Une fois de plus les Capitals seront en séries d’après saison. Une fois de plus, ils ont remporté la division Métropolitaine. Une fois de plus, Alex Ovechkin se dirige vers un trophée Rocket Richard. Une fois de plus, ils pourraient/devraient affronter les Pingouins pour se rendre plus loin. Mais quel sera le résultat ? Est-ce la dernière la chance avant de gros changements ?
En route vers le temple de la renommée
Le capitaine des Capitals fera partie des immortels de la LNH. Aucun doute. Il connaît encore une saison d’au moins 30 buts, c’est sa 13e consécutive. Dans une ère moderne où les gardiens sont plus gros, plus forts techniquement, et où les équipes s’appliquent défensivement, cet exploit est incroyable. En déjouant un gardien pour la 600e fois de sa carrière, il est devenu le 4e joueur le plus rapide à atteindre ce plateau. Seuls Mario Lemieux, Wayne Gretzky et Brett Hull l’ont fait en moins de temps. Le tout en moins de 1000 parties jouées. Depuis son arrivée dans le circuit Bettman, Ovi compte au moins 7 saisons de 50 filets ! Il pourrait en ajouter une huitième cette année.
Il se dirige également vers un 7e trophée Rocket Richard. Il est, d’ores et déjà, le joueur qui l’a remporté le plus de fois (l’appellation existe seulement depuis 1998/1999). Le Russe va aussi égaler la marque de Bobby Hull pour le plus grand nombre de saisons finies (7) en tête des buteurs dans la meilleure Ligue au monde. Il est présentement au 2e rang, à égalité avec Phil Esposito.
Si on ajuste les buts marqués par match durant « l’ère » où ils ont joué, seul Mario le Magnifique fait mieux.
Where does @Ovi8 rank among the greatest goal scorers of all time? @MikeKellyNHL explains on #NHLNow. pic.twitter.com/wCoZMcTPgd
— NHL Network (@NHLNetwork) March 14, 2018
Avec une saison de « seulement » 33 buts l’an passé, bien des observateurs le voyaient sur la pente descendante. Et bien non ! Il continue de marquer encore, et encore. Même si tout le mode sait de quel endroit il va le faire, son lancer foudroyant hors-normes lui permet de toucher la cible souvent, sûrement trop souvent pour les gardiens adverses. S’il continue de marquer à cette allure, il va continuer de grimper au classement des meilleurs buteurs de l’histoire. Il se trouve au 19e rang jusqu’à présent et avec 4 autres saisons de 30 buts il atteindrait la 6e position.
Malheureusement pour lui, la comparaison « inadéquate » avec Sidney Crosby reste et restera le débat concernant cette génération. Pittsburgh a toujours eu le meilleur sur les Capitals en séries. Et ce bien avant l’arrivée d’Ovechkin et Crosby. 0-11, voilà le résultat des confrontations en playoffs entre les deux formations.
Reste que définir le « Leadership » d’un joueur par son CV et ses titres est trop approximatif. Raymond Bourque – un des meilleurs joueurs de l’histoire – a dû attendre plus de 20 ans avant de remporter la Coupe Stanley. Teemu Selänne, 14 saisons. Après son départ d’Edmonton, le numéro 99 n’a plus remporté de titre. Jagr et Lemieux ne l’ont remporté que 2 fois. Marcel Dionne (5e meilleur buteur de l’histoire) ne l’a jamais gagné en tant que joueur. Tout comme Jarome Iginla. Stan Mikita ne l’a gagné qu’une fois en 22 saisons et il commencé à jouer alors qu’il n’y avait que 6 formations. Jonathan Toews, capitaine exemplaire, va manquer les séries. Ce n’est pas si facile que ça de gagner. Il y a une raison pour laquelle la Coupe Stanley est le trophée sportif sur lequel il est le plus difficile de mettre la main.
La fameuse étiquette de gagnant… Blâmer un seul et unique membre d’une équipe de 20 individus est injuste. Pour revenir au sujet, Ovechkin a une moyenne de 1,13 pts par matchs en saison régulière, il maintient une moyenne de 0,93 en séries printanières. Reste à voir si cette année sera la bonne pour les Caps.
La situation devant le filet
Depuis son arrivée à titre de gardien partant, Braden Holtby a fait partie de l’élite de sa profession. Cette saison, à l’image de Carey Price ou Cory Schneider, la machine si bien huilée semble grippée. À tel point que l’on n’est pas sûr que ce sera lui qui sera d’office pour le premier match des séries.
C’est sa 6e saison en tant que numéro 1. Durant ce laps de temps, il a commencé 339 parties dont une saison de 73 (!) – seul Tuukka Rask est devant lui à ce chapitre – et en a gagné 210 (1er). Il comptabilise 29 jeux blancs, bon pour le deuxième rang. La charge de travail est en adéquation avec ses départs : 2e pour le plus grand nombre de lancers contre, ainsi que pour les chances A+ (High danger). Ce sont des chiffres énormes à tous les niveaux.
La fatigue est un mot tabou mais comment expliquer qu’un gardien si dominant ne puisse plus maintenir la cadence ? C’est plausible et compréhensible. Le cerbère est le seul à jouer 60 minutes. Il reste peut-être « immobile » pour une bonne partie de la rencontre mais son regard est fixé sur la rondelle en permanence. C’est très demandant. Le fatigue peut être physique, mentale et psychologique. Être le dernier rempart, ne pas avoir le droit à l’erreur, la pression de la performance pour ne pas laisser tomber l’équipe, voilà le quotidien d’un gardien de but. Ce ne sont pas des excuses pour masquer des performances en-deçà des attentes, juste des faits.
La glissade a commencé en séries l’année passée dans son cas. Sur le tableau, on peut constater la différence dans les chiffres aussi bien à forces égales qu’en désavantage numérique. Le pourcentage d’arrêt dans la zone de vérité est passé de 80% environ à 76,5%. Même si l’efficacité s’est inversée durant la danse printanière, les équipes passent beaucoup moins de temps à cours d’un homme en comparaison à la saison régulière.Pas un gros changement, direz-vous, mais c’est là que la différence se fait entre l’élite et le reste de la meute. Une chance pour Washington, Phillipp Grubauer tient le fort. La seule question est pour combien de temps ?
À vrai dire, pendant ce temps-là Holtby prend un peu de repos bien mérité. Ce pourrait être très salvateur avec les playoffs qui arrivent.
Nul doute qu’il rebondira la saison prochaine.
Un certain Carlson
À 28 ans, le défenseur américain connait la meilleure saison de sa carrière dans l’anonymat ou presque. Avec encore deux matchs à disputer, il mène les défenseurs pour les points. Un Carlson pour remplacer un Karlsson ! Son terrain de jeu favori reste l’attaque massive, il est le 2e meilleur pointeur pour les joueurs de défense.
De la cuvée de 2008 et à sa position, seuls Doughty, Pietrangelo et Erik Karlsson totalisent plus de points que lui en carrière.
Pour continuer dans les chiffres, il est le 3e défenseur avec les plus de points primaires. Une saison productive qui arrive à point. En plus d’aider sa formation, il devient joueur autonome au 1er juillet. Les négociations sont au point mort pour le moment. Il préfère se concentrer sur le reste de la saison, et entamer les discussions après. Reste que cela risque d’être un beau casse-tête pour son DG. Les Capitals n’ont pas beaucoup de marge de manœuvre sur leur masse salariale. Nul doute qu’il va avoir une belle augmentation de salaire cet été. Il touche actuellement un peu moins de 4M$. Son cas va être intéressant. À l’image de John Tavares, il pourrait parapher une nouvelle entente de 8 ans et être aussitôt échangé.
Il pourrait cependant faire partie des finalistes au Trophée Norris. Hedman et Doughty ont une longueur d’avance, mais la course à la troisième place reste grande ouverte. Seth Jones, Alex Pietrangelo, John Klingberg, P.K. Subban et lui seront candidats.