Washington Capitals
Un nouveau trophée du Président. Un nouveau fiasco, malgré une série dominée, contre les Pittsburgh Penguins, grands rivaux des Capitals depuis que Crosby et Ovechkin ont débuté en NHL. L’intersaison aura servi à chercher des réponses à ces échecs répétés, à digérer aussi une série où Washington aura perdu le match 7 dans son antre, tout en se battant contre les rigueurs du plafond salarial. Le manager général Brian McLellan n’a finalement pas changé grand-chose, restant muet sur le marché des agents libres. Barry Trotz reste l’entraîneur. L’effectif a connu quelques remaniements à la marge, mais l’essentiel du temps de jeu appartiendra aux mêmes joueurs qui ont terminé en tête de la saison régulière deux ans de suite tout en dominant la ligue dans le jeu. Avec le 3e jeu de possession de la NHL l’an passé et le plus haut indice PDO (taux d’arrêts + réussite aux tirs), les Caps avaient marché sur la saison régulière. Washington continuera donc de tenter sa chance avec ce groupe-ci. Sur le papier, difficile de leur donner tort, mais la fenêtre de réussite est-elle en train de se fermer ?
Dans les cages, Braden Holtby est désormais établi comme l’un des 2 ou 3 meilleurs gardiens de la ligue et conserve son poste de numéro 1. Et ses playoffs de l’an passé ne sauraient faire oublier que sur les cinq dernières saisons, seul Tuukka Rask a un meilleur pourcentage d’arrêts en séries que lui. Le staff a conservé Philipp Grubauer en remplaçant, ce qui est une belle assurance.
La brigade défensive sera en revanche remaniée. Kevin Shattenkirk est parti, comme attendu, après avoir été acquis à la date limite des transactions. Karl Alzner a rejoint Montréal, sûrement un mal pour un bien tant le vétéran tirait la langue en comparaison du reste de ses camarades. Nate Schmidt a été sélectionné par Las Vegas lors de la draft d’expansion. Malgré tout, il reste tout de même des joueurs de valeur dans le top-4 : John Carlson, Matt Niskanen et Dmitry Orlov. Brooks Orpik avait déjà rétrogradé sur la 3e paire et le vétéran Taylor Chorney bataillera avec les jeunes pousses, Christian Djoos, Tyler Lewington ou Madison Bowey pour combler l’alignement. Aaron Ness, l’ancien Islander qui a beaucoup joué en ligue mineure sera aussi dans le coup, ainsi que le jeune Suisse Jonas Siegenthaler. Le niveau de cette troisième paire défensive aura sans aucun doute un impact important sur les performances de l’équipe. Les prometteurs Connor Hobbs et l’ex-premier choix Lucas Johansen – le frère de Ryan, de Nashville – mûriront en AHL.
En attaque, McLellan a tout donné pour conserver TJ Oshie. L’attaquant a reçu un contrat de 8 ans et 46 millions au total. L’Américain était sans doute le meilleur joueur de son équipe en playoffs. Le mouvement, couplé aux prolongations d’Evgeny Kuznetsov (8 ans, 62 millions) et Andre Burakovsky (2 ans, 6 millions) a poussé vers la sortie Magnus Johansson, envoyé aux Devils du New Jersey contre des choix de draft, ainsi que Justin Williams, en fin de contrat, qui a rejoint Carolina. Burakovsky devrait donc intégrer le top-6, où Nicklas Backström alimentera toujours Alex Ovechkin en caviars, même si les deux hommes ont été testés sur deux lignes différentes en pré-saison. La grande question restait la participation du Russe aux Jeux olympiques en février. Soutenu par son directeur général il y a quelques semaines, Ovechkin a tenu des propos plus mesurés au cours de l’été, puis s’est fendu d’une déclaration avant le camp : il ne tentera finalement pas le bras de fer… Le célèbre numéro 8, jeune marié cet été, n’a jamais rejoint Washington aussi tôt dans sa préparation, ni dans une telle forme physique. Moins lourd qu’avant la dernière saison, le Russe semble avoir travaillé fort afin de porter enfin son équipe au plus haut. Pour le reste, Washington espère que Brett Connolly et Lars Eller confirmeront leurs bonnes dispositions en troisième ligne aux côtés du rugueux Tom Wilson. Jay Beagle centrera la quatrième où les postes sont clairement ouverts. Verra-t-on une apparition de l’Australien Nathan Walker ? Son bon camp le laisse penser.
