Alors que les équipes de la NHL arrivent au quart de la saison, Hockey Archives vous propose un tour d’horizon.
On a coutume de dire en NHL que 77% des équipes en position de playoffs à Thanksgiving terminent effectivement en playoffs. L’importance d’un bon début de saison n’est plus à prouver…
Première partie : la conférence Est.
Division Atlantique
Toronto Maple Leafs
Les Maple Leafs de Toronto mènent la danse avec une fiche de 13-7-2. Pour une fois, ce n’est pas leur attaque qui est la principale responsable de ce très bon bilan : leurs 65 buts en 22 matchs ne se classent que cinquième de la division. C’est surtout la défense, avec seulement 57 buts encaissés (1er), qui semble valider le projet de l’entraineur Craig Berube : une formation plus difficile à jouer. Longtemps remplaçant partout où il est passé, Anthony Stolarz s’est emparé du poste de gardien n°1 avec un spectaculaire 92,1% d’arrêts, parfaitement relayé par le jeune Joseph Woll (92,2%). De quoi compenser un manque de densité offensive réel, accentué par la blessure d’Auston Matthews. Le buteur attitré des Leafs n’a disputé que 13 matchs et est parti en Allemagne afin de consulter un spécialiste ; son retour est imminent, mais curieusement l’équipe a mieux joué sans lui, ne perdant qu’une fois ! En son absence, Mitch Marner (29 pts), William Nylander (24 pts) et John Tavares (20 pts) assument l’essentiel des responsabilités. Le staff devra trouver des solutions car, hormis les 8 buts de Matthew Knies et la surprise Bobby McMann (6 buts), les autres lignes sont aux abonnés absents, la faute à une infirmerie bien garnie.
Florida Panthers
Le champion en titre n’a pas vraiment la gueule de bois : une fiche de 13-9-1, la meilleure attaque de la division (80 buts) et un bilan solide à l’extérieur comme à domicile, des équipes spéciales dans le top-10… tout va bien ou presque. La prolongation de contrat de Sam Reinhart semble justifiée, l’attaquant reprenant là où il s’est arrêté : 57 buts l’an dernier, et déjà 17 cette année, pour un total de 32 pts. Le banc est tout aussi productif, sept attaquants comptant plus de 10 points, dont Sam Bennett (21), Aleksander Barkov (21, dont 16 passes en seulement 15 matchs) et Anton Lundell (16). Les débuts de Matthew Tkachuk (16 pts) et Carter Verhaeghe (18 pts), plus décevants notamment défensivement, peuvent être un petit motif d’inquiétude. Derrière, Gustav Forsling, Niko Mikkola et Aaron Ekblad ont atteint les 10 pts. Autre motif de doute, la situation dans les cages. Le duo Sergei Bobrovsky (88,9%)-Spencer Knight (90,2%) plafonne, et l’équipe reste sur un 4-6-1 sur les dix derniers matchs. L’indiscipline chronique (parmi les premiers de la ligue en pénalités) n’aide en rien.
Tampa Bay Lightning
Le champion 2020 et 2021 n’a pas abdiqué son rêve de rester au sommet. Le Lightning suit avec 24 pts en seulement 21 matchs – plus faible nombre de rencontres de la division. Malgré ce petit nombre, l’attaque se classe première ex-aequo avec 80 buts inscrits. Les choix forts, dont la non-resignature du capitaine historique Steven Stamkos, n’ont rien changé au danger de la première ligne. Nikita Kucherov compte déjà 12 buts et 33 pts, même avec quelques absences de son centre Brayden Point (15 buts, 20 pts en 17 matchs). Le troisième larron ? Le nouvel arrivant Jake Guentzel (21 pts). La force de Tampa c’est son banc, avec une contribution majeure de la deuxième ligne (Brandon Hagel 26 pts, Anthony Cirelli 22 pts, Nick Paul 13 pts), ce qui est un changement important par rapport à l’an dernier, où Cirelli n’avait pas beaucoup produit. La défense n’a encaissé que 66 buts, portée par ses valeurs sûres (Victor Hedman, Ryan McDonagh) et surtout par un Andrei Vasilevskiy plutôt solide, fort de sa 300e victoire en carrière (91% d’arrêts, 2.40 buts encaissés). Reste à trouver plus de dynamisme en déplacement : la Amalie Arena est une forteresse (7-3-1 à domicile), mais les voyages sont plus compliqués (4-5-1). Les équipes spéciales devront par ailleurs performer un peu plus.
