Les Tchèques ne s’attendaient pas eux-mêmes à battre si aisément les Suédois jeudi dernier. Ils alignaient en effet pour la première fois 5 débutants d’un coup (Hanzl, Hyka, Kämpf, Dietz, Pavelka), ce qui n’était pas prévu mais était dû à quatre forfaits qui ont obligé à puiser sur la liste des remplaçants.
À vrai dire, ces joueurs avaient un temps de jeu limité, et c’est surtout la réussite du premier trio Kubalík-Kovár-Radil qui a amené le succès tchèque. Or, Jan Kovář est rentré comme prévu à Magnitogorsk, et Zámorský est blessé. Inversement, deux joueurs de Liberec – dispensés du premier match parce qu’ils venaient de jouer en Ligue des Champions deux jours plus tôt – ont été intégrés à l’équipe, le défenseur Radim Šimek et… encore un débutant, le centre Michal Bulíř. Un autre novice, Radan Lenc, est aussi titularisé alors qu’il était resté sur le banc avant-hier. La place de Kovář en première ligne est prise par Horák. Quant au gardien tchèque, Šimon Hrubec, il ne joue que son deuxième match en équipe nationale, le premier avec son numéro fétiche (le 30).
En face, les hôtes finlandais ont une équipe plus expérimentée, pourtant déjà battue par la jeune garde russe. Ils doivent une revanche, y compris et surtout pour les 10 000 spectateurs de la Hartwall Areena. Ils dominent relativement la première période. Leur point fort semble toujours être le jeu en supériorité numérique : ils mettent une forte pression sur leur seule situation de ce genre, mais Miro Aaltonen ne trouve que le poteau.
Le score se débloque dès le début du deuxième tiers-temps. Promu en deuxième ligne à la place de Kuusela pour ce match (c’est la seule modification opérée par les Finlandais), Pekka Jormakka sert son nouveau partenaire Veli-Matti Savinainen qui tire au poteau opposé par-dessus le défenseur Doudera (1-0). Promu capitaine pour la première fois en remplacement de Kovář, le défenseur Jakub Jeřábek prend ses responsabilités : il se débarrasse de son vis-à-vis et donne une cage à demi-ouverte à Petr Holík (1-1).
Le powerplay, qui paraissait l’arme fatale des Finlandais, est finalement la clé utilisée par les Tchèques pour se détacher. Ils concèdent certes un contre de Pihlström en infériorité, mais Hrubec l’arrête et ils marquent aussitôt après : l’écran de Kubalik permet au lancer de la ligne bleue d’Adam Polasek d’entrer dans les filets. Melart dégage ensuite un palet au-dessus des plexis pour la pénalité suivante, et Jan Rutta, placé entre les cercles, tire au-dessus de la mitaine de Säteri (1-3). La République tchèque défend en infériorité et garde ses deux buts d’avance aux vestiaires.
La Finlande n’a plus de choix que d’attaquer. Une pénalité de Doudera lui en donne l’occasion. Hrubec laisse un rebond sur un tir de Ville Lajunen, et Joonas Kemppainen en profite pour réduire le score. Mais encore une fois, c’est Jeřábek qui répond au bon moment, servi en retrait après un tour de cage de Lenc. Il ne faut qu’une minute pour que Ville Lajunen lance de la ligne bleue, sous la barre (3-4). L’écart minimal permet donc aux Finlandais d’y croire jusqu’au bout et de sortir leur gardien, mais Lukáš Radil, mis au sol par une faute, parvient quand même à orienter le palet vers la cage vide pour conclure (3-5).
Après cette septième défaite consécutive, le sélectionneur finlandais Lauri Marjamäki n’en mène pas large, même s’il note des progrès par rapport au match précédent. Les Tchèques ont encore surpris par leur jeu rapide, physique et plein de confiance, qui bénéficie d’un très bon soutien offensif des arrières.