Le rookie à suivre. Le plus attendu sera sans aucun doute Jakub Vrana. À 21 ans, le 13e choix de la draft 2014 a disputé 21 matchs la saison dernière (3 buts, 6 pts) et reste éligible au trophée Calder. À lui de franchir le cap après deux saisons gênées par des blessures mais efficaces en AHL. Aligné avec Ovechkin en première ligne en préparation, parviendra-t-il à confirmer ?
Pittsburgh Penguins
Le double tenant du titre rentrerait assurément dans l’histoire avec un troisième sacre consécutif. Une performance rarement réalisée dans l’histoire… Les Islanders sont les derniers à avoir réussi, décrochant quatre titres entre 1980 et 1983. Avec 49 matchs de playoffs en deux ans et une coupe du monde dans les jambes, les stars de Penguins seront-elles prêtes physiquement et mentalement à ce défi ? Jim Rutherford va de plus devoir jongler avec un effectif qui a payé un lourd tribut à l’intersaison, avec de nombreux départs, même si le cœur de l’équipe n’a pas bougé.
Le plus médiatique fut celui de Marc-André Fleury. Le portier québécois, qui a passé toute sa carrière à Pittsburgh, sera le titulaire des Golden Knights de Vegas, ce qui paraissait acquis depuis longtemps. Le temps de Matt Murray est désormais venu : le jeune gardien a porté l’équipe vers deux titres (acquis techniquement en tant que rookie…), mais sera cette fois-ci secondé par le vétéran Antti Niemi, qui reste sur des prestations misérables à Dallas. Le jeune Tristan Jarry tentera par ailleurs de rebattre les cartes.
Les Penguins ont surmonté la blessure de Kris Letang au printemps dernier, mais le défenseur devrait être prêt pour la reprise, après avoir travaillé tout l’été aux côtés de l’ancien joueur de NFL Terrell Owens. En revanche, Trevor Daley (Detroit), Ron Hainsey (Toronto) et Mark Streit (Montréal) sont partis mais c’étaient là des éléments de second plan. Plus importants, Justin Schultz a prolongé (3 ans, 16,5 millions), de même que Brian Dumoulin (6 ans, 25 millions). Derrière Letang, Schultz et Dumoulin, Olli Määttä et Ian Cole devraient garder leurs places. En revanche, le reste du banc s’annonce particulièrement ouvert : le vétéran Matt Hunwick a signé en agent libre. Il sera concurrencé par Corrado, Pouliot, Ruhwedel, Summers, Tinordi et Czuczman qui ont tous une expérience en NHL.
L’attaque surtout aura souffert de l’intersaison. Le vétéran Chris Kunitz a rejoint Tampa Bay, Nick Bonino Nashville et Matt Cullen Minnesota. Oskar Sundqvist a pour sa part été échangé contre Ryan Reaves de St. Louis, qui pilotera la quatrième ligne. Beaucoup d’expérience en moins donc sur le fond d’alignement, mais le top-9 compte encore de solides talents pour entourer Sidney Crosby et Evgeni Malkin. Phil Kessel, Carl Hagelin et Patric Hornqvist pour l’expérience, et une série de jeunes ailiers qui vont devoir franchir un cap. Jake Guentzel, héros des derniers playoffs, sera sous le microscope après une réussite aux tirs quasi inhumaine et intenable à long terme (gare au coup de mou), et on attend aussi une contribution de Bryan Rust, Conor Sheary, Tom Kuhnhackl, Josh Archibald ou Scott Wilson. Au final, l’entraîneur Mike Sullivan dispose sans aucun doute de moins de profondeur de banc que la saison dernière, particulièrement au poste de centre. Mais Pittsburgh a l’habitude de sortir de son chapeau magique des joueurs de nulle part. L’un des meilleurs universitaires de la saison, Zach Aston-Reese, a ainsi signé en agent libre et pourrait lui aussi apporter son écot. Sullivan avait parfaitement montré l’étendue de son talent l’an passé en changeant le jeu de l’équipe après la perte de Letang, pas de doute que les Pens seront bien au rendez-vous quoiqu’il arrive.
