Une nuit de sommeil et moins de 24h00 plus tard, les hostilités reprennent à la patinoire municipale de Tours entre Remparts et Vipers. Pour rappel, bien que se déroulant à Tours, la rencontre d’aujourd’hui est le match retour entre les deux équipes. Le championnat du monde de patinage artistique se tenant en ce moment à Montpellier, les Méditerranéens ont dû chambouler leur calendrier pour palier à l’indisponibilité de leur glace. C’est ainsi que les Remparts les accueillent pour la deuxième fois du week-end, mais les locaux n’ont pas l’intention d’offrir la vie de château à leurs « hôtes invités ». Victorieux 4 à 0 la veille, la troupe de Frank Spinozzi a entamé de la meilleure des manières cette poule de maintien et compte bien poursuivre sur cette lancée. On est en attente d’un réveil de la part des Montpelliérains. Dépassés au tableau d’affichage, les blanc et orange ont cependant montré qu’ils pouvaient être dangereux si on leur laissait de quoi s’exprimer.
Pour ce deuxième match, les deux portiers de la veille laissent la place à leur doublures respectives. On peut comprendre que Tours décide d’aligner Jean-Philippe Fontaine, le choix montpelliérain est plus discutable avec la titularisation de Louis Wery, considérant que son coéquipier Vilim Rosandic a sorti un grand match la veille, car sans lui l’addition aurait pu s’avérer bien plus salée. Ce choix n’a pas l’air pour autant de déranger son équipe, qui montre un tout autre visage. Le jeu produit est limpide, efficace et dangereux, à l’image de Martin Vojsovic servant Daniel Svoboda qui envoie un slap. Le ton est donné, le match ne sera pas le même. Hugo Montagut enchaîne en venant se faufiler dans la défense pour tester Fontaine du revers. Face à cette rébellion, David Camy-Sarty pense calmer les ardeurs des Vipers après une reprise de centre et un tir rapide, mais le palet finit sa course sur la ligne. Les officiels sont formels : pas de but. L’élan reste cependant montpelliérain, il faut une charge incorrecte de Matti Barin pour stopper la dynamique. C’est du moins ce que pensent les locaux, mais sur un contre rapidement joué Martin Vojsovic concrétise proprement un jeu en triangle qui déroute la défense tourangelle (1-0 à 8’42’’).
Ce but en infériorité a pour effet de galvaniser le groupe de l’Hérault, tout autant que les joueurs de la vallée de la Loire. Guillaume McSween après un beau jeu de passes puis Matthew Newbury trouvent tout deux les bottes de Louis Wery sur leurs lancers. Le danger se porte d’une cage à l’autre, le capitaine montpelliérain Martin Ropert montre l’exemple en adressant un slap puissant de la bleue, puis c’est au tour du jeune Erwan Plantrou qui vient tout en finesse envoyer du revers un palet flottant dans le plastron du cerbère bleu et noir. En fin de période les Remparts se montrent plus conquérants sur la rondelle et parviennent à créer plus de danger. En deux contre un, Peter Bourgaut reprend du bout de la crosse le centre qui lui est servi mais son lancer manque de puissance pour inquiéter Louis Wery. Sur l’action suivante c’est à Bourgaut de servir Julien Msumbu mais lui non plus ne trouve le chemin des filets. Alors qu’il ne reste que quelques secondes au chronomètre, les Vipers commettent une erreur de marquage en laissant le slot libre à Mathieu Ayotte qui prend tout son temps pour envoyer du poignet un palet précis, mais Wery lit bien la trajectoire et fait l’arrêt.
Menant au score à l’entame du deuxième tiers, les Vipers ne perdent pas de leur motivation, Gabriel Lévesque reprend un centre provenant de la gauche et tente de l’envoyer sous la barre, mais Fontaine anticipe correctement et interpose sa mitaine. Les Remparts augmentent leur niveau de jeu et se créent des occasions de plus en plus dangereuses, le slot montpelliérain est encore une fois laissé esseulé, Leif Mattson en profite pour s’y introduire mais dans son dernier geste il envoie le palet hors cadre. Petit à petit la pression monte sur la cage des visiteurs, Elie Raibon dévie astucieusement le palet puis Matthew Newbury envoie un lancer alors que Wery est masqué, le compteur ne se débloque pas. En supériorité numérique, les assauts tourangeaux se font encore plus insistants, Mattson encore une fois seul loupe le cadre, idem quelques secondes plus tard par Newbury. Après une contre-attaque des Vipers à trois contre deux qui ne donnera rien, Guillaume McSween s’y essaye à son tour en envoyant deux slaps de la bleue.
Dans un jeu plus construit, le palet passe derrière la cage par l’intermédiaire de Newbury qui l’envoie sur l’autre aile à Elie Raibon, pour une passe en retrait à Fabien Métais dont le lancer débloque enfin le compteur tourangeaux (1-1 à 38’22’’). Après tant d’efforts face à une équipe accrocheuse, ce but s’avère libérateur. Gardant la tête froide le trio Vojsovic – Svoboda – Barin récupère la rondelle sur l’engagement suivant et expose au locaux qu’ils ne sont pas les seuls à savoir jouer en triangle : le palet traverse la défense des Remparts en deux passes pour aboutir dans la crosse de Barin qui décoche un lancer puissant et précis en pleine lucarne opposée (2-1 à 38’43’’). Dépassé sur cette action, un joueur tourangeau essayera même de lancer sa crosse pour bloquer l’une des passes, ce qui ne manque pas d’énerver les visiteurs. Pas impressionnés par les vociférations méditerranéennes, les officiels gardent la main sur la rencontre.
Il reste 20 minutes à Montpellier pour essayer de tenir le score et ainsi revenir de ce week-end avec quelques points dans les valises. Mais Tours entame le dernier acte en revenant rapidement au score par l’intermédiaire de Guillaume McSween qui trouve la place de loger son slap sous le bras de Wery (2-2 à 41’45’’). Tout est à refaire pour les Vipers qui se font petit à petit submerger par leurs adversaires. David Camy-Sarty puis son capitaine Alexis Birolini font parler l’artillerie de la bleue. Sur la salve suivante, Colin Downey reprend un rebond sans trouver le filet. Le portier des Vipers est harcelé de tirs en plus d’être gentiment chahuté par le public tourangeau, il finit par craquer en accordant un autre rebond cette fois-ci bien converti par Julien Msumbu (3-2 à 46’22’’). Montpellier parvient encore à créer le danger dans la zone adverse mais commence à perdre du rythme physiquement. Les locaux prennent de plus en plus les rênes de la rencontre et enchaînent les occasions de se mettre à l’abri. Leif Mattson reprend un centre en retrait servi à l’aveugle mais l’angle est trop fermé pour permettre de trouver le filet. Après une séquence où la différence de fraicheur physique est notable, Elie Raibon sert l’auteur du triplé de la veille complétement démarqué sur l’aile droite, sans tergiverser Matthew Newbury reprend le centre en one-timer et fait le break (4-2 à 54’57’’). Menant au score après avoir inscrit trois buts dans ce dernier tiers, les locaux subissent leur unique pénalité et doivent finir la rencontre à quatre. Toutes les forces sont lancées dans la bataille par les Vipers qui sortent le gardien, cela a bien failli payer. Le banc se lève d’un seul homme sur les multiples lancers, mais impeccable, Fontaine se déploie de tout con corps pour annihiler les plans adverses. Le buzzer sonne et c’est finalement le banc tourangeaux qui peut célébrer la victoire.
Après le match à sens unique de la veille, les Vipers se sont remobilisés aujourd’hui. Ils auront réussi à mener plus de quarante minutes face à un adversaire nettement plus fort qu’eux, la performance est d’autant plus notable puis-ce qu’ils sont, rappelons-le, privés de leur coach Éric Labrosse retourné pour raisons personnelles au Canada. La bataille fut engagée pour les locaux avant de dérouler dans le dernier acte pour entériner cette victoire qui s’ajoute à celle d’hier. Avec cette double victoire il ne manque plus que trois points à Frank Spinozzi et ses hommes pour s’assurer le maintien. En déplacement samedi à Clermont-Ferrand c’est face à une équipe n’ayant récolté que deux points en saison régulière que Tours va se présenter, l’occasion rêvée de l’emporter et composter le ticket pour rester en Division 1 l’année prochaine.
Commentaires d’après match :
Gabriel Levesque (attaquant de Montpellier) : « On est content de notre week-end en général, on savait que ce serait très dur, on savait que Tours n’a rien à faire en relégation, qu’ils survoleraient la poule évidemment. Donc juste de les avoir accrochés déjà au premier match est satisfaisant. Nous sommes encore plus satisfaits de nous au deuxième match, on leur a posé des problèmes, on avait une réelle chance aujourd’hui. Je pense que ça augure bien la suite puisqu’on va jouer deux équipes plus dans notre calibre, et on va pouvoir mesurer notre progression. »
(Un article de Nicolas Bray, illustrations de Charlotte Rossignol)
Montpellier – Tours 2-4 (1-0, 1-1, 0-3)
Dimanche 20 mars 2022 à 15h30 à la patinoire du centre municipal des sports de Tours. 484 spectateurs.
Arbitrage de Marie Tjana Picavet assistée de Romain Honoré et Pierre Tronet.
Pénalités : Montpellier 2′ (0’, 0’, 2’), Tours 4′ (2’, 0’, 2′).
Tirs : Montpellier 20 (7, 4, 9), Tours 39 (12,12,15).
Évolution du score :
1-0 à 08’42 : Vojsovic assisté de Levesque et Montagut (inf. num.)
1-1 à 38’22 : Metais assisté de Raibon et Newbury
2-1 à 38’44 : Barin assisté de Svoboda et Vojsovic
2-2 à 41’45 : Mc Sween assisté de Raibon et Newbury
2-3 à 46’21 : Msumbu assisté de Safar et Bourgaut
2-4 à 54’57 : Newbury assisté de Raibon et Metais
Tours
Attaquants :
Julien Msumbu – Mathieu Ayotte – Peter Bourgaut (A)
Leif Mattson – Colein Downey – David Camy Sarty
Matthew Newbury – Fabien Métais – Elie Raibon
Clément Garrido – Pablo Maltas – Kevan Leveque
Défenseurs :
Fabien Metais (A) – Phil Bushbacher
Alexis Birolini (C) – Alexis Sansfaçon
Mathieu Buttin – Jan Safar
Gardien :
Jean-Philippe Fontaine
Remplaçant : Sébastien Raibon (G). Absents : Alexis Crosnier, Alex Pisarik, Bastien Lemaitre
Montpellier
Attaquants :
Daniel Svoboda – Gabriel Levesque (A) – Martin Vojsovic
Hugo Montagut – Matti Barin – Mathieu Touveron (A)
Alexandre Vigor – Yannis Cherkaoui – Erwan Plantrou
Simon Trani – Rayan Bernoussi
Défenseurs :
Martin Ropert (C) – Patrick Murphy
Maxime Deplanque – Gabriel Sabourin
Eliot Ardouin – Brett Beauvais
Gardien :
Louis Wery [sorti à partir de 57’51]
Remplaçant : Vilim Rosandic (G). Absents : Théo Caubet, Raphaël Odorico, Frédéric Abraham, Jacob Hanlon,