Boston Bruins
Difficile de trouver plus de remue-ménage qu’à Boston, pourtant encore en course avec une fiche de 11-10-3. Mais les statistiques ne sont pas bonnes : les Bruins s’enfoncent en bas de classement dans toutes les catégories de possession de palet et d’occasion (26e en buts anticipés pour et contre). Un jeu indigent qui a coûté sa place à Jim Montgomery : finaliste du trophée Jack Adams 2023, il est le premier coach écarté cette saison, remplacé par son adjoint Joe Sacco. Alors que les Bruins ont joué le plus de matchs (24), ils possèdent la 2e pire attaque (57 buts), symbolisée par les problèmes de David Pastrnak (8 buts, 22 pts) et Brad Marchand (8 buts, 17 pts), tous deux “punis” par Montgomery en début de saison. Problème : il n’y a pas grand monde derrière ces deux-là ! Elias Lindholm (13), Pavel Zacha et Justin Brazeau (10) sont loin derrière et aucun joueur ne compte plus de cinq buts. Les centres Zacha et Charlie Coyle (5 pts) ont disparu des radars. Un jeu de puissance dernier de la ligue, cela n’aide pas non plus. Et cela ne va pas mieux dans les cages : Jeremy Swayman, en conflit tout l’été au sujet de son nouveau contrat, a manqué le camp d’entrainement et semble loin de son meilleur niveau (88,8% d’arrêt). Par chance, la signature de Jonas Korpisalo (4-2-1, 91,1%) limite les dégâts. Le changement de coach précoce aura-t-il suffisamment d’impact dans cet effectif vieillissant ?
Buffalo Sabres
Les Sabres rêvent d’un retour en playoffs et ils s’accrochent au classement, sous la direction de Lindy Ruff, de retour aux commandes cet été. Leur fiche de 11-10-1 les laisse en course, non sans peine – il a fallu remonter un démarrage atroce de 1-5-1. La moyenne d’âge très basse se repère vite à travers l’inconstance de nombreux joueurs. Tage Thompson mène son escouade (11 buts, 18 pts) comme attendu, mais il a connu des pépins physiques et n’a joué que 17 matchs. Il est suivi du vétéran Alex Tuch (21 pts), du néo-capitaine Rasmus Dahlin (19) et de JJ Peterka (16). On compte huit joueurs à plus de 10 pts, mais trois sont des défenseurs (Dahlin, Owen Power et Bowen Byram) et les ailiers semblent avoir du mal à trouver la cible. Une meilleure contribution de Dylan Cozens, Payton Krebs, Jack Quinn, Zach Benson et Jordan Greenway sera indispensable pour rêver plus grand. Enfin, Ukko–Pekka Luukkonen tient sa partie dans le but (91,4%) mais il aura besoin d’un meilleur soutien que celui du tout jeune Devon Levi (87%). L’arrivée de James Reimer, solide pour sa première, aidera-t-elle ?