Le rookie à suivre. Né à Amsterdam, Daniel Sprong a déjà goûté à la NHL avec 18 matchs il y a deux ans avant d’être renvoyé en junior. Il n’a joué que 37 matchs la saison dernière en ligue junior du Québec, signant 32 buts et 59 pts. Il apparaît comme le meilleur espoir offensif de l’équipe.
Columbus Blue Jackets
Comment situer Columbus ? Après une saison 2015-2016 misérable, l’équipe n’était plus vraiment attendue et a pourtant signé en 2016-2017 la meilleure saison de son histoire, franchissant la barre des 100 points pour la première fois. Cela ne s’est pour autant pas traduit par un deuxième tour aux playoffs, que les Blue Jackets n’ont jamais connu. C’est dans ce but que le manager général Jarmo Kekäläinen a choisi de transiger. À la recherche d’un pur finisseur, il a trouvé un terrain d’entente avec son partenaire habituel, Chicago. Artemi Panarin débarque, avec deux saisons au-delà des trente buts aux côtés de Patrick Kane, au lourd prix de Brandon Saad, un meneur de jeu parmi les plus sous-estimés de la ligue. Panarin pourra-t-il faire aussi bien sans le prodige américain ?
Le Russe aura à ses côtés le passeur Alexander Wennberg, qui fait rapidement sa place parmi l’élite de la ligue, et la petite fusée Cam Atkinson, offrant une première ligne compétente. Derrière, l’identité abrasive du style Tortorella sera parfaitement illustrée par le jeu de Nick Foligno, Boone Jenner et Brandon Dubinsky. Josh Anderson en revanche aura occupé les discussions tout l’été, son nouveau contrat prenant du temps : il n’est toujours pas sous contrat alors que le camp se termine et les rumeurs d’échange persistent.
Les Blue Jackets ont perdu en profondeur – Sam Gagner et Scott Hartnell ne sont plus là – mais espèrent que leurs jeunes passent la vitesse supérieure. Oliver Bjorkstrand, intéressant l’an passé, aura sans doute un rôle plus important. L’ex-premier choix Sonny Milano tentera de s’imposer, tout comme le grand gabarit de Pierre-Luc Dubois, qui tente de gagner sa place en fin de camp.
La défense reste fort heureusement très talentueuse pour appuyer un style de jeu très ouvert, quitte à laisser beaucoup d’espace derrière. Le jeune duo de Seth Jones et Zach Werenski a ainsi fortement contribué au succès de Columbus l’an passé. Encore faut-il que Werenski ne connaisse pas le coup de mou traditionnel de la deuxième année… Derrière, David Savard a permis à Jack Johnson de se montrer moins catastrophique que d’habitude, et Markus Nutivaara et Ryan Murray complètent la troisième paire – ce dernier n’ayant toujours pas montré grand-chose depuis qu’il a été drafté dans le top-3 en 2012.
Comme souvent, les failles de certaines équipes sont masquées par le gardien, et c’est particulièrement vrai de Columbus. Si Tortorella a bel et bien changé son style de jeu pour davantage prôner l’offensive, celle-ci n’est pas d’une efficacité hors norme (11e de la ligue pour les tentatives de tirs obtenues l’an passé). Et la défense a, par conséquent plus de mal à contenir ce jeu ouvert (16e pour les tentatives de tirs accordées). Le pourcentage de tir comme les équipes spéciales sont moyennes, mais il y a Sergei Bobrovsky dans les buts. Le Russe, double vainqueur du Vezina, a connu une saison exceptionnelle, parmi les toutes meilleures de la décennie et a ainsi ajouté un certain nombre de victoires à ce que les Jackets auraient pu normalement espérer. Le cerbère est néanmoins célèbre pour sa carrière en montagne russe. Sans répéter la saison passée, une saison sans fléchir ni se blesser sera cruciale pour la franchise de l’Ohio dans une division très disputée.