Commentaires d’après-match
Jakub Jeřábek (capitaine tchèque) : « Les entraîneurs nous ont donné une information parfaite sur le match, jusqu’au dernier conseil possible. Nous l’avons vite converti sur la glace. Tout est dans le mouvement, dans les jambes. Les gars dans le vestiaire me soutiennent, surtout Kubalík qui est assis à côté de moi. Tout le monde se soutient : les défenseurs aident les attaquants, et inversement. Tous les joueurs sont forts avec le palet. Pourquoi ne pas bien jouer en équipe nationale ? C’est bien de ne pas avoir peur et de jouer notre jeu. C’est une question de confiance, chacun sait quoi attendre de son partenaire et quelle position il prendra. »
Jaroslav Špaček (entraîneur-adjoint tchèque) : « Le premier et le dernier tiers n’étaient pas à notre goût. Mais nous avons gagné et marqué de beaux buts en powerplay. Cela a un peu cassé les Finlandais. À chaque fois que nous avons pris un but, à cause de nos erreurs, nous avons su réagir rapidement. C’est ce qui a décidé le match. Le jeu en zone offensive a été notre plus grand atout, mais nous avons commis beaucoup d’erreurs en zone défensive et nous avons eu des problèmes avec la transition en zone neutre. Derrière, nous avons joué un peu légèrement et nous n’avons pas bloqué les tirs. Nous nous appuyons sur Radim Šimek et Jakub Jeřábek, qui ont joué tout l’Euro Hockey Tour la saison dernière. Le défenseur [débutant] Tomáš Pavelka a bien joué en essayant de s’engager offensivement. Nous nous assurons que les défenseurs soutiennent l’attaque, c’est important dans le hockey moderne. Les nouveaux sont confiants avec le palet et jouent le système qu’on attend d’eux. »
Finlande – République Tchèque 3-5 (0-0, 1-3, 2-2)
Samedi 5 novembre 2016 à 17h30 à la Hartwall Arena de Helsinki. 9762 spectateurs.
Arbitrage de Mikael Sjöqvist et Andreas Harnebring (SUE) assistés de Hannu Sormunen et Henri Neva (FIN).
Pénalités : Finlande 8′ (2′, 6′, 0′), Tchéquie 6′ (2′, 2′, 2′).
Tirs : Finlande 22 (7, 8, 7), Tchéquie 32 (13, 13, 6).
Évolution du score :
1-0 à 21’11 » : Savinainen assisté de Jormakka
1-1 à 25’12 » : Holík assisté de Jeřábek et Zohorna
1-2 à 30’30 » : Polášek assisté de Radil et Jeřábek (sup. num.)
1-3 à 33’25 » : Rutta assisté de Kubalík et Radil (sup. num.)
2-3 à 43’52 » : Kemppainen assisté de V. Lajunen et I. Filppula (sup. num.)
2-4 à 47’49 » : Jeřábek
3-4 à 49’19 » : V. Lajunen assisté de Melart et I. Filppula
3-5 à 59’50 » : Radil assisté de Kubalík et Horák (cage vide)
Finlande
Attaquants :
Jesse Joensuu (-2, 2′) – Jarmo Koskiranta – Sakari Salminen (-1)
Veli-Matti Savinainen (2′) – Ilari Filppula (2′) – Pekka Jormakka
Mika Pyörälä (+1) – Joonas Kemppainen (+1) – Miro Aaltonen (-2)
Antti Pihlström – Tomi Sallinen (-1) – Kristian Kuusela
Défenseurs :
Jesse Virtanen (-1) – Juuso Hietanen (-2)
Atte Ohtamaa – Aleksi Elorinne
Ilari Melart (+1, 2′) – Ville Lajunen
Tommi Kivistö – Lasse Kukkonen
Gardien :
Harri Säteri [sorti de 58’27 » à 59’02 »]
Remplaçant : Mikko Koskinen (G).
Tchéquie
Attaquants :
Dominik Kubalík (+1) – Roman Horák (+1) – Lukáš Radil (+1, 2′)
Marek Kvapil (A, -2) – Tomáš Filippi (-2) – Richard Jarůšek (-1)
Tomáš Zohorna (A, +1) – Robin Hanzl (+1) – Petr Holík (+1)
Radan Lenc (+1) – Michal Bulíř (+1) – Tomáš Hyka (+1)
David Kämpf (-1)
Défenseurs :
Adam Polášek (+1) – Jakub Jeřábek (C, +2)
Radim Šimek – Milan Doudera (-1, 2′)
Stanislav Dietz (+1, 2′) – Jan Rutta (-1)
Tomáš Pavelka
Gardien :
Šimon Hrubec
Remplaçant : Dominik Furch (G). En tribune : Karel Vejmelka (G).