Après leurs victoires respectives face au Japon, la France et la Hongrie s’affrontent pour l’accès en finale du tournoi Sárközy. Vous aurez flairé le pot-aux-roses : il ne s’agit pas de Nicolas Sarkozy. Le tournoi de Budapest a été nommé en l’honneur de l’ancien président de la fédération hongroise (de 1988 à 1998), Tamás Sárközy, décédé il y a deux ans. Mais cet ancien avocat, qui avait joué un rôle-clé au Ministère de la Justice pour établir la législation permettant le passage de la Hongrie à l’économie de marché, avait bien un lointain lien de parenté avec l’ancien Président de la République Française.
La première période est jouée un bon rythme mais n’amène pas de but malgré quelques belles situations. La France domine plutôt la partie mais peine à concrétiser. Elle y parvient enfin après la mi-match grâce à la persévérance et à l’activité de Guillaume Leclerc pour récupérer le palet en zone neutre, alors que le gardien hongrois a perdu sa crosse plus tôt dans l’action. L’attaquant d’Östersund retourne ensuite en zone offensive et sert une belle passe transversale à Enzo Guebey qui contrôle et place un tir croisé du poignet à mi-hauteur, du côté de la plaque privée d’accessoire (0-1). C’est le second but en deux jours pour Guebey, qui maintient une moyenne très élevée pour un arrière avec 4 buts en 10 sélections.
Cet avantage est longtemps préservé par Julian Junca, qui fait son plus bel arrêt sur un breakaway de Csanád Erdély en infériorité en fin de deuxième période. Pour sa troisième sélection, le gardien de Gap est en passe de tenir à la fois sa première victoire en bleu (celle de la veille revenant à Papillon puisqu’elle était décidée avant le changement de portier) et son premier blanchissage. Mais il s’en faut de cinq minutes pour qu’il garde sa cage inviolée…
Alors que la Hongrie relance depuis sa zone, István Terbócs sort du banc et reçoit une longue passe de son coéquipier de club à Fehérvár, le défenseur suédois tout juste naturalisé Henrik Nilsson (qui fait ses débuts avec la Hongrie aujourd’hui). Très bien ancré sur ses patins, le solide ailier Terbócs protège son palet d’une main et repousse de l’autre bras Enzo Cantagallo en lui passant devant pour se retrouver seul face à Julian Junca et le fusiller à bout portant (1-1). Une action qui témoigne des progrès que doit encore réaliser le jeune défenseur de Rouen en matière de force physique.
En prolongation à 3 contre 3, l’équipe de France aligne Kevin Spinozzi, le seul des quatre débutants à ne pas avoir inscrit de point contre le Japon. Le Franco-Canadien ouvre son compteur lors de second match, sans avoir grand-chose à faire : il reçoit juste le palet de Guillaume Leclerc à l’engagement, puis le lui redonne dans la zone défensive. C’est bel et bien Leclerc qui fait tout le travail, en débordant Erdély par sa vitesse puis en repiquant à la cage pour marquer de près (1-2).
Guillaume Leclerc n’avait plus marqué en équipe de France depuis que la pandémie de Covid-19 avait éclaté, soit un total de 21 sélections en l’espace de deux saisons sans jamais trouver le chemin des filets. Ses deux buts en deux jours et son impact décisif sur cette qualification en finale semblent annoncer la fin de cette traversée du désert : le Bisontin, joueur le plus expérimenté de cette jeune formation tricolore, a assumé son statut et montré la voie !
Désignés joueurs du match : Zoltán Hetényi pour la Hongrie et Julian Junca pour la France.
Commentaires d’après-match :
Kevin Constantine (entraîneur de la Hongrie) : « Pour le moment, nous essayons de trouver notre propre style et de nous adapter au système de jeu. Notre défense a bien joué et c’est ce sur quoi nous nous sommes concentrés en priorité lors de ce match. La partie la plus difficile du hockey est de maîtriser l’exécution des attaques, parce qu’il y a beaucoup de pression sur l’harmonie entre les capacités individuelles des joueurs. Par conséquent, notre priorité est la défense. »
Philippe Bozon (entraîneur de la France) : « Nous avons une équipe très jeune et énergique, elle a fait du grand travail ces derniers jours et nous avons pu corriger les erreurs défensives commises contre le Japon. Avec autant de jeunes, cela prend encore du temps d’apprendre la tactique, mais nous travaillons beaucoup là-dessus et l’équipe s’améliore. »
Hongrie – France 1-2 après prolongation (0-0, 0-1, 1-0, 0-1)
Samedi 12 novembre à 15h00 au Tüskecsarnok de Budapest. 1814 spectateurs.
Arbitres : Daniel Soós et Márton Németh (HON) assistés de Dávid Szabó et Dávid Váczi (HON).
Pénalités : Hongrie 6′ (0′, 6′, 0′, 0′) ; France 6′ (2′, 2′, 2′, 0′)
Tirs : Hongrie 20 (9, 6, 5, 0) ; France 31 (14, 13, 3, 1)
Évolution du score :
0-1 à 31’51 : Guebey assisté de Leclerc
1-1 à 55’07 : Terbócs assisté de Nilsson et Sebők
1-2 à 60’19 : Leclerc assisté de Spinozzi
Hongrie
Attaquants :
Csanád Erdély (-1) – János Hári (A, -1) – Vilmos Galló
Krisztián Nagy (-1, 2′) – Gergő Nagy (C) – István Sofron (-1, 2′)
Rasmus Kulmala – Balázs Sebők (-1, 2′) – Ákos Szigeti
Karol Csányi (+1) – Kristóf Németh (+1) – István Terbócs (+1)
Défenseurs :
Tamás Pozsgai (A, -1) – Henrik Nilsson
Bence Stipsicz (+1) – Zsombor Garát (-1)
Bence Szirányi – Nándor Fejes
Milán Horváth – Dániel Kiss
Gardien :
Zoltán Hetényi
Remplaçant : Miklós Rajna (G). En réserve : Dominik Horváth (G), Zsombor Dóczi, Roland Kiss, Roland Vokla, Dávid Pokornyi, Ádám Falus (D), János Vas, Tamás Sárpátki, Márk Schlenkmann, István Bartalis, Péter Vincze, Richárd Tóth, Hunor Császár, Brúnó Kreisz, Dániel Kóger, Bence Páterka, Gergő Ambrus (A).
France
Attaquants :
Bastien Maia (+2) – Fabien Colotti (+1) – Guillaume Leclerc (A, +2)
Dylan Fabre (2′) – Jordann Bougro – Kévin Bozon
Gabin Ville (-1) – Loïc Farnier (-1) – Tomas Simonsen (-1)
Cédric Di Dio Balsamo (A) – Adel Koudri – Aurélien Dair
Défenseurs :
Kévin Spinozzi (+1) – Fabien Bourgeois
Ivan Esipov – Thomas Thiry (C, 2′)
Enzo Guebey (2′) – Enzo Cantagallo
Lucien Onno
Gardien :
Julian Junca
Remplaçant : Quentin Papillon (G). En réserve : Jules Boscq (D), Théo Gueurif, Baptiste Bruche, Rudy Matima (A).