Pour ce match numéro trois de la demi-finale les opposant à Angers, les Rouennais, une fois n’est pas coutume, intégraient du sang neuf. Yeo et Suoranta faisaient leur retour, alors que Dorion, sorti prématurément, touché au bras gauche après une pernicieuse charge de Gaborit lors du match 2, était bien présent. Le père fouettard, Marius Serer, sorti expulsé d’un combat pusillanime, engagé contre un môme au match 1, est toujours absent.
Angers est allé chercher une deuxième victoire dans la cette série grâce à une défense bien organisée qui n’a pas accordé grand-chose aux Rouennais. Les Ducs se sont facilités la tâche en ne tirant jamais de l’arrière, menant même au score pendant plus de la moitié de la partie au cours de laquelle on a cru perdre M.Barbez, blessé à une épaule, quand il a reçu un palet dégagé par Ritz (31’13). Il ne restait que huit secondes à Vigners pour finir de cirer le banc de la geôle, sanctionné pour une manière sur Gaborit trop enthousiaste, lorsque Bouchard a ouvert la marque en attaquant la cage.
Les joueurs d’Ethan Goldberg se sont ressaisis dans les duels dans la bande où les Dragons avaient pris un avantage depuis le troisième tiers du premier match. Ils ont encore bloqué des tirs. On pense à Guenther (10’55), Bouchard (25’15) et surtout en fin de match à Gaborit (59’13). Les coéquipiers de Coulombe ont appris du match 1 à mieux gérer leur troisième période, pendant laquelle ils se sont créé 6 occasions, soit plus que pendant les 40 minutes précédentes. C’est dans cette phase que les Ducs d’Angers ont trouvé le filet gagnant. Hardowa a adressé un lancer de la ligne bleue pendant que Gaborit en duel avec Flood masquait Pintaric (1-2 à 49’53).
Même avec moins de possession pendant le tiers médian, les Angevins ont bourdonné très fort autour de Pintaric (34e minute) et obtenu un contre surnuméraire pour le duo Bouchard – Sarlièvre (24’11). Evan Cowley a été bien aidé par la solidarité de sa défensive. Il a fait le job en étant solide lorsque ses hôtes ont été dangereux au premier tiers avec Flood (6’00), Hervé (11’45), et Lampérier (12’33 & 12’50). Il a été salvateur devant Vigners qui attaquait sa cage (7’48). Ensuite, le gardien de 26 ans a été intelligent sur le deux-contre-un entre Suoranta et Tomasino (27’26).
Coutumier du fait au match 2, le portier a cette fois été averti dès son premier déboitement de cage, qui ne s’est pas reproduit. Par contre, il n’a pas sorti le réflexe sur la première position de tir claire et cadrée rouennaise qui lui aurait attribué le graal du blanchissage (Johnston 1-1 à 38’34). Cependant, Cowley a eu le dernier mot lorsque Rouen, mené, a logiquement pesé plus fort dans les dernières minutes. Le gardien a frustré Tessier et toute la foule bien pantouflarde de l’île Lacroix (53’42).
Les Normands, sans être sur-encouragés, avaient pourtant bien débuté. En plus de s’être créé des occasions opportunes paradées par Cowley (voir plus haut), défensivement, les pompiers rouennais sont intervenus avec volonté, clairvoyance et courage. Ils ont bloqué des tirs (Chakiachvili à 0’45). ils ont complété des charges, Cantagallo (3’53) et Suoranta (6’08). Ils ont coupé des passes, Salve (14’00) et Yeo (17’26).
Vigners a manqué de sang froid sur Gaborit (comme Flood en a manqué sur Bouvet au match n°2) et lors de la prison du Letton, le carré rouennais a laissé de l’espace sur le flanc droit de son slot à Bouchard. Tessier, en excellente position en haut de l’enclave, a tiré juste au-dessus de la barre de Cowley dans les dernières secondes du premier vingt (19’56). C’est ce manque de réalisme durant le premier tiers qui a fait défaut aux Rouennais.
La période médiane n’a pas mis les offensives à l’honneur. Le jeu a été âpre, équilibré, les soldats du feu, Yeo (29’46) et Chakiachvili (33’41) ont été combatifs. Pourtant de ces luttes toujours déconsidérées, le RHE en a tiré deux jeux de puissance sans concéder de pénalité. Si la faute de Coulombe, en difficulté face à Johnston, était sans doute nécessaire, celle offensive de Giroux sur Salve était beaucoup plus superflue. Las, les coéquipiers de Flood ont su égaliser grâce un tir de Johnston, des poignets, décoché du cercle gauche en direction de la lucarne opposée (1-1 à 38’34).