Le rookie à suivre : Gabriel Carlsson, 20 ans, devrait perturber la logique des lignes défensives. Le premier choix 2015 a brillé à Linköping l’an dernier et même connu deux matchs NHL en fin de saison en guise d’avant-goût. Il affiche plutôt un profil de défenseur pur, solide dans sa zone, sans grande qualité pour l’offensive. Mais c’est un profil qui manque sans aucun doute à Columbus.
New York Rangers
Perpétuel candidat au titre suprême, la franchise new-yorkaise a frappé fort cet été. Malmenés en possession depuis deux ans mais tout de même au-delà des 100 points grâce à ses gardiens, les Rangers ont mis le paquet pour s’emparer du défenseur le plus spectaculaire disponible en agent libre : Kevin Shattenkirk. Le gros salaire de l’ancien joueur des Blues (6,6 millions) a exigé des sacrifices. New York a donc dit au revoir à Derek Stepan, envoyé en Arizona, Dan Girardi et Kevin Klein. Deux sacrifices relatifs en défense, les deux hommes ayant baissé de pied depuis deux ans. Une sorte d’addition par soustraction.
Shattenkirk offre ainsi un top-4 remarquable aux côtés de Ryan McDonagh, Brendan Smith et Brady Skjei, ce dernier apparaissant comme une future star de la ligue tant il a séduit l’an dernier. Marc Staal devra lui, carrément se battre pour intégrer le top-6, là aussi potentiellement une addition par soustraction… Car la profondeur est bien présente, puisque les Rangers ont également Nick Holden, et obtenu le jeune Anthony DeAngelo en retour de Stepan. À 21 ans, DeAngelo dispose d’une marge de progression importante, même si son jeu reste encore un peu trop porté vers l’attaque.
L’offensive, justement, a perdu un point fort en Stepan, sans vraiment le remplacer. Non pas que Stepan fasse partie de l’élite de la ligue mais New York affiche désormais un trou béant au poste de centre. La clé sera sans doute la prestation de Mika Zibanejad, plus que jamais centre n°1, qui devra produire bien plus. À ses côtés, Mats Zuccarello, véritable magicien, alimentera ses partenaires, tout comme Chris Kreider, l’un des seuls autres joueurs à être vraiment efficace dans les deux sens de la patinoire. Rick Nash connaît toujours des hauts et des bas et le reste de l’équipe a surtout joué à la loterie l’an passé en misant exclusivement sur la contre-attaque, au mépris du jeu défensif. Les Grabner, Vesey, Miller et Hayes ont marqué des points mais quasiment de façon illogique, ce qui sera difficile de répéter à long terme et on imagine mal New York aligner un joueur au-delà des 60 pts cette année : il faudra marquer en collectif. Pas sûr que cette faiblesse au centre ne coûte pas très cher dans une division aussi relevée. Il faudra surtout voir si le coach Alain Vigneault changera son plan de match pour un système plus posé maintenant qu’il dispose d’une défense renforcée capable de mieux défendre et d’assurer la transition du puck vers l’avant.
Cela serait certainement salutaire, car si Henrik Lundqvist a été capable durant des années de sauver ses petits camarades, son niveau a baissé d’un cran l’an dernier et les Rangers ont pu remercier Antti Raanta. Ce déclin n’est que normal à son âge. Le nombre de gardiens titulaires de 35 ans à soulever la coupe est ainsi très réduit dans l’histoire – Tim Thomas en 2011 est le dernier. Et il est peu probable que Ondrej Pavelec puisse réellement compenser. Avec Lundqvist en bout de course et Rick Nash en fin de contrat, cela sent l’année ou jamais pour New York.