Detroit Red Wings
La place de Derek Lalonde est-elle menacée ? Ou en est le “Yzerplan” ? Autant de questions pour le manager Steven Yzerman, qui voit les Red Wings bloqués à 10-10-2 avec seulement 55 buts marqués. Lucas Raymond mène certes avec 22 pts, mais l’ailier suédois n’a fait s’allumer la lampe que six fois. Car derrière Dylan Larkin (12 buts) et Alex DeBrincat (9), il n’y a pas foule… Un manque de banc évident, malgré le recrutement des vétérans Vladimir Tarasenko (2 buts, 8 pts), JT Compher (7 pts), Christian Fischer (1 buts, 3 pts), et l’insertion de nombreux jeunes talents, comme le jeune Autrichien Marco Kasper (2 buts, 4 pts), promu sur la ligne Kane-DeBrincat, Simon Edvinsson en défense, ou Jonatan Berggren. Detroit reste en course uniquement grâce aux performances stratosphériques de Cam Talbot (92,3% d’arrêt) et Alex Lyon (91,1%) et à ses 28,5% en supériorité numérique. Il faudra vite trouver des solutions en infériorité comme à 5v5 cependant (32e et 31e de la ligue)…
Ottawa Senators
Ottawa a investi beaucoup cet été pour régler sa situation dans les cages. Mais Linus Ullmark réalise des débuts atroces (88,6% d’arrêts) et c’est finalement Anton Forsberg qui surnage (90,1%). Les Senators et leur fiche de 10-11-1 sont en danger de passer à côté de leur saison malgré le début flamboyant de Tim Stützle (9 buts, 28 pts). Brady Tkachuk suit (11 buts, 25 pts) ainsi que Drake Batherson (23). On peut aussi se satisfaire du retour en santé de Josh Norris (15 pts), longtemps handicapé par de graves pépins physiques. La bonne surprise vient d’Adam Gaudette : le journeyman compte 11 buts en tant que joueur de soutien. Mais il n’y a pas grand chose à côté, et l’apport offensif de Jake Sanderson et Thomas Chabot (10 pts) masque mal les réalités de l’effectif, où la blessure d’Artyom Zub n’a pas aidé. Même le coach Travis Green n’échappe pas aux feu des critiques pour ses choix dans le jeu défensif notamment, Travis Hamonic réalisant une saison catastrophique sans être le moins du monde inquiété. L’effectif semble bancal et sans confiance.
Montreal Canadiens
Montréal est en reconstruction, on le sait. Martin St. Louis va devoir tout de même démontrer au long de la saison une réelle progression. Le Canadien reste une équipe agréable à voir jouer, plombée par le manque d’expérience d’une bonne partie de l’alignement. Sa fiche de 8-11-3 pâtit d’un horrible bilan en déplacement (3-6-1), la faute à une défense qui a encaissé 83 buts en 22 matchs. Tout n’est pas à jeter, loin de là : le capitaine Nick Suzuki est exemplaire (20 pts), Cole Caufield navigue avec les meilleurs snipers de la ligue (13 buts) et Brendan Gallagher compte 8 buts. Mais Juraj Slafkovsky ne franchit pas le camp attendu (2 buts, 13 pts), de même que Kirby Dach (1 but, 8 pts). Martin St. Louis a déjà essayé de les remobiliser avec une démotion en 3e ou 4e ligne. Le patinage remarquable du rookie défenseur Lane Hutson est lui déjà précieux offensivement (12 pts) mais le petit gabarit souffre encore dans le jeu défensif pur. Le problème vient bien d’un manque de rigueur à la relance global de l’équipe, et d’un manque de réalisme devant la cage ; seuls Suzuki, Caufield et Brendan Gallagher (8) passant la barre des 6 buts. On notera la performance correcte de Samuel Montembeault dans les cages (89,9%), pas aidé du tout par son jeune collègue Cayden Primeau (84,6%). Enfin, il ne faut pas oublier la blessure de Patrik Laine en pré-saison. Acquis cet été, cette absence a chamboulé les plans de l’équipe.
