Les Tchèques ont trouvé la solution aux rencontres de l’Euro Hockey Tour qui se jouent devant des patinoires vides quand le pays organisateur ne participe pas : une vraie ville de hockey.
À Ceské Budejovice, la passion bat pour ce sport, et la patinoire de 6400 places est donc pleine même pour voir Finlande-Russie. On en est d’ailleurs un peu désolé pour les spectateurs, car il s’agit d’un match assez fermé, sans grandes actions saillantes.
La Russie domine territorialement et essaie de faire le jeu. La Finlande pratique son jeu habituel de contre-attaque. La plus dangereuse survient en deuxième période, mais Juhamatti Aaltonen manque la cage ouverte : cela fait plus de vingt rencontres que l’attaquant du HIFK n’a pas trouvé le chemin des filets, et sa mauvaise passe en club se confirme en sélection… Le déblocage vient finalement à dix minutes de la fin de Valteri Filippula, qui a plus de succès en sélection.
Un autre gardien finlandais s’adjuge un blanchissage en match international. L’incroyable densité de ce pays à ce poste se confirme année après année. C’est une sacrée performance qu’a réalisé Joonas Korpisalo, doublure du gardien russe Bobrovsky à Columbus, pour ce qui était son premier match international : 33 arrêts souvent difficiles. La Finlande ne va pas commencer à s’inquiéter dans les cages de sitôt.
Le sélectionneur russe Oleg Znarok étonnera un peu après le match. En général, même quand ils ont déjà leur liste bien imprimée dans leur tête, les entraîneurs expliquent que rien n’est joué, afin de motiver tout le monde jusqu’à la fin. Znarok fait le contraire en expliquant avoit fait ses choix, même s’il n’en dira rien. C’est d’autant plus étonnant compte tenu du processus de sélection annoncé : la Russie fait jouer deux équipes nationales en même temps, l’équipe B (« olympique ») évoluant au même moment à Saint-Pétersbourg face à la Norvège et à la Slovénie. Ensuite, les deux formations « A » et « B » devaient s’affronter pour élaborer la sélection finale.
Alors, peut-on essayer d’imaginer la liste de Znarok ? L’exercice est souvent délicat. Les gardiens sont connus et la défense bougera peu, mais quand on parle de Russie, l’enjeu concerne l’attaque. L’homme de tous les records en KHL, le buteur-vétéran Sergei Mozyakin, a sans doute gagné sa place au match précédent grâce à son excellente entente avec le jeune Vladimir Tkachyov : dans une Russie qui regorge d’ailiers mais pas de centres, se trouver un centre attitré est un atout. Le duo – laissé au repos aujourd’hui – pourrait être aligné avec un troisième homme pour les tâches défensives (comme Plotnikov l’a fait contre la Suède).
Dadonov est légèrement blessé, mais on peut se dire que son trio magique avec Shipachyov et Panarin (pas encore arrivé) sera reconstitué. L’autre option de ce trio (à la place de Panarin), l’actuel partenaire de club Nikita Gusev, semble avoir retrouvé sa complicité avec l’autre Nikita (Kucherov) et son collègue de NHL Vladislav Namestnikov. Le staff russe semble laisser le temps à ce trio de trouver son rythme. Il n’y aurait donc plus qu’à compléter avec des joueurs de devoir pour la quatrième ligne, les Telegin, Lyubimov, voire Andronov ou Svetlakov au centre. Mais attention, le jeune espoir Kirill Kaprizov, de retour après une longue blessure, a fait sensation au sein de la Russie B en marquant 4 points contre la Norvège. Connaissant les Russes, ils garderont aussi des places ouvertes pour des stars comme Malkin, Ovechkin ou Tarasenko.
Commentaires d’après-match
Oleg Znarok (entraîneur de la Russie) : « Nous nous créons des occasions. Nous ne les concrétisons pas beaucoup. C’était encore le cas dans ce match. La préparation est en cours. Il n’y a rien de terrible à ça. Au départ je pensais laisser les joueurs de NHL au repos, mais ensuite j’ai décidé de leur donner ce second match pour s’adapter. […] Sur le principe, nous avons décidé qui ira au Mondial. »
Oskar Osala (attaquant de la Finlande) : « Notre gardien a fait un excellent travail. Il a repoussé plusieurs lancers très dangereux. Et en général, notre jeu n’était pas mauvais. Ce match a montré que nous étions prêts pour le championnat du monde. L’équipe est devenue plus forte avec les gars de NHL. Chaque jour nous nous sentons de mieux en mieux les uns les autres. »
Russie – Finlande 0-1 (0-0, 0-0, 0-1)
Samedi 29 avril 2017 à 13h00 à la Budvar Arena de Ceské Budejovice. 6401 spectateurs.
Arbitrage de Oldrich Hejduk et Rene Hradil (TCH) assistés de Miroslav Lhotský et Roman Svoboda (TCH).
Pénalités : Russie 14′ (2′, 8′, 4′) ; Finlande 14′ (4′, 8′, 2′).
Tirs : Russie 33 (11, 11, 11) ; Finlande 16 (5, 4, 7).
Évolution du score :
0-1 à 49’37 » : V. Filppula assisté d’Ohtamaa et Honka
Russie
Attaquants :
Ivan Telegin (-1, 2′) – Sergei Andronov – Valeri Nichushkin
Nikita Gusev (A, 2′) – Vladislav Namestnikov (2′) – Nikita Kucherov
Roman Lyubimov – Vadim Shipachyov (C, 2′) – Sergei Plotnikov (4′)
Anatoli Golyshev – Andrei Svetlakov (-1) – Anton Burdasov (-1)
Défenseurs :
Bogdan Kiselevich (2′) – Vladislav Gavrikov
Ivan Provorov – Andrei Mironov
Victor Antipin (-1) – Mikhaïl Naumenkov (-1)
Aleksei Bereglazov – Artyom Zub
Gardien :
Andrei Vassilevski [sorti de 59’06 »]
Remplaçant : Ilya Sorokin (G). En réserve : Anton Belov (D), Sergei Mozyakin, Vladimir Tkachyov (A), Evgeni Dadonov (blessé).
Finlande
Attaquants :
Sebastian Aho (+1) – Valtteri Filppula (A, +1) – Jesse Puljujärvi
Sakari Manninen – Miro Aaltonen – Mikko Rantanen
Mika Pyörälä – Joonas Kemppainen – Juhamatti Aaltonen
Oskar Osala – Tomi Sallinen – Markus Hännikäinen (+1)
Défenseurs :
Atte Ohtamaa (+1, 6′) – Julius Honka (+1)
Topi Jaakola (A) – Ville Lajunen
Veli-Matti Vittasmäki – Juuso Hietanen (4′)
Joonas Järvinen – Lasse Kukkonen (C, 4′)
Gardien :
Joonas Korpisalo
Remplaçants : Joni Ortio (G), Olli Palola. En réserve : Harri Säteri (G), Tommi Kivistö (D), Roope Hintz, Antti Pihlström (A).