Le rookie à suivre. 21e choix en juin dernier, Filip Chytil a surpris tout le monde par sa maturité lors du camp d’entraînement, à l’image de son but gagnant en prolongation contre New Jersey. Rapide et technique, il a une réelle chance d’intégrer l’alignement, au moins pour quelques matchs, avant un éventuel retour à Zlin – ou en AHL ?
New York Islanders
L’été des Islanders de New York a été empoisonné par le contrat de son capitaine, John Tavares. L’attaquant vedette de l’équipe et franchise player sera agent libre en fin d’année et aucune extension de contrat n’a vu le jour, ce qui n’a pas arrangé les spéculations.
Il faut dire que le pauvre Tavares joue depuis dix ans dans une franchise qui ne semble pas avancer. Après des playoffs remarquables en 2016, l’équipe a régressé fortement l’an dernier et on n’imagine mal New York venir perturber la hiérarchie de la division. Le staff a confirmé Doug Weight à son poste, lui qui a pris les rênes des Islanders en cours de saison avec des résultats intéressants : il n’a échoué qu’à un point des playoffs. Mais au-delà du coup de fouet suivant le changement de coach, les Islanders sous Weight n’avaient tout de même rien d’une équipe dominante. À voir ce que le coach pourra faire après un été de préparation. C’est tout de même avec lui que Tavares a pris feu l’an dernier, avec 12 buts et 34 pts sur les 35 derniers matchs… Garth Snow a par ailleurs lâché Travis Hamonic et Ryan Strome pour obtenir Jordan Eberle, offrant un ailier droit de haut calibre à son capitaine. Les deux hommes avaient brillé ensemble au Mondial junior 2009. Tavares dispose par ailleurs du pur finisseur Anders Lee à gauche.
C’est après cette première ligne que le bât blesse. La deuxième ligne apparaît friable : Andrew Ladd, Brock Nelson et Josh Bailey manquent tous de régularité. Outre les rugueux Casey Cizikas et Cal Clutterbuck en quatrième ligne, le travailleur Jason Chimera et le mercurial Nikolai Kulemin, le bottom-6 accueille une pléiade de jeunes talents bien loin d’être prêts à porter l’équipe. Anthony Beauvillier sort d’une saison rookie modeste, Josh Ho-Sang a montré de belles promesses mais devra échapper à la vindicte populaire pour avoir osé utiliser le n°66 de Mario Lemieux – qu’importe si “Le Magnifique” n’a jamais joué pour les Islanders. Ce ne sont pas les patins fantasques de Ho-Sang qui arrangeront sa réputation, surtout dans une ligue aussi “lisse” que la NHL. Malgré tout, ce grand technicien ultra-rapide devrait vite démontrer son talent et faire taire les critiques. Matthew Barzal devrait lui aussi faire le saut en NHL. L’attaque new-yorkaise manque cruellement de certitudes et aura bien du mal à exister dans une division pareille, à moins que les rookies ne volent le show.
Dans ce cadre, la défense devra donc batailler et ne dispose que d’arguments corrects, mais sans plus. Celle-ci était d’ailleurs avant-dernière de la ligue pour les tentatives de tirs concédées l’an passé… Le duo Nick Leddy – Johnny Boychuk assure des minutes solides et Calvin DeHaan a bien progressé, mais perdre Travis Hamonic obligera quelqu’un d’autre à affronter les meilleures lignes adverses et jouer en désavantage numérique (ce qui était toutefois semble-t-il trop pour Hamonic). Dennis Seidenberg arrive en bout de course, Scott Mayfield peut confirmer un passage intéressant l’an passé, Ryan Pulock et Thomas Hickey jouent plutôt les utilités, même si Pulock dispose d’une marge de progression intéressante. La brigade d’arrière semble bien loin des meilleures de la Métropolitaine.