Division Métropolitaine
Carolina Hurricanes
Les Hurricanes ont perdu beaucoup de monde à l’intersaison : exit Brett Pesce, Stefan Noesen, Jake Guentzel et Teuvo Teravainen. Mais il reste le coach Rob Brind’Amour. Son système de jeu étouffe les adversaires, confisquant le palet dans des séquences offensives longue durée. Cette possession en zone offensive leur permet de disposer de l’une des meilleures défenses (58 buts en 22 matchs) et de conclure dans toutes les situations (88 buts). Avec une fiche de 16-5-1, Carolina mène la Métropolitaine et n’a jamais perdu deux matchs de suite. L’arme fatale du début de saison, c’est Martin Necas, auteur de 12 buts et 37 pts avec notamment une série de 13 matchs avec au moins un point. Le Tchèque peut s’appuyer sur neuf autres joueurs à plus 10 pts, y compris le nouvel arrivant Jack Roslovic (12 buts) et ses compères de ligne Andrei Svechnikov (18 pts) et Sebastian Aho (24). La défense ne lâche rien, autour de son pilier Jaccob Slavin, mais l’éternel problème de Carolina, et seul bémol (très relatif), vient des cages. Pyotr Kochetkov tenait la route avec 90,4% d’arrêt, mais il s’est blessé, tout comme Frederik Andersen. Les cages sont désormais tenues par le journeyman Spencer Martin (85,6% en 7 matchs) et le rookie Yaniv Perets, pas encore lancé dans le grand bain…
New Jersey Devils
Brillants en 2022-23, catastrophiques en 2023-24 :les Devils ont procédé à de gros investissements cet été pour retrouver les sommets. Tom Fitzgerald semble avoir récolté de l’or sur chacune de ses transactions : le coaching de Sheldon Keefe, 10 buts et 19 pts pour Stefan Noesen, 7 buts et 12 pts pour Paul Cotter, des défenseurs physiques et intraitables (Brett Pesce, Johnathan Kovacevic) et deux gardiens qui montent en puissance : Jacob Markström (90,4%) et Jake Allen (92,1%). Évidemment, la bonne santé retrouvée de Dougie Hamilton (17 pts) et Jake Hughes (8 buts, 25 pts) aide… l’attaquant américain s’entend comme larron en foire avec son ailier Jesper Bratt (10 buts, 28 pts), et le duo dynamite les défenses avec une aisance déconcertante. Derrière, le banc reste efficace : neuf joueurs à plus de 10 pts, trois à dix buts (Bratt, Noesen, Nico Hischier) et huit à plus de cinq. Le jeu de puissance est dans le top-5, le penalty-kill aussi. Rapides en contre, solides à 5v5, les Devils restent sur un dix victoires en quatorze matchs – curieusement, quatre défaites par blanchissage! – dont deux succès sur la glace des Panthers et un à domicile contre les Hurricanes. Leur bilan de 9-4-0 en déplacement est le 2e meilleur de la ligue après Minnesota. New Jersey est de retour, beaucoup plus physique qu’il y a deux ans.
Washington Capitals
70,5% de victoire : les Capitals ont le deuxième meilleur bilan de la conférence Est, derrière Carolina. Ce n’était pas vraiment attendu, l’équipe étant considérée en déclin, avec un attaquant de franchise de 39 ans… Alexander Ovechkin a alors réalisé le meilleur début de saison de sa longue carrière, avec 15 buts en 18 matchs, fonçant comme un possédé vers le record de Wayne Gretzky. Cependant le Russe a subi un terrible coup d’arrêt et sera arrêté quatre à six semaines. Le reste de l’effectif va devoir confirmer ses bonnes dispositions, à l’image de Dylan Strome (31 pts) et de l’ancien premier choix Connor McMichael (13 buts, 20 pts) ou du Biélorusse Alexei Protas (20 pts). Washington compte dix joueurs à plus de dix points. Ses recrues estivales se sont bien intégrées : Pierre-Luc Dubois (14, mais deux buts seulement), les arrières Rasmus Sandin (11 pts) et Jacob Chychrun (12 pts). On attendait un peu mieux en revanche d’Andrew Mangiapane (9) et Jakub Vrana, qui a conquis sa place au camp (7 pts). Washington a densifié ses lignes secondaires avec l’acquisition d’un ancien de la boutique, Lars Eller, échangé avec Pittsburgh. Les deux gardiens se partagent le temps de jeu : onze matchs chacun pour Logan Thompson (91,7%) et Charlie Lindgren (90%).
