En cette période de fêtes hivernales et de trêve dans la compétition, il est temps de vous dresser le second bilan de la saison de Division 3 2022-2023. L’occasion d’établir le constat validant les bons départs évoqués en octobre, ou au contraire voir si les tendances ne se seraient pas inversées.
Division 3 : Poule A
Commençons par la poule A pour laquelle nous pourrions presque croire qu’il n’y a pas eu d’inter-saison tant le scénario de cette phase régulière ressemble à l’exercice précédent, du moins pour ce qui est du haut et du bas de classement, les nouvelles équipes du groupe que sont Poitiers et Brest affichant un parcours médian.
Cette équipe de Brest 2 qui se retrouve plus en peine dans ce groupe de l’ouest par rapport à la teinte très francilienne de son ancienne poule B. Les hommes de Sergueï Toukmatchev occupent la sixième place avec huit points en neuf rencontres disputées.
Surtout, la tendance est vraiment négative puisqu’ils n’ont plus remporté le moindre match depuis le dernier bilan en date, soit cinq défaites de série dont un échec le 26 novembre contre l’équipe de Rennes, qui occupe pourtant l’avant-dernière place du classement avec trois points au compteur, soit la seule victoire de leur saison acquise dans le derby breton (5-3). Les Rennais ont à leur crédit d’être l’équipe la plus en retard de calendrier de la poule : là où la majorité des équipes compte neuf rencontres disputées, les Cormorans ne sont qu’à six matchs et pourraient donc, s’ils négocient au mieux les parties de retard, revenir sur les Albatros et croire encore en une accession aux play-offs.
Ce qui serait une première depuis la saison 2012-2013, où ils avaient atteint les huitièmes de finale contre la formation de Limoges. Depuis, les deux équipes sont dans la même poule et luttent régulièrement pour éviter la dernière place de celle-ci. Rennes et Limoges ne se sont pas encore affrontées cette saison (double confrontation prévue les 14 et 21 janvier), et ces rencontres décideront de manière quasi assurée la dernière place finale du groupe. Les Taureaux de Feu n’ont pas encore collecté le moindre point depuis le début d’exercice, soit neuf défaites, dont un cinglant 0-14 contre le leader le 5 novembre.
En effet, pour le reste du classement également on semble prendre les mêmes et recommencer : en tête, nous retrouvons l’équipe de la Roche-sur-Yon avec un parcours sans faute de sept matchs joués et 21 points collectés. Très déçus de ne pas être parvenus à décrocher la montée à l’issue du dernier carré final à domicile, les Yonnais sont en mission pour enfin retrouver la Division 2 la saison prochaine, et cela passe par une première place à conforter dans cette phase régulière.
À l’instar de l’an dernier, une seule équipe semble en mesure de ravir cette suprématie, il s’agit d’Anglet 2. À date, la réserve basque est à égalité de points avec la Roche, mais elle compte deux matchs de plus disputés. Qui plus est, l’Hormadi a connu deux revers cette saison, et ce fut à l’occasion des deux matchs l’opposant au Hogly (1-5 le 8 octobre et 7-1 le 10 décembre). La hiérarchie semble donc toute établie, mais l’équipe invitée surprise du dernier carré final peut rester dans ce rôle de trouble-fête à l’horizon des prochains play-offs.
Des play-offs que disputera également, sauf soulèvement incroyable, la formation de Cholet 2 qui grimpe sur le podium avec 19 points en neuf matchs. Emmenés par le meilleur marqueur du championnat tout groupe confondu en la personne du Finlandais Joonas Parviainen (33 points).
Les Choletais comptent un bilan positif avec six victoires et une défaite bonifiée à l’occasion de l’ouverture de la saison et la réception de Poitiers le 24 septembre (5-6 a.p.). C’est d’ailleurs cette équipe des Dragons que l’on retrouve à la quatrième place avec 15 points soit quatre de moins que Cholet, mais une partie de moins également. L’ancien pensionnaire de l’échelon supérieur connait un parcours sérieux mais non dominateur. Pour autant, avec 13 joueurs qui disputaient la Division 2 la saison passée, cette formation ne sera vraiment pas un cadeau pour l’équipe qui en héritera à l’occasion des play-offs.
Solidement attachée au milieu de tableau, on retrouve enfin Bordeaux 2 qui a créé un petit écart de quatre points sur Brest. L’objectif est clairement la formation au jeu adulte pour de jeunes Boxers prometteurs, encadrés par des joueurs plus expérimentés.
