après celle-ci, Vivi Vainikka marque sur un rebond après une entrée en zone très propre d’Elisa Holopainen. L’ouverture du score est finalement logique car la Finlande domine son sujet au premier tiers-temps, et le second part sur la même physionomie, à l’image d’une montée intéressante de Jenni Hiirikoski, la capitaine finlandaise réussit à placer un tir du revers seule malgré trois joueuses suisses.
La Suisse subit mais elle a une occasion en or à la mi-match pour égaliser. Une perte de palet à la ligne bleue des Finlandaises permet un contre en solo de Lena Marie Lutz, mais Keisala bouche parfaitement l’angle et arrête de la mitaine. La Suisse rate le coche mais ne coule pas, malgré de très bonnes occasions de Karvinen dont un slap puissant que peine à contrôler Braendli.
C’est finalement en troisième période que la maison suisse va couler. Pourtant en supériorité numérique, l’équipe à la croix blanche perd à son tour un palet à la ligne bleue, Susanna Tapani part en contre et obtient plus de réussite que Lutz à cet exercice, elle marque d’un tir du poignet parfaitement croisé. Le break fait à un quart d’heure de la fin en infériorité, la Finlande balance un uppercut à la Suisse, sonnée et qui ne connaîtra que quelques minutes de temps fort par la suite. Et les Lionnes ne vont pas s’arrêter là puisqu’elles vont convertir leurs deux derniers jeux de puissance. D’abord par une reprise de volée de Nelli Laitinen au rond droit, bien décalée par Elisa Holopainen. Ensuite grâce à Michelle Karvinen, servie par Petra Nieminen, qui portera le score à 4-0.
La Finlande n’a véritablement pas tremblé et termine en bronze après une deuxième moitié de tournoi olympique bien plus convaincante. Quand bien même il lui reste un petit bout de chemin pour inquiéter régulièrement Canadiennes et Américaines, elle confirme son statut d’équipe intermédiaire entre l’Amérique du Nord et les autres nations de l’élite. Les Finlandaises renforcent leur troisième rang mondial avec une 17e médaille de bronze, Jeux olympiques et championnats du monde confondus, depuis le début des compétitions internationales féminines dans les années 90. Impressionnant !
Un succès qui, au-delà des joueuses, est à mettre au crédit de la fédération qui soutient depuis de nombreuses années ses équipes féminines, financièrement et matériellement. Le soutien financier est désormais de l’ordre de 10.000 euros annuels pour chaque joueuse, une bouffée d’air selon la capitaine Jenni Hiirikoski afin « d’améliorer la vie quotidienne » et « pousser plus loin » le niveau de l’équipe. D’ailleurs, à l’opposé, la capitaine helvète Lara Stalder a exhorté les instances suisses à vraiment accompagner la sélection féminine afin de développer davantage le hockey féminin au pays. Pas de secret, appliquer des moyens décents est un passage obligé pour renouveler les bonnes performances.
Commentaires d’après-match
Jenni Hiirikoski (défenseure de la Finlande) : « C’est un sentiment forcément agréable après ce résultat. [Ce tournoi] est l’histoire d’une équipe qui a progressé jusqu’à ce dernier match. Il y a eu des moments que je n’avais jamais rencontrés auparavant dans ma carrière. Je suis vraiment fière de la façon que, en tant qu’équipe, nous avons pu les gérer. Lors des derniers matchs, nous avons tout donné sur la glace. Le début du tournoi a été difficile. Nous avons connu de très bons moments contre les États-Unis et le Canada, même si les résultats n’étaient pas vraiment ce que nous voulions. Après la défaite contre la Suisse [au tour préliminaire], nous savions que nous n’avions pas joué à notre niveau. Beaucoup d’entre nous voulaient montrer où nous en sommes, nous avons montré où en sont les féminines. Nous avons bien progressé. »
Colin Muller (entraîneur de la Suisse) : « Je suis fier de toutes les joueuses. Nous avons vraiment joué un bon tournoi. On attend toujours plus d’engagement, toujours plus de victoires. Mais à un moment la limite est atteinte. Un exemple : notre troisième paire d’arrières (âgées de 17 et 22 ans avec déjà beaucoup de responsabilité dans tout le tournoi) était cramée à la fin. »
Finlande – Suisse 4-0 (1-0, 0-0, 3-0)
Mercredi 16 février 2022 à 19h30 au centre sportif Wukesong. 724 spectateurs.
Arbitrage de Elizabeth Mantha et Lacey Senuk (CAN) assistées d’Alex Clarke (CAN) et Sara Strong (USA).
Pénalités : Finlande 8′ (4′, 2′, 2′), Suisse 8′ (2′, 2′, 4′).
Tirs : Finlande 47 (13, 21, 13), Suisse 15 (6, 3, 6).
Évolution du score :
1-0 à 11’38 : Vainikka assistée de Tulus et Holopainen
2-0 à 43’24 : Tapani (inf. num.)
3-0 à 54’24 : Laitinen assistée de Holopainen et Savolainen (sup. num.)
4-0 à 59’03 : Karvinen assistée de Nieminen et Hiirikoski (sup. num.)
Finlande (2′ pour surnombre)
Attaquantes :
Michelle Karvinen (A, +1) – Susanna Tapani (+1) – Petra Nieminen (A)
Vivi Vainikka (+1) – Noora Tulus (+1) – Elisa Holopainen (+1)
Sanni Hakala – Tanja Niskanen (2′) – Sofianna Sundelin
Julia Liikala – Jenniina Nylund – Emilia Vesa
Défenseures :
Jenni Hiirikoski (C, +1, 2′) – Ronja Savolainen (+1)
Ella Viitasuo – Minnamari Tuominen (+1)
Sanni Rantala – Nelli Laitinen (+1, 2′)
Sini Karjalainen
Gardienne :
Anni Keisala
Remplaçantes : Meeri Räisanen (G), Sanni Vanhanen. En réserve : Eveliina Makinen (G).
Suisse
Attaquantes :
Phoebe Staenz – Alina Müller (A) – Lara Stalder (C)
Dominique Rüegg (-1) – Evelina Raselli (A, -1) – Rahel Enzler (-1)
Laura Zimmermann (-1, 2′) – Alina Marti (-1) – Lena Marie Lutz (-1, 2′)
Noemi Ryhner, Keely Moy (4′)
Défenseures :
Lara Christen – Sinja Leemann (-1)
Nicole Vallario (-1) – Nicole Bullo
Shannon Sigrist (-1) – Stefanie Wetli (-1)
Sarah Forster –
Gardienne : Andrea Braendli
Remplaçante : Saskia Maurer (G), Nadine Hofstetter (D), Kaleigh Quennec (A). En réserve : Caroline Spies (G), Lisa Rüedi (A).