New York Rangers
La fiche de 12-8-1 des Rangers est l’une des meilleures de la ligue, mais la division Métropolitaine est une boucherie et ses quatre défaites de rang avant Thanksgiving provoquent des remous médiatiques. Cela devrait suffire pour se qualifier sans peine en playoffs, mais après… il faudra montrer autre chose. Évidemment, disposer d’Igor Shestyorkin (91,1%) et d’un back up aussi en forme que Jonathan Quick (94,3% en 6 matchs) peut masquer les faiblesses de l’équipe à 5v5 et la méforme des attaquants : les 59 buts encaissés sont le 2e plus bas total de la poule, alors que l’équipe se classe 4e plus bas de la ligue avec 32,6 tirs concédés, preuve du temps passé dans sa propre zone. Devant, Artemi Panarin est à son niveau (12 buts, 26 pts), ce qui n’est pas le cas des autres vétérans. Mika Zibanejad ne compte que 4 buts (15 pts) et Chris Kreider 9 buts et… 0 assistance. Une méforme compensée par la progression des plus jeunes, dont Alexis Lafrénière (16 pts), Will Cuylle (9 buts, 18 pts) et Kaapo Kakko (12 pts). Les arrières apportent peu offensivement hormis Adam Fox (18 pts, mais 0 but). La force reste les équipes spéciales : 8e jeu de puissance, 2e penalty kill. Les ambitions new-yorkaises sont justifiées sur le papier, toutefois le jeu pratiqué et les bilans catastrophiques de certains vétérans, dont le capitaine Jacob Trouba, inquiètent. Des transactions à venir ?
Philadelphia Flyers
Les Flyers sont encore en vie avec un 50% de victoire parfait à Thanksgiving : 10-10-3. Une attaque médiocre (67 buts) qui compense mal une défense passoire (80 buts), ce n’est pas vraiment l’ingrédient idéal pour le coach John Tortorella.En réalité, l’équipe souffre de nombreux problèmes, dont le n°1 réside dans les cages. Derrière un Samuel Ersson correct (90,2%) mais fragile, le duo Aleksei Kolosov (88,5%) et Ivan Fedotov (87,4%) n’assure pas du tout. Des prestations qui plombent le travail de certains joueurs irréprochables, comme Travis Konecny (11 buts, 27 pts) et Travis Sanheim (14 pts), sur le radar de Team Canada, ou du rookie Matvei Michkov, aux débuts réussis (8 buts, 17 pts) malgré un ou deux passages en tribune. Si Philadelphie veut recoller, il lui faudra cependant plus qu’une ligne. Sean Couturier (13 pts), Owen Tippett (11) et surtout les vétérans Scott Laughton (9) et Joel Farabee (8) doivent absolument remonter la pente. Trouver de l’aide en défense derrière la paire Sanheim-Cam York ferait aussi du bien…
Columbus Blue Jackets
Une saison anecdotique pour les Blue Jackets, toujours dans la douleur du décès tragique de Johnny et Matthew Gaudreau en fin d’été. Orphelins de leur n°13, les Blue Jackets semblent à leur niveau avec ce bilan de 9-9-3, et un bilan flatteur à domicile (7-3-1), produit de matchs plutôt spectaculaires et intéressants à voir. Beaucoup de choses ont changé cet été : manager général (Don Waddell) et entraineur (Dean Evason) en tête, et de nombreux jeunes aux responsabilités accrues. Sean Mohanan avait signé pour jouer avec son meilleur ami Gaudreau : il se montre exemplaire (7 buts, 20 pts en 19 matchs) malgré la douleur de l’absence, tout comme l’arrière Zach Werenski (22). Les jeunes suivent, dont Kirill Marchenko (20 pts), Yegor Chinakhov (14) et Cole Sillinger (12), compensant la blessure longue durée du capitaine Boone Jenner. Le vétéran Kevin Labanc, qui a transformé son excellent camp en tant qu’invité chez les Devils en contrat à Colombus, répond présent (9 assistances). Au final, c’est un tir groupé au classement des pointeurs avec dix joueurs au-delà des dix points. Reste deux soucis : la production modeste du grand espoir Adam Fantilli (10 pts) et la gestion du jeune défenseur David Jiricek, longtemps en tribunes avant d’être rendu en AHL. Il faudra aussi un meilleur bilan dans les buts, entre Elvis Merzlikins (89 % en 13 matchs) et surtout Daniil Tarasov (86,1% en 8 matchs). Dans une division aussi relevée, il faudra bien plus pour rêver d’un exploit.
