Malgré un programme de cinq rencontres à domicile pour les sept dernières dates du calendrier, l’optimisme n’est guère de mise dans les travées de Raffoux, car les protégés de Pierrick Rézard ont concédé une nouvelle défaite à Strasbourg en milieu de semaine, trois jours après celle encaissée à Neuilly, qui faisait déjà suite au coup de froid infligé par Épinal dans les dernières secondes. D’autant que l’adversaire du soir a pour nom Cholet, soit le maître (quasi) incontesté de la Division 1, et dont la série de quatorze victoires a pris fin il y a deux semaines à peine. L’une des statistiques est particulièrement saisissante ; la défense des Dogs a encaissé deux fois moins de buts que celle du HGD (35 contre 70), encore privée d’Adam Young, en plus de Sacha Guillemain et Jonathan Estienne.
Les Maritimes se montrent prudents et appliqués, sans hésiter à faire parler les muscles tels Birzins, jusqu’à une charge incorrecte de Karsh sur Broutin. À la manœuvre côté gauche, Vít Budínský sert un centre précis sur lequel Michael Luba intervient avec brio, devant Ankudinov, seul au deuxième poteau. Ricards Birzins alerte le portier de loin, le palet est écarté. Un numéro de l’attaquant russe qui déborde à gauche provoque une nouvelle parade du gardien, et une première explication, impliquant Rama et Upitis. Les Corsaires confirment leur entame encourageante et une interception de Joseph Broutin oblige Luba à détourner le disque en dehors de l’aire de jeu. S’ensuit une nouvelle intervention devant Martin Poirier, monté pour dévier le centre de Sarlin.
Une faute en zone offensive de Juris Upitis remet les Dogs en scelle. Jeremiah Luedtke peut lancer vers le gant de Duquenne, stoïque lorsque Lucas Besson se retrouve seul devant le but. À nouveau en supériorité pour entamer le deuxième acte, Luedtke initie un slalom contré de justesse par la défense, et Cholet connaît alors un temps fort. Joris Rama oblige Duquenne à s’interposer du haut du corps à l’issue d’une longue séquence de possession. Le portier canado-polonais bloque encore une reprise de Bouchy, trouvé par Beckstead. La pression demeure car Mathias Thomas est sanctionné à son tour ; Dunkerque, recroquevillé, résiste, contre un tir de Karsh, et son dernier rempart s’oppose à Besson.
Une accélération de Broutin, repris fautivement par Bouchy à la ligne bleue, permet au HGD de retrouver le chemin de la cage. Le jeu de puissance se met en place rapidement, Budínský frôle l’ouverture du score et son tir dévié frôle le cadre. À égalité, le jeu est assez ouvert et les actions s’enchaînent. Cholet galvaude une action à 3 contre 1 menée par Bouchy et un tour de cage de Torrel fait passer un frisson. La meilleure occasion est pour Besson, à la récupération d’un tir contré de Rama, mais Guillaume Duquenne se montre solide. Les bleus sont en supériorité sur une charge contre la balustrade du même Besson. C’est au tour de Kenny Martin de riposter, d’une reprise sans contrôle écartée par la botte de Lubin, puis d’un essai vers le haut de la cage alors que Sarlin fait écran. Les Nordistes conservent un avantage d’un homme à la suite d’une échauffourée consécutive à une charge appuyée d’Alix Bouchy, exclu du jeu tout comme son équipier Tarabusi et ses adversaires Clément Thomas et Mika. De volée, Ricards Birzins fait trembler le poteau gauche, le deuxième coup de sirène intervenant au moment où Upitis s’apprête à rediriger vers la cage ouverte le tir repoussé de son compatriote Visockis.
Bien en jambes, les Dunkerquois dominent désormais les débats. À la conclusion entre les cercles d’une action née d’un travail de Martin Poirier pour conquérir le palet à gauche, Lévy Raux se casse à son tour les dents sur Luba, encore là pour capter le tir du jeune défenseur dès la mise en jeu. Couvat ayant expédié le palet hors des limites, Aleksandrs Visockis fait parler la poudre. Broutin l’imite de la gauche, avant Martin et une opportunité offerte à Raux, pour autant d’arrêts. Masqué sur un essai lointain de Mathias Thomas, Michael Luba s’en sort encore, toutefois sa défense est de nouveau à la faute sur Lévy Raux. En reprenant de volée un palet transité derrière le but, Ricards Birzins estime que la plaisanterie a assez duré (1-0 à 46’46″). Il s’agit du neuvième lancer consécutif des locaux, par ailleurs toujours appliqués pour ne pas laisser leurs adversaires trouver de la vitesse ou prendre leurs aises dans leur camp. Punis pour surnombre, ils subissent toutefois le réalisme des représentants du Maine-et-Loire, car Ville Vepsäläinen reprend dans la cage ouverte un rare rebond (1-1 à 49’19″).
