Hier, dimanche 3 avril, pas de saison 7 de Game of Thrones, mais un septième et ultime épisode d’une série toute aussi épique. L’apogée d’un combat de longue haleine entre Ducs et Dragons qui a pour but de définir l’adversaire des Brûleurs de Loups en finale de la Ligue Magnus. Compte rendu d’une rencontre aussi spectaculaire que cette série a pu l’être.
C’est dans un IceParc à guichets fermés qu’Angevins et Rouennais s’affrontent une dernière fois cette saison. Les locaux, galvanisés par le résultat du match 6, commencent mieux la partie que leurs adversaires et s’installent en zone offensive petit à petit. Connor Hardowa tente sa chance sur Matija Pintaric qui s’interpose mais laisse un rebond, rebond récupéré par l’inévitable Zack Torquato qui trompe le gardien rouennais, s’offrant ainsi son neuvième point dans cette série (1-0, 04’20).
Sur l’engagement qui suit, les Dragons récupèrent le palet mais le perdent en transition. Maurin Bouvet hérite de la rondelle et ajuste Pintaric pour faire le break en seulement onze secondes de jeu (2-0, 04’31). Remotivés après le temps-mort demandé par Fabrice Lhenry, les jaune et noir se reprennent et se montrent plus dangereux mais butent sur un Evan Cowley bien décidé à maintenir l’avantage pris par les siens. C’est sur ce score de deux buts à rien que les deux équipes regagnent les vestiaires à l’issue du premier tiers-temps.
Le RHE est mieux revenu au jeu et se montre sous un meilleur visage. Plus offensifs, les coéquipiers de Mark Flood tentent de trouver la brèche face aux Angevins mais subissent le tempo imposé par les Ducs. Avec la pénalité sifflée contre Robin Gaborit pour crosse haute, les Dragons disposaient de quatre minutes en supériorité numérique pour revenir dans le match, mais rien n’y fait. Les Rouennais n’arrivent pas à imposer leur jeu de puissance, butent sur un Evan Cowley des grands soirs et voient leur avantage numérique annihilé. Et la sanction est immédiate : tout juste sorti de prison, Gaborit hérite du palet en zone offensive, il fixe, décale Vincent Llorca qui trouve le filet de Pintaric (3-0, 29’24).
Si les dix dernières minutes de ce tiers sont plus équilibrées, les Dragons se montrent indisciplinés en fin de période. La pénalité contre Cantagallo pour dureté est tuée par la défense rouennaise, mais celle contre Marc-André Dorion pour accrocher en toute fin de tiers met le RHE dans une mauvaise position pour la reprise. Au terme de ce deuxième tiers, le score est donc de trois buts à rien.
Angers se retrouve donc une nouvelle fois en supériorité numérique. Installés en zone offensive, les Ducs mettent la pression sur Pintaric. Zack Torquato tente sa chance et voit son tir détourné par Nicolas Ritz qui prend le gardien rouennais à revers (4-0, 41’29). De retour au complet, Rouen tente de réduire l’écart mais se heurte toujours à Evan Cowley. Après une situation brûlante sur la cage du gardien américain, les Ducs se projettent vite vers l’avant. Torquato trouve Manning qui trouve Sarliève dans la profondeur, seul face à Pintaric. Il ajuste le gardien rouennais et creuse un peu plus l’écart (5-0, 43’26).
Les Normands se reprennent et trouvent finalement la faille en attaque placée : Tomasino tente sa chance sur Cowley mais voit son tir repoussé. Joran Reynaud récupère puis décale Dylan Yeo qui trouve un shoot dans la lucarne de Cowley (5-1, 48’12). Galvanisés par ce but, les Rouennais se montrent plus offensifs mais les Angevins ne tardent pas à répliquer. En fond de patinoire, Patrick Coulombe trouve Riley Guenther. Il envoie à Cédric Di Dio Balsamo qui place le palet entre les bottes de Pintaric (6-1, 51’07). Trop en difficulté sur ce match, le gardien rouennais cède sa place à Valentin Duquenne dans la foulée (52’12). Dominateurs, les Angevins héritent d’une nouvelle situation de jeu de puissance après une obstruction sifflée contre Yeo et mettent le point final de cette partie, de cette série. Coulombe décale Giroux qui feint un tir et décale Halley, ce dernier trouve les filets de Duquenne (7-1, 52’50). L’Iceparc exulte et Angers s’offre Rouen au terme d’une série épique, accédant par la même occasion aux finales de ces play-offs.
Désignés hommes de match : Zack Torquato pour Angers et Dylan Yéo pour Rouen.