New York Islanders
On imagine mal les Islanders (8-10-5) renverser la table dans cette division Métropolitaine. La pire attaque de la division (59 buts) est en plus privée de Matthew Barzal (10 matchs, 5 pts) et la recrue estivale Anthony Duclair (5 matchs). Un quatuor de vétérans mène donc le scoring, avec Kyle Palmieri (10 buts, 19 pts), Bo Horvat (15 pts, mais seulement 5 buts), Anders Lee (14) et surtout Brock Nelson (10 buts, 17). Cela reste bien maigre, et même l’émergence bienvenue du nouveau venu russe Maxim Tsyplakov (26 ans, 13 pts) ne compense pas une faiblesse énorme des 3e-4e ligne. Le roster à l’ancienne du GM Lou Lamoriello et du coach Patrick Roy semble déjà en bout de course. Ilya Sorokin (90,9%) ne pourra pas tout faire, ni l’excellente paire défensive Noah Dobson-Ryan Pulock… Il faudra surtout redonner de la bonne humeur au public : le bilan de 3-5-2 est le pire de la ligue à domicile, plombé par le 31e jeu de puissance et 31e jeu en infériorité.
Pittsburgh Penguins
Peuplé de All-Stars et futurs Hall-of-Famer, l’alignement des Penguins aurait sans doute ravagé la ligue… il y a dix ans. Le bilan de 8-12-4 traduit parfaitement le désastre de l’équipe pennsylvanienne, dont la défense a déjà lâché 97 buts en 24 matchs ! Les 64 buts étant avant-derniers de la division, impossible de compenser cette hémorragie. Trois victoires sur les dix derniers matchs semblent déjà enterrer l’équipe, et, après le départ de Eller, on s’attend à une reconstruction. Problème : la moitié de l’effectif a plus de 33 ans et dispose de clauses de non échange! On imagine mal Sidney Crosby, encore productif (23 pts,dont son 600e but en carrière et 1600e point) ou Yevgeni Malkin (21 pts) sous un autre uniforme, mais qui sait ? On peine à lister l’ampleur des dégâts, où tous les joueurs sous-performent, pris de vitesse par leurs adversaires. Seuls points positifs, Drew O’Connor en troisième ligne, et le rookie Owen Pickering, 1er choix 2022 en défense. Les gardiens ne compensent pas : Tristan Jarry (4.34 buts encaissés, 86,8%) a fait un tour en AHL, Alex Nedeljkovic ne fait pas mieux (3.42, 87,7%), et Joel Blomqvist, correct en arrêts (90,4%) est de toute façon bombardé de tirs (3.60 buts encaissés). Triste fin d’histoire pour l’équipe championne 2017 et 2018, qui a sans doute trop retardé la nouvelle ère : les Penguins n’ont pas passé le 1er tour depuis et sont en passe de manquer les playoffs pour la troisième fois de suite.