Les joueurs de Fabrice Lhenry ont été en difficulté dans le dernier acte. Déjà solide au premier tiers face à Coulombe (6’51) et Giroux (18’32) où au deuxième face au duo de droitier Sarlièvre-Bouchard (24’11), Pintaric a surtout maintenu ses coéquipiers dans le match dans les 20 dernières minutes. Le portier a été incroyable sur un tir à bout portant de Gaborit (42’25), il a encore retardé l’échéance sur des tentatives de Guenther (43’11), Halley (45’37), Smith (45’48) et encore Gaborit (49’53). Il a été remarquablement aidé par Dorion qui, seul, a intercepté une connexion entre Halley et Giroux (49’19). Bedin, en conservant le palet de manière combative et notable, a aussi allégé la tâche du gardien alors qu’il fallait stériliser une dernière pénalité. Après le second but angevin, Pintaric a frustré Di Dio Balsamo (52’14).
Les partenaires du Slovène n’ont pour finir pas profité d’un dernier avantage d’un homme, très évident, que les arbitres ont mis bien du temps à valider. Les carrés des Ducs n’ont pas paniqué. Ils ont contré deux tirs forcés presque anodins (53’43 & 56’33) et regardé passer un troisième non cadré (55’59).
Fabrice Lhenry a pris son temps mort et a remplacé son gardien-héros par un attaquant supplémentaire. Les gros canons Rouennais semblent avoir eu des difficultés à mettre en œuvre la tactique annoncée à cause du très solide bloc défensif des Angevins. Toutefois, un petit filet a fait croire un très court instant au miracle. Gaborit a fait le reste sur un tir de Chakiachvili, une attitude courageuse et louable qu’on lui préfère à celle, aux antipodes, de la fin de match de jeudi soir.
Commentaires d’après-match (dans Paris-Normandie) :
David Gilbert (attaquant de Rouen) : « Ce soir, il y a de la frustration car j’ai le sentiment qu’on a fait notre meilleur match de la série mais, après minuit, on tourne la page, on oublie tout, et on se concentre sur le match de demain. C’est seulement un match de perdu et, les play-offs, c’est une course à quatre matches. Il faut oublier le résultat mais retenir l’effort. Ce soir, on est bien sorti. On a été solide à cinq contre cinq. On n’a pas donné beaucoup d’opportunités. Si les vents nous avaient été un peu plus favorables pendant nos moments forts, cela aurait probablement été un autre match. C’est dommage mais il faut rester confiant et être plus efficace en power-play. Une chose est sûre, rien n’est terminé. »
Rouen – Angers 1-2 (0-1, 1-1, 0-1)
Samedi 26 mars 2022 à 20h00 au centre sportif Guy Boissière. 3279 spectateurs.
Arbitres : Nicolas Barbez et Julien Peyre assistés de Nicolas Constantineau et Quentin Ugolini.
Pénalités : Rouen 6′ (2’, 0’, 4’) ; Angers 10′ (2′, 4′, 4’)
Tirs : Rouen 30 (15, 10, 5) ; Angers 25 (9, 5, 11)
Supériorités : Rouen 1/4, Angers 1/2
Évolution du score :
0-1 à 16’46 : Bouchard assisté de Giroux et Coulombe (sup.num.)
1-1 à 38’34 : Johnston assisté de Flood et Caron (sup.num.)
1-2 à 49’53 : Hardowa assisté de Manning et Ritz
Rouen
Attaquants :
Loïc Lampérier (A) – Kelsey Tessier – Rolands Vigners
Joris Bedin – Joël Caron – David Gilbert
Simon Suoranta – Andrew Johnston – Quentin Tomasino
Jordan Hervé – Joran Reynaud – Kaylian Leborgne
Arrières :
Dylan Yeo – Mark Flood (C)
Florian Chakiachvili (A) – Enzo Cantagallo
Yoan Salve – Marc-André Dorion
Gardien :
Matija Pintaric (23 arrêts) sorti de 58’27 à 60’00
Remplaçant : Valentin Duquenne (G). Absents : Sacha Guimond (genou), Vincent Nesa (ligaments croisés), Anthony Guttig (commotion).
Angers
Attaquants :
Tommy Giroux – Philippe Halley – Robin Gaborit (A)
Cédric Di Dio Balsamo – Nicolas Ritz – Maurin Bouvet
Danick Bouchard – Zachary Torquato – Téo Sarlieve
Riley Guenther – Loïc Farnier
Arrières :
Patrick Coulombe (C) – Jerret Smith
Neil Manning – Connor Hardowa
Kevin Dusseau – Vincent Llorca (A) ou [Llorca] – Antonin Manavian
Gardien :
Evan Cowley (29 arrêts)
Remplaçant : Julian Barrier (G). Absent : Marius Serer.
Photos de Julien & Thierry Frechon