Privés d’Ankudinov pour ce troisième tiers-temps, les Corsaires s’en remettent à la vision du jeu de Budínský, posté derrière la cage pour servir Upitis. Le palet étant une fois de plus dégagé irrégulièrement, sur le coup par Seignez, le jeu à égalité numérique devient une denrée rare. Lubomir Dinda décale Ricards Birzins, dont le tir instantané à mi-hauteur depuis le cercle gauche fait mouche (2-1 à 50’17″). Les Nordistes font preuve de solidité pour préserve ce court avantage, chacun s’implique dans le travail défensif, et guettent les possibilités de contre-attaquer. Sur la première, Broutin en échappée butte sur Luba ; sur la deuxième, Visockis et Sarlin s’échangent les passes sans succès.
L’indiscipline ralentit le leader alors que le chronomètre tourne ; après Torrel, sanctionné pour méconduite, le capitaine Frécon est envoyé au cachot avec moins de trois minutes à faire. On retrouve Dinda et Birzins sur le dernier jeu de puissance, mais l’honneur de sceller la marque échoit à Budínský, positionné à gauche de la cage. D’un revers tranquillement exécuté, le Tchèque parachève la belle victoire des siens (3-1 à 59’03″), à l’issue d’une rencontre très engagée, en témoignent les 150 minutes de pénalité. Cette troisième défaite de rang des Choletais maintient le suspense sur le podium, Brest et Mont-Blanc étant à une unité des joueurs de Julien Pihant. Les Corsaires tiennent peut-être là un match-référence, avant le sprint final pour la course aux séries éliminatoires.
Désignés meilleurs joueurs de la rencontre : Jeremiah Luedtke pour Cholet et Ricards Birzins pour Dunkerque.
Dunkerque – Cholet 3-1 (0-0, 0-0, 2-1)
Samedi 19 février 2022 à 19h30 à la patinoire Michel Raffoux. 1020 spectateurs.
Arbitrage de Guillaume Gardiol assisté de Jérémy Metais et Aurélien Smeeckaert.
Pénalités : Dunkerque 62′ (6’, 2’+5’+20’+25’, 4′), Cholet 88′ (4’, 6’+5’+10’+’20+25’, 8′+10’).
Tirs : Dunkerque 40 (12, 12, 16), Cholet 35 (13, 16, 6).
Évolution du score :
1-0 à 46’46″ : Birzins assisté de Visockis et Budínský (sup. num.)
1-1 à 49’19″ : Vepsäläinen assisté de Torrel et Borovsky (sup. num.)
2-1 à 50’17″ : Birzins assisté de Dinda et Budínský (sup. num.)
3-1 à 59’03″ : Birzins assisté de Budínský et Dinda (sup. num.)
Dunkerque
Attaquants :
Clément Thomas (C) – Joseph Broutin – Vít Budínský (A)
Aleksandrs Visockis – Juris Upitis – Andrei Ankudinov
Kenny Martin – Hugo Sarlin – Baptiste Léo ou Lévy Raux
Défenseurs :
Lubomir Dinda – Pierre Vervoort
Mathias Thomas – Radek Mika (A)
Martin Poirier – Ricards Birzins
Gardien :
Guillaume Duquenne (sorti de 34’04″ à 34’30″)
Remplaçants : Adrien Vazzaz (G), Antoine Poirier. Absents : Adam Young (coup de patin à l’entraînement), Sacha Guillemain (genou), Jonathan Estienne.
Cholet
Attaquants :
Baptiste Couturier – Axel Tarabusi – Marc Beckstead
Gage Torrel – Jeremiah Luedtke (A) – Matthieu Frécon (C)
Jeoffrey Couvat – Bastien Lardière – Ville Vepsäläinen
Lucas Besson – Alix Bouchy – Alexis Svitac
Défenseurs :
Ludovic Karsh – Martin Borovsky
Louis Seignez (A) – Joris Rama
Léonard Baril – Brieuc Houeix
Gardien :
Michael Luba (sorti à 59’37″)
Remplaçant : Victor Bodin (G). Absent : Drayson Pears.