L’été dernier, nous avions publié les premiers chapitres de l’histoire du CSKA Moscou, dévoilant comment s’était construit le premier grand club du monde, et avec lui le hockey soviétique et russe. Les chapitres suivants étaient prévus pour publication cet été, et nous n’imaginions pas à quel point l’actualité leur donnerait une résonance différente.
Récemment, l’ancienne patineuse artistique russe Irina Rodnina a comparé le cas Fedotov à celui de Vyacheslav Fetisov, qui est comme elle député à la Douma et sous sanctions internationales pour avoir voté la reconnaissance des républiques séparatistes du Donbass quelques jours avant le déclenchement de la guerre en Ukraine. Fetisov lui a répondu en niant le moindre rapprochement entre les deux situations, et en faisant valoir qu’il n’était pas parti en NHL de son plein gré mais qu’il avait été cédé pour rapporter des devises. Pour qui se souvient des efforts qu’il avait déployés pour se sortir du système de Tikhonov et de ses obligations militaires, cette réinterprétation a posteriori peut étonner.
On dit que dans une guerre la principale victime est toujours la vérité, on ne pensait pas que ça irait jusque là. Fetisov doit gérer ses propres contradictions avec les déclarations qu’il a toujours faites outre-Atlantique, lui dont le point de vue avait largement été repris dans le film Red Army consacré au CSKA de Tikhonov. Raisons de plus pour raconter de nouveau cette histoire, en essayant d’être à la fois précis et complet.
La décennie dont nous traitons aujourd’hui – les années 1980 – est la période la plus connue du CSKA Moscou, celle du légendaire super-bloc emmené par la KLM. Nous avions vu dans les précédents chapitres combien le CSKA avait déjà eu une histoire mouvementée : ce n’était pas du tout un bloc monolithique contesté pour la première fois lors des années Gorbatchev. Le CSKA n’avait pas toujours été le système Tikhonov. Mais une fois qu’on a dit ça, quel était-il, ce système ? Ne laissons pas croire non plus que Tikhonov avait simplement reçu un héritage facile. Il avait été innovateur à sa manière, avec ses qualités et ses défauts.
Les chapitres précédents pour rappel :
Chapitre I – Une autorité sans contestation (1946-1961).
Chapitre II – La révolution permanente (1961-1968).
Chapitre III – Les héritiers déshérités (1968-1977).
Et voici notre nouveau chapitre consacré aux années invulnérables et au maître qui ne sourit jamais :
Chapitre IV – Tikhonov, le règne absolu puis l’éclatement (1977-1990)
Les derniers chapitres seront publiés dans les prochaines semaines.