Après un début de saison en fanfare, les Boxers sont décimés, et entrent progressivement dans le dur. Sur deux défaites de suite à l’extérieur en championnat, Bordeaux espère changer la donne face aux Jokers de Cergy-Pontoise à domicile. Amputés d’une ligne offensive importante, les Bordelais tentent de garder le cap tant bien que mal.
Lourde semaine que celle que les Boxers de Bordeaux ont connue. Depuis leur dernière victoire à Mériadeck face à Briançon, les hommes d’Olivier Dimet ont enchaîné une victoire en coupe de France, avant de sombrer par deux fois, à Cergy 5-2, et Grenoble 8-0. La réception des Jokers, quelques jours après la difficile défaite en région parisienne pouvait remettre Bordeaux sur de bons rails.
Saut que pour être sur les bons rails, il faut avoir le matériel adéquat. Pas d’Austin Fyten, toujours blessé suite à son opération à la cuisse, ni de Loïk Poudrier ou Robin Lamboley. Avec un effectif restreint, amputé de membres importants, Olivier Dimet compose et décompose les lignes comme il peut, avec de jeunes joueurs toujours en complément.
Les Boxers abattent leurs cartes d’entrée
Après une entame assez équilibrée, faite de séquences de possession de part et d’autre, Bordeaux allume les premières mèches via Alex Wideman, puis c’est Julien Guillaume qui a une occasion chaude, en se retrouvant seul dans l’enclave, face au gardien Patrick Munson qui s’interpose systématiquement. Au tour de Cergy-Pontoise de monopoliser la rondelle. Les visiteurs font tourner le puck dans la zone offensive après avoir alerté deux fois Clément Fouquerel.
Pas dominant, Bordeaux possède quand même des atouts et certains éléments brillants. Kevin Spinozzi contourne la cage et distille une nouvelle offrande pour Alex Wideman qui conclut sous la barre. 1-0 pour Bordeaux, et c’est le talent qui a parlé.
En face, les Franciliens réagissent et combinent. Pierre-Charles Hordelalay inquiète le portier bordelais, tout comme Ryan Tait quelques instants plus tard. Pourtant, quasiment dans la foulée, Julien Guillaume part en slalom géant en zone offensive, et trompe Munson du revers, en le prenant à contre-pied. Bordeaux mène 2-0 et fait preuve d’une relative efficacité, avec ces deux beaux buts.
En revanche ils ne sont pas à l’abri de pertes de palets en défense, et le duo Hordelalay / Suire est tout proche de trouver la faille, mais ce dernier est un peu court à la déviation. Le jeu est pour le moment fluide, mais à 5 minutes de la fin de ce premier tiers, Jules Boscq se rend coupable d’une obstruction. Les Jokers installent donc leu jeu de puissance et Bordeaux défend bien. BR Diffley tente un slap à la bleue que François Paquin contre du patin, malheureusement pour les Bordelais, cela revient directement dans la palette de Steven Owre qui ouvre le compteur des siens dans un but vide.
Un but heureux mais qui relance les Franciliens, et fait payer cher la seule indiscipline bordelaise de ce premier tiers. Maxime Legault ou Bastien Lemaitre tenteront bien leur chance avant la sirène, mais c’est sur ce score de 2-1 que les joueurs rentrent au vestiaire, après une période plutôt agréable.
Cergy change de braquet
Au retour sur la glace, les Jokers montrent un visage moins souriant. Plus d’intensité, et des occasions par Rajamaki, Tait et Abramov.
Les Boxers ne se laissent pas faire, et une belle incursion de Vince Tartari, qui combine avec Maxime Legault et Enzo Carry termine au chaud sur Patrick Munson. Esteban Ragot provoque une pénalité suite à une charge mal maitrisée de Diffley, qui termine en coup de poing, et va donc purger une peine de 2 minutes sur le banc des pénalités.
Bordeaux tente de faire le break en supériorité. Alex Wideman trouve Kevin Spinozzi qui allume au-dessus, Jules Boscq tente sa chance par deux fois, dont une seconde missive qui tape la barre transversale. Sur la mise en jeu suivante, un cafouillage donne chaud à la défense visiteuse, mais Patrick Munson s’en sort.