Division 3 : Poule B
Et si la poule surprise de cette saison était la poule B ? Le groupe francilien, complété de quelques formations du versant nord, a vu son déroulé bousculé depuis notre dernier bilan. S’il faisait état à l’époque des trois équipes hors Île-de-France en tête du classement, ce sont désormais deux équipes de la région parisienne qui trustent les plus hautes marches du podium.
En tête à l’issue de 2022, on retrouve la formation de Cergy-Pontoise 2. Les joueurs conduits par Éric Sarlieve comptent 27 points en onze matchs joués. Surtout, après un début moyen, ils restent sur une série de huit victoires consécutives, soit la meilleure série en cours de toute la Division 3. Emmenée par le capitaine Tristan Lemaire, meilleur marqueur de l’équipe et vétéran aux côtés de Frédéric Hostein, Nicolas Lachat et Géraud Maréchal, la jeune garde cergyssoise tentera de conserver la tête, synonyme de qualification directe pour les quarts de finale de play-offs.
Si la première phase devait s’arrêter aujourd’hui, elle y sera accompagnée des « Cabs » de Dammarie-les-Lys. La formation de Seine-et-Marne compte quatre points de retard sur les Jokers, mais également un match de moins. Si on évoquait une surprise la saison dernière, alors que l’équipe a performé au sein de la très relevée poule C, les pensionnaires de la Cartonnerie confirment cette saison. Ils comptent notamment dans leur effectif le meilleur marqueur de la poule, le local Romain Danton (28 points).
Les trois équipes de province suivent désormais entre la troisième et la cinquième place, en commençant par les Renards d’Orléans, à quatre points de Dammarie. Le départ d’Oliver Resetar a été numériquement remplacé par l’arrivée du jeune russe Damir Shafeyev, mais celui qui fut le quatrième meilleur marqueur du championnat lituanien la saison passée ne présente pas à ce jour le même rendement. Les dirigeants nourrissent sans doute l’espoir qu’il soit pleinement prêt pour les play-offs.
A deux points des Orléanais, Tours 2 souffle le chaud et le froid, alors qu’il pouvait être attendu de meilleures performances de la part de cette équipe qui compte plusieurs éléments expérimentés à des échelons supérieurs.
Les Remparts dominent tout de même pour trois points le vainqueur de la Division 3 la saison dernière, Caen 2. Avec cinq défaites en dix matchs, la réserve caennaise connait une saison plus délicate, et elle n’est pas assurée de pouvoir défendre son titre dès l’issue de la première phase.
Effectivement, le dernier ticket de la poule est actuellement dans les mains de Champigny, qui suit à deux points mais qui compte deux matchs de retard.
De la même manière, la dernière équipe « non qualifiable », Asnières, a Caen en ligne de mire avec trois points et un match en retard. Les Castors comme les Drakkars jouaient les premiers rôles la saison dernière, et il est surprenant de les retrouver à la lutte pour simplement accéder à la seconde phase.
Une seconde phase qui paraît déjà très loin pour Boulogne Billancourt et Garges les Gonesse, décrochés avec trois points au compteur soit une seule victoire. L’ACBB s’était imposée sur la glace des Grizzlys le 19 novembre (4-6), alors que ces derniers ont créé la surprise à l’occasion de leur dernier match joué en disposant d’Asnières (4-3).
Division 3 : Poule C
C’est un très beau duel que se livrent en poule C, les deux équipes ambitieuses que sont Dijon et Metz. Et dans cette bataille, l’avantage est pour les Bourguignons, qui comptent trois points d’avance (21).
Les Ducs ne se sont inclinés qu’une seule fois cette saison, et cet accident de parcours est survenu le 12 novembre sur la glace de Châlons en Champagne (5-3). Depuis ils ont par exemple pris le meilleur sur la glace messine (2-6), dans un match où le meilleur marqueur de la poule, le slovaque Lukas Zeliska (20 points) arrivé à Metz en 2020 bien qu’ayant parcouru la France auparavant (Bordeaux, Anglet, Cholet, Dunkerque), est resté muet.
Si ce duo se détache en tête du groupe, il ne faudrait pas pour autant condamné trop rapidement le tombeur des Dijonnais, Châlons en Champagne. Certes les Gaulois comptent neuf points de retard sur Dijon et six sur Metz, mais ils comptent également respectivement un et deux matchs de retard sur ces deux équipes, soit la possibilité de recoller aux Lorrains. Au delà du nombre de parties disputées qui joue forcément un rôle, l’équipe pratique un hockey extrêmement propre et demeure largement l’équipe la moins pénalisée du championnat, toutes poules confondues.