Thomas Greiss et Jaroslav Halak risquent d’avoir bien du travail dans les cages. L’Allemand devrait être titulaire mais l’alternance jouera sans aucun doute. Pris dans un ridicule carrousel de trois gardiens, Halak a fini en AHL, où il n’a clairement pas sa place. La compétition devrait cette fois se révéler moins forte. Mais là aussi, cela semble en dessous des meilleurs. Les Islanders ne devraient pas jouer les premiers rôles. Pas sûr que cela suffise à John Tavares et il est probable que son contrat pèse fortement dans la balance tout au long de la saison…
Le rookie à suivre. Matthew Barzal, premier choix 2016, a éclaboussé la WHL de son talent l’an dernier, portant Seattle au titre. Ses qualités de passe exceptionnelles en font un sérieux prétendant au centre, si son petit gabarit ne le gêne pas trop dans une ligue bien plus relevée. Il reste sur 79 pts en 41 matchs en junior, dont… 69 assistances.
Philadelphia Flyers
L’intersaison des Flyers aura été singulièrement morne et les Flyers attendent patiemment l’éclosion de leurs nombreux espoirs. On enregistre une seule arrivée d’envergure : celle de Brian Elliott dans les cages, à la place de Steve Mason. Elliott, 32 ans, reste sur une saison misérable à Calgary et son duo avec Michal Neuvirth ne paraît pas donner de grands gages de sécurité. Une habitude chez les Flyers depuis vingt ans… Mais après tout, Philadelphie est arrivé en finale avec Michael Leighton en 2010.
La défense a, elle, changé en profondeur, avec de nombreux vétérans non reconduits – sauf Andrew MacDonald, bien trop coûteux et régulièrement en tribunes, mais toujours là. À 31 ans, il est désormais le doyen d’une défense rajeunie. Le rugueux Radko Gudas devra garder ses nerfs car ses vilains gestes entachent de vraies belles performances : 2e temps de jeu l’an passé, solide en possession de palet. Ivan Provorov, convaincant en tant que rookie l’an dernier, pourra valider tous les espoirs placés en lui comme futur numéro un de la défense, surtout si on lui enlève MacDonald des pattes… Shayne Gostisbehere espère vivre une saison plus calme que l’an dernier. Le “Ghost” aura subi les foudres de son coach pour ses errements défensifs et un manque de réussite offensive en réalité causée par une malchance hors du commun (226e sur 229 défenseurs pour la réussite aux tirs avec lui sur la glace). Il pourrait rebondir et vite dès que la chance reviendra. Il reste encore des places à prendre en défense. Travis Sanheim, Robert Hägg, Philippe Myers et Samuel Morin vont se livrer une terrible lutte et confirment que l’avenir de Philadelphie se situe bel et bien en défense.
L’attaque n’a pas perdu grand monde, mais a malgré tout sacrifié Brayden Schenn, meilleur buteur de la ligue en supériorité, en retour de Jori Lehtera, pas vraiment une solution d’avenir mais cela libéra des dollars à moyen terme. Le Finlandais rejoint Wayne Simmonds, Claude Giroux et Jakub Voracek dans le top-6. Ce trio peut se montrer dévastateur, mais les deux dernières saisons ont vu Giroux et Voracek alterner le chaud en power play mais surtout le froid à 5 contre 5. Une bonne saison de ses deux leaders, (enfin en santé ?) sera vitale pour les Flyers. Et à 8 millions chacun, ils n’ont pas le droit de réaliser une nouvelle fois les pires saisons de leurs carrières…
Un bon trio donc, mais après ? C’est faible, jeune, ou limité. Sean Couturier reste un profil idéal pour une 2e-3e ligne « offensive-défensive » mais devrait rapidement céder le poste de 2e centre à un jeune mais cela va prendre du temps. Travis Konecny, rookie l’an dernier et très en vue lors du mondial à Paris, les prometteurs Oskar Lindblom et Jordan Weal, tous sont des « projets » à confirmer. Dans ce contexte, le numéro 2 de la dernière draft a un coup à jouer. Nolan Patrick a vécu une saison 2016-2017 noire avec une cascade de pépins physiques et semble désormais en santé. Espérons-le, même si Patrick n’est pas McDavid ou Matthews. Le grand pivot aura du mal à affoler les compteurs d’entrée et la question de sa fragilité physique supposée hante encore les recruteurs. Derrière Matt Read a tant régressé que sa place est loin d’être acquise et Michael Raffl demeure un joueur d’appoint. Au final, Philadelphie va devoir redistribuer de nombreux rôles, à commencer par le jeu en infériorité avec le départ de Pierre-Edouard Bellemare, choisi par Vegas lors de la draft d’expansion.