(Un article de Nino Bourge-Maldinez, illustrations d’Anthony Mangeard)
Commentaires d’après-match (dans Paris Normandie)
Fabrice Lhenry (entraîneur de Rouen) : « On ne pouvait pas plus mal commencer que ce soir. En étant mené 2-0 alors même que, depuis quelques matches, on avait du mal à marquer des buts. On a réagi, on a eu des opportunités mais on n’a pas eu le brin de chance, de réussite, qui aurait pu nous relancer et, comme il n’y avait plus beaucoup d’énergie, on n’est pas parvenu à changer le cours du match. Il n’y avait plus de gasoil dans la machine et, quand on est fatigué, on commet plus de fautes techniques, on fait de moins bons choix. C’est frustrant de finir comme ça car les gars ont, je trouve, fait une saison remarquable. J’aurais aimé qu’on affronte ces play-offs au complet. Ça n’a pas été possible. C’est dommage. Les gars ont donné le maximum. Ce soir, je suis déçu mais fier de ce groupe. […] Pour être tout à fait honnête, l’équipe avec laquelle on a joué cette saison n’était pas celle qu’on avait imaginée initialement. On n’a par exemple jamais trouvé le renfort étranger numéro 1 qu’on espérait et, ensuite, début novembre, on a perdu l’un de nos joueurs les plus importants à cause d’une blessure [NDLR : Anthony Guttig]. Offensivement, on était moins armé que les années précédentes. On était, aussi, moins costaud physiquement et moins rapide. »
Loïc Lampérier (attaquant de Rouen) : « Physiquement, ça devenait vraiment dur. Cela faisait un moment qu’on tenait comme on pouvait et, quand ça a lâché, ça a vraiment lâché. Pour aller au bout, en play-offs, il faut faire preuve de courage, de détermination et avoir, aussi, un peu de chance. La réussite, cette année, on ne l’a pas eue. On a eu pas mal d’absents, un calendrier compliqué, où il a fallu caler tout un tas de matches que la CHL puis le Covid nous avaient obligés à reporter, et, à la fin, à force de jouer avec plus d’une ligne en moins, on a payé l’addition. »
Angers – Rouen 7-1 (2-0, 1-0, 4-1)
Dimanche 3 avril 2022 à 16h00 à l’Iceparc d’Angers. 3586 spectateurs.
Arbitres : Damien Bliek et Pierre Dehaen assisté de Nicolas Constantineau et Clément Gonçalves
Pénalités : Angers 8’ (2’, 4’, 2’), Rouen 8’ (2’, 4’, 2’)
Tirs : Angers 35 (14, 12, 9), Rouen 30 (10, 8, 12)
Évolution du score :
1-0 à 04’20” : Torquato assisté de Guenther et Hardowa
2-0 à 04’31” : Bouvet.
3-0 à 29’24” : Llorca assisté de Gaborit
4-0 à 41’29” : Ritz assisté de Torquato et Manning (sup. num.)
5-0 à 43’26” : Sarliève assisté de Manning et Torquato
5-1 à 48’12” : Yéo assisté de Reynaud et Tomasino
6-1 à 51’07” : Di Dio Balsamo assisté de Guenther et Coulombe.
7-1 à 52’50” : Halley assisté de Giroux et Coulombe (sup. num.)
Angers
Attaquants :
Tommy Giroux – Philippe Halley – Robin Gaborit
Téo Sarliève – Zack Torquato – Danick Bouchard
Cédric Di Dio Balsamo – Nicolas Ritz – Maurin Bouvet
Loïc Farnier – Riley Guenther
Défenseurs :
Jerrett Smith – Patrick Coulombe
Vincent Llorca – Neil Manning
Connor Hardowa – Kevin Dusseau
Antonin Manavian
Gardiens :
Evan Cowley
Remplaçant : Julian Barrier (G).
Rouen
Attaquants :
Loïc Lampérier – Kelsey Tessier – Rolands Vigners
Joris Bedin – Joël Caron – David Gilbert
Jordan Hervé – Andrew Johnston – Quentin Tomasino
Kaylian Leborgne – Joran Reynaud
Défenseurs :
Dylan Yéo – Mark Flood
Florian Chakiachvili – Enzo Cantagallo
Yoan Salve – Marc-André Dorion
Gardiens :
Matija Pintaric puis à 52’12” Valentin Duquenne
Absents : Simon Suoranta (fracture du radius), Sacha Guimond (genou), Vincent Nesa (ligaments croisés), Anthony Guttig (commotion), Tommy Perret (genou), Théo Gueurif (choix personnel).













































