La NHL va encore grandir en 2026-2027. Pas avec une nouvelle équipe cette fois, mais en ajoutant des matchs et beaucoup d’argent. Chaque club disputera 84 rencontres, le plafond salarial passera à 104 millions de dollars et la nouvelle convention collective réduira la durée maximale des contrats.
Le calendrier retrouve une formule abandonnée depuis 1994, les matchs de division gagnent du poids et les années de retenue qui ont suivi la pandémie semblent désormais loin. Les directeurs généraux auront plus de marge. Ils devraient aussi la dépenser très vite.
Les chiffres à retenir
| Donnée | 2025-2026 | 2026-2027 |
|---|---|---|
| Matchs par équipe | 82 | 84 |
| Matchs de division | 26 | 28 |
| Matchs au total | 1 312 | 1 344 |
| Plafond salarial | 95,5 M$ | 104 M$ |
| Plancher salarial | 70,6 M$ | 76,9 M$ |
| Salaire minimum | 775 000 $ | 850 000 $ |
Sources officielles : NHL, calendrier 2026-2027 et NHL/NHLPA, masse salariale 2026-2027.
Pourquoi la NHL passe-t-elle à 84 matchs ?
La NHL ne va pas chercher bien loin ses deux nouvelles rencontres. Elles seront ajoutées à l’intérieur des divisions, là où la formule à 82 matchs avait fini par manquer de logique.
En 2025-2026, chaque équipe affrontait quatre fois cinq de ses rivaux de division, mais seulement trois fois les deux autres. La rotation changeait chaque année. Deux clubs engagés dans la même course aux séries pouvaient donc ne se retrouver que trois fois, avec deux matchs chez l’un et un seul chez l’autre.
Ce problème disparaît. Les sept adversaires de division seront tous joués quatre fois, deux à domicile et deux à l’extérieur. À ces 28 rencontres s’ajouteront 24 matchs contre l’autre division de la même conférence et 32 contre les équipes de l’autre conférence. Chaque franchise continuera donc de recevoir toutes les autres au moins une fois.
La formule est plus simple et plus équilibrée. Il ne faut pas lui faire dire beaucoup plus : deux matchs supplémentaires ne vont pas bouleverser une saison qui en comptait déjà 82. Ils éviteront en revanche qu’une rivalité ou une lutte directe pour les séries soit traitée différemment d’une autre.
La ligue y trouve aussi son compte. Deux dates ajoutées à chaque calendrier représentent 32 matchs de plus à l’échelle de la NHL, ainsi qu’une nouvelle réception pour chaque club.
La NHL avait déjà adopté un calendrier à 84 rencontres en 1992-1993 et 1993-1994. Le contexte était différent : ces saisons intégraient au moins deux matchs sur terrain neutre par équipe, souvent dans des villes que la ligue souhaitait tester. Trente-trois ans plus tard, il s’agit moins d’explorer de nouveaux marchés que de mieux exploiter les rivalités existantes.

Deux matchs de plus, deux matchs de préparation en moins
La saison régulière commencera le 29 septembre 2026 et s’achèvera le 10 avril 2027. Les 1 344 rencontres seront réparties sur 194 jours, dont 185 avec au moins un match. En dehors des coupures de Noël et du Match des étoiles, seuls les 20 et 26 novembre resteront sans hockey.
La NHL a surtout trouvé de la place en réduisant la présaison à quatre matchs par équipe. Sur le papier, le compromis paraît presque neutre : deux rencontres de préparation disparaissent, deux autres comptent désormais au classement. Il le sera beaucoup moins pour les jeunes et les joueurs invités au camp. Avec seulement quatre rencontres, les entraîneurs auront moins de temps pour tester une association ou laisser une candidature s’installer.
Le calendrier regarde aussi un peu plus franchement vers l’Europe. Carolina et Seattle joueront les 12 et 14 novembre à Helsinki. Chicago et Ottawa se retrouveront les 18 et 20 décembre à Düsseldorf. La NHL prévoit en parallèle plusieurs matchs du lundi en journée en Amérique du Nord, donc en première partie de soirée de ce côté-ci de l’Atlantique.
Pour le public français, c’est probablement la piste à suivre. Les Global Series restent rares et coûteuses à organiser. Décaler quelques horaires est beaucoup plus simple. Si les audiences suivent, la ligue pourra multiplier ces fenêtres européennes sans imposer davantage de longs déplacements aux équipes.
Les dates, les matchs européens et cette nouvelle programmation sont détaillés dans l’annonce officielle du calendrier.
Que change vraiment un plafond à 104 millions ?
Le plafond salarial passera de 95,5 à 104 millions de dollars, avec un plancher fixé à 76,9 millions. Il n’était encore que de 88 millions en 2024-2025. La progression atteint donc 16 millions en deux saisons, après une période où chaque espace disponible se négociait presque au dollar près.
Le plafond était resté figé à 81,5 millions de 2019-2020 à 2021-2022, conséquence de la pandémie et du déséquilibre créé entre les revenus et les salaires versés. La reprise économique de la ligue a changé le rythme. Pour 2027-2028, la NHL et l’association des joueurs ont déjà projeté une nouvelle hausse jusqu’à 113,5 millions. Ce dernier montant peut encore être légèrement ajusté.
Les directeurs généraux ne disposeront pourtant pas de 8,5 millions entièrement neufs au moment d’ouvrir le marché. Une partie de cette hausse a déjà été absorbée par des prolongations négociées en fonction du futur plafond. C’est le fonctionnement habituel : les vedettes récupèrent les premières une part de la croissance, puis le reste du marché suit.
Le marché 2026 en donne déjà une bonne illustration. Philadelphie a transmis à Leo Carlsson une offre hostile de 90 millions de dollars sur cinq ans, soit 18 millions par saison. Anaheim l’a égalée pour conserver son jeune centre, plutôt que de récupérer quatre choix de premier tour en compensation. Quelques jours plus tard, Chicago a prolongé Connor Bedard pour 75 millions sur cinq ans, avec un impact annuel de 15 millions sur le plafond.
Ces deux contrats donnent une idée de la nouvelle échelle salariale. Anaheim et Chicago ont déjà engagé une partie de la hausse à venir, avant même que le plafond à 104 millions n’entre en vigueur.
Les montants bruts deviennent d’ailleurs trompeurs. Un salaire de 10 millions représentait 12,3 % d’un plafond à 81,5 millions. Il n’en pèsera plus que 9,6 % en 2026-2027. Comme Hockeyarchives l’expliquait déjà au moment des contrats de Connor McDavid et Carey Price il y a presque 10 ans, le montant brut ne suffit pas : sa part dans le plafond compte tout autant.

Plusieurs accords jugés lourds il y a trois ans vont ainsi devenir plus faciles à absorber. À condition, évidemment, que le joueur soit encore au niveau. À l’inverse, les franchises peuvent dépenser dès aujourd’hui la croissance espérée demain.
Une erreur à 7 millions sous un plafond à 104 reste une erreur à 7 millions. Elle fait simplement moins mal, jusqu’à ce que trois ou quatre contrats du même genre se retrouvent dans le même effectif.
Pourquoi les contrats vont-ils raccourcir ?
La nouvelle convention collective entrera en vigueur le 16 septembre 2026 et couvrira quatre saisons, jusqu’au 15 septembre 2030. Elle ne change pas la structure économique de la NHL, toujours fondée sur un partage à parts égales des revenus liés au hockey, mais pose quelques limites au moment où l’argent recommence à circuler.
La durée maximale d’un contrat sera ramenée à sept ans pour un joueur qui reste dans son équipe, contre huit auparavant. En rejoignant un nouveau club, la limite passera de sept à six ans. Une année de moins ne supprimera évidemment pas les mauvais contrats. Elle raccourcira en revanche leur fin de vie, souvent la période la plus difficile à gérer.
Le salaire minimum passera dans le même temps de 775 000 à 850 000 dollars. Il augmentera ensuite chaque année pour atteindre un million en 2029-2030. La hausse ne sera donc pas réservée aux vedettes, même si ce sont encore elles qui feront bouger les montants les plus visibles.
Il n’y a donc pas de révolution. La NHL gagne 32 matchs à vendre, régularise son calendrier de division et raccourcit légèrement les engagements au moment où les revenus repartent à la hausse.
Le passage à 84 rencontres sera vite digéré. La vraie curiosité se trouve ailleurs : avec 104 millions, puis peut-être 113,5 millions, les directeurs généraux gagneront-ils réellement en souplesse ou déplaceront-ils simplement leurs erreurs vers des montants plus élevés ?
Sources : principales dispositions de la nouvelle convention collective et évolution du salaire minimum.





