La supériorité numérique ne donne rien, et c’est même Dennis Kearney qui alerte Fouquy, juste avant qu’un tir à la bleue, dévié par Marc-André Levesque, ne surprenne Clément Fouquerel qui s’extirpe d’une mauvaise surprise presque par miracle. Le même Levesque se rend par contre coupable d’un retenir et offre une nouvelle pénalité à Cergy-Pontoise, sans succès pour eux.
L’indiscipline est des deux côtés, et Jules Lefebvre se chamaille avec son ancien coéquipier Julien Guillaume. Une obstruction et 2 minutes pour le jeune défenseur, ajoutée à une nouvelle faute d’Aurélien Dorey qui vient donner à Bordeaux une double supériorité.
Si les Bordelais ont bien la possession du puck, font bien tourner autour des trois Franciliens, il y a peu d’occasions, excepté peut-être par Kevin Spinozzi brièvement. Bordeaux gâche une belle chance de reprendre deux buts d’avance. La tension se fait ressentir, sur un arrêt de jeu, Enzo Carry et Louis Petit se chauffent et vont se reposer 2 minutes en prison.
Steven Owre en profite pour s’offrir deux tirs sur Clément Fouquerel, et Louis Bélisle, en voulant forcer l’échec-avant, finit dans la balustrade suite à un faire trébucher, a priori involontaire, de Patrick Munson qui voulait s’interposer avec la crosse.
Les esprits s’échauffent et Aurélien Dorey se montre un peu trop virulent après un coup de sifflet, déclenchant une embrassade avec Marc-André Levesque et Louis Vitou. Le jeune Bordelais et le défenseur des Jokers s’en vont en prison pour dureté.
Cergy a laissé passer l’orage, et finit inéluctablement par égaliser sur une superbe action de Thomas Suire, qui accélère en entrée de zone sur la gauche de l’attaque, repique au centre et bat Clément Fouquerel sous la barre. Bordeaux avait les cartes en main pour mener plus largement, mais voit Cergy-Pontoise égaliser, comme pour les punir de leur manque d’efficacité en avantage numérique.
Les Boxers trop courts physiquement
La physionomie du match est en train de changer, et Bordeaux qui aligne 3 lignes et demi en attaque commence sérieusement à souffrir physiquement. Les Jokers prennent le pas sur cet aspect-là et les Bordelais ont souvent un temps de retard, même s’ils placent quelques banderilles parfois, comme sur Kévin Spino-rama qui termine sur Patrick Munson.
En contre, Tuukka Rajamäki envoie une lourde frappe sur Clément Fouquerel qui le stoppe avec son masque. Dans la foulée, Vince Tartari, en tentant de dégager les siens, rate sa relance et envoie le palet en tribunes, écopant au passage d’un retard de jeu.
C’est le début du show Clément Fouquerel qui sort une parade monstrueuse après un jeu à 3 des Jokers, qui ratent une cage quasiment vide, le portier bordelais arrêtant ça de la botte magistralement.
Malheureusement pour lui, dans la continuité de l’action, Dennis Kearney hérite d’un palet heureux. Suite à un tir à la bleue, contré par la défense locale, le #17 trouve l’ouverture dans un angle impossible, sous la barre de l’infortuné Fouquy qui doit encore se demander où le palet est passé. Un but impossible après un arrêt impossible, mais les Jokers sont maintenant devant 3-2, sans paniquer.
Le même Kearney aura de nouveau une occasion qui termine au-dessus, avant que Thomas Suire ne fasse parler sa vitesse en se retrouve en face-à-face avec Clément Fouquerel qui ferme bien les jambes, décidément très inspiré.
La vitesse des Jokers fait beaucoup de mal aux Boxers, et si Bordeaux semble au bord de la rupture, ils tentent tout de même de revenir courageusement. Cela ouvre des brèches en contre et Cergy-Pontoise ne s’en prive pas.
Ryan Tait, Aku Kestila, Steven Owre, Thomas Suire font tour à tour faire des miracles à Clément Fouquerel qui laisse les siens dans le match. On rentre dans le money time et un changement de ligne mal géré parles Jokers remet les bordelais en supériorité. À l’exception d’une tentative par Jules Boscq, l’avantage numérique ne donne rien, tout comme le suivant après un faire trébucher de Louis Petit.