Philadelphie fait sans aucun doute partie des candidats en playoffs, mais plutôt pour une wild-card, avec Carolina et les Islanders. Autrement dit, pile ou face, sûrement dépendamment de la performance des gardiens…
Le rookie à suivre. Compte tenu du nombre de jeunes défenseurs, c’est surtout là que les regards se porteront. Travis Sanheim dispose des meilleures chances. Solide lors de sa première saison professionnelle en AHL, ce défenseur mobile affiche des qualités offensives intéressantes, tout en apportant un côté abrasif très utile. Comparé à Ryan McDonagh, rien que cela, Sanheim est un meneur d’hommes et peut-être la prochaine pépite de la défense des Flyers.
Carolina Hurricanes
Parmi les valeurs en hausse de la NHL, les Carolina Hurricanes font figure de trouble-fêtes potentiels, grâce à l’un des meilleurs entraîneurs de la ligue, Bill Peters. Il faut dire que l’intersaison aura été particulièrement réussie pour la franchise de Raleigh. Le manager général Ron Francis a en effet déniché une série de joueurs bien utiles pour renforcer ses points faibles.
En attaque, le ménage a été fait dans le bottom-6 et l’arrivée de Justin Williams offre un buteur d’expérience et un bon joueur de possession. Marcus Kruger débarque pour sa part en tant que spécialiste défensif et constitue une sérieuse amélioration par rapport à Jay McClement. Les espoirs des ‘Canes reposent désormais sur les épaules de la jeune garde, avec notamment Victor Rask, Elias Lindholm, Sebastian Aho et Teuvo Teräväinen. Tous ont fortement progressé l’an dernier. Jeff Skinner, dont on oublie le jeune âge (25 ans), continuera à dynamiter l’aile gauche. Le bourlingueur Lee Stempniak est une valeur sûre en joueur de complément. Enfin, Jordan Staal reste la caution « travailleuse » au centre, capable de mener le jeu dans les deux sens de la patinoire. Mais au final, l’attaque ne dispose pas encore, a priori, d’option offensive d’élite, surtout au centre, mais propose une homogénéité rare.
La forte progression de Carolina vient de toute façon de sa brigade défensive, tout bonnement exceptionnelle – et à moins de 25 ans de moyenne d’âge. Les suiveurs occasionnels ne connaissent peut-être pas trop les noms, mais les amateurs de statistiques avancées sont bien conscients des joyaux de cette arrière-garde. Autour du mobile et efficace Justin Faulk, les arrivées successives de Jaccob Slavin, Brett Pesce et Noah Hanifin offrent l’un des plus beaux top-4 de la ligue. La profondeur de banc a été traitée au cours de l’été en obtenant Trevor van Riemsdyk, ex-Chicago, lâché par Las Vegas après la draft d’expansion, qui, à 26 ans, sera le doyen du groupe ! Avec des joueurs comme Haydn Fleury, Jake Bean et Roland McKeown, le réservoir d’espoirs ne semble pas devoir se tarir. Au point, pourquoi pas, de pouvoir piocher dedans en échange d’un avant de premier plan ?
Une attaque équilibrée, une défense remarquable… restait à gérer le gros point faible de l’équipe. Le duo Cam Ward – Eddie Läck était tout simplement le pire de la ligue et Ron Francis n’a pas traîné pour y remédier. Quand une équipe est en difficulté, il suffit de téléphoner à Chicago, toujours coincé dans son plafond salarial. Voici Carolina désormais nanti de Scott Darling en gardien n°1, lui qui a fait ses classes avec brio derrière Corey Crawford. Ses soucis d’alcoolisme désormais très loin derrière lui, Darling reçoit là une chance en or de prouver sa valeur. Sera-t-il capable de mener les Hurricanes en playoffs ?