A un point (mais un match de plus), nous retrouvons Annecy 2. S’il est fréquent pour un club de fêter l’anniversaire de la structure, la réserve des Chevaliers du Lac a organisé un évènement cocasse à l’occasion de la venue de Strasbourg le 10 décembre (victoire 11-4), en célébrant dans le même temps les 50 ans du club… et de son joueur Davy Rachex !
Les quatre équipes tiennent une avance confortable sur les trois derniers effectifs de la poule, même si Luxembourg (cinq points en six matchs) est bien partie pour retrouver les play-offs que le Tornado avait loupé la saison passée. Si les joueurs du Grand-duché ne rivalisent pas avec la tête, ils ont su prendre des points contre Annecy le 15 octobre (6-5 a.p.) et Strasbourg le 5 novembre (5-1).
C’est toujours une victoire (à trois points) de plus que Compiègne (deux points), mais c’est la formation qui a disputé le moins de parties (cinq) de tout le championnat. Les Lions étaient pour rappel parvenus à s’imposer en prolongations à Annecy le 22 octobre (5-6 a.p.).
Ils n’ont pas encore affronté Strasbourg 2 cette saison (cela se jouera les 7 et 21 janvier), une réserve alsacienne qui a certes connu la Division 2, mais est désormais en grande souffrance avec aucun point au compteur après six matchs. Il est pour autant difficile de performer là où l’équipe n’en est pas vraiment une : 36 joueurs (dont quatre gardiens) ont déjà été équipés pour l’Étoile Noire cette saison, un seul (Mathieu Lambert-Jams) a pris part aux six rencontres disputées. Et si l’effectif s’avère décent à domicile, il voyage léger hors de ses terres avec dix joueurs de champ et un gardien seulement qui s’étaient rendus à Annecy.
Division 3 : Poule D
La saison passée, deux équipes ont terminé invaincues la saison régulière : la Roche sur Yon et Lyon. Cette saison, seul le Hogly peut désormais encore y prétendre. Désormais pensionnaires de la poule D, les Lions se sont en effet faits surprendre à l’occasion du dernier match disputé.
Le 17 décembre, les Lyonnais accueillaient Toulon à Charlemagne, et malgré une rencontre totalement à leur main au bout de deux périodes où ils menèrent de quatre buts, ils connurent un incroyable trou d’air dans le troisième tiers, concédant quatre buts et furent pousser en prolongations par des Boucaniers transcendés, qui en profitèrent donc pour finir le travail sur un but vainqueur de Roman Novotny, déjà double buteur auparavant dans la partie (4-5 a.p.). Le meilleur marqueur du groupe, Martin Kulha avait pourtant inscrit un doublé et une passe à l’occasion de ce match. Jusqu’alors le parcours du LHC était un sans faute, et la surprise est d’autant plus grande que les Toulonnais n’occupent « que » la quatrième place du classement, avec 11 points au compteur. Mais nul doute que cette performance fera grandir les ambitions varoises pour 2023.
Défaits, les Lions ne sont pas pour autant inquiétés dans le commandement de la poule puisqu’ils comptent sept points d’avance sur le dauphin, Avignon. Les Castors ont pu mesurer le chemin qui les séparait de la tête le 26 novembre, en recevant les Lyonnais. Mais contrairement aux Toulonnais, ils ne purent rivaliser (1-5). Notons que le doyen du championnat évolue dans cette équipe d’Avignon, le québécois Denis Charpentier, 56 ans, qui a connu sa première saison en France en 1991 avec Nimes, alors en Nationale 2 !
A deux points des Avignonnais, le HC Savoie complète le podium. Les Trois Loups de l’entente Albertville-Chambéry-HCMP ont su réagir pour leur dernier match à date en disposant de Nimes (6-3), pour mettre fin à une série de trois défaites consécutives.
Cette poule est toujours aussi ouverte puisqu’à un nombre de matchs équivalent, cinq points séparent le deuxième Avignon des cinquième et sixième, Briançon 2 et Nice 2. Ces deux formations peuvent aussi bien, au prix d’un excellent parcours jusqu’en mars, aller chercher le dernier ticket qualificatif directement pour les huitièmes de finale, ou au contraire perdre la qualification pour la deuxième phase.
Elles comptent en effet un point d’avance sur Nimes, mais les Krokos ont un match d’avance, et plus vraiment le droit à l’erreur face à leurs adversaires directs.
Ils sont eux mêmes menacés par la dernière équipe de la poule, Villard de Lans 2, qui compte certes trois points de retard, mais un match de moins que le peloton, et deux de moins que les Gardois. Il y a donc peut être encore un coup à jouer pour la formation conduite par Pascal Favarin, la plus jeune en moyenne d’âge de cette Division 3 (18,7 ans).