Malgré l’indiscipline francilienne, les Boxers ne convertissent pas et laissent passer de bonnes chances de revenir. Ils restent, de plus, à la merci des hommes de Jonathan Paredes, rapides et tranchants en contre.
Courageux, mais au bout du rouleau, les pensionnaires de la patinoire de Mériadeck, d’ailleurs bien remplie ce soir et surtout assez vocale, jettent leurs dernières forces dans la bataille.
Le public, au soutien de son équipe malgré le score, a d’ailleurs de quoi s’enjailler à quelques minutes de la fin. Dennis Kearney donne un coup en retard donnant lieu à une nouvelle supériorité. Marc-André Levesque, assez remonté, décide d’en venir aux mains avec son vis-à-vis, donnant lieu à une belle empoignade. Les deux joueurs offrent une solide bagarre à la foule et terminent la partie au vestiaire.
Si cela ne permet pas aux bordelais d’évoluer en supériorité à nouveau, cela a le mérite de leur donner un dernier coup de fouet pour tenter de revenir, mais hormis un cafouillage devant la cage de Patrick Munson, et une frappe de Jules Boscq, le score en restera là.
Les Bordelais n’ont pas démérité, mais ils sont dans le dur, enchaînent les blessés, et sont à la limite physiquement. Ils évoluent avec à peine plus de 3 lignes depuis plusieurs matchs, et alignent même des joueurs pas à 100%.
Pour Olivier Dimet, qui avoue « ne rien avoir à reprocher à ses joueurs, qui ont livré toute une bataille », la période est difficile et « la trêve doit arriver vite pour récupérer du monde ». À force de « jouer à 3 lignes, on perd de la lucidité, et cela s’est vu sur les powerplays. C’est le tournant du match ». Bordeaux « va continuer à travailler, à proposer des choses », en attendant des jours meilleurs, qui viendront si la ligne de conduite est positive. La réussite va et vient mais cela fait partie de la progression d’une équipe, jeune de surcroît.
Bordeaux – Cergy-Pontoise 2-3 (2-1, 0-1, 0-1)
Vendredi 29 octobre à 20h15 à la patinoire Mériadeck. 2756 personnes.
Arbitrage de Savice Fabre et Alexandre Hauchart assistés de Eric Briolat et Johan Fauvel
Pénalités : Bordeaux 41 (2′, 8′, 6’+5’+20′), Cergy 43 (0′, 12′, 6’+5’+20′).
Tirs : Bordeaux 30 (12, 11, 7,), Cergy 27 (9, 10, 8).
Évolution du score :
1-0 à 08’00 : Wideman assisté de Mulle et Spinozzi
2-0 à 11’43 : Guillaume assisté de M.A. Levesque et Carry
2-1 à 15’57 : Owre assisté de Diffley et C. Levesque
2-2 à 38’25 : Suire assisté de Sherbinin et Hordelalay
2-3 à 43’25 : Kearney assisté de Hordelalay et Diffley (sup. num.)
Bordeaux
Attaquants :
Alexandre Mulle – François Paquin – Alex Wideman
Aina Rambelo – Enzo Carry – Maxime Legault
Louis Vitou – Julien Guillaume – Vince Tartari
Esteban Ragot – Matteo Caudron
Défenseurs :
Bastien Lemaitre – Kevin Spinozzi
Marc-André Levesque – Louis Belisle
Jules Boscq – Maxime Moisand
Gardien :
Clément Fouquerel
Remplaçant : Gaétan Richard (G). Absents : Austin Fyten (opéré de la cuisse), Loïk Poudrier (entorse avec ligaments déchirés), Robin Lamboley.
Cergy-Pontoise
Attaquants :
Pierre-Charles Hordelalay – Steven Owre – Thomas Suire
Tuukka Rajamäki – Aku Kestilä – Dennis Kearney
Norbert Abramov – Charles Levesque – Ryan Tait
Louis Petit – Kevin Da Costa – Timothée Franck
Défenseurs :
Aurélien Dorey – Robert Brien Diffley
Antti Kauppila – Jules Lefebvre
Vincent Melin – Brayden Sherbinin
Gardien :
Patrick Munson
Remplaçant : Sébastien Ylönen (G)