Le rookie à suivre. À 18 ans, Martin Necas a été sélectionné au premier tour de la dernière draft (12e). Le jeune défenseur tchèque a brillé lors du camp, mais cela suffira-t-il pour percer l’alignement ? Ou sera-t-il renvoyé vers Brno ?
New Jersey Devils
Après une saison misérable, les Devils peuvent-ils remonter la pente ? L’opération reconstruction de Ray Shero entame sa troisième année et il paraît prématuré d’imaginer que l’équipe ne vienne perturber l’ordre établi dans la division la plus relevée de la ligue. Shero et l’entraîneur John Hynes ont mis en avant les exigences du club : être plus difficile à jouer, plus physique, plus impliqué. Message reçu avec une pré-saison particulièrement encourageante et une compétition plus importante à tous les postes.
Shero s’est appliqué à soigner la profondeur de banc, attentif à tous les bons coups du marché. Obtenir Marcus Johansson des Capitals, gênés par leur plafond salarial, permet aux Devils de gagner un bon joueur de top-6, dans la foulée des acquisitions de Palmieri et Hall les étés précédents. Drew Stafford apportera de l’expérience dans le bottom-6, de même que le grand Brian Boyle – mais ce dernier a reçu la triste nouvelle d’une leucémie myéloïde chronique (sorte de cancer du sang et de la moëlle) lors des tests physiques. Fort heureusement, la maladie peut être traitée par médicaments.
Ces mouvements offensifs visent à apporter un peu d’aide à Taylor Hall, Kyle Palmieri et Adam Henrique. D’autant que Travis Zajac s’est blessé au cours de l’été et sera absent de quatre à six mois… Le poste de centre est donc plus que jamais ouvert. Du coup, c’est la jeune garde qui s’est mise en valeur lors du camp. Joseph Blandisi, qui fait l’ascenseur depuis deux ans, semble avoir franchi un palier. Pavel Zacha paraît bien plus solide et régulier dans son jeu à l’orée de sa deuxième saison NHL. Les rookies Nico Hischier et Jesper Bratt ont séduit le staff. Tout cela offre une sacrée dose de vitesse en plus, qui devrait permettre aux Devils d’être un peu plus compétitifs.
La clé viendra de la défense. Damon Severson a reçu un nouveau contrat de six ans et devra mieux verrouiller sa zone, en plus de son apport offensif naturel. On espère un rebond d’Andy Greene, plus de solidité de John Moore et de bien meilleures prestations de Ben Lovejoy, qui a sans doute surjoué l’an passé. La troisième paire est étonnamment ouverte : Steven Santini a séduit l’an passé, mais il devra surveiller le vétéran Dalton Prout, que l’on n’attendait pas aussi solide en pré-saison, mais aussi Brian Strait. Mirco Mueller, acquis des Sharks, a convaincu en pré-saison. Tout comme Will Butcher, élu joueur universitaire de l’année, qui a choisi le New Jersey parmi une quinzaine d’équipes. Sa mobilité et sa vision du jeu en font un candidat sérieux à la NHL moderne. Tout ce petit monde ne paie pas de mine mais, s’ils sont bien regroupés devant Cory Schneider, pourquoi pas ? À condition que le gardien rebondisse après une saison inhabituellement médiocre, secondé par Keith Kinkaid. Cependant, de manière réaliste, les Devils devraient plutôt se trouver dans le bas de tableau. Une bonne partie des observateurs et bookmakers les placent dans les trois derniers de la ligue… La pré-saison réussie sera-t-elle confirmée lorsque les adversaires évolueront avec des alignements définitifs ?
Le rookie à suivre. On pourra bien sûr citer Nico Hischier, n°1 de la dernière draft, ou encore Will Butcher, le joueur NCAA de la saison. Mais la curiosité du camp, c’est le Suédois Jesper Bratt, 19 ans, et choix de sixième tour en 2016. Explosif, rapide, travailleur, doté de sacrées mains, le jeune talent secoue sérieusement le cocotier et pourrait au moins décrocher quelques matchs NHL. À voir s’il est conservé au-delà des neuf matchs “gratuits” de son contrat, ou s’il est renvoyé à London (OHL).