C’est Angers qui impose la moitié des représentants dans l’équipe-type. Logique pour des Ducs qui sont les seuls invaincus en championnat en novembre, alors qu’ils n’ont pas chômé par ailleurs puisqu’ils se sont aussi qualifiés dans les deux coupes. Philippe Halley (7 buts, 4 assists, +9) et Tommy Giroux (4 buts, 6 assists, +10), sont vraiment impressionnants depuis un mois. Ils pressent avec une intensité folle. Halley gratte énormément de palets et se trouve les yeux fermés avec ses ailiers.
Le défenseur Nicholas Ross (en photo ci-dessous) a aussi été solide. Bien revenu après sa blessure à l’épaule, il fait sentir qu’il a joué à un niveau supérieur : presque jamais pris à défaut, il ne panique pas et prend très peu de pénalités. Il a toujours la tête levée et ses lancers de la ligne bleue trouvent souvent des déviations devant le but.
Les autres favoris Grenoble et Rouen n’ont pas de représentants cette fois et n’ont pas eu de parcours parfait. Ils avaient pourtant un calendrier favorable : sur cinq rencontres, ils affrontaient les trois derniers du championnat. Mais s’ils ont battu Chamonix et Briançon, ils ont cédé face à Anglet, la sensation du mois que l’on pensait au plus mal à la trêve avec les turbulences ayant amené à l’élection d’un nouveau président. L’Hormadi a pourtant muselé les deux plus redoutables attaques de Ligue Magnus : 1-0 contre Grenoble puis 2-1 à Rouen.
Le gardien canadien Matthew Robson tient évidemment une grande part dans ces performances remarquables. Il a apporté de la sécurité à un poste dont l’instabilité a coûté cher aux Basques en début de saison, et a remporté – avec un blanchissage à la clé – son duel direct face à son concurrent le plus sérieux du mois (un Jakub Stepanek qui a retrouvé la forme). Certes, Robson s’est fait sortir en cours de match à Mulhouse, mais malgré ce jour sans où il était un peu malade, il a maintenu de belles statistiques de 92,9% d’arrêts dans le mois. Robson n’aurait pu y arriver seul : il a bénéficié d’un soutien inédit de sa défense qui a défendu en bloc et en intensité sur le porteur du palet. La recrue tchèque Matyas Zelingr symbolise cet état d’esprit en bloquant des tirs et en cherchant toujours à faire la bonne première passe. Avec un +4 sur le mois, le défenseur défensif a rendu sa fiche positive sur l’ensemble de la saison, pourtant mal commencée pour Anglet.
À l’aile droite, on retrouve la révélation française de ce début de championnat : opéré du genou à l’intersaison, Jordan Mugnier joue comme libéré. Il a franchi un cap important et a pris confiance dans son jeu au point d’avoir déjà explosé ses compteurs de la saison passée. Ses belles statistiques (4 buts et 4 assists en 5 rencontres en novembre) ne viennent pas d’un rôle plus favorable : elles ont été entièrement acquises à égalité numérique car il n’évolue pas en jeu de puissance quand les Scorpions sont au complet. Mugnier joue sur une troisième ligne 100% française, et pourtant c’est le seul JFL du championnat avec le vétéran Sacha Treille à maintenir une moyenne d’un point par match depuis le début de championnat. Parmi les vingt meilleurs marqueurs français actuels, le Chamoniard est le seul à n’avoir jamais été appelé en équipe de France, même pas chez les juniors : c’est donc un profil totalement inattendu qui est aujourd’hui devenu le meilleur marqueur de Mulhouse, équipe elle-même surprenante puisque son bilan global reste positif quand on décompte ses points de pénalité.
L’équipe-type de novembre 2022 : Mat Robson (Anglet) / Nick Ross (Angers) – Matyáš Zelingr (Anglet) / Tommy Giroux (Angers) – Philippe Halley (Angers) – Jordan Mugnier (